L’introduction du VAR, ou Video Assistant Referee, dans le football a provoqué autant d’éloges que de controverses. Son acronyme signifie Video Assistant Referee, c’est-à-dire arbitre assistant vidéo.
La VAR révolutionne l’arbitrage en football en utilisant la vidéo pour juger les décisions clés. La VAR, pour “Video Assistant Referees”, signifie en français “assistance vidéo à l’arbitrage” (AVA). Ce dispositif a pour but d’aider l’arbitre de football à prendre ses décisions d’une façon plus optimale.
En français, l’acronyme VAR est souvent précédé de l’article masculin « le », parce que le terme complet en français est « l’arbitre assistant vidéo ». Cependant, il n’est pas rare d’entendre « la VAR » en raison de la confusion possible avec la notion de vidéo, qui est féminine.
Évidemment, c’est la plus futile des controverses que suscite l’arbitrage vidéo. Car en France, ou plutôt en français, la confusion règne quant à l’usage : faut-il dire le VAR ou la VAR ? Chacun fait sa propre cuisine, parfois rappelé à l’ordre par les partisans de l’un ou l’autre article défini.
Ce mot, qui est relativement récent en français (années 2010), est emprunté à l’anglais où il est le sigle de video assistant referee (« arbitre assistant vidéo »). Très souvent, les anglicismes, qui n’ont pas de genre en anglais, prennent le genre masculin par défaut. Cependant pour VAR le genre masculin est minoritaire.
Le genre féminin provient probablement du nom féminin assistance. Notons que le mot VAR s’utilise aussi pour désigner l’arbitre en charge de l’étude des vidéos.
C'est quoi la VAR finalement ?
Composition et Rôle de l'Équipe VAR
Le système de la VAR implique généralement trois ou quatre personnes: un arbitre vidéo, un arbitre assistant vidéo et un ou deux opérateur(s) d'image. Leur présence est obligatoire, sauf si les deux clubs sont d'accord pour utiliser la VAR uniquement avec l'arbitre vidéo principal et un opérateur en cas d'indisponibilité de l'assistant vidéo. Dans les grandes compétitions, il y a parfois trois opérateurs d'image, un arbitre assistant support pour assurer la coordination ou un arbitre assistant vidéo dédié aux hors-jeu.
Pendant tout le match, il est assisté à distance par des “arbitres assistants vidéo” (AAV) et des techniciens, appelés les “opérateurs de relecture” (RO). Dans un van situé à l’extérieur du stade, ou dans une pièce dédiée (la salle d’opération vidéo, ou VOR), ils ont les yeux rivés sur des écrans et analysent en temps réel les images de jeu. Ces images leur sont présentées sous plusieurs angles, grâce à plusieurs caméras disséminées autour du terrain.
Membre indispensable des équipes de l'assistance vidéo à l'arbitrage, l'opérateur occupe un poste technique qui a pour mission de proposer les images demandées par l'arbitre vidéo. Il est employé par le prestataire en charge du système de la VAR. Une fonction essentiellement technique, pas décisionnaire.
La mission principale de l'opérateur est de montrer les images que l'arbitre vidéo, placé à côté de lui, souhaite voir. Avec les multiples flux qui sont à sa disposition, l'opérateur peut suggérer des angles, mais c'est l'arbitre vidéo qui décide ce qu'il souhaite voir et de quelle façon. L'arbitre est aussi le seul habilité à parler avec l'arbitre central sur le terrain. Lors du contrôle d'un hors-jeu, l'opérateur effectue l'arrêt sur image et manipule les outils de démarcation. Mais l'arbitre valide le placement des lignes et peut changer l'image utilisée.
La performance qualitative d'un opérateur peut varier en fonction de sa capacité à communiquer efficacement avec l'arbitre vidéo, de sa maîtrise des outils et donc de sa rapidité d'exécution. Mais en principe, il ne peut pas avoir d'influence directe sur une décision arbitrale.
La fiche de poste de l'opérateur n'exige pas de diplôme particulier, mais réclame une "bonne connaissance technique" et des qualités de communication et de travail sous pression.
Tous les AAV sont des arbitres FIFA de “haut niveau”, sélectionnés sur leur expérience lors de compétitions nationales et internationales. Le premier AAV est le “chef” de l’équipe. Il manage les autres, tout en regardant le match capté par la “caméra principale”. Son “adjoint n°1” se concentre sur la caméra principale et l’assiste quand il est occupé à contrôler ou à visionner un incident. L’adjoint n°2 est chargé des hors-jeu : il “anticipe et contrôle les situations de hors-jeu potentielles, afin d’accélérer la procédure de contrôle et d’examen” par l’AAV en chef. Notamment au moyen du système VOL, ou "système de la ligne de hors-jeu" (Virtual Offside Line).
À leurs côtés dans la “salle de régie vidéo”, des “opérateurs de relecture” (OR) sont chargés de gérer le côté technique du système. Ces techniciens “rejouent” les passages sensibles sous plusieurs angles (simultanément et de manière synchronisée) pour les AAV, si besoin à des vitesses différentes (par exemple, en 0.5x, ou en image par image). C’est aussi eux qui effectuent les zoom avant / arrière nécessaires.
La VAR repose sur une multitude de caméras (entre 12 et 33) réparties partout dans le stade et orientées vers le terrain. Certaines (à grand angle ou angle fermé) permettent d’effectuer des ralentis (super slow-motion, ultra slow-motion), d’autres des zooms hyper-précis (ultra haute-definition (UHD)). Pour évaluer les situations de hors-jeu, des “caméras 16 mètres” sont spécifiquement utilisées.
Les flux vidéo sont synchronisés et envoyés en direct (sans latence) à la “VAR room” et aux AAV par fibre optique.
Parmi les fournisseurs officiels de cette technologie, on retrouve principalement le suédois ChyronHego et le britannique Hawk-Eye, deux entreprises spécialisées dans l'innovation technologique du sport, à l'origine des solutions de VOL et de GLT utilisées par la FIFA. Ces entreprises gèrent les caméras, mais aussi les logiciels de VAR, et emploient les opérateurs vidéo qui sont aux côtés des AAV.

Protocole d'Utilisation de la VAR
La mise en œuvre du VAR dans un match de football suit un protocole strict. Pour les buts, les penaltys ou non et certains cartons rouges directs (ex. Le visionnage des séquences vidéo peut être demandé par l'arbitre ou effectué à l'initiative des arbitres assistants vidéo. Après analyse de la situation, ceux-ci en informent l'arbitre par oreillette, qui prend la décision appropriée, le cas échéant après être allé consulter la vidéo lui-même sur le bord du terrain, dans la “zone de visionnage” (OFR).
Mais l’AAV ne prend aucune décision lui-même : il soutient uniquement l’arbitre principal dans le processus décisionnel. “Les visionnages terrain ne seront utilisés principalement que pour les décisions ‘subjectives’ et non pas pour les décisions factuelles, comme l’endroit d’une infraction ou d’un joueur (hors-jeu), ou encore un point de contact (main/faute)”, précise l’IFAB.
Pour initier un visionnage, le jeu est interrompu. Mais seulement si aucune des deux équipes ne dispose d’une bonne opportunité offensive. Afin de lancer une phase de VAR, l’arbitre doit la signaler à ses assistants en mimant les contours d’un écran de télévision avec les mains.
Le “temps de visionnage” total d’une VAR dure en moyenne 27 secondes.
Impact et Améliorations Futures de la VAR
L’implémentation du VAR dans le football professionnel a été l’objet de débats animés. En effet, certains sondages montrent un soutien pour le VAR en tant qu’outil de justice, tandis que d’autres critiquent son impact sur l’émotion et la fluidité du jeu. Les joueurs et les entraîneurs ont également des opinions mitigées sur le VAR.
Un impact VAR sur jeu régulièrement signalé concerne la gestion du temps de jeu. L’utilisation excessive des outils arbitrage digital provoque parfois de longues interruptions durant un match.
Les décisions arbitrales controversées sont aujourd’hui analysées instantanément à l’aide de l’arbitrage vidéo en football.
Même si l'utilisation de la VAR est controversée, les effets positifs de la VAR sont là. Pendant les phases de groupes de la Coupe du monde 2018, le taux de réussite des décisions via la VAR s'est élevé à 99,3 %. En outre, les révisions grâce à la VAR prennent deux fois moins de temps (27 à 35 secondes) que celles réalisées seulement sur le terrain (68 secondes).
La prochaine étape, c’est le développement d’une VAR “automatisée”, ou presque, grâce à l’IA. La FIFA teste depuis 2019 une technologie de suivi des joueurs. D’ici 2022, donc dès la Coupe du Monde au Qatar, un tel système devrait permettre d’identifier d’une façon quasi instantanée les hors-jeu, et de réaliser des appels de hors-jeu “semi-automatisés”. L’arbitre serait alerté en quelques secondes, et pourrait ainsi prendre une décision beaucoup plus vite.
La formation arbitre football doit désormais intégrer les dernières technologies arbitrage football. Les formations avancées arbitrage préparent les officiels à l’utilisation de la VAR et à l’analyse vidéo en arbitrage.

Exemples de l'Utilisation de la VAR
L’utilisation du VAR a été marquée par plusieurs moments emblématiques dans le football mondial.
- Coupe du Monde 2018 : France vs. Australie
Durant le match de groupe entre la France et l’Australie, l’arbitre a accordé un penalty à la France après avoir consulté le VAR pour une faute de Joshua Risdon sur Antoine Griezmann. - Finale de la Ligue des Champions 2019 : Tottenham vs. Liverpool
Dès les premières minutes du match, l’arbitre a consulté le VAR pour vérifier une main de Moussa Sissoko dans la surface de réparation de Tottenham. Le penalty a été accordé à Liverpool, que Mohamed Salah a transformé, donnant ainsi un avantage précoce à son équipe. - Premier League 2019-2020 : Manchester City vs. Tottenham
Lors d’un match de Premier League entre Manchester City et Tottenham en août 2019, le VAR a annulé un but marqué par Gabriel Jesus de Manchester City dans les derniers instants du match. Après révision, il a été déterminé qu’Aymeric Laporte avait touché le ballon de la main lors de la préparation du but.
La VAR représente une évolution significative dans l’arbitrage du football, avec le potentiel de rendre le sport plus juste, tout en présentant des défis en termes d’application et de perception publique. Comme toute technologie, son efficacité dépend de la manière dont elle est utilisée et perçue par la communauté du football.
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