L'Entraîneur Russe et l'Équipe de Russie Féminine de Handball: Une Épopée de Succès

L'équipe de Russie féminine de handball représente la Fédération russe de handball lors des compétitions internationales, notamment aux Jeux olympiques, aux championnats du monde et aux Championnats d'Europe. Formée en 1993, elle prend la succession de l'équipe d'Union soviétique, formation majeure du paysage handballistique mondial et triple championne du monde en titre. Découvrons ensemble l'histoire de cette équipe et l'impact de ses entraîneurs, en particulier Evgueni Trefilov.

Les Débuts de l'Équipe Russe (1993-1999)

Durant cette période initiale, la Russie change d'entraîneur à quatre reprises :

  • Sergueï Avanesov (1993 à 1994)
  • Levon Hakobian (1995 à 1996)
  • Igor Eskov (1997 à 1998)
  • Alexander Tarasikov (1999)

Ces entraîneurs se succèdent sans parvenir à des résultats probants dans les compétitions internationales. La seule performance notable de cette époque consiste en la quatrième place obtenue lors du championnat du monde 1997 sous la houlette d'Igor Eskov, également entraîneur du club russe d'Istochnik Rostov, où les joueuses Natalia Malakhova et Natalia Deriouguina sont élues dans l'équipe type du tournoi.

L'Ère Evgueni Trefilov (1999-2012, 2013-2019)

À la fin de l'année 1999, Ievgueni Trefilov, entraîneur du club de HC Lada Togliatti, prend les rênes de la sélection russe. Il rajeunit l'effectif de l'équipe nationale et donne la priorité aux joueuses évoluant dans des clubs du championnat russe. Rapidement, il obtient des résultats avec une troisième place dès le championnat d'Europe 2000.

Pour le championnat du monde 2001, Trefilov rappelle deux joueuses d'expériences, Raïssa Verakso et la gardienne Svetlana Bogdanova, championne du monde 1990, avec l'Union soviétique. Dans ce contexte de victoire, la Russie finit à la quatrième place du championnat d'Europe 2002, et, l'année suivante, subit une grosse désillusion lors du championnat du monde 2003. Après une nouvelle quatrième place au championnat d'Europe 2004, l'équipe retrouve la lumière lors du championnat du monde 2005, disputé à domicile à Saint-Pétersbourg.

Toujours entraînées par Ievgueni Trefilov, les Russes réalisent un sans-faute lors des phases de groupe pour se qualifier dans le dernier carré. En demi-finale, elles dominent sans grande difficulté le Danemark par 31 à 24 et sont rejointes par la Roumanie. Devant les 12 300 spectateurs du palais de glace Saint-Pétersbourg, la Russie domine finalement la Roumanie par 28 buts à 23 et signe son retour au sommet du handball mondial.

En 2006, la Russie perd la finale du championnat d'Europe face à la Norvège, ce qui constitue néanmoins son meilleur résultat dans cette compétition. Ces deux mêmes équipes se retrouvent en finale du championnat du monde 2007, pour une victoire russe cette fois (29-24), malgré l'absence sur blessures de plusieurs joueuses majeures, Lioudmila Bodnieva, Irina Bliznova ou Natalia Chipilova, blessées lors des tours précédents. La gardienne Inna Souslina réalise un grand match, sauvant notamment 3 penalties sur 5.

La Russie conserve ainsi son titre, gagné deux ans auparavant, ce qui constitue une première depuis l'édition de 1990. Cette victoire permet également aux Russes de se qualifier pour les Jeux olympiques 2008 à Pékin. La Norvège reprend l'avantage à cette occasion, avec une défaite russe face aux Scandinaves, toujours en finale (27-34). Après les Jeux, Anna Kareïeva, Oksana Romenskaïa et Natalia Chipilova prennent leur retraite sportive.

Lors du championnat du monde 2009, les Russes écartent cette fois les Norvégiennes en demi-finale (28-20). La Russie s'impose en finale face à la France par 25 buts à 22, pour un troisième titre consécutif. Il s'agit de son quatrième titre sur les cinq dernières éditions, marquant la mainmise de la sélection russe sur les années 2000.

Après le championnat du monde 2009, la Russie connait des résultats décevants. Elle finit à la 7e place du championnat d'Europe 2010 et perd son titre de championne du monde en championnat du monde 2011, éliminée par la France en quart-de-finale. Lors des Jeux olympiques 2012 à Londres, la Russie ne franchit à nouveau pas le cap des quarts-de-finale, après une défaite face à la Corée du Sud.

Après sa sixième place au championnat d'Europe 2012, la Russie doit passer, en juin 2013, par les barrages barrage de la zone Europe pour se qualifier au championnat du monde 2013. Elle affronte les Pays-Bas. Malgré une victoire à Rotterdam à l'aller (27-26), l'équipe ne parvient pas à conserver son avantage et perd largement le match retour à Rostov-sur-le-Don (21-33). La Russie est éliminée et ne participe ainsi pas au championnat du monde pour la première fois de son histoire. Si l'on remonte à l'époque de l'Union soviétique, c'est également la première fois depuis l'édition de 1971, disputée à seulement neuf équipes.

Le 16 septembre 2013, Ievgueni Trefilov fait son retour sur le banc de la Russie. Pour ses débuts, l'équipe ne se classe qu'à la 14e place du championnat d'Europe 2014, son pire résultat dans la compétition. Néanmoins, en juin 2015, la Russie se défait de l'Allemagne en barrages et se qualifie cette fois pour le championnat du monde 2015. Après une encourageante victoire initiale face aux Norvégiennes (26-25), elles sont éliminées au stade des quarts-de-finale par les Polonaises.

La Russie obtient sa qualification pour les Jeux olympiques 2016 à Rio lors d'un tournoi qualificatif disputé à Astrakhan. En phase de groupe, l'équipe termine invaincue. Dans la phase à élimination directe, elle se défait successivement de l'Angola puis de la Norvège pour retrouver la France en finale. Au championnat d'Europe 2016, elle ne termine qu'à la 7e place et tombe face aux Norvégiennes, en quart-de-finale du championnat du monde 2017.

L'équipe retrouve les sommets lors du championnat d'Europe 2018, où elle rencontre à nouveau la France en finale, pour une revanche de la dernière finale olympique.

Les Joueuses Clés et le Style de Trefilov

Anna Vyakhireva est une des joueuses clés de l'équipe russe. Trefilov a souvent été dépeint par les médias occidentaux comme un tyran en raison de son ton employé et de son attitude en match. Même si, comme dirait Thierry Vincent, "les gens sont effrayés mais ne comprennent rien de ce qu'il raconte", le nounours n'a pour autant jamais vraiment fait en sorte que cette image le quitte.

Pour preuve, en 2012, il avait même été condamné à 30 000 roubles d'amende pour s'être battu à la fin d'un match de championnat avec le coach de Krasnodar alors qu'il entraînait Lada. Trefilov ne serait donc pas l'ogre que les médias occidentaux ont l'habitude de se faire de lui.

Polina Kuznestsova, à qui le journaliste a demandé si Trefilov l'effrayait, a répondu : "non ! Il peut paraître désagréable pour les autres mais Trefilov est un bon entraîneur. On s'est habituées à lui. Vu de l'extérieur, il peut avoir un côté diabolique mais en réalité, il n'est pas comme ça. Il a un bon sens de l'humour et nous aide dans les moments difficiles".

Anna Vyakhireva ajoute : "il a entendu parler qu'on parlait négativement de lui en Europe de l'Ouest mais ça n'est pas vrai. C'est un homme très gentil".

"Il n'est donc pas un tyran?" lui a alors demandé le journaliste. "Non pas du tout ! Trefilov, un ange, vraiment?

Dans une vidéo publiée par la Fédération Russe, Trefilov s'explique. Souriant, blagueur, on a du coup, tendance à croire que désormais, ses joueuses disent vrai.

Trefilov : "chaque personne garde toujours dans un coin de sa tête ce qu'il a appris, même si c'était il y a très longtemps. Dans le métier d'entraîneur, chacun se rappelle de la façon dont il était entraîné.

"Je suis russe, je ne suis pas allemand ! Je ne peux pas être très pointilleux et avoir chaque chose soigneusement rangé de haut en bas, ça ne serait pas moi. En Russie par exemple, on pratique l'auto-dérision. J'ai un exemple : dans quel pays est-il possible de s'arrêter en plein milieu de la route pour aller courir dans les bois? Hé bien oui, c'est ici, en Russie ! Pourquoi ? Car on a vraiment des toilettes de mauvaise qualité, donc ça se fait.

La voix off reconnaît volontiers que Trefilov ne tolère aucune erreur, n'hésite pas à dire ce qu'il pense tout haut, peut entrer dans une colère noire et veut que ses filles soient toujours à 100%. Mais, là encore, le technicien se justifie : "Peut-être que je rouspète mais, à la fin d'un match, si les filles ont amélioré leur niveau de jeu, tout est oublié. Par exemple, à Astrakhan, lorsque nous nous sommes qualifiées pour les Jeux, je me suis levé dans le vestiaire et je me suis excusé auprès des filles car les comparaisons que j'avais pu faire à leur sujet avant le tournoi n'avaient peut-être pas été très flatteuses pour elles !

Il se lance alors dans une déclaration d'amour à son équipe : "oui, il m'arrive de la critiquer. Mais c'est mon équipe, la mienne. Si je crie, c'est pour que mes joueuses progressent et qu'elles atteignent les sommets (on espère que Dmitrieva a d'ailleurs compris le message ici en TQO). Après notre victoire au mondial 2009, mon équipe m'a offert une montre, que je porte toujours aujourd'hui. J'espère que cet été, j'en aurai une deuxième. Et je crois que c'est la dernière fois que je dis ça. Quoiqu'en août 2020, peut-être que je le dirai à nouveau...

A côté de ces belles paroles, il faut savoir que Trefilov a un avis particulièrement arrêté sur le fonctionnement des grands clubs aujourd'hui. Il est profondément opposé au fait que les clubs achètent des joueuses étrangères à tout-va. Il s'est d'ailleurs prononcé publiquement contre la stratégie de Rostov-Don à la suite de l'excellent match de Lunde face à la Russie : "Lunde joue à Rostov. Alors, qu'est-ce que ça veut dire? Qu'elle s'entraîne chez nous pour devenir meilleure, et que derrière, elle nous met la misère avec la Norvège? Cette politique d'acheter des étrangères chaque année n'est pas la bonne".

- Pour lui, il faut que la Russie se batte avec ses armes. "Bien sûr que j'aime les Allemands, par exemple. Mais nous sommes ce que nous sommes. Il faut qu'on progresse nous-mêmes, avant toute chose.

Vu comme l'une des nations pouvant prétendre à un podium final en début de compétition, la Russie n'a pas traîné pour confirmer ses ambitions. En conférence de presse d'après-match, à la suite de cet incroyable match remportée par les Russes après prolongations (38-37), Yevgeny Trefilov a commenté : "quelle était ma tactique? Qu'est ce que c'est une tactique? Vous voudriez que je mette un genou à terre, en levant deux doigts en l'air et en expliquant ce qu'est une tactique, comme si j'étais Socrate? Ma tactique à moi, c'est de gagner. De gagner de n'importe quelle manière".

A seize secondes de la fin du temps réglementaire, la Russie était déjà qualifiée grâce à un but de Ekaterina Ilina. Mais, à quatre secondes de la fin, Heidi Loke égalisait pour la Norvège (31-31) et arrachait les prolongations. Un scénario qui aurait coupé les pattes de plus d'une équipe. Pas celles de la bande à Trefilov.

"En rentrant dans les vestiaires, les filles pleuraient comme à l'enterrement. Je leur ai demandé : "bah alors, que s'est-il passé?" Elles ont rigolé. Je leur ai dit de faire comme-ci cette victoire n'était qu'une pure coïncidence. Et qu'on allait remettre ça". Les Russes venaient pourtant de sortir l'un des plus beaux matchs de leur Histoire.

Détentrice du titre olympique, remporté en 2016 à Rio face à la France, la Russie est l’une des meilleures équipes de handball féminin. La Russie veut décrocher le dernier titre qui manque à son palmarès.

Championnes olympiques en titre, les Russes arrivent dans cet Euro 2018 avec la ferme intention de rentrer avec le trophée à la maison. Si cette équipe multirécompensée sur la scène internationale n’a pas encore remporté l’Euro de handball, elle a tout de même réussi a se hisser en finale en 2006 face à la Norvège, qu’elle a malheureusement perdu.

Evgeny Trefilov nommé entraîneur de l’équipe nationale féminine en 1999 contribue aux années fastes de l'équipe féminine russe. Il démissionne en 2009 après une série de mauvais résultats avant de revenir en 2013. Evgeny Trefilov, l'entraîneur russe de retour depuis 2013 veut décrocher le seul titre qui lui manque avec l'équipe féminine.

En proie à des problèmes cardiaques, Evgueni Trefilov, ici lors de l'Euro 2018, a laissé sa place sur le banc de l'équipe russe. (Étienne Garnier/L'Équipe)Coach de la sélection féminine russe depuis dix-neuf ans, le bouillonnant Evgeni Trefilov, 63 ans, a démissionné pour des raisons de santé, lundi. Il est remplacé par l'Espagnol Ambros Martin.

Dix-neuf ans qu'il coachait la sélection féminine russe. Opéré plusieurs fois du coeur, dont la dernière fois en février, Evgueni Trefilov, connu pour sa tendance à vociférer sur banc, a jeté l'éponge. « J'ai donné beaucoup d'années et de forces à l'équipe nationale russe, a déclaré Trefilov dans le communiqué publié par la Fédération russe. Le moment est arrivé de terminer le travail. Mais je ne quitte pas le handball. Je continuerai à travailler, à transmettre mon expérience et à tout faire pour le bénéfice du handball féminin. »

Un poste de vice-président de la fédération lui a été proposé, afin qu'il supervise les équipes nationales féminines russes. Il arrête également d'entraîner le Krasnodar Kuban, troisième du championnat russe, dont il devient président d'honneur.

Trefilov a dirigé l'équipe féminine russe de 1999 à 2012 et de 2013 à 2019, remportant un titre olympique en 2016, quatre titres mondiaux (2001, 2005, 2007, 2009), et quatre médailles européennes (argent en 2006 et 2018, de bronze en 2000 et 2008). Il est multiple champion de Russie (2002-2007, 2016), vainqueur de la Coupe des vainqueurs de coupe (2002), de la Coupe EHF (2007, 2012), de la Ligue des champions (2008) et de la Super Coupe EHF (2008).

Son remplaçant, premier étranger à diriger la sélection nationale russe, s'appelle Ambros Martin. Vainqueur, entre autres, de la Ligue des Champions en tant que joueur, il a ensuite entraîné en Espagne, puis en Hongrie, à Gyor (quatre Ligue des champions) et dirigé la sélection roumaine. Martin entraînait Rostov depuis 2018.

Palmarès de l'Équipe de Russie Féminine

Le palmarès de l’équipe russe est impressionnant :

  • Quatre titres de championne du monde (2001, 2005, 2007, 2009)
  • Un titre olympique en 2016
  • Une médaille d’argent aux JO de Pékin en 2008

Voici un tableau récapitulatif des principaux succès de l'équipe sous la direction de Trefilov :

Compétition Année Résultat
Championnat du Monde 2001 Vainqueur
Championnat du Monde 2005 Vainqueur
Championnat du Monde 2007 Vainqueur
Championnat du Monde 2009 Vainqueur
Jeux Olympiques 2016 Vainqueur
Jeux Olympiques 2008 Médaille d'argent
Championnat d'Europe 2006 Médaille d'argent
Championnat d'Europe 2018 Médaille d'argent

Dismissive Trefilov

Ekaterina Andriouchina: Une Figure Clé

Ekaterina Sergueïevna Andriouchina, née le 17 août 1985 à Moscou, est une ancienne joueuse internationale russe de handball. Elle est considérée comme une des plus grandes joueuses de handball russe, avec notamment deux titres de championne du monde, en 2007 et 2009 avec la Russie, et une victoire en Ligue des Champions, en 2008 avec Zvezda Zvenigorod.

En 2008, à l'occasion de la médaille d'argent aux Jeux olympiques de Pékin, elle reçoit la médaille de l'Ordre du Mérite, pour services rendus à la patrie. À l’arrêt depuis un an en raison d’un problème cartilagineux à un genou, elle signe en juin 2011 au Metz Handball, avec l'espoir de pouvoir reprendre le handball.

Elle continue d'occuper cette fonction auprès d'Emmanuel Mayonnade après le départ de Jérémy Roussel en novembre 2015. Associés sur le banc de Metz Handball, elle suit également Emmanuel Mayonnade quand celui-ci accepte en parallèle de prendre en charge la sélection des Pays-Bas à compter de février 2019.

Ancienne arrière droite de talent, elle rejoint Metz en tant que joueuse en 2011 après avoir tout gagné en Russie. Avec les Dragonnes, elle remporte deux titres de champion de France, une coupe de France et une coupe de la Ligue. Un palmarès qui a gonflé en restant dans l’encadrement technique : quatre titres de champion de France, trois coupes de France et une demi-finale de Ligue des Champions. Sans oublier ce titre incroyable de champion du monde avec la sélection des Pays-Bas, en décembre dernier.

En battant la Russie en demi-finale et l’Espagne en finale, les Pays-Bas se sont ainsi qualifiés pour les JO de Tokyo 2020.

Frédéric Bougeant: Une Expérience Internationale

Après avoir fait les beaux jours du Havre pendant 13 ans (1999-2012) puis du Fleury Loiret (2012-2016), Frédéric Bougeant a donné un nouveau tournant à sa carrière en décidant de rejoindre la Russie et le club de Rostov Don en ce début d’année 2017.

A la recherche d’un entraîneur après avoir échoué au premier tour de la Ligue des Champions, les dirigeants russes ont fait appel à l’ancien chef d’orchestre des Panthères, pour insuffler un nouveau souffle à leur ambitieux collectif. Un gros challenge en perspective pour Frédéric Bougeant, qui va devoir emmener son équipe vers les sommets lors de cette deuxième partie de saison, avec le championnat et la Coupe EHF comme principaux objectifs.

Si la pression sur ses épaules sera importante sous ses nouvelles couleurs, Frédéric Bougeant va pouvoir s’appuyer sur un effectif étoffé, constitué de joueuses internationales renommées. Une belle expérience à venir pour l’ancien entraîneur de LFH, qui s’impose comme l’un des premiers entraîneurs français de handball féminin, à prendre les commandes d’une formation étrangère.

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