La nouvelle génération de handballeurs français arrive pour redorer le blason de cette discipline, notamment avec des figures montantes comme Djibril Sarre. Dans cette dynamique, des entraîneurs comme Guillaume Joli apportent une expérience inédite dès les catégories inférieures.
Guillaume Joli, désormais en première ligne à la tête de la sélection nationale U17, a fait son propre chemin et peaufiné sa formation, du pôle espoir de Lyon à la sélection nationale U17, en passant par les stages nationaux via le groupe de détection fédérale, en prolongement immédiat de sa carrière de joueur. C'est tout sauf le fruit du hasard ou par simple opportunisme.
« Je souhaitais depuis longtemps faire ce métier d’entraîneur à la formation, afin de transmettre tout ce que j’avais eu la chance de partager tout au long de ma carrière. Oui, très vite cela a été clair pour moi, j’ai passé mes diplômes en parallèle de mes ultimes années de contrat, et j’ai toujours entrainé des équipes jeunes pendant que je jouais. Du coup, tout cela s’est effectivement plutôt bien goupillé ces derniers temps. Je me plais plus à aller transmettre mes valeurs à des jeunes, plutôt qu’à aller batailler dans le milieu professionnel ».
Ainsi, après les jeunes à Chambéry, les -17 du Wetzlar en Allemagne ou encore les -18 ans de Dunkerque, l’ailier droit international a tout naturellement troqué sa tenue de joueur pour endosser les habits du CTS, responsable du pôle espoir de Lyon et de l’équipe de Ligue AURA (Auvergne Rhône-Alpes), et désormais en prime le costume de sélectionneur.
Même au cœur de la pandémie qui a accompagné sa reconversion. « En effet, depuis septembre 2019, les Gilets Jaunes puis le Covid, il a fallu se creuser la tête pour trouver des solutions et poursuivre notre activité. Ces deux années ont surtout été compliquées pour des joueurs en manque de matchs. Moi, ce qui m’anime, c’est qu’ils prennent plaisir, jouent et s’amusent, car même si notre métier est de les accompagner vers le milieu professionnel, cela reste des jeunes adolescents qui ont besoin de s’amuser tout de même. »
Toujours un travail d’équipe, avec son staff et le groupe de détection fédérale. Le spécialiste des jets de 7 mètres a ainsi dû patienter jusqu’à ces dernières semaines, pour manager enfin en compétition officielle, dans le cadre des Interpôles accueillis par la Ligue des Pays de la Loire. « C’était déjà le cas avant en club, j’ai pris autant de plaisir à coacher qu’à jouer. Ce ne sont que de bons moments de les voir évoluer et progresser. »
Comme avec cette sélection nationale dont il a vécu son baptême du feu en décembre, au travers d’un stage d’une semaine et trois premiers matchs internationaux, du côté de Tolède en Espagne. « Sur cette catégorie, la mission est un peu différente des autres. Le but est de faire la détection et le plus large tour d’horizon d’une génération, tout en leur offrant de premières sensations et un début de vécu international, avant de les transmettre à Pascal Person et son staff. »
Un premier regard partagé avec le groupe de détection fédérale, autour de son adjoint Patrick Passemard, mais aussi Philippe Schlatter, Arnaud Villedieu et Gaêl Michaud. Autour d’un noyau dur en partie identifié, la sélection 2006 du nouveau dénicheur sera donc à découvrir du côté de Belfort puis Mulhouse en cette fin de semaine. Qui plus est face à la coriace opposition de la Norvège.
En attendant l’Allemagne dans deux mois en Auvergne Rhône-Alpes. A défaut d’avoir une compétition en perspective contrairement aux autres équipes de France masculines. Mais ce n’est pas plus mal. Parole de connaisseur. Il y a aussi cette volonté de transmettre et accompagner dans ces moments-là. Par rapport au calendrier, c’est bien sur ces premières années de pôle, où ils sont quand même très sollicités, qu’ils aient un été pour couper et se régénérer.
Franck Prouff a largement pris le temps d’évaluer sa mission, même si son été fût particulièrement chargé et doré. « Ma nomination a été officialisé bien en amont de l’été dernier, et cela m’a permis par exemple d’accompagner Guillaume Joli et les U17M durant dix jours dans le courant du mois de juin en Allemagne. Au travers des Ruhr Games et du franco-allemand, j’avais pu côtoyer la génération 2006-2007 qui arrive aujourd’hui en U19M, apprécie le nouveau-venu dans les sélections masculines. Oui en quelque sorte cela devient raccord avec mon histoire dans la filière masculine, et notamment depuis deux ans comme CTS en Normandie à la tête du pôle espoir masculin ».
Le temps juste de finir en beauté le travail avec les filles de la U18, médaillée d’or de la Jeunesse Européenne puis championne d’Europe tout simplement en août. A la croisée des chemins de leur formation également, entre leur avènement international ces deux dernières saisons, et leur futur carrière professionnelle envisagée. C’est toute la particularité de cette catégorie qui doit bien comprendre et mettre en avant son intérêt collectif.

« Il y a quand même un petit enjeu de plus en U19, c’est que l’on est qualificatif sur les catégories en-dessous pour les FOJE, et au-dessus pour les grosses compétitions. Mais c’est sûr qu’avec des joueurs à cheval entre les pôles et les centres de formations, ils sont à un moment important de leur carrière ». Comme participer à son premier TIBY ne peut laisser insensible et s’apparenter à un baptême du feu particulier.
Les nombreux observateurs vont scruter de près en effet cette mouture inédite, pour la 20e édition du tournoi jeunes de référence, aux côtés de pointures comme la Hongrie et la Croatie. « Nous avions identifié les postes où il y a quelques carences, et avec Patrick Passemard, on voulait être prospectif en triplant ceux-là, avec un cadre et deux autres potentiels autour.
Franck Prouff et les siens voient cependant bien au-delà du contexte de cette circonstance initiale. « L’idée de base est de donner un sens commun à ses deux années que l’on va passer ensemble. Il n’y a pas encore forcément de leaders techniques dans cette génération, d’où une nécessité de jouer ensemble et se solidifier. Aux joueurs d’en prendre conscience plutôt que de chercher à forcer la décision tout seul ».
Car ils peuvent compter sur l’encadrement pour les remettre en place. « Je ne pense pas aujourd’hui que nous avons le potentiel joueurs à figurer dans le dernier carré, mais peut-être le potentiel équipe.
La victoire historique au Danemark (37-34), futur vice-champion du Monde, en avril dernier, restera comme l’ultime fait d’arme de la génération 2004-2005 sous la houlette de Pascal Person. Le traumatisme de l’échec de l’Euro 2022 et la non-participation au Mondial 2023 sont encore certainement dans les têtes du technicien et de ses garçons, appelés depuis à prendre de la hauteur chacun de leurs côtés. Ce sont en effet de nouveaux visages, sur le banc, et sur le terrain, qui vont désormais œuvrer à l’expression de cette catégorie centrale.