La carrière de Darel Poirier : Des terrains de G-League aux parquets européens

Darel Poirier, un jeune intérieur français de 2,07 m, a connu un parcours atypique dans le monde du basketball. Son talent indéniable est souvent associé à un caractère volcanique, faisant de lui un joueur à part dans ce milieu.

Formé à l’Insep puis à Cholet, passé par les équipes de France jeunes, il était destiné à d’autres sphères que l’Elite 2. Sa saison en G-League terminée, Darel Poirier va rentrer en Europe et rejoindre un club italien. La G-League comme accélérateur de carrière pour des joueurs non-américains, cela se fait de plus en plus.

Avant de faire ses débuts au CBC, le pivot s'est confié. Ombre et lumière, dimanche 15 février au Palais des Sports de Caen. Darel Poirier a une réputation de « bad boy », dit-il, dans le basket français. C’est un homme qui joue avec le cœur. Il sait ce que l’on dit de lui. Il en fait peu de cas.

Débuts et Premiers Pas en Pro B

Auteur de 4 points en moyenne chez le dernier de Pro B la saison passée, le jeune intérieur français Darel Poirier (2,07 m, 21 ans) est parti vivre l'aventure américaine en G-League.

« On m’a collé l’étiquette d’un bad boy. Je pourrais me comparer à un Michael Beasly français ou à un Rodman français, explique le nouvel intérieur du Caen Basket Calvados qui vient de s’engager avec le club normand en cette mi-février 2026. Il y a beaucoup d’a priori à mon sujet qui ne sont peut-être pas vérifiés.

Le nouveau pivot du Caen Basket Calvados, 2,07 mètres pour 105 kg, a pourtant conscience que l’image qu’il renvoie lui a joué des tours. « Il ne faut pas blâmer une contrariété, pose-t-il de sa voix grave. Si ma carrière est ce qu’elle est, c’est peut-être parce que c’est ce dont j’avais besoin pour mon développement personnel. Je ne vais pas me dire : j’aurais pu être en NBA, j’aurais pu être en Euroligue. Je suis au CBC et je suis très heureux d’être là. »

L'Aventure en G-League

Il a explosé depuis mi-janvier avec le Capital City Go-Go. Son équipe cependant pas qualifiée pour les playoffs, il s'est retrouvé libre.

Darel Poirier avec les Windy City Bulls. (R.Hoskins/NBA/Getty Images)Passé par la ligue mineure de la NBA, cet intérieur français de 23 ans formé à Cholet a signé avec la JL, où il vient de passer plusieurs mois en rééducation.

L'intérieur Darel Poirier (23 ans, 2,07 m) jouait avec les Windy City, l'équipe réserve des Chicago Bulls en G-League, la ligue mineure de la NBA, quand la saison a été interrompue par la Covid-19.

Héritier de la riche filière guadeloupéenne formée à Cholet après un passage à l'Insep, Darel Poirier s'était fait remarquer la saison précédente avec les Capital City Go-Go, l'équipe réserve des Washington Wizards, tournant à 9,1 points, 4,1 rebonds et 1,1 contre comme titulaire après un début de carrière discret en Pro B (4,6 points à Charleville-Mézières en 2017-2018).

Cette saison, Poirier a profité de l'interruption de la saison pour être opéré des hanches. « La JL avait pu avoir des échos du potentiel de ce poste 5/4 très athlétique et a décidé de l'accueillir pour sa période de réathlétisation en mai et juin. [...] Le staff a ensuite décidé de lui proposer un contrat avec une période d'essai d'un mois pour ce début de saison 2020-2021 », précise un communiqué.

Retour en Europe et Passage en Italie

Des équipes européennes ne sont intéressées à son cas, comme l'Estudiantes Madrid. Mais finalement, c'est le club italien de Reggio d'Émilie, le Pallacanestro Reggiana, qui l'a convaincu de venir annonce Sportando. Sa nouvelle équipe, 15e sur 16 avec 6 victoires en 23 matchs, a besoin de renfort pour se maintenir en Lega Basket. Ils ont également recruter l'arrière Darius Johnson-Odom en provenance des Iowa Wolves, autre franchise de G-League.

Caen BC : Un Nouveau Départ en France

Recruté vendredi 13 février par le Caen BC, 18e d’Elite 2, Darel Poirier s’est entraîné pour la première fois avec ses nouveaux coéquipiers, ce dimanche 15 février. Ravi de retrouver Youri Golitin, son meilleur ami, l’intérieur de 2,07 m s’est longuement confié sur son parcours et sur son caractère parfois volcanique.

Il rêvait de rejouer avec Youri Golitin, son « meilleur pote » et ancien colocataire à Cholet. Le Caen BC a exaucé le vœu de Darel Poirier en l’engageant jusqu’à la fin de la saison. À 28 ans, l’intérieur de 2,07 m aux larges épaules se fait une joie de retrouver la France et une division qu’il connaît bien.

« C’est un club qui a un bon projet, des ambitions élevées et qui se retrouve dans une situation délicate. Je pense que je peux aider cette équipe à gagner quelques matches. La présence de Youri Golitin, mon meilleur ami, dans l’équipe a pesé dans mon choix. Comme le fait que le coach (Jean-Baptiste Lecrosnier) me connaisse depuis mes débuts dans le basket. Quand il m’a appelé, il m’a parlé d’un camp national que j’avais fait à 14 ans. Je n’étais même pas au courant qu’il était là. Je connais bien la division, j’y ai joué plusieurs saisons.

La Gestion des Émotions et l'Épanouissement Personnel

Darel Poirier doit amener son talent mais aussi son caractère dans une équipe du Caen BC en difficulté. « J’ai appris à gérer mes émotions mais on a toujours des choses qui peuvent se passer dans nos vies personnelles, concède-t-il. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour aller mieux ? Darel Poirier l’assure, il s’est « adoucit ».

« Une santé mentale à garder saine »C’est dans cette quête d’épanouissement que Darel Poirier a rejoint la Normandie, alors qu’il visait l’Espagne ou l’Amérique du Sud après son départ de Melilla, une ville autonome espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, en janvier. « Le fait que mon meilleur ami, Youri (Golitin) joue dans cette équipe a pesé énormément dans mon choix. C’est spécial de me dire que je vais fouler les parquets avec une personne si proche. »

L’Antillais est bien dans ses baskets malgré une expérience écourtée à sa demande à Melilla, où il réalisait sa meilleure saison sur le plan statistique (11,4 points et 7,3 rebonds par match). Je pense avoir eu des blessures liées au côté joueur émotionnel, notamment le tendon d’Achille. Dans le sport de haut niveau, prendre soin de la tête ne s’impose pas toujours avec la même évidence que prendre soin de son corps.

« Avec du recul, je vois que ma vie aurait pu être différente si j’avais été accompagné émotionnellement. La plupart du temps, un joueur comme moi qui s’expatrie est quasiment tout seul pendant une année. Il n’a personne à qui parler. » À Caen, Darel Poirier sait qu’il ne sera jamais esseulé.

Un sourire éclaire son visage. « Physiquement, je peux faire peur. J’essaie de faire un petit travail sur moi pour être plus présentable. L’an passé, j’avais une coupe de cheveux assez farfelue, j’avais la barbe… Je pense que ça peut intimider certaines personnes. » Et renforcer l’image d’un homme à part dans ce milieu. « Être incompris ne me dérange pas. Si on peut laisser une petite part de mystère, ça peut être cool », glisse-t-il.

« Je suis une personne intense, c’est réel »Les supporters caennais auront-ils le temps de gratter au-delà des apparences ? Darel Poirier n’a jamais passé plus d’une saison dans un même club depuis qu’il est professionnel. En général, il tourne plutôt à deux clubs par saison.

Celui qui assure qu’il ne prend « pas grand-chose autant au sérieux que le basket » ne fuit pas ses responsabilités. « C’est lié à l’image que je renvoie et à la personne que je suis. Je suis une personne intense, c’est réel. Ce n’est pas donné à tout le monde de savoir gérer ça. Tous les coachs n’ont pas non plus le temps de le faire et l’envie de comprendre la personne que je suis. J’ai eu des coachs qui m’ont aidé lors des deux dernières saisons. Je pense que JB est dans la même logique. Lors de son premier appel, il m’a parlé du camp national que j’avais fait à 14 ans, lors duquel il était présent. Ça inspire la confiance. Et avoir confiance dans ce monde professionnel très compliqué, c’est important. »

Darel Poirier, comme tout un chacun, gardera assurément une grande part de mystère.

Darel Poirier Highlights 2020/2021 Le Mans

Effectif de Bourg-en-Bresse

  • Meneurs : Kadeem Allen (USA, ex-New York Knicks/NBA), Hugo Benitez (FRA), Zack Wright (USA-BIH)
  • Arrières : Danilo Andjusic (SER), Théo Rey (FRA)
  • Ailiers : Maxime Courby (FRA)
  • Ailiers-forts : Zachery Peacock (USA), Pierre Pelos (FRA), Darel Poirier (FRA, ex-Windy City Bulls/G-League)
  • Pivots : Thibault Daval-Braquet (FRA, ex-Pau)

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