Décès au Stade Montois Rugby: Hommages à des Légendes et Jeunes Talents

Le monde du rugby et plus particulièrement le Stade Montois a été frappé par plusieurs décès au cours des dernières années, endeuillant la communauté sportive et laissant un vide immense. Cet article rend hommage à ces figures marquantes, des légendes du club aux jeunes espoirs fauchés trop tôt.

André Boniface au stade de Montfort-en-Chalosse, en 2019

Disparition d'André Boniface: Une Légende du Rugby Français

André Boniface est décédé lundi 8 avril à l'âge de 89 ans à l'hôpital de Bayonne, a indiqué le Stade Montois à France Bleu Gascogne. Il était une légende du rugby à Mont-de-Marsan, à tel point que le stade de la ville porte son nom et celui de son frère.

Ce natif de Montfort-en-Chalosse évoluait aux postes de centre et d'ailier dans les années 1950-1960. À 17 ans, il est en effet repéré par l'US Dax où il joue avec l’immense Jean Dauger. Mais c’est au Stade Montois qu’il signe en 1953 avec son frère Guy. Immense styliste, attaquant superbe, associé pour le meilleur au génial montois Christian Darrouy, André Boniface a été sélectionné 48 fois en équipe de France et il bat pour la première fois les All Blacks avec le XV de France en 1954.

« Dédé » Boniface a marqué l'histoire du rugby français par son talent exceptionnel et sa vision du jeu novatrice", salue ce lundi le Stade Montois dans un communiqué. Son jeu fluide et élégant, combiné à sa rapidité et à sa vision du jeu exceptionnelle, lui ont valu de devenir l'une des figures les plus emblématiques du rugby français. Avec son frère Guy, également une légende du rugby français, André a formé l'une des paires de centres les plus redoutables de l'histoire du rugby mondial. Leur complémentarité sur le terrain et leur capacité à créer des opportunités de jeu ont contribué de manière significative aux succès du Stade Montois Rugby et de l'équipe nationale française.

Au-delà de ses exploits sur le terrain, Dédé était également reconnu pour son élégance et son engagement envers les valeurs du rugby. Sa carrière exemplaire a inspiré des générations de joueurs et de passionnés. Par ailleurs, il est l’un des créateurs du jeu à la Montoise, synonyme de mouvement et de rapidité.

La disparition d'André Boniface laissera un vide immense au Stade Montois Rugby et dans le monde du rugby français et international. Ses performances légendaires et le respect qu'il a suscité tout au long de sa vie, tant sur le terrain qu'en dehors, sont la preuve que son héritage perdurera à travers tous nos souvenirs. Au revoir, André, tu resteras à jamais dans les cœurs de tous les amoureux de rugby", conclut le Stade Montois.

Les joueurs qui l'ont côtoyé se souviennent unanimement de ce rugbyman exceptionnel. "Avant d'être mon ami, c'était mon idole", raconte le Dacquois Jean-Louis Bérot. Celui-ci a joué à plusieurs reprises en équipe de France avec André Boniface, lors de matchs d'exhibition. "Après Jean Dauger, c'était le plus grand attaquant que nous avons eu en France. Il a apporté cette touche romantique", raconte-t-il.

"C'était un amoureux du geste, un amoureux du jeu. Il était admiré de tous, y compris et surtout à l'étranger, parce qu'il était toujours tourné vers le jeu, vers l'attaque, avec beaucoup d'exigence. André ne pardonnait pas qu'on ne respecte pas le ballon, qu'on ne respecte pas le jeu. Il était exigeant envers lui-même et donc exigeant envers les autres. Il avait un énorme de caractère, mais avec un cœur énorme", décrit l'ancien joueur du Stade toulousain et de l'US Dax.

Le Landais Claude Dourthe, ancien joueur de l'US Dax et ancien international du XV de France, fait partie lui aussi des rugbymen qui ont été influencés, qui se sont inspirés d'André Boniface. Il se rappelle particulièrement de la finale du championnat de France de 1963 entre Dax et Mont-de-Marsan. "Je n'avais que 14 ans. Je tenais pour Dax et André Boniface a fait beaucoup, beaucoup de mal à Dax. J'admirais les frères Boniface, comme tout gamin à ce moment-là, tout Landais qui se respecte admirait les frères Boniface", se souvient-il.

"J'ai eu la chance de jouer avec lui une fois parce qu'il était en fin de carrière et il avait 15 ans de plus que moi. C'était un honneur pour moi de jouer à côté d'une légende. Il était tellement beau, tellement fort, tellement élégant que bien sûr, c'était un modèle que je n'ai pas pu atteindre, malheureusement pour moi", ajoute-t-il dans un sourire.

Patrick Nadal, l'ancien centre du Stade Montois, s'est lui aussi beaucoup inspiré d'André Boniface, qui a été par la suite son entraîneur. "Je l'ai connu, j'avais 15-16 ans. Et je crois beaucoup au mimétisme, et j'ai essayé de faire comme lui. Il avait une passion fantastique pour le beau jeu. Beaucoup de jeunes ont voulu lui ressembler parce qu'il avait tout, mais surtout cette folie, cette passion du jeu, du bon jeu, de la passe au millimètre, de la passe au centième de seconde. C'était un perfectionniste et un professionnel avant tous les autres", ajoute-t-il.

La ligue nationale de rugby annonce ce lundi qu'un hommage sous forme d'une minute d'applaudissements lui sera rendu ce week-end sur tous les terrains de Pro D2, à l'occasion de la 26ᵉ journée.

Les frères Boniface, légendes du rugby landais

Décès de Jean-Claude Priam: Un Bénévole Incontournable

Il faisait partie des Stadistes parmi les plus incontournables. Jean-Claude Priam s’est éteint à l’âge de 77 ans, dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 février. Le mot « multifonction » collait bien à la peau de ce travailleur infatigable, bénévole toujours prêt à rendre service.

Après des débuts à l’école de rugby au milieu des années 1960, il a fréquenté les diverses équipes - réserves, juniors, Crabos, Reichel, entre autres - avant de devenir un des responsables du club jaune et noir. Après un passage d’un an, en fin de carrière de rugbyman, à Aire-sur-l’Adour, il est revenu au Stade Montois comme dirigeant.

Il s’est également longuement occupé de l’intendance ; le bar et l’animation étaient ses domaines, la comptabilité du Stade Montois Rugby aussi, mais cela ne l’a pas empêché de prendre soin des ex-Stadistes, « les Papous », dont il a pris la présidence en 1978 pour ne plus la quitter. Dans son quartier de toujours, Saint-Jean-d’Août, il s’est également occupé du cyclotourisme, qu’il pratiquait, et a tenu de nombreuses autres fonctions, comme président du Comité des fêtes (élu en 2008), revêtant la tenue de maire, amenant son humour et sa joie de vivre communicative.

L’ex-assureur, serviteur du sport et des associations montoises, aura beaucoup donné.

Disparition de Benoît Dauga: Une Figure du Grand Chelem 1968

Légende du Stade Montois et ancien joueur du XV de France, avec qui il a signé le Grand Chelem en 1968, Benoît Dauga est décédé à l'âge de 80 ans, ce jeudi.

Dans une interview publiée par le quotidien Sud Ouest, son ancien co-équipier Jo Maso s'est dit "bouleversé" par l'annonce de son décès. "C'était un ami intime, j'aimais beaucoup Benoît. Un homme admirable de gentillesse et de sincérité. Un immense joueur avec qui j'ai fait un bon bout de chemin", a ajouté l'ancien trois quarts centre du XV de France qui l'a côtoyé en sélection.

Surnommé le Grand Ferré, en référence au paysan picard doté d'une force prodigieuse qui avait été un héros de la Guerre de Cent Ans face aux Anglais, Benoît Dauga comptait 63 sélections avec les Bleus dont neuf comme capitaine. Deuxième ligne ou numéro 8 imposant (1,95 m avec une envergure exceptionnelle pour l'époque), le natif de Montgaillard (Landes) a remporté trois fois le Tournoi des cinq nations.

Dauga est resté fidèle toute sa carrière au Stade Montois, que ce soit comme joueur dans les années 1960 aux côtés notamment de trois autres internationaux, les frères et centres Guy et André Boniface et l'ailier Christian Darrouy, ou comme dirigeant en prenant la présidence du club jaune et noir de 2003 à 2006.

Le 12 janvier 1975, à 32 ans, alors qu'il vient d'être rappelé en équipe de France pour encadrer les jeunes, un plaquage met un terme à sa carrière. En plein match avec le Stade Montois, son front cogne la hanche du deuxième ligne adverse qu'il essaie de plaquer, sa tête part en arrière: c'est le coup du lapin. Dauga reste paralysé au sol, seuls ses yeux et ses lèvres bougent. Il est hospitalisé à Bordeaux où les médecins détectent une élongation de la moelle épinière.

Après un passage par l'encadrement de l'équipe de France pendant six ans, il devient entre 2003 et 2007 président de son club de toujours, le Stade Montois.

NomPostePériode
André BonifaceCentre et Ailier1950-1960
Benoît DaugaDeuxième ligne ou Numéro 8Années 1960
Jean-Claude PriamDirigeant, IntendanceAnnées 1960 - 2020

Décès Tragique de Keilani Itae: Un Jeune Espoir Disparu

Malgré l’intervention rapide des secours, sa voiture a percuté un arbre de l’autre côté de la chaussée où il circulait. Le choc n’a laissé aucune chance à ce jeune homme âgé de 17 ans, titulaire du permis de conduire depuis le début de l’été.

Installé depuis de nombreuses années dans les Landes, il vivait avec sa famille à Bretagne-de-Marsan. Après avoir été scolarisé dans l’école de la commune, il avait suivi sa scolarité au collège Val Adour de Grenade-sur-l’Adour (où est toujours scolarisée sa sœur) avant d’enchaîner avec le lycée Charles-Despiau à Mont-de-Marsan. Un établissement dans lequel il avait passé des tests pour intégrer la section rugby. Avec succès et grande détermination, à l’image de « son énorme potentiel ». Depuis la rentrée de septembre, il était en terminale.

C’est en 2017 que l’adolescent avait découvert les rouages de ce sport, en rejoignant l’école de rugby du Stade Montois. Il y fait ses gammes et découvre avec grande joie les rudiments du XV. Sous la tunique flanquée du logo jaune et noir, Keilani acquiert une jolie technique. Évoluant en troisième ligne, il présente un physique en adéquation avec les exigences du poste.

Il reste fidèle jusqu’à la fin de la saison 2022-2023 aux jaune et noir. L’an dernier, il rejoint le Rassemblement Aire-sur-l’Adour - Grenade-sur-l’Adour, où il joue en junior. Un seul exercice avant de signer à nouveau au Stade Montois pour intégrer la formation Crabos. « Comme c’est souvent le cas, il était resté chez nous en double licence », explique un des encadrants du club de Grenade-sur-l’Adour, abasourdi par cette disparition brutale.

En ce début de semaine, le choc est immense auprès des trois clubs de rugby où ce jeune homme a évolué depuis ses débuts. « C’est avec beaucoup d’émotion, que le club du Stade Montois a appris le décès de l’un de ses jeunes joueurs de l’équipe Crabos ce dimanche 6 octobre. Le Rassemblement d’Aire-sur-l'Adour et Grenade s’associe au Stade Montois pour présenter leurs sincères condoléances et leur soutien à la famille de Keilani Itae », peut-on lire sur le communiqué adressé à notre rédaction.

En ce début de semaine, les différents clubs où Keilani avait joué ont mis des « actions d’accompagnement » pour l’ensemble des jeunes et des encadrants l’ayant côtoyé.

Les hommages sont tous aussi nombreux sur les réseaux sociaux. Les jeunes font part de leur « douleur » à la disparition de leur ami, présenté comme quelqu’un de fort sympathique, adorable et serviable. Ils sont nombreux à pleurer Keilani dans les Landes. Une cellule psychologique a été mise en place, également, au lycée Charles-Despiau, où il était scolarisé.

De plus, les trois associations sportives landaises ont lancé une cagnotte « pour soutenir la famille » de ce jeune rugbyman disparu tragiquement.

Hommage à André Boniface à Montfort-en-Chalosse

tags: #deces #stade #montois #rugby