Le dopage est une réalité qui touche tous les sports. Même si certains sont considérés comme particulièrement « à risque » par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) : « le cyclisme, l’athlétisme, l’haltérophilie, le football et le rugby », cite Christophe Basson, correspondant inter-régional de l’AFLD, en Aquitaine et Midi-Pyrénées.
Pour un sport d’une si grande ampleur, il paraît étonnant que le football n’ait connu que très peu de scandales liés au dopage. Alors que le cyclisme et l’athlétisme, sont régulièrement médiatisés à ce sujet, une certaine omerta semble régner dans le football.
La discipline, déjà meurtrie par plus de dix années de dopage, n’échappe pas à ce phénomène destructeur. Autant de champions, déchus pour avoir eu recours au dopage. La liste est très longue. champions inquiétés par des affaires de dopage. ou presque, jusqu’au début des années 2000. presque comme un sport propre.
L’histoire du dopage dans le football est souvent caractérisée moins par la volonté de combattre le fléau, mais plutôt de l’ignorer. L’affaire du docteur espagnol Eufemiano Fuentes, qui fournissait une ordonnance destinée à améliorer leurs performances sportives à des clubs français, à l’instar du Betis Séville et du FC Valence, en est un exemple. L’enquête a été tuée dans l’oeuf, sans retenir des charges, et le volet international tombe dans l’oubli le plus total.
Dès les années 80, des joueurs évoquaient des « piqûres de vitamines » destinées à développer l’agressivité. Et pourtant, cela ne change guère. Certains, brisant la loi du silence, tentent parfois de briser cette omerta.
L’enjeu économique très important rend le football différent des autres sports. Les sportifs ont une machinerie légale très puissante pour se défendre.

Témoignages et Aveux
Des aveux tardifs, comme ceux de Waddle ou Jean-Jacques Eydelie, révèlent que ces pratiques étaient courantes. Eydelie a déclaré dans les colonnes de L’Equipe début 2006 : « Je ne savais vraiment pas ce que c’était. ou de l’EPO ou quoi que ce soit comme ça. Mais je suis à 99% sûr que ça n’était pas légal. »
Mais qui veut remuer la mare ? Absolument pas. A l’époque, il n'y a eu ni aveux, ni même d’enquête pour corroborer ses propos.
L'inefficacité de la Lutte Antidopage
Le médecin Jean-Pierre de Mondenard dénonce l'hypocrisie de la lutte antidopage dans le monde du ballon rond. Il explique que le sport le plus populaire de la planète est le moins actif en matière de lutte contre le dopage. Selon lui, les contrôles antidopage ne sont pas performants et la Fédération de football est celle qui fait le moins de contrôles par rapport au nombre de pratiquants.
L’effrayante tendance des stéroïdes !
Pour les instances du football, depuis le Mondial 1966, le bilan du dopage est le plus performant de tous les sports. En tout cas, elles veulent nous le faire croire en multipliant les communiqués d'autosatisfaction. En réalité, quelques cas positifs leur suffisent pour démontrer que les contrôles sont efficaces et qu'elles maîtrisent la lutte antidopage.
D'autre part, il y a un argument étrange dans le monde du football : on nous dit que le dopage serait inefficace. Ce discours est totalement en désaccord avec la réalité des vestiaires. Le dopage a toujours existé dans le football. On n'entend une part de vérité que lorsque des enquêtes judiciaires sont ouvertes.
Dès que des enquêtes et des débats sur le dopage apparaissent, les footballeurs nous parlent d'absorption de vitamines - appelées aussi le dopage du pauvre depuis quarante ans - prises sous forme de piqûres juste avant le début de la rencontre. Il est pourtant admis dans tous les autres sports que les "injections" de vitamines ne servent à rien et que les sportifs, en réalité, se dopent à de multiples produits. Et ce serait exactement le contraire dans le football ? On nous fait croire aussi que le football relève de considérations tactiques et techniques, alors que la dimension athlétique est devenue absolument essentielle. Ce message ne tient pas la route et prouve l'hypocrisie de ce milieu.
Dans tous les sports, la lutte est inefficace, et c'est encore plus ridicule dans le football. D'une part, le nombre de contrôles par rapport au nombre de pratiquants est infime, la FIFA est dernière de la classe. Et d'autre part, il est démontré que seuls les contrôles inopinés sont performants. Les pros de la dope n'ont aucun problème pour duper les contrôles a posteriori. Ce sont surtout les vérifications des valises ou des vestiaires effectuées par la police, la gendarmerie ou les douanes qui permettent d'avoir des résultats.

De plus, il existe des substances dopantes indécelables aux analyses pourtant pointues des laboratoires agréés antidopage. Comment peut-on alors parler de lutte antidopage dans ces cas-là ? C'est comme si, sur l'autoroute, vous aviez des radars censés vous empêcher de dépasser les 130 km/h et qu'en réalité, jusqu'à 200, ils ne flashent rien du tout.
Pratiquement les mêmes substances sont utilisées que dans les autres sports, et cela dépend des contrôles. Un médecin du CNOSF (Comité national olympique et sportif français) racontait que certains médecins de Fédération prévenaient les clubs de la date des contrôles antidopage. Si vous êtes averti à l'avance, vous pouvez programmer vos prises de produits en fonction des dates sans gros risques de vous faire épingler.
Pour résumer, la majorité des substances consommées par les sportifs servent surtout à améliorer la condition physique. Quelques exemples : la vitesse de course ou la détente verticale peuvent être accrues par les anabolisants, le transport de l'oxygène aux muscles peut être boosté par l'EPO, la précision des tirs et la gestuelle technique par la caféine, etc.
Cas Spécifiques et Soupçons
En 2003, lors d'une émission télévisée, Johnny Hallyday, explique qu'il subit des transfusions sanguines deux fois par an dans une clinique suisse (en réalité, l'établissement se trouve à Merano dans le nord de l'Italie), et ajoute qu'il s'y rend sur les conseils de son ami "Zizou", qui y va lui-même deux fois par an pour les mêmes raisons. Or cette technique de la transfusion sanguine est parfaitement illicite chez un sportif, et plusieurs compétiteurs d'autres disciplines athlétiques ont été sanctionnés pour avoir utilisé cette méthode prohibée par les instances internationales. Ce qui interpelle, c'est juste que cela passe dans une émission télé et que personne n'a réagi. Ni la FIFA, ni la Fédération française, ni même le ministère des sports, qui se targue d'être le fer de lance de la lutte antidopage.
D'abord, il y a l'histoire de la finale du Mondial 98 où Ronaldo a fait une crise de forme épileptique. La raison officielle est qu'il aurait eu des convulsions provoquées par les jeux vidéo, ce qui est extrêmement rare. Des témoignages racontent qu'il aurait reçu en fait des injections pour soigner son genou, et j'expliquais à l'époque que des piqûres de xylocaïne (afin d'anesthésier la douleur), si elles sont faites dans des petits vaisseaux, pouvaient entraîner des crises de type épileptique. En plus, Ronaldo a subi de nombreuses opérations et a souvent repris la compétition bien trop tôt, sans temps de récupération suffisant.
Obstacles à la Lutte Antidopage
Ça fait quarante-cinq ans que le problème existe et rien n'a changé dans le fonctionnement de la lutte antidopage. Il y a de toute façon un obstacle majeur à sa réussite : ce sont les fédérations elles-mêmes, qui sont chargées de lutter contre le fléau du dopage. C'est impossible ! Imaginez un jury d'assises où le prévenu serait jugé par sa propre famille ! Connaissez-vous un PDG délégué syndical ? Eh bien dans le football, c'est ce qui se passe.
La lutte antidopage souffre clairement de cette loi du silence : « dans le domaine du dopage, la coopération n’existe pas, on ne nous facilite pas la tâche », tranche Jacques Def, ancien correspondant régional de l’AFLD. Selon lui, il y a un problème « de volonté politique au niveau des fédérations internationales, qui sont les maîtres du jeu… »
Dans un communiqué du 12 décembre 2022, la FIFA affirme que pendant la Coupe du Monde elle a réalisé « 369 contrôles et analysé 941 échantillons » tous négatifs. Il y a plein de produits qui ne sont pas recherchés et qui sont écartés de la liste. La perfusion utilisée à la fin des matchs est un exemple parmi tant d’autres. Elle permet notamment une récupération plus rapide et efficace après un effort intense. Cette substance reste pourtant indécelable.
La FIFA perdure à vouloir gérer d’elle-même sa lutte contre le dopage, sans avoir recours à des agences indépendantes. C’est l’une des rares fédération à gérer d’elle-même sa lutte anti-dopage mais il y en a d’autres où l’efficacité est aux antipodes. Par exemple, c’est la World Athletics (Fédération Internationale d’Athlétisme) qui a, selon les dernières statistiques, le plus de cas positifs. Tous les sports sont concernés par le dopage sans exception.
Les sportifs prennent des substances que les laboratoires ne peuvent pas détecter. Et les laboratoires détectent des substances que les sportifs ne prennent pas. Les analyses et détections sont efficaces sur certains produits mais d’autres continuent d’échapper aux contrôles. Les instances antidopage font semblant de contrôler.
Rendez-vous compte, il y a des substances comme les amphétamines, les corticoïdes ou la cocaïne qui sont autorisées à l’entraînement. Pourquoi ne contrôler ces produits que le jour de la compétition alors que certains athlètes les consomment à l’entraînement ? Avec ces substances, vous allez augmenter votre charge de travail et acquérir un rendement supérieur à l’entraînement qui sera bénéfique le jour de la compétition.
Une enquête réalisée en 2002 par Jiří Dvořák, médecin en chef de la FIFA, révélait que 92% des joueurs se disaient prêts à commettre des fautes intentionnelles si cela paraissait nécessaire au vu de l’importance et du score du match. Inutile de vous dire que par rapport au dopage ils ont la même éthique.