Depuis plusieurs mois, les gymnases sont fermés à cause de la crise sanitaire, une situation qui inquiète les responsables locaux. Mathieu Hazouard, adjoint aux sports à la mairie de Bordeaux, était l'invité de France Bleu Gironde ce lundi et a fait part de ses préoccupations quant à la santé des clubs sportifs de la ville.

L'Impact de la Crise sur les Licenciés
Une enquête du comité régional olympique indique qu'en décembre 2020, il y avait 300 000 licenciés de moins en Nouvelle-Aquitaine qu'en décembre 2019. "C'est un nombre assez incroyable", déplore l'adjoint. "Ce qui m'inquiète, c'est la santé de ces clubs", explique-t-il.
"Il faut que les licenciés puissent retrouver le chemin de leurs clubs, et qu'ils y pérennisent leur activité physique", demande Mathieu Hazouard, adjoint chargé des sports à la ville de Bordeaux, invité de France Bleu Gironde lundi 1er mars. "En plus, il y a une hétérogénéité entre les différentes disciplines, il faut accompagner ces clubs en prenant des mesures", indique-t-il.
Mesures de Soutien de la Ville de Bordeaux
Plusieurs mesures de soutien vont être mises en place. "On va déjà à nouveau voter un fonds covid de 2 millions d'euros pour toutes les associations de la ville de Bordeaux. Les acteurs sportifs seront évidemment concernés", développe Mathieu Hazouard.
Le maire Pierre Hurmic a aussi annoncé la mise en place d'un pass sport. "La ville va accompagner des jeunes en difficulté financière pour qu'ils puissent prendre ou reprendre une licence dans des clubs. Cela va aussi nous permettre d'accompagner ces clubs", continue l'adjoint aux sports.
Supporters ultras, supporters passionnés, entre mythes et réalités
L'Importance du Sport Professionnel
L'adjoint chargé des sports à la ville de Bordeaux ne veut pas non plus laisser les clubs professionnels sur la touche. "Les Girondins, l'UBB, les Boxers, mais aussi le Bordeaux Mérignac Volley, les Girondins Hand ou les JSA Bordeaux Métropole Basket sont aussi au centre de notre attention", explique Mathieu Hazouard.
"Ces clubs sont dans une situation compliquée et demandent un accompagnement des pouvoirs publics. Il faut aussi travailler à de nouveaux modèles économiques, notamment dans le monde du football professionnel", développe-t-il. "Tous ces clubs sont aussi l'image et la vitrine de Bordeaux. Le sport professionnel doit trouver sa place et nous souhaitons le conforter."
Perspectives et Événements Futurs
"Nous espérons juste qu'avant l'été, nous pourrons retourner dans l'espace public, dans les gymnases et les terrains de sport". Il explique également que l'équipe municipale réfléchit à une fête à la fin du mois de juin, en lien avec le comité régional olympique et sportif, "pour que Bordeaux respire le sport".
Mathieu Hazouard est aussi revenu sur l'organisation de la coupe du monde de rugby en 2023. Cinq matchs se dérouleront au stade Matmut Atlantique de Bordeaux, dont une rencontre Galles-Fidji. "Ce sera une fête assurée", se réjouit l'adjoint.
"L'organisateur, le GIP #France2023, va s'implanter dans chaque ville-hôte, avec des démarches autour des circuits courts et de l'emploi. C'est un beau récit à écrire, ça va peut-être aussi nous permettre de nous entraîner dans une nouvelle dynamique positive", explique-t-il, tout en précisant que la vente du Matmut Atlantique est "toujours d'actualité".
"Mais déjà, il faut qu'il y ait un acheteur, et puis il faut s'entendre avec tous les acteurs pour déterminer les conditions de cession. Il ne faut pas que cette vente se fasse au détriment de l'argent public."
Le Supportérisme Actif : Basket-ball et Football
En France, deux sports possèdent un supportérisme actif et structuré : le basket-ball et le football, bien que quelques tentatives sporadiques d’organisation apparaissent dans le rugby où encore dans le hockey sur glace. Ces groupes de supporters fonctionnent dans leur grande majorité selon le modèle italien appelé encore ultra que P. Broussard (1990) définissait comme un soutien inconditionnel à l’équipe fait de « spectacle (fumigènes, confettis, drapeaux géants...), d’organisation (cartes de membres, réunions) mais aussi parfois de violence » (p. 347).
S’il existe quelques associations de fait de supporters au rugby, nous n’avons pas trouvé trace d’association officielle, ayant déposé des statuts, entretenant des rapports administratifs avec les clubs et bénéficiant d’aides diverses de ceux-ci et ce tant au volley-ball qu’au rugby.
Les clubs de supporters recensés émanent donc tous du basket-ball et du football avec des différences quantitatives en nombre de clubs et en nombre d’adhérents considérables. Ainsi, au 31/3/98 le basket-ball en Pro A et en Pro B comptait 19 clubs de supporters regroupant 1 000 adhérents au total. Dans le football de première et de seconde division 98 clubs et 28 300 adhérents étaient recensés à la même période.
En terme de supportérisme organisé ces deux sports offrent donc une disparité et des disproportions importantes. Hormis au CSP Limoges où cohabitent deux entités au sein d’un même club, chaque association de basket-ball ne possède qu’un groupe de supporters dont la moyenne des effectifs avoisine 50 éléments. Le football fait figure de phénomène en affichant jusqu’à 14 associations au sein d’un même club - le PSG - et regroupant à l’Olympique de Marseille 10 000 adhérents.
En première division seuls 4 clubs possèdent une association unique de supporters : Auxerre, Bastia, Guingamp et Monaco.
L’apparition et la structuration des clubs de supporters n’est pas une étape neutre dans le paysage sportif français. Elle correspond à la professionnalisation de ces sports, à la nécessité de remplir et d’animer les stades et les salles, à la multiplication des rencontres internationales et aux modèles des supportérismes anglais et italiens au football, grecs au basket-ball.
Dans les années cinquante à soixante, le football connaît une baisse de fréquentation des stades du fait de l’extension des loisirs et de l’apparition ou de la démocratisation de pratiques plus individuelles. Pour répondre à ce problème, les dirigeants, qu’ils soient anglo-saxons ou français optèrent alors pour une professionnalisation des joueurs, une spectacularisation du jeu et une amélioration du confort des stades, entraînant l’apparition de nouveaux publics, plus hétérogènes, voire moins connaisseurs.
Le football n’est plus seulement une question de valeurs, ou un sport de classe, il devient aussi un spectacle : « le football n’est plus seulement un point de vue sur la vie, il est aussi une distraction, une consommation, un spectacle parmi d’autres avec une clientèle plus hétérogène sur le plan sociologique ».
Tableau 1 - Sites de recherche
| Basket-Ball | Football | Rugby | Volley-Ball |
|---|---|---|---|
| CSP Limoges | Girondins de Bordeaux | CABBG | JSA Bordeaux |
| Elan Béarnais | Olympique de Marseille | Toulouse FC |

Tableau 2 - Catégories d’âge des supporters du basket et du football
La différence des répartitions entre ‘basket-ball’ et ‘football’ est très significative.
L’analyse des discours sur la genèse des passions permet de distinguer quatre modèles de supportérisme :
- convivial : le basket-ball,
- technico-convivial : le rugby,
- spectacle et famille : le volley-ball,
- passionnel : le football.
Cette analyse oppose les fans du football à ceux des autres sports, séparant les supporters en fonction de leur âge : les « jeunes » du football et les « vieux » du basket-ball, du rugby et du volley-ball. L’observation des catégories d’âges des groupes de supporters nous permet en effet de constater que si seulement 28 % des supporters du basket ont moins de 25 ans, ils sont 61,7 % de la même catégorie d’âge au football.
Mais elle oppose également la volonté de voir « gagner » son équipe à la « convivialité » ; la « passion » au « spectacle ».
À l’image des directives et des valeurs prônées par les clubs de supporters du basket-ball et de l’UNCSB, nous avons un modèle qui associe la recherche du plaisir, la convivialité entre ses membres mais également la convivialité avec les supporters adverses.
Dans cette forme de supportérisme tout est passion et engagement : passion pour le sport, pour le club, amour exacerbé de la ville. Les groupes arborent sur leurs bâches et leurs insignes les armoiries de la ville, de la région, des devises - « fiers d’être marseillais » mais, aussi « occitanie » -, les locaux sont tapissés de photos des tifos mais également des monuments et des rues porteurs de l’histoire de ces métropoles. Ces supporters sont là avant toute chose pour encourager leur équipe, par tous les temps, de tous les temps, quel que soit le match, l’importance de l’enjeu, ou la division dans laquelle le club évolue. Ils ne viennent pas à un spectacle, ils viennent pour voir leur équipe gagner.
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