L’imaginaire du sport incarne un ensemble de valeurs telles que le dépassement de soi, la volonté, le fair-play, le courage, l’abnégation, la joie dans l’effort, la responsabilité, la compétition. Des attributs dont on pare le sport et dont cherchent à se doter les grandes entreprises. De même, la recherche de la performance, de rigueur, l’excellence, la prise de risque, l’action en environnement concurrentiel constituent des éléments qui caractérisent à la fois le monde du sport et celui de l’entreprise.
De bien des façons, le sport à haut niveau et plus particulièrement le football propose des sources d’inspiration pour améliorer l’action managériale.
1. Préparation rigoureuse visant le dépassement
Anima sana in corpore sano - Un esprit sain dans un corps sain. La préparation physique en effet est la condition nécessaire d’un championnat réussi. De ce point de vue, chaque entraîneur a ses stratégies.
Didier Deschamps et son staff par exemple, ont exposé la leur. Pour eux, la préparation physique avait pour perspective de faire monter les Bleus en puissance à partir des huitièmes de finale. Une stratégie qui s’est avérée payante : "la forme physique est là et les corps tiennent les chocs", soulignait l’Équipe ce jeudi 12 juillet dans sa version papier.
De même, diriger une entreprise demande une grande capacité de travail, de résistance, et beaucoup d’énergie ! Beaucoup de leaders adoptent des habitudes alimentaires et un mode de vie pour conserver la forme. Une hygiène de vie dans laquelle le sport a un rôle particulier. Il est en effet indispensable pour incarner des messages et prétendre pouvoir porter des foules. La discipline sportive leur permet de se maintenir en forme physiquement, d’avoir une bonne gestion de leur énergie, mais aussi de rester en éveil intellectuellement.

2. Gestion mentale de l’événement
Tout aussi indispensable que la préparation physique, la préparation mentale est un des ingrédients de la réussite des sportifs de haut niveau. Elle consiste à mettre le joueur dans les meilleures dispositions psychologiques avant d’aborder un évènement.
Pour les Bleus toujours, il leur a d’abord fallu retrouver une forme de "fraîcheur mentale", c’est-à-dire tirer un trait sur l’année passée et se remobiliser pour une nouvelle compétition", comme l’expliquait le préparateur Franck Blondeau au HuffPost. Celui-ci estime ainsi le "bien-être mental" comme un atout primordial avant un grand évènement. Soulignons que préparation mentale rime aussi avec apprendre à bien se connaître.
Pour un cadre ou cadre dirigeant, cette gestion mentale de l’évènement est également cruciale. Pour ne pas être dépassé par l’enjeu (une prise de parole en public, une réunion importante, un lancement…), la préparation est nécessaire. Sanctuariser du temps pour se préparer en amont, répéter ses fondamentaux, ne pas enchaîner avec un autre évènement avant ou après : il s’agit de mettre en place une stratégie, de faire un travail sur soi, d’identifier points forts et ses points faibles pour être prêt le jour J.
3. Partager un projet d’équipe
L’adhésion à un collectif et à son projet a été un leitmotiv des déclarations qui ont ponctué ce mondial. Lucas Hernandez par exemple souligne l’importance de la cohésion : "On a un très grand groupe de personnes. On s'entend tous très bien. La vie de groupe est incroyable, et sur le terrain, ça se voit, tout est plus facile. Quand on est bien ensemble en dehors, tout se passe mieux. La vie du groupe, pour nous, c'est le plus important".
Pour un dirigeant - comme pour un entraîneur -, ce projet passe par une bonne communication. Pour mobiliser son équipe et la mettre en mouvement, celui-ci doit établir et donner un cap clair, revenir sur le contexte, la stratégie et expliquer le plan d’action. Cela permet de donner du sens et d’engager les collaborateurs. Enfin bien sûr, la cohérence entre le discours et les actes est primordiale et le leader doit veiller à toujours incarner son message. Dans l’entreprise comme en situation de compétition sportive, la communication est donc un pilier de la réussite du projet d’équipe.
4. Une équipe aux profils complémentaires
"Le foot se joue à 11, ce n'est pas un hasard. Dans une équipe, il faut rechercher des rôles précis et définis, ainsi que des personnalités complémentaires. Il ne s'agit pas tant de recruter un "profil" que de créer une harmonie entre tous les postes et chaque tempérament". Ainsi, une équipe est composée d’un gardien, généralement discret ; d’attaquants, aux caractères forts et de défenseurs, souvent plus techniques… Exemple flagrant : les diables rouges, parmi lesquels s’illustre un Hazard, joueur très technicien, et dans la même équipe, un Lukaku surnommé par certains le "déménageur de terrain".
Pour une équipe sur le terrain ou pour une entreprise, la réussite repose sur un jeu d’équipe efficace : il n’est pas nécessaire d’avoir les meilleurs joueurs, il vaut mieux viser un groupe uni et soudé dans lequel chacun a sa place et sa tâche particulière et peut compter sur les autres.

3 Clés Pour Être Un VRAI CAPITAINE Et Attirer Le Regard Des CLUBS PROS ⚽️ 📈
5. Rôles de managers et rôles de leaders
Parmi les membres de l’équipe, les rôles de managers et les rôles de leaders doivent être bien assumés. Les deux n’ont pas la même action au sein de l’équipe. Hugo Lloris par exemple, capitaine officiel de l’équipe de France, a un rôle de manager qui négocie les primes de ses coéquipiers. Cependant sur le terrain, c’est davantage Paul Pogba le leader qui encourage et porte l’équipe. De même, Cristiano Ronaldo s’était illustré par son comportement de leader en 2016 avec une autorité naturelle et un réel dynamisme : même blessé sur le banc de touche, il encourageait les joueurs et les a menés finalement à la victoire.
Ces logiques sont également transposables dans le monde de l’entreprise. Autre couple célèbre incarnant cette dichotomie manager/leader, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Le premier, visionnaire, créatif, incarnation de l’esprit de la marque ; tandis que le second était bien plus rationnel, s’occupant des aspects financiers et commerciaux. Ainsi, un manager ne doit pas toujours endosser le rôle de leader et inversement. La difficulté réside à définir clairement son rôle en fonction de ses qualités et de ses compétences.
6. Une éthique
Culte de la performance, dépassement de soi, effort, rassemblement des hommes et des nations… des valeurs incarnées par le sport et revendiquées comme l’ADN de la plupart des équipes. Certaines cependant s’illustrent par un éthos particulier : c’est le cas des équipes d’Amérique du Sud où le sport est le ciment de l’identité nationale. Les joueurs ainsi - Luis Suarez le premier - ont dégagé pendant tout le mondial une ferveur unique et magique à voir.
L’éthique - et l’éthos - est également un enjeu de l’entreprise. En effet, il est incontournable de construire son identité à travers une culture, des normes spécifiques et des valeurs auxquelles on se réfère. S’inspirer de celles du sport est tout indiqué : fondamentalement humanistes, elles sont facilement transposables et acceptables par tous.
7. L’art du debriefing
Pour finir, c’est dans l’après que les leaders se révèlent, dans leur capacité à féliciter leurs équipes ou à manager l’erreur et à en faire un levier de gestion des hommes et de performance. Le debriefing en effet est un moment important, après un match comme après une grosse opération, comme l’a montré brillamment Didier Deschamps tout au long des 55 jours.
Au sein d’une équipe de football, une fonction remplie par un des joueurs ou une des joueuses semble incarner le gouvernement du groupe, le capitanat, qui s’apparenterait a priori à un gouvernement par les pairs. Il s’agit là d’une mission si évidente que ses contours en sont bien incertains.
I. Un général / un patron : « la capacité du chef » (Lucien Gamblin, 1910)
Né en 1890, le général De Gaulle, s’il ne s’intéressait guère au football, résume assez bien ce que peut être un capitaine pour sa génération, celle qui se retrouve en équipe nationale avant la Première Guerre mondiale, lorsqu’il affirme dans ses Mémoires de guerre : « Le gouvernement n’a pas de propositions à faire, mais des ordres à donner ». C’est bien ainsi que se perçoit le capitaine des origines.
Autorité naturelle, obéissance en exercice… Le profil d’une fonction qui n’existe officiellement pas pourtant se dessine dans ce manuel, qui dit ce qu’est le football à une période où sa pratique est encore assez confidentielle en France.
Chef de meute, sélectionneur, tacticien qui choisit à quelle place évolue chacun de ses joueurs et rectifie éventuellement ces positions en cours de match, formeraient donc le paradigme du capitanat au moment où naît la sélection.
Cependant, dans sa thèse sur l’histoire des entraîneurs, Laurent Grün a bien montré que ces seules corrections sur le terrain nécessitaient de la part du capitaine expérience et sens du jeu.
Expliquant dans L’Auto les particularités de son poste de demi en 1905, Pierre Allemane revendique plusieurs qualités : énergie, adresse, jugement et sang-froid, caractéristiques qui peuvent être attribuées au capitanat.
Les capitaines qui suivent Pierre Allemane avant la Première guerre mondiale conservent des profils comparables à bien des égards. Tous revendiquent une réelle ancienneté dans le football.
Lucien Gamblin footballeur n’est autre que l’un des principaux capitaines internationaux de l’après-guerre. S’il ne quittait l’équipe de France en 1919, on pourrait en dire autant de celui de Gabriel Hanot, premier capitaine d’après-guerre, qui jouit autant de son ancienneté en sélection, sa première cape remontant à 1908, que de son aura de prisonnier de guerre évadé devenu aviateur.
Le 5 mai 1921, exactement un siècle après la mort de Napoléon Ier, la France rencontre l’Angleterre et pour la première fois de son histoire, l’emporte (2-1).
II. « Qui m’aime me suive » / un contremaître
En cette fin des années 1930, parallèlement aux revendications professionnelles des joueurs, l’image d’autorité du capitaine reprend de la vigueur.
Étienne Mattler persiste à penser que le capitaine conserve une autorité particulière. Elle peut être tactique, comme face à l’Italie en juin 1938, pendant la Coupe du monde organisée en France, lorsqu’il refuse la proposition de Gusti Jordan d’appliquer un WM qui l’aurait obligé à faire du marquage individuel, ce qui n’est pas son fort, et impose de conserver le ...
Les rôles de direction au sein d'un club de football
Au-delà du rôle de capitaine, plusieurs fonctions de direction contribuent au succès d'un club de football :
- Directeur Sportif : Responsable de la gestion sportive globale du club, de la gestion des effectifs et du recrutement au développement de l’académie.
- Directeur Technique National (DTN) : Technicien de très haut niveau chargé de développer la pratique sportive et de coordonner l’action des cadres techniques.
- Directeur de Club de Football : Assure la gestion du personnel, du matériel et l'administration du club, tout en mettant en place une politique de gestion.
- Président de Club de Football : Véritable chef de l'enceinte sportive, il doit faire preuve de charisme et d'autorité tout en mettant l'équipe qu'il dirige en confiance.
Voici un tableau récapitulatif des salaires moyens pour les directeurs sportifs :
| Type de Club | Salaire Annuel |
|---|---|
| Grands clubs européens (PSG, Real Madrid, Manchester City) | 1 à 3 millions d'euros |
| Clubs régionaux ou nationaux (France) | Environ 47 957 € brut par an |
Pour devenir directeur de club de football, il est recommandé d'obtenir un DEDPAD (Diplôme État de directeur de Projet d'Animation et de Développement) de niveau bac + 4, après avoir obtenu le baccalauréat.
En bref, les dirigeant(e)s veillent à la bonne organisation, à la gestion et à l’animation du club dans lequel ils (elles) s'engagent. Ils prennent les décisions utiles concernant la vie du club.
La Direction générale de la FFF définit les orientations stratégiques de la Fédération et supervise leur mise en œuvre auprès de ses directions qui couvrent l'ensemble des activités sportives, sociétales, administratives, commerciales, institutionnelles et juridiques.
La Direction technique nationale (DTN) a pour mission de développer la pratique sportive pour l’ensemble du football, avec pour axe principal les formations de joueurs, joueuses et de cadres, ainsi que la discipline en elle-même.
Après la victoire de l’équipe de France de football à la Coupe du monde, les tentations de faire le parallèle entre les onze joueurs tricolores et le staff d’une entreprise refont surface. Comme Aimé Jacquet avant lui, Didier Deschamps (désormais plongé dans les qualifications pour l’Euro 2020), n’échappe pas au parallèle managérial.
Il est donc impératif de fixer un objectif commun, de miser sur des hommes et de construire un groupe. Cela prend du temps. Le manager doit avoir en tête que passer du temps à créer un collectif est plus fertile à long terme que de gérer un dossier supplémentaire ou passer son temps dans son bureau.
Il est nécessaire de créer des temps de réflexion uniquement dédiés à la façon dont l’équipe travaille ensemble et vit ensemble. Et pas uniquement sur les résultats ou la technique. Le manager doit lâcher prise sur des événements qui n’ont pas d’impact sur l’objectif. Ce dernier ne doit pas être toujours derrière ses équipes en les mettant systématiquement sous pression. En effet, il faut investir du temps dans cette relation de complicité professionnelle, sans quoi tout est plus difficile.
La technique ne fera pas de lui un meilleur manager. C’est plutôt en aidant ses équipes à faire ensemble et donc à en faire plus, que tous progresseront.