Alors que la saison NBA 2024-2025 approche à grands pas, les équipes peaufinent leurs effectifs. Les Detroit Pistons suscitent un intérêt particulier, avec des changements notables et de jeunes talents prometteurs. Cet article examine de près la composition de l'équipe, les joueurs clés et les attentes pour la saison à venir.

Un Nouveau Départ avec Monty Williams
Finaliste NBA en 2021, coach de l’année en 2022 et n°1 de la saison régulière en 2023, Monty Williams constituait une cible de choix une fois libéré de son contrat avec Phoenix le 13 mai dernier. Les Pistons ont mis le prix : 78,5 millions de dollars (74,7 M€) sur six ans, le plus gros montant jamais proposé à un coach NBA. Le propriétaire, Tom Gores, peut se le permettre : il est multimilliardaire et dépense « peu » en masse salariale. Monty Williams hérite d’une équipe qui part de très loin, où le mot clé est «potentiel», avec ce que cela comporte de risques.
Au gré des opportunités, les Pistons ont récupéré cinq joueurs choisis dans le Top 5 de la Draft.
Les Joueurs Clés des Pistons
Cade Cunningham
Pour Detroit, les espoirs de progrès sont placés dans les mains de Cade Cunningham, grand meneur (2,01 m) de 22 ans, n°1 de la Draft en 2021. Ses débuts ont été satisfaisants en termes de volume de jeu (17,8 points, 5,6 rebonds, 5,6 passes), offrant des perspectives intéressantes dans les combinaisons avec les intérieurs (Jalen Duren, Isaiah Stewart...).
«Ça fait du bien de le voir en forme. Son physique lui permet d'avoir un fort contrôle du jeu», a salué Steve Kerr cet été.
Mais en deux ans, il a manqué plus de matches sur blessure (88) qu’il n’en a joués (76).

Killian Hayes et la Mène des Pistons
Cunningham n’ayant disputé que 12 matches la saison dernière, Killian Hayes a beaucoup joué (28 minutes/match), « startant » 56 fois. Cela lui a permis de « faire » des stats (10,3 points, 6,2 passes, 1,4 interception). Mais à l’image de celles de Théo Maledon, qui avait aussi passé la barre des 10 points à OKC en 2020-2021 avant de sortir des plans du Thunder, il faut les relativiser par le contexte médiocre et une maladresse tenace (moins de 40% aux tirs et 30% à 3 points lors de chacune de ses trois saisons).
Plus gênant : la mène est pleine dans le Michigan avec le retour de blessure de Cunningham et les arrivées de Monte Morris et Marcus Sasser.
Composition d'Équipe et Analyse
Voici la composition probable de l'équipe des Detroit Pistons :
- Titulaires : C. Cunningham, T. Hardaway, T. Harris, A. Thompson, J.
- Remplaçants : D. Schroder, M. Beasley, R. Holland, S. Fontecchio, I. Stewart, P.
- Absents : J.
En recrutant des vétérans - Tim Hardaway Jr, Tobias Harris, Malik Beasley - pour apporter un peu de bouteille à ce jeune groupe, en mettant sur son banc un entraîneur avec des références - JB Bickerstaff - la franchise a trouvé les parfaits ingrédients pour faire grandir son groupe.
En 2023/24, la saison fut catastrophique avec 14 succès, et ce total a été plus que triplé cette année, avec 44 victoires. Et cette surprenante sixième place de la conférence Est donc.
Les Pistons sont une sorte de gros bloc, très massif et difficile à bouger. En plus, il rend les coups. Les muscles sont partout, l'envie de défendre de JB Bickerstaff s'est diffusée chez chacun et alors que les défenses et les contacts prennent toute la place en playoffs, Cade Cunningham et sa bande ont les caractéristiques pour être une formation que personne ne veut croiser au printemps.
Le All-Star, avec ses progrès et son leadership, est une cerise sur le gâteau, celui qui peut faire la différence si le collectif répond moins bien.
Les Forces et Faiblesses des Pistons
Portés par l’enthousiasme et leur dimension physique, les Pistons proposent un basket moins centré sur le shoot à 3-pts que les autres. C'est intéressant mais c'est aussi un bémol car, en dehors de Malik Beasley, énorme avec ses 319 réussites derrière l'arc à 41% de réussite, et Tim Hardaway Jr, ils souffrent globalement à 3-pts.
Detroit n'inscrit que 12.8 paniers à 3-pts par match (20e moyenne) à 36% de réussite (17e). L'absence de Jaden Ivey pèse d'ailleurs dans ce domaine. Les Pistons ont de bons shooteurs dans leur effectif, mais l'adresse n'est pas toujours au rendez-vous. Et si ça dure plusieurs matches dans une série de playoffs, tout peut devenir plus compliqué.
Si les Knicks ne sont pas non plus la meilleure équipe à 3-pts, la plus puissante, les talents offensifs sont nombreux et ils peuvent faire sans. Pour les Pistons, s'ils veulent vraiment mettre en difficulté la friable défense de New York, il faudra frapper derrière l'arc.
C'est l'une des forces, des visages de Detroit donc il est évident que les ouailles de JB Bickerstaff vont imposer leurs muscles dans cette série. Ça va batailler très fort sous les cercles, au rebond.
Les Knicks ont parfois du mal à s'imposer au rebond d'ailleurs, et c'est un point sur lequel Detroit a tout intérêt à appuyer. Pour limiter les possessions de Jalen Brunson et compagnie et pour jouer les transitions.
L'importance des vétérans dans la réussite de Detroit cette saison prouve à quel point l'expérience est une donnée fondamentale dans un groupe, aussi talentueux soit-il.
Les playoffs sont une montagne difficile à gravir, surtout lors de la première ascension, et une majorité des Pistons ne connaissent pas ces altitudes. Les Knicks sont habitués eux : Karl-Anthony Towns et Jalen Brunson ont par exemple été jusqu'en finale de conférence durant leur carrière quand Mikal Bridges a même goûté aux Finals.
Affronter les Pistons n'est clairement pas un cadeau pour les Knicks. Mais s'ils ont montré des grosses limites face aux Cavaliers, Celtics ou Thunder pendant la saison régulière (et même face à Detroit, vu le bilan entre les deux formations), cette équipe a plus que les armes pour remporter cette série. Elle a des ambitions élevées donc éliminer des Pistons certes vaillants mais encore inexpérimentés à ce niveau ne doit pas être source de frayeur.
Néanmoins, la série s'annonce dure sur le plan physique, donc on peut y laisser des plumes et des matches si les erreurs sont trop nombreuses.