La saison 2024/25 de Ligue 1 McDonald’s est désormais archivée, laissant derrière elle des moments mémorables, des buts spectaculaires et des revirements inattendus. Mais quels clubs et joueurs se sont distingués sur le plan athlétique ? Cet article explore les statistiques clés et les méthodes d'entraînement qui définissent la performance à haute intensité dans le football moderne.
Domination Athlétique en Ligue 1
Sous la direction de Bruno Genesio, le LOSC a affiché une dimension physique impressionnante, parcourant en moyenne 113,57 km par match. Personne n’a fait mieux dans cette Ligue 1 McDonald’s version 2024/25, pas même le rival lensois.
Malgré un dynamisme constant, le RC Lens termine à la deuxième place de ce classement avec 112,02 km par match. Loué cette saison pour ses qualités athlétiques - pour l’intensité de son pressing et de son contre-pressing notamment -, le PSG a bien changé de visage depuis l’arrivée de Luis Enrique sur son banc. Les Parisiens finissent sur le podium de la catégorie avec 111,99 km arpentés par rencontre.
Pour asseoir son statut, le LOSC a signé le record de la plus grande distance parcourue sur un match cette saison (123,19 km) face au RC Strasbourg Alsace (le 25 janvier). Ce match a également été le théâtre du record de kilomètres parcourus par deux équipes cette saison (244,7 km).
À l’opposé du classement, l’AJ Auxerre et le Montpellier HSC sont les deux seules équipes à afficher une moyenne inférieure à 106,5 km par match. Juste au-dessus d’eux, à noter que l’OM (109,01 km par match) et l’AS Monaco (108,68 km par match) ont terminé sur le podium de la Ligue 1 McDonald’s cette saison avec les 15e et 16e performances du championnat sur la distance moyenne.
Courses à Haute Intensité: LOSC vs RC Lens
Le LOSC et le RC Lens sont également au coude-à-coude au niveau des courses à haute intensité. Mais c’est cette fois-ci le club artésien qui l’emporte d’une courte tête, avec 7177 m parcourus à haute intensité par match en moyenne. Les Lillois sont sur les talons de leurs rivaux avec une moyenne s’élevant à 7150 m par rencontre. Et ils peuvent se consoler avec le record de la saison : 8851 m, soit la plus longue distance parcourue à haute intensité sur un match, face à Strasbourg.
Aucune autre équipe n’atteint la barre des 7000 m, le Stade Rennais prenant la troisième position avec 6976 m par match à haute intensité.
Concernant les efforts les plus brutaux, le RC Strasbourg Alsace et son jeune effectif ont dominé le championnat en 2024/25. Les Alsaciens ont parcouru 2591 m au sprint par rencontre, soit un tout petit peu mieux que l’AS Monaco (2507 m).
Quatrième du classement (2462 m), le Stade Rennais a couru 3832 mètres au sprint contre l'OL (le 18 août), il s’agit du record de la saison sur un match.
Avec une moyenne de 154 courses de ce type par rencontre, ils prennent la première place, juste devant les Strasbourgeois (151). Ces derniers ont malgré tout réalisé le record de la saison sur un match en cumulant 211 sprints face au LOSC (le 25 janvier). De leur côté, les Asémistes sont impliqués dans la rencontre ayant totalisé le plus grand nombre de sprints : l’AS Monaco-PSG du 18 décembre (405 sprints).
L’OGC Nice (149) prend la troisième place, comme dans le classement de la distance moyenne parcourue au sprint par match (2496 m).
Les Marathoniens: Douglas Augusto et Adrien Thomasson
Arrivé au FC Nantes en août 2023, Douglas Augusto est un élément indispensable dans l’entrejeu des Canaris. Car avec 11,14 km parcourus par match, le Brésilien de 28 ans est le grand lauréat de la catégorie cette saison. Sur le podium, il devance deux autres milieux défensifs, le Niçois Hicham Boudaoui (10,97 km par match) et le Lillois Benjamin André (10,937 km). Dans le Top 10, seul le latéral droit du SB29 Kenny Lala (10e avec 10,53 km par rencontre) n’appartient pas à la caste des milieux défensifs/relayeurs.
Sixième du classement, le Lensois Adrien Thomasson (10,88 km) a multiplié les performances athlétiques remarquables cette saison. Le Sang et Or détient le record de la saison sur un match, ayant avalé 13,67 km contre le Stade de Reims (le 11 avril). Au total, il est le seul joueur à avoir accumulé plus de 350 km sur la saison (358).
Concernant Douglas Augusto, le Canari a enregistré sa top performance contre le Havre AC (le 24 novembre), avec 13,5 km.
Thomasson le fait également à une vitesse soutenue. L’ancien Strasbourgeois est le deuxième joueur de Ligue 1 McDonald’s à avoir parcouru la plus grande distance à haute intensité par match en moyenne (1250 m). Il n’est devancé que par l’infatigable Rennais Adrien Truffert et ses 1397 m à haute intensité par rencontre. Le milieu du RCL a couru 1934 m à haute intensité contre Montpellier (le 31 janvier).
Emanuel Emegha: Le Plus Rapide du Championnat
Flashé à 37,72 km/h, le grand attaquant strasbourgeois n’a pas eu d’égal dans le championnat. Il est le seul à avoir atteint la barre des 37 km/h dans cet exercice 2024/25. Deuxième du classement, le Marseillais Luis Henrique n’a qu’effleuré cette marque, avec une pointe à 36,98 km/h. Le Toulousain Shavy Babicka complète le podium, avec une vitesse max de 36,62 km/h.
Joueur le plus rapide de la saison, Emanuel Emegha peut courir (très) vite et longtemps. Le Strasbourgeois est également le joueur qui a parcouru la plus grande distance par match au sprint (461,98 m). Le Rennais Adrien Truffert prend la place de dauphin avec une moyenne de 416,73 m parcourus au sprint par rencontre.
Achraf Hakimi détient le record de la saison sur un match, avec 777,3 m parcourus au sprint face à l’AS Saint-Etienne (le 12 janvier). La meilleure performance d'Emegha, réalisée face au LOSC (le 25 janvier), n’est pas très loin (740 m).
Analyse des Sprints à Haute Intensité chez les Footballeurs Professionnels
L’utilisation des systèmes électroniques de suivis et de performance a permis d’analyser les profils physiques des joueurs ainsi que leurs actions lors des matchs. Les études récentes ont permis de conclure que les joueurs devaient se préparer aux sprints à haute intensité, caractérisés par des distances de plus de 30 mètres et une vitesse aux alentours de 30 km/h.
Une étude a examiné le total de sprints à haute intensité, la forme de ces sprints (en ligne droite ou en courbe) et leur survenue au cours du match. La première et la dernière période étaient celles qui contenaient le plus de sprint à haute intensité ; 20% dans la période 1’-15’ et 21,6% dans la période 75’-90’.
La répartition des sprints à haute intensité dépend significativement du poste du joueur et de la tactique lors de l’action en cours. Les défenseurs centraux ont effectué plus de sprints pour intercepter et transmettre les ballons, les défenseurs latéraux pour exploiter les espaces, gérer les couloirs et transmettre les ballons. Les milieux de terrains en ont réalisé plus dans un objectif de récupérer le ballon, gérer les espaces et presser les adversaires.
Enfin, il s’est avéré que la position de jeu avait une influence significative sur la vitesse maximale du sprint (F=2.44 ; p=0,05 ; ES=0,006), la distance parcourue à chaque sprint (F=5.34 ; p<0,001 ; ES=0,01) mais n’avait pas d’incidence sur la durée (F=0.73 ; p=0,57 ; ES=0,002).
La distance parcourue en sprint à intensité maximale était de 40,25 ± 11,79 m pour les défenseurs centraux, 44,81 ± 14,26 m pour les défenseurs latéraux, 41,61 ± 12,69 m pour les milieux, 43,79 ± 14,22 m pour les milieux offensifs, 42,34 ± 12,81 m pour les attaquants.
Les vitesses maximales requises lors des sprints ont été de 31,26 ± 0,97 km/h pour les défenseures centraux, 31,37 ± 1,06 km/h pour les défenseurs latéraux, 31,07 ± 0,91 km/h pour les milieux, 31,39 ± 1,08 km/h pour les milieux offensifs et 31,39 ± 1,06 km/h pour les attaquants.
L’une des principales conclusions de cette étude était que les sprints à haute intensité étaient plus fréquents dans la première (1’-15’) et la dernière période (75’-90’) des matchs pour tous les postes des joueurs. Ils étaient le plus souvent non-linéaires, effectués sans la possession du ballon et avec des objectifs différents en fonction des postes.
Les auteurs concluent que la position du joueur a un impact sur sa vitesse maximale et la durée de son sprint, ce qui va dans le sens des précédentes études sur le sujet. Par exemple, les milieux de terrain sont ceux dont la vitesse maximale lors des sprints à haute intensité est la plus faible, ce qui pourrait être expliqué par leur position centrale sur le terrain où la densité de joueurs est plus importante.
Au vu de la répartition de ces sprints lors des matchs, les joueurs devraient être préparés à ces actions à haute intensité pendant l’échauffement avant le match mais aussi durant les entraînements sous des conditions de haute fatigue. Les sprints en courbe doivent aussi être inclus dans la préparation physique des joueurs afin de prévenir les risques de blessures.

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Comparaison des Ligues: La Ligue 1 à la Traîne?
Une étude publiée par l'Observatoire du football CIES révèle que la Ligue 1 n'est que 22e d'un classement recensant les courses à haute intensité dans les différents championnats. Dans notre très chère Ligue des talents, 7,08% des courses sont effectuées à haute intensité (à une vitesse supérieure à 19,8 km/h) par rapport à la distance totale parcourue par un joueur au cours d'un match.
Une proportion qui place la Ligue 1 assez largement derrière les gros championnats européens, puisque la Premier League (1ère), la Liga (3e) et la Serie A (9e) sont toutes les trois dans le top 10, tandis que la Bundesliga (15e) est un peu plus à la traîne.
Mais ce qui interpelle, c'est surtout que la Ligue 1 est classée derrière des championnats... de seconde division. Ainsi, les joueurs de D2 anglaise (7e), de D2 espagnole (10e) ou de D2 allemande parcourent plus de distance à haute intensité que ceux de l'élite française. La Ligue 2, de son côté, est sur les talons de sa grande soeur et se situe à la 24e place de ce classement.

L'importance du HIIT dans l'Entraînement au Football
Au football, les séances d’entraînement intensives et efficaces sont devenues cruciales pour améliorer la performance des joueurs. C’est là que le HIIT (High-Intensity Interval Training ou entraînement fractionné de haute intensité en français) entre en jeu notamment en fin de préparation physique football ou durant la saison. Le HIIT est un entrainement avec des intervalles d’effort très intense sur une courte durée (30 secondes) et des intervalles de récupération active (15 secondes) le tout sur une durée globale comprise entre 10′ et 30′. On privilégie clairement l’intensité à la durée.
C’est le résultat recherché lors d’un entrainement intensif au football, améliorer les capacités aérobiques (endurance) et surtout anaérobiques (vitesse et puissance). Lors des phases intenses, votre FC max peut être atteinte ou en tout cas, vous en serez très proche. Les phases intenses permettent d’atteindre rapidement vos capacités maximales d’oxygénation, vous allez donc passer en anaérobie qui est la phase où ce sont les lipides (gras) qui prennent le pas.
Le principe du HIIT est de travailler à intensité quasi maximale, pour soutenir les efforts, il faut être mentalement au top pour tenir. Travailler à des intensités élevées, voire maximales, augmentent le risque de blessure musculaire. Cette intensité est un vrai plus mais également le principal danger. Comme dans tous les sports, les exercices HIIT sont très intéressants mais il faut bien les réaliser et les places dans la saison. L’intensité mise doit être importante et la récupération est active donc pas de marche.

Exemples de Circuits Training HIIT pour le Football
Les circuits training HIIT ci-dessous sont conçus pour être intenses et cibler les capacités physiques nécessaires pour le football, notamment la vitesse, l’agilité, la force et l’endurance. Effectuez chaque exercice pendant 30 secondes à haute intensité, suivi d’une période de repos de 15 secondes. Effectuez chaque exercice pendant 40 secondes à haute intensité, suivi d’une période de repos de 20 secondes.
- Sprints
- Burpees
- Sauts sur place
- Pompes
- Fentes sautées
Développement de la Capacité Aérobie en Football
Dans une rencontre de football, l’exigence physique ne cesse d’évoluer : efforts répétés à haute intensité, pression permanente sur le porteur, les transitions, le pressing collectif… Pour répondre à ces sollicitations, le développement de la capacité aérobie en football est aussi importante que le développement tactique d’une phase de jeu. Une bonne capacité aérobie en football permet aux joueurs de maintenir un haut niveau d’intensité tout au long du match, de mieux récupérer entre les actions et de limiter la fatigue en fin de rencontre. Elle conditionne directement la performance individuelle et collective de l’équipe, quel que soit le niveau.
La capacité aérobie en football se réfère à l'aptitude d'un joueur à maintenir des efforts prolongés d'intensité modérée en utilisant principalement le métabolisme aérobie, c'est-à-dire en présence d'oxygène. Cette capacité est essentielle pour soutenir des actions répétées telles que les courses, les déplacements défensifs ou offensifs, et pour assurer une récupération efficace entre les phases de jeu.
La vitesse maximale aérobie (VMA) est un indicateur clé de la capacité aérobie. Elle correspond à la vitesse de course à laquelle un joueur atteint sa consommation maximale d'oxygène (VO₂ max). Connaître sa VMA permet de personnaliser les entraînements pour améliorer l'endurance et la performance lors des matchs.
Exercices Pratiques pour Améliorer la Capacité Aérobie
Pour évaluer et développer la capacité aérobie, des tests de terrain comme le test de Cooper sont couramment utilisés.
- Exercice de conservation de balle
- Opposition en 7 contre 7 avec règles spécifiques
- Circuit training revisité mêlant efforts moteurs et techniques

VO2 Max: Indicateur Clé de l'Endurance au Football
Un match de football demande à la fois de la vitesse, de la puissance et une capacité à répéter les efforts. Connue des préparateurs physiques et des entraîneurs, cette donnée permet d’évaluer le potentiel aérobie d’un joueur et d’orienter le travail d’endurance.
La VO2 max (Volume maximal d’oxygène) correspond à la quantité d’oxygène que le corps peut consommer et utiliser par minute et par kilo de poids corporel. En football, elle joue un rôle central car le sport alterne phases de course à haute intensité et périodes plus calmes.
Au-delà de sa définition scientifique, la VO2 max a une influence directe sur le rendement d’un joueur en match. L’endurance au football repose sur la capacité du joueur à répéter les courses, souvent sur des distances courtes et à haute intensité. Lorsque la fatigue prend le dessus, la qualité technique et la prise de décision baissent.
Méthodes pour Développer la VO2 Max
- Intervalles à haute intensité
- Jeux réduits (4c4, 5c5) sur petits terrains
- Courses intermittentes (15 secondes de sprint, 15 secondes de récupération)
Le travail de la VO2 max doit s’inscrire dans une logique de planification, avec des objectifs différents selon les moments de la saison. Les séances de VO2 max sont exigeantes pour l’organisme.
Dans le cadre de la réathlétisation, la VO2 max devient un indicateur essentiel pour suivre la récupération réelle du joueur en rémission. Elle permet d’évaluer si le système cardiovasculaire est à nouveau capable de soutenir des efforts prolongés et des sprints répétés.
