Ángel Di María : Le Roi des Passes Décisives au PSG

Meilleur buteur du PSG cette saison jusqu'à il y a peu, Angel Di Maria vient de vivre une semaine bien plus dans ses standards puisque c'est le génial passeur qui est réapparu.

Après ses trois contre le Club Bruges en milieu de semaine (5-0), Angel Di Maria a encore réussi trois passes décisives lors de la victoire contre l'OM. La LFP lui a en effet accordé une sur le premier but d'Icardi ce dimanche.

Et avec deux triplés de passes décisives en cinq jours à peine, c'est peu dire que Di Maria a frappé fort pour son retour dans son registre naturel.

À la 10e minute de jeu, il s'est bien mis sur son pied gauche pour trouver la tête de Mauro Icardi au second poteau.

Si l'aspect décisif de ses passes ne souffrait d'aucune contestation mardi en Ligue des Champions, Icardi puis Mbappé n'ayant plus grand-chose à faire une fois le ballon arrivé dans leurs pieds, l'une de ses offrandes contre Marseille souffrait d'une légère contestation.

De façon inhabituelle par rapport à ce qu'elle a pu faire dans le passé, la commission de la LFP qui attribue les buts et les passes décisives a jugé que ce centre repris en deux fois était bien une passe décisive, et ce malgré l'intervention du portier marseillais.

Autrefois à la lutte avec Juan Bernat (5 au compteur), l'Argentin est désormais, et de loin, le seul meilleur passeur du PSG cette saison avec huit passes décisives offertes à ses coéquipiers et il remonte à la troisième place du classement des passeurs de Ligue 1 derrière le très prolifique Monégasque Islam Slimani (7 passes) et le brestois Yoann Court (6).

Mais cet afflux d'offrandes pour les autres a aussi un côté pervers pour l'Argentin, décisif mais mais laissant la conclusion de côté.

Après avoir donné pas moins de quatre buts en deux matches à Kylyan Mbappé (plus deux autres où il est impliqué...), il n'est plus le meilleur buteur du PSG cette saison puisque c'est le Français qui a repris ce titre honorifique.

Angel Di Maria a donné la passe décisive pour Kylian Mbappé sur le second but parisien.

Un nouveau record vient de tomber au Paris SG. Voici l’Argentin à 104 passes décisives depuis son arrivée au club en 2015, le tout en 263 rencontres.

Le gaucher dépasse une ancienne légende du club Safet Susic. Entre 1982 et 1991 le milieu offensif était monté jusqu’à 103 offrandes.

Neymar a célébré son coéquipier dans les vestiaires mercredi soir.

Le genou gauche de Damien Da Silva l’aura donc privé d’un 86e but en Rouge et Bleu.

Mais qu’à cela ne tienne : étoile esseulée dans l’attaque parisienne face à Rennes le 7 novembre dernier, Ángel Di María était déjà un peu entré dans l’histoire lorsqu’il avait trompé une première fois Alfred Gomis à la 21e minute, atteignant le cap symbolique des 85 pions avec le PSG.

Symbolique, car ce chiffre représente la barre fixée près de 30 ans plus tôt par le Yougoslave Safet Sušić, unanimement considéré comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire du Paris Saint-Germain.

À une époque où les records tombent comme des mouches et où les statistiques perdent parfois de leur sens, il faut quand même situer la performance : atteindre (puis dépasser) Magic Sušić, seuls Ibrahimović, Cavani et Mbappé sont parvenus à le faire sous l’ère QSI.

Une reconnaissance par les chiffres qui vient apporter du cachet à la carrière parisienne de l’Argentin. Juste une star parmi tant d’autres dans le secteur offensif. Pas vraiment l’importance, ni l’aura, de Sušić.

« C’est vrai qu’à l’époque, notre PSG n’avait pas été autant aidé par le recrutement, relève Luis Fernandez, ancien coéquipier et capitaine de Safet Sušić au Paris Saint-Germain (1982-1986). On avait des talents, mais on remporte un championnat beaucoup plus serré en 1986, avec un Sušić qui faisait des choses extraordinaires.

Safet dans le cœur du jeu, numéro 10 à l’ancienne ; Ángel sur un côté, ailier dribbleur et efficace, passeur comme buteur : pour un même chiffre, deux profils différents, deux contextes différents. Mais un contexte dans lequel Di María est quand même parvenu à sublimer son jeu, et constamment être décisif : ses 85 buts avec le PSG, ce sont 49 de plus que les 36 inscrits avec le Real Madrid (en 190 matchs, contre 229 avec Paris), et il n’a pas passé une seule saison porte d’Auteuil sans ajouter au moins 10 buts et 10 assists à son compteur.

Sur les passes décisives, il est d’ailleurs actuellement, selon les statistiques à disposition, le deuxième meilleur distributeur de caviars du PSG derrière… Safet Sušić. 90 bonbons pour l’Argentin, 95 pour le Yougoslave.

« Le total pour Sušić n’est pas vérifiable et sûrement faux, les passes décisives n’étant comptabilisées avant les années 2000 que par des calculs différents selon les médias », nous souffle-t-on cependant au club, précisant que toute communication n’est réservée « que si Di Maria atteint le total symbolique de 100 passes décisives, qui là sont vérifiables ».

À ce rythme, le palier sera franchi cette saison et, avec un petit effort, il pourrait même devenir, au plus tard la saison prochaine s’il ne quitte pas le PSG l’été prochain (son contrat court jusqu’en juin 2021), le premier Parisien à atteindre le double centenaire : 100 buts, 100 passes décisives.

Une performance, dont seuls Sušić (85 buts, 95 passes) et Mustapha Dahleb (98, 80) se sont sensiblement approchés dans l’histoire parisienne, qui sera sans doute beaucoup moins facile à égaler et qui le placera sans doute, cette fois-ci de façon indélébile, au Panthéon du PSG.

« Finalement, Di María s’en sort remarquablement bien,loue Fernandez. Malgré cette concurrence, il démontre une forte personnalité, un caractère, une grinta. Il trouve ses marques sur le terrain quoi qu’il arrive. Les raisons, au-delà des statistiques, on se les énumère en jetant un rapide coup d’œil dans le rétro, à travers les six saisons parisiennes de Di María : il y a cette conduite de balle, cette capacité d’élimination, de distribution du jeu, cette fâcheuse tendance qu’il a à téléguider des coups francs en lucarne ou cette impression qu’il donne qu’un but n’est beau que si le ballon a été piqué au-dessus du gardien avant de dépasser la ligne.

Il y a ce caractère, effectivement, cette résilience, cette capacité à rebondir et à montrer son meilleur visage même après des saisons compliquées, ces cœurs avec les doigts, ce don de son talent au collectif, cet extérieur du pied précis comme une main et cet intérieur qui a dispensé quelques frappes enroulées dont les petits filets tremblent encore.

Ángel ne sera jamais Safet, mais en se mettant - un peu - à son niveau, il est en train d’acquérir par le chiffre son statut de légende du Paris Saint-Germain, comme Ibrahimović et Cavani lorsqu’ils ont dépassé Rocheteau et Pauleta.

NOTICE : Les passes décisives ayant été officiellement comptabilisées à partir des années 1980, nous avons tenté ce pari fou de reprendre tous les matchs un à un afin de constituer un classement des passeurs depuis 1974 qui sera tenu à jour. Ce classement tient compte des résumés de matches dans la presse et peut comporter quelques erreurs avant l’apparition de la vidéo sur les rencontres du PSG.

Nous poursuivons le tour d’horizon des performances individuelles des joueurs du PSG en Ligue 1 en 2019-2020 avec les joueurs offensifs, en commençant par les « ailiers ». Il s’agit plutôt dans le 4-4-2 de Thomas Tuchel de numéros 10 excentrés, sans être pour autant collés à la ligne de touche.

Faute de minutes suffisantes (685 en Ligue 1), Julian Draxler ne sera pas analysé et l’étude portera donc sur Angel Di Maria, Neymar, et Pablo Sarabia.

Di Maria est un homme de fer. Parmi les joueurs du PSG titularisés au moins cinq fois en championnat la saison écoulée, il est le seul à n’avoir manqué aucun match sur blessure. Il a donc disputé 41 matches : 26 sur 27 en championnat (sur le banc contre Montpellier), 9 matches sur 11 en Champions League (mis au repos pour le match sans enjeu face à Galatasaray, suspendu contre Atalanta), 5 sur 10 dans les coupes, plus le trophée des champions.

En nombre de matches de Ligue 1, il devance largement ses poursuivants (Sarabia, Thiago Silva et Navas) qui ont joué cinq matches de moins que lui. En nombre de minutes, le deuxième joueur de champ, Gueye, en a disputé 350 de moins que lui, soit quasiment l’équivalent de quatre matches.

On ne compte plus les matches où, en l’absence de Neymar, Di Maria a pris les choses en main pour porter le PSG. Lors des 16 matches (Ligue 1 et Champions League confondues) où Paris a dû faire sans « Le Roi », l’Argentin a été décisif 19 fois !

On a forcément en mémoire les « Masterclass » de Ligue des Champions : doublé contre le Real en ouverture ou triplé de passes décisives face à Bruges.

Pour mémoire, le PSG n’est que la 18ème équipe de Ligue 1 (et la 72ème sur les 98 équipes des cinq grands championnats européens) avec 4.4 tirs de loin par match. A lui seul, il a pris près de 30 % des tirs de loin du PSG en Ligue 1 (35/119). Cela représente 1.6 tir toutes les 90 minutes. Sa cible préférée ? Malheureusement, pour la première fois depuis son arrivée au PSG, il n’a pas marqué de loin en championnat. Son record reste donc sa première saison à Paris (2015-2016).

On ne recense que trois matches de Ligue 1 sans aucune passe clé distribuée. Son record de la saison est de 8 passes clés à Nice (dont plusieurs coups de pied arrêtés) dans l’un de ses meilleurs matches de la saison.

Leader offensif en l’absence de Neymar, Di Maria fut en revanche beaucoup plus effacé quand le Brésilien était sur le terrain. En terme de data, il n’y a pas photo : alors même qu’il a disputé un match quasi identique avec Neymar que sans lui, Di Maria a des stats beaucoup plus importantes quand le Brésilien n’est pas là : 8 buts et 11 passes décisives contre 3 buts et 9 passes.

Il faut dire que le jeu parisien a clairement penché à gauche la saison passée, profitant des présences conjuguées dans cette zone de Neymar, Mbappé et Verratti. 41 % des attaques s’y sont produites, contre seulement 30 % à droite. Le PSG est ainsi l’équipe de Ligue 1 avec le taux d’offensives sur le côté droit le plus bas (et de loin : deuxième Reims avec 34 %). Il s’agit d’un axe de progression important pour la prochaine saison : davantage impliquer Di Maria quand Neymar est sur le terrain. Cela ne fera que rendre l’attaque parisienne plus imprévisible.

L’Argentin a un jeu à risques. C’est un fait et cela a toujours été. Tout d’abord, son ratio de ballons perdus cette saison en Ligue 1 dépasse le raisonnable. Di Maria a en effet perdu 32 % des ballons qu’il a joués en Ligue 1 cette saison : 538 ballons perdus sur 1703 joués exactement. La proportion est très importante. Il a particulièrement abusé un soir d’août face à Toulouse avec pas moins de 41 ballons rendus à l’adversaire (sur 101 joués) ! Cela ne l’avait pour autant pas empêché d’être présent sur trois des quatre buts parisiens du soir.

En lien avec ses pertes de balles, on peut mettre en avant son faible taux de réussite dans ses tentatives de dribbles : seulement 51 %. Quand on regarde ses stats en carrière, ce n’est finalement pas son taux de réussite de cette année qui dénote (il est dans sa moyenne) mais plutôt son volume de dribbles. Lors de ses quatre premières saisons dans la capitale, il tentait en moyenne 3.5 dribbles/90 minutes. Il est monté à 5.9 cette saison, soit une progression de 69 % ! Il est donc le seul joueur sous la barre des 80 % de passes réussies.

Au final, on retiendra néanmoins surtout de Di Maria cette saison en championnat son nouveau titre de meilleur passeur et sa capacité à porter l’équipe offensivement quand Neymar était absent. De quoi en faire le meilleur joueur Parisien de la saison ? Pourquoi pas. Il est en tous les cas assurément dans le trio de tête.

Statistiques Clés d'Ángel Di María au PSG

Voici un aperçu des statistiques clés d'Ángel Di María au PSG, illustrant son impact et son évolution au sein du club :

Statistique Valeur
Nombre de passes décisives depuis 2015 104
Nombre de matches joués 263
Buts avec le PSG 85
Buts avec le Real Madrid 36
Matches joués sans Neymar (Ligue 1 et Champions League) où il a été décisif 16 (19 fois)
Pourcentage de tirs de loin du PSG en Ligue 1 pris par Di Maria 30%

Ces chiffres témoignent de la régularité et de l'influence d'Ángel Di María au sein de l'équipe parisienne, faisant de lui un joueur clé dans l'histoire récente du club.

Ces statistiques mettent en lumière son rôle crucial, en particulier en l'absence de Neymar, où il a su prendre les rênes de l'attaque et mener l'équipe vers le succès.

L'Argentin a un jeu à risques. C’est un fait et cela a toujours été. Tout d’abord, son ratio de ballons perdus cette saison en Ligue 1 dépasse le raisonnable. Di Maria a en effet perdu 32 % des ballons qu’il a joués en Ligue 1 cette saison : 538 ballons perdus sur 1703 joués exactement.

Il faut dire que le jeu parisien a clairement penché à gauche la saison passée, profitant des présences conjuguées dans cette zone de Neymar, Mbappé et Verratti. 41 % des attaques s’y sont produites, contre seulement 30 % à droite.

Ángel ne sera jamais Safet, mais en se mettant - un peu - à son niveau, il est en train d’acquérir par le chiffre son statut de légende du Paris Saint-Germain, comme Ibrahimović et Cavani lorsqu’ils ont dépassé Rocheteau et Pauleta.

Au final, on retiendra néanmoins surtout de Di Maria cette saison en championnat son nouveau titre de meilleur passeur et sa capacité à porter l’équipe offensivement quand Neymar était absent.

Angel Di Maria a donné la passe décisive pour Kylian Mbappé sur le second but parisien.

Un nouveau record vient de tomber au Paris SG. Voici l’Argentin à 104 passes décisives depuis son arrivée au club en 2015, le tout en 263 rencontres.

Le gaucher dépasse une ancienne légende du club Safet Susic. Entre 1982 et 1991 le milieu offensif était monté jusqu’à 103 offrandes.

Neymar a célébré son coéquipier dans les vestiaires mercredi soir.

En nombre de matches de Ligue 1, il devance largement ses poursuivants (Sarabia, Thiago Silva et Navas) qui ont joué cinq matches de moins que lui.

Lors des 16 matches (Ligue 1 et Champions League confondues) où Paris a dû faire sans « Le Roi », l’Argentin a été décisif 19 fois !

Ángel ne sera jamais Safet, mais en se mettant - un peu - à son niveau, il est en train d’acquérir par le chiffre son statut de légende du Paris Saint-Germain, comme Ibrahimović et Cavani lorsqu’ils ont dépassé Rocheteau et Pauleta.

Il s’agit d’un axe de progression important pour la prochaine saison : davantage impliquer Di Maria quand Neymar est sur le terrain. Cela ne fera que rendre l’attaque parisienne plus imprévisible.

Lors de ses quatre premières saisons dans la capitale, il tentait en moyenne 3.5 dribbles/90 minutes. Il est monté à 5.9 cette saison, soit une progression de 69 % !

De quoi en faire le meilleur joueur Parisien de la saison ? Pourquoi pas. Il est en tous les cas assurément dans le trio de tête.

Les 14 passes décisives d'Ángel Di María en Ligue 1 👟🔥 2019/2020

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