Dopage dans le Football Américain : Liste des Produits Interdits et Réglementations

Le monde du football américain, comme beaucoup d'autres sports de haut niveau, est constamment confronté à la question du dopage. Afin de garantir l'équité et la santé des athlètes, des organismes tels que l'Agence Mondiale Antidopage (AMA) et l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) établissent et mettent à jour régulièrement des listes de substances interdites.

Cet article explore les produits spécifiquement interdits dans le football américain, en mettant en lumière les controverses et les enjeux liés à certaines substances.

Les Sels d'Ammoniac : Entre Boost d'Énergie et Risques pour la Santé

L'affaire des controversés sels d'ammoniac a enflammé le monde de la Ligue de football américain (NFL). La pratique s'est, au fil des années, banalisée dans différentes ligues professionnelles outre-Atlantique.

Maxx Crosby des Las Vegas Raiders inhale des sels d'ammoniac avant un entraînement.

Les sels d'ammoniac se présentent généralement sous forme liquide ou en poudre. Ils sont composés de carbonate d’ammonium, ou d’un mélange d’ammoniac et d’arômes.

En France, certains sites qui vendent ce produit indiquent que "l’inhalation des vapeurs provoque une stimulation immédiate du système respiratoire et du système nerveux central", de quoi provoquer, selon eux, "un boost d'énergie immédiat et une amélioration de la concentration".

Pourtant, aucune étude sérieuse n'a mis en avant d'éventuels effets bénéfiques. "Quand on le respire, c’est tellement irritant qu’on a l’impression tout d’un coup d’être revigoré et notre cœur se met à battre rapidement", détaille au Journal de Québec, Christiane Ayotte, la directrice du laboratoire de contrôle du dopage à l’INRS-Institut Armand-Frappier.

Voici la pire odeur au monde ! (c’est ignoble)

La Position de la NFL et les Risques Potentiels

Mardi 5 août, la NFL a envoyé une note annonçant "interdire" l'utilisation des sels d'ammoniac. Dès le lendemain, la NFL a finalement fait marche arrière. Les joueurs pourront donc continuer à utiliser leurs produits, mais en les achetant eux-mêmes. Les équipes n'auront cependant pas le droit de fournir les joueurs.

La NFL s'appuie aussi sur ce manque de littérature scientifique sur le sujet pour justifier cette prise de position. De plus, elle pourrait dissimuler des symptômes de commotion cérébrale.

En 2024, l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA, Food and Drug Administration) a tiré la sonnette d'alarme sur l'utilisation de ces produits. Avec les commotions cérébrales à répétition, la FDA explique que les effets des sels d'ammonium pourraient aggraver une blessure.

Le Cannabis : Substance Dopante ou Simple Divertissement ?

Un sportif dont l'analyse d'un échantillon révèle la consommation de cannabis encourt deux ans de suspension explique Jérémy Roubin, le secrétaire général de l’Agence française de lutte antidopage (l'AFLD) : "Mais depuis cette année, cette durée peut être ramenée à trois mois quand la substance a été consommée dans un but récréatif, dans une période hors des compétitions et sans relation avec la performance.

_La sanction peut même être diminuée à un mois, comme pour Sha'Carri Richardson, si l'athlète montre qu'il ou elle suit un traitement contre l'addiction__._"

Depuis le 28 avril 1998, le Comité International Olympique a inclus le cannabis et la marijuana sur sa liste des produits interdits. Six ans plus tard, l’Agence mondiale anti-dopage (WADA) l’imite en indiquant dans l’article 4 de son code que ces substances sont interdites si elles répondent à au moins deux des trois critères : une amélioration des performances sportives, un risque pour la santé, une violation de l’esprit du sport.

Dès lors, pour éviter des tests positifs après un usage dit "récréatif" plusieurs jours/semaines avant la compétition, la WADA a augmenté son seuil de tolérance en 2013, en passant de 15 à 150 nanogrammes par millilitre de sang.

Les Effets du Cannabis sur les Performances Sportives

Le principe actif du cannabis (THC) s’adresse au système nerveux central. Il peut être utile pour certaines activités comme les sports extrêmes : il améliore la relaxation musculaire et la vision ainsi que la réduction de l’anxiété.

Le THC à faible dose (selon certaines études) est un anxiolytique (peut aider contre les souvenirs anxiogènes), il augmente le temps de sommeil et la récupération, il améliore la fréquence respiratoire, le rythme cardiaque, et l’oxygénation des tissus. Il peut également être analgésique (permet aux athlètes de travailler même en cas de blessures, ou douleurs).

Malgré tout, il reste mauvais et risqué pour la santé : réduction de vigilance, prise de décision difficile, risques accrus d’accidents ou de blessures.

La communauté scientifique reste, en tous cas, divisée sur le sujet. "Certains estiment qu'une consommation régulière, par des personnes qui ont dépassé l'effet endormant (sic), accentue l'agressivité et agit donc comme un produit dopant dans les sports de combat. D'autres défendent le fait que le cannabis agirait comme un anti-stress." Note Jérémy Roubin, secrétaire général de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).

Glucocorticoïdes et Tramadol : Les Nouveautés de la Liste 2024

Comme chaque année, la liste des interdictions dans le cadre de pratiques ou de compétitions sportives a été actualisée par l’Agence Mondiale Antidopage. Actée par la récente publication d’un décret*, la nouvelle version de la liste des interdictions de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) est en vigueur depuis le 1er janvier 2024.

Disponible dans son intégralité sur le site de l’AMA, la liste 2024 comporte plusieurs nouveautés, parmi lesquelles :

  • Tramadol : depuis le 1er janvier 2024, il est désormais interdit en compétition. Il est nécessaire de respecter une période de sevrage avant une compétition sportive.
  • Glucocorticoïdes : ils restent interdits en compétition lorsqu’ils sont administrés par voie rectale. Les périodes de sevrage minimales à respecter après une administration rectale de glucocorticoïdes sont maintenant incluses dans le tableau des périodes de sevrage des glucocorticoïdes.

Autorisation d'Usage à des Fins Thérapeutiques (AUT)

Seule « une autorisation d'usage à des fins thérapeutiques » peut permettre de déroger à cette interdiction. Si le sportif et son médecin fournissent une justification clinique adéquate pour l’usage de glucocorticoïdes, une AUT rétroactive peut, le cas échéant, être accordée.

Toutefois, un échantillon d’urine prélevé en compétition pourrait contenir des traces de glucocorticoïdes, même si la consommation a eu lieu hors compétition, et entraîner un résultat d’analyse anormal.

Les Agences Antidopage : AFLD, AMA et USADA

L'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD)

Pour une vérification lors de la dispensation d’un médicament à un sportif, le moteur de recherche de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) peut être consulté. Il recense, par nom de spécialité, les médicaments à usage humain contenant une substance dopante. Il peut être utilisé par les professionnels de santé comme par les patients.

L'Agence Mondiale Antidopage (AMA)

L'Agence mondiale antidopage (AMA) vient de publier la liste officielle des produits interdits à compter de 2022. Tous les types d'injections de corticoïdes en compétition seront désormais proscrits.

L'Agence Antidopage Américaine (USADA)

L’antidopage aux Etats Unis se porte mal, et les statistiques le démontrent avec 17 sanctions prononcées en moyenne par an sur les huit dernières années et de nombreuses relaxes après contrôles positifs.

Le rapport annuel de l’USADA témoigne de l’inefficacité des méthodes déployées pour le contrôle des sportifs américains.

Voici un tableau comparatif des statistiques de l'USADA et de l'AFLD en 2023:

Agence Sanctions Contrôles Cas positifs (%)
USADA 39 7773 0.48%
AFLD 141 12000 0.87%

Ce tableau illustre les différences significatives entre les deux agences en termes de sanctions, de contrôles et de taux de résultats anormaux.

Image d'illustration de l'Agence mondiale antidopage (AMA), à Montréal (Canada), en décembre 2020.

tags: #dopage #football #americain