Les Cris de Guerre Emblématiques du Rugby : Haka, Cibi, Siva Tau et Plus

Le rugby est un sport de passion, de force et de tradition. Avant chaque match, certaines équipes célèbrent leur culture et intimident leurs adversaires avec des cris de guerre impressionnants. Ces rituels, allant du célèbre haka néo-zélandais aux danses guerrières des îles du Pacifique, sont un spectacle à part entière. Découvrons ensemble ces traditions fascinantes.

Les All Blacks effectuant le haka

Le Haka Néo-Zélandais : Une Tradition Ancestrale

Le haka est une danse cérémonielle qui a toujours existé en Nouvelle-Zélande, depuis l'époque des premiers contacts avec les Māori à nos jours. En langue māori, « haka » veut dire « danser ». Un haka est une création originale, au même titre qu'une chanson ou qu'une chorégraphie. Il en existe donc une infinité.

Un haka peut raconter des mythes fondateurs, l'histoire d'une tribu, ou encore un épisode historique. Il existe quelques grands types de hakas. Certains sont d'ordres cérémoniels (haka taparahi), d'autres, guerriers (haka peruperu) ou encore funéraires (haka maemae).

Les premiers récits faisant état de haka viennent du navigateur Abel Tasman qui, le 18 décembre 1642, devint le premier Occidental à entrer en contact avec des Māori à Taitapu, sur la pointe nord de l'île du Sud.

« Ka Mate » : Le Haka le Plus Célèbre

Le « Ka Mate » reste sa version la plus connue. Positionnés en triangle ou en rectangle, les All Blacks vont chanter et danser en frappant leurs genoux et leurs bras au rythme des cris de leur leader du jour. « Frappez des mains sur les cuisses (…). Tapez des pieds aussi forts que vous pouvez. Je meurs et je revis (…). Faites face », peut-on entendre dans leur langage traditionnel.

Inventé selon l’une de ses légendes par le chef maori Te Rauparaha dans les années 1820, le haka « Ka Mate » s’est démocratisé dans le rugby lors de la première Coupe du monde en 1987, en Nouvelle-Zélande. À partir de ce Mondial, les All Blacks entonneront ce cri de guerre avant chaque rencontre.

« Kapa o Pango » : La Version la Plus Violente

Toujours dans le registre des hakas de la Nouvelle-Zélande, les All Blacks peuvent, s’ils le souhaitent, pousser le curseur un peu plus loin dans la violence avec le « Kapa o Pango ». Si les paroles semblent assez calmes (« Laissez-nous nous unir avec notre terre. C’est notre moment. Notre suprématie triomphera… » ), c’est le geste final, qui simule un égorgement, qui transfigure le « Ka Mate » originel.

Cette version revisitée et plus violente a été entonnée pour la première fois par l’ex-centre Tana Umaga en 2005 face à l’Afrique du Sud. Si le geste de l’égorgement a suscité quelques polémiques, les Néo-Zélandais ont obtenu le droit de l’effectuer et l’ont réitéré par exemple lors de la finale de la Coupe du monde 2011 face au XV de France.

Intitulé le « Kapa o Pango », celui-ci a déclenché une véritable tornades d'interrogations : allait-il remplacer le « Ka mate » ? Pourquoi l'avoir écrit ? Quel était son sens ? En réalité il ne remplace pas le « Ka mate », mais le complète. Son auteur, l'influent leader māori Derek Lardelli l'expliqua ainsi : « Les hakas ressemblent à une famille. « Ka mate » est le grand-frère, « Kapa o Pango » est le cadet. On ne remplace pas un membre d'une famille par un autre ».

Ainsi pensent les Māori : dans leur culture, les danses ne sont pas que des formes corporelles, mais des personnes à part entière. On comprend mieux alors pourquoi alors celles-ci voyagent si bien à travers l'espace et le temps...

Il est enfin intéressant de noter que depuis plusieurs années, des groupes de kapa haka se sont formés en Australie, ou même à Londres, où l'on trouve d'importantes communautés māori.

Le MEILLEUR Haka de tous les temps ?

Les Cris de Guerre des Îles du Pacifique

À moins de 3 000 km de la Nouvelle-Zélande, les Îles du Pacifique ont également une manière similaire de célébrer leurs traditions. Fidji, Tonga et Samoa ont chacun leur propre cri de guerre, avec des spécificités uniques.

Le « Cibi » : Le Haka Fidjien

Pour les Fidji, on parle plutôt de « Cibi » ou de « Teivovo ». Instauré par l’équipe nationale depuis 1939 et une tournée réussie en Nouvelle-Zélande, le « Cibi » consiste à se mettre en grand demi-cercle avec le leader au milieu, en chantant (littéralement, « je te construis une muraille ») et en avançant vers l’adversaire.

La désormais 7e nation mondiale avait un temps changé ses habitudes en passant au « Bole » un cri de guerre plus entraînant. Mais après une expérience ratée en Coupe des nations du Pacifique en 2012, les Flying Fijians (le surnom de l’équipe) sont revenus à leurs racines et au « Cibi » traditionnel.

« Siva Tau » et « Sipi Tau » : Les Danses Samoanes et Tongiennes

Pour les Samoa et les Tonga, le principe est presque similaire. Au Samoa, on parle de « Siva Tau », et au Tonga de « Sipi Tau ».

  • Siva Tau (Samoa) : Le premier d’entre les deux a été composé pour la Coupe du monde de 1991, la première de l’histoire de Samoa. Sa particularité : une tonalité très chantante malgré des paroles explicitement guerrières : « Ma force est au plus haut (…) Je suis prêt pour la bataille (…) Poussez-vous ! ».
  • Sipi Tau (Tonga) : Côté Tongien, on se rapproche bien plus d’un « haka à la néo-zélandaise », avec des cris et des battements sur les cuisses et les bras. La dernière version du « Sipi Tau » a été composée en l’honneur d’une tournée réussie en Nouvelle-Zélande en 1994. Les paroles sont sûrement les plus guerrières de toutes celles précédemment citées. Les joueurs sont invités à être des « aigles morts de faim », des « destructeurs d’âme », avant de conclure : « La victoire ou la mort voilà tout ».

L'Évolution des Cris de Guerre : Le Cas du XV de France

Les joueurs du XV de France ont adopté un cri de guerre désormais populaire : «Azaï !». Ce dimanche 15 octobre, face à l'Afrique du Sud, ce cri résonnera, symbole de ralliement et de détermination.

L'Origine du Cri "Azaï !"

Un cri inventé par Cyril Baille, pilier du Stade Toulousain, qui a récemment expliqué son origine. Ce cri de guerre particulier provient de l’imagination du pilier du XV de France, Cyril Baille. L’international de 30 ans, qui évolue au Stade Toulousain, s’est confié à son ancien coéquipier, Yoann Huget, sur TF1 sur ce cri qui rassemble les Bleus.

Il a notamment expliqué qu’il s’est inspiré du chanteur Joe Dassin et de son célèbre titre, «Siffler sur la colline». Avant de pénétrer sur la pelouse ou après leurs matchs, les Bleus du XV de France ont un rituel : former un cercle et lancer un cri, «Azaï !». Un hurlement bien connu pour les amateurs du ballon ovale, et notamment les supporters du Stade Toulousain lors des mêlées de leur équipe.

L'Inspiration de Joe Dassin

Joe Dassin est lié au cri. «Lors d'une troisième mi-temps, on chantait : "De l'attendre avec un petit bouquet d'églantines (...) Zaï zaï zaï zai". Je ne sais pas pourquoi, j'ai dit Azaï, Zaï, Zaï. Et après, pour un oui, pour un non, on faisait que dire : "Azaï". Et c'est resté.

Sortie en 1978, la chanson «Dans les yeux d'Emilie» est un autre classique de l'artiste repris avec entrain par le XV de France et ses supporters.

L'Utilité du Cri sur le Terrain

Présents en nombre dans le groupe France pour cette Coupe du monde, avec 10 joueurs parmi les 33 appelés par Fabien Galthié le 21 août dernier, les Toulousains ont grandement contribué à l’importation de ce cri, qui est utilisé comme un cri de guerre, mais également pour les touches et les mêlées.

Ce dimanche 15 octobre, le désormais célèbre «Azaï» devrait résonner dans le Stade de France avant le quart de finale entre les Springboks sud-africains et le XV de France.

Le « Pilou Pilou » : L'Hymne Toulonnais

Pour pas mal de fans de rugby, il est l’hymne du RCT. Un chant qui fait vibrer les travées de Mayol avant le début des matchs. Un cri qui, dit-on, a le pouvoir de figer les adversaires des Rouge et Noir (pas sûr) et de "mettre les poils" aux suiveurs de l’ovalie (plus probable).

"Ce sont les Fadas qui ont introduit le Pilou Pilou à Mayol en l’an 2000", explique Gilles Montal, ex-président de l’emblématique club de supporters. "On l’avait entendu dans les vestiaires des juniors Reichel, entonné par le talonneur Noël Curnier. "Puis la ligue a interdit l’utilisation d’engins d’amplification sonore dans les stades", poursuit Gilles Montal. "En 2005, le président du RCT Eric Champ a donc décidé que le Pilou serait lancé au micro. Ça restait la version de Marcel Bodrero."

L’ancien arrière des Rouge et Noir, mort en 2011 à 90 ans, est aujourd’hui encore présenté comme "l’inventeur" du terrible cri de guerre.

Team Building et Haka : Renforcer l'Esprit d'Équipe

Vous souhaitez réveiller l’esprit de guerrier qui sommeille en vos collaborateurs, ou encore, découvrir vos collègues sous un autre jour ? Pour tisser des liens sincères et vous libérer du stress quotidien, rien de mieux que de faire appel au team building Haka !

Apparu au début des années 80, le team building, ou, traduit en français la « construction d’équipe », a su, en quelques dizaines d’années, faire ses preuves, jusqu’à devenir aujourd’hui, un incontournable de la vie en entreprise.

Plusieurs choix d’animations s’offrent à vous. Vous avez la possibilité de privilégier des pratiques sportives ou de stimuler les esprits créatifs des membres de votre équipe avec une activité artistique. Danse, dessin, enquête, voile… quel que soit l’atelier auquel les salariés participent, ils travailleront en collaboration pour parvenir à leurs fins, tous ensemble.

En installant une ambiance amusante et conviviale, par le jeu, ou encore, en faisant appel à l’effort physique, la session permettra à tous les employés de relâcher la pression accumulée au cours des heures de travail.

Le Haka : Une Danse Rituelle pour la Cohésion

Porté à la connaissance du grand public, grâce à la célèbre équipe de rugby néo-zélandaise des All-Black, le Haka désigne une danse rituelle, qui est également accompagnée d’un chant. Elle est, à l’origine, présentée par les peuples océaniens, qui l’effectuent avant de partir en guerre par exemple, ou encore, lors de diverses cérémonies ancestrales.

Selon les situations, elle peut transmettre la joie, donner du courage à ceux qui la pratiquent, ou inspirer la peur chez les adversaires. Chaque tribu dispose de sa version unique, avec des mouvements et des paroles qui lui sont propres. À vous de créer la vôtre, lors du team building haka !

La phase de création est donc tout aussi essentielle que la réalisation de la chorégraphie. Lors de cette étape, toutes les personnes présentent donneront leur avis, dans le but d’échanger, au maximum, leurs idées et d’apprendre à écouter les autres. Les paroles s’écriront alors, dans un esprit de partage. Grâce à la danse, et au chant qui résonne tel un cri de guerre, l’ensemble du corps est libre de s’exprimer.

La phase chorégraphique ne nécessite pas une condition physique particulière. Les mouvements restent simples et peuvent être effectués par tous, le but n’étant pas d’énerver ou de discréditer les moins sportifs. Malgré tout, bien qu’elle soit basique, la rythmique n’en est pas moins entraînante. En effet, la force d’un Haka est essentiellement créée par la coordination de l’équipe. La puissance qui se dégagera de la formation dépendra de la parfaite cohésion des salariés.

Pratiquer le Haka entre collègues est une activité de team building, aussi bien sportive que créative ! L’équipe en sortira plus forte et plus soudée. On surprendra même les employés en train d’effectuer de nouveau leur danse, au sein du bureau, pour se donner du courage devant un projet difficile, ou simplement intégrer ceux qui n’ont pas eu l’occasion de participer à la création, nouant ainsi de nouveaux liens, qui renforceront la qualité de leur travail.

Tableau Récapitulatif des Cris de Guerre

Pays/Équipe Nom du Cri de Guerre Signification
Nouvelle-Zélande (All Blacks) Ka Mate Célébration de la vie triomphant sur la mort
Nouvelle-Zélande (All Blacks) Kapa o Pango Affirmation de la suprématie et de la puissance
Fidji Cibi/Teivovo Construction d'une muraille contre l'adversaire
Samoa Siva Tau Déclaration de force et de préparation au combat
Tonga Sipi Tau Invocation à la victoire ou à la mort
France (XV de France) Azaï Cri de ralliement et de détermination
Toulon (RCT) Pilou Pilou Hymne de ferveur et d'intimidation

Les cris de guerre du rugby sont bien plus que de simples manifestations folkloriques. Ils sont l'expression de l'identité, de la force et de l'esprit d'équipe. Qu'il s'agisse du haka impressionnant des All Blacks, du cibi fidjien ou du siva tau samoan, ces traditions continuent de fasciner et d'inspirer les joueurs et les supporters du monde entier.

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