La Coupe du monde et la Ligue des champions sont deux des compétitions de football les plus prestigieuses au monde. La Coupe du monde offre l’occasion de mettre à jour la hiérarchie des nations du football, quitte à prendre pour argent comptant les résultats de la compétition en laissant de côté ses aléas.
Les scores et les qualifications livrent une vérité ambiguë, mais définitive. Au Qatar, le proverbial « il n’y a plus de petites équipes » n’a été confirmé qu’au sens où… il n’y en a plus en quarts de finale.
Cet article explore les similitudes et les différences entre ces deux tournois majeurs, en analysant leur impact sur le football mondial et en mettant en évidence les enjeux économiques et sportifs qui les sous-tendent.

Ligue des Champions
La Ligue des champions est une compétition annuelle de clubs de football organisée par l'UEFA depuis 1955. Héritière de la Coupe des clubs champions (1955-1992), surnommée C1, elle a changé de visage et de nom en 1993.
On connaît bien le design du prestigieux trophée, facilement reconnaissable avec ses anses immenses qui lui valent le surnom de "Coupe aux grandes oreilles" en France ("Big ears" en anglais et "La Orejona" en espagnol). Mais il n’a pas toujours eu cette allure.
L'introduction en 1991/92 d'une phase de groupe (après deux tours à élimination directe) a en réalité précédé l'inauguration de l'appellation Ligue des champions. L'introduction des phases de groupes a présenté plusieurs intérêts majeurs pour ses partisans (notamment le lobby des "grands" clubs, réunis à la fin des années 90 au sein du G14) : la multiplication du nombre de rencontres à diffuser, et l'assurance pour les clubs qualifiés d'en disputer un nombre minimum.
Un objectif d'autant plus crucial que l'augmentation exponentielle des droits de diffusion de la compétition s'est accompagnée d'une redistribution calculée de manière à enrichir les clubs les plus riches. Lesquels s'y sont retrouvés plus nombreux, à partir de 1997/98, lorsque la Ligue des champions a usurpé son propre nom en y invitant les deuxièmes, puis troisièmes voire quatrièmes des principaux championnats.
Les règles de l’UEFA qu’il n’y a que dans deux cas qu’un club peut conserver définitivement le trophée (jusqu’en 2009). La coupe est donnée aux clubs qui remportent cinq fois la C1 et aux clubs qui remportent trois de suite la C1. Quand cela arrive, un nouveau trophée est commandé.
Depuis 2006 - année qui marquait le 50e anniversaire de la Ligue des champions, comme on l'appelle depuis 1992-, les vainqueurs soulèvent un trophée confectionné par l’entreprise Bertoni, basée à Milan en Italie.
La coupe actuelle fait 73,5 centimètres de haut, pèse 7,5 kilos. Guerrino Giorgi, 78 ans, est à la baguette. "Le trophée est entièrement fait en argent", promet-il. Et contrairement à l’ancienne version, figurent sur cette coupe les noms de tous les clubs qui l’ont remporté auparavant.
La création de la Ligue des champions, en 1992/93, a précipité le football dans l'ère du football-business en permettant la concentration du pouvoir économique - et sportif - au sein d'une élite de clubs et de pays. Ce basculement ne s'est pas tout à fait produit du jour au lendemain, notamment parce la compétition a connu plusieurs formules et modes de qualification au cours des années 90, mais aujourd'hui il est devenu pérenne.
La phase finale oppose trente-deux équipes réparties en huit poules de quatre. Sont directement qualifiés : - les vainqueurs de la Ligue des champions et de la Ligue Europa de l’année précédente ; - les quatre premiers des quatre meilleurs championnats (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie) ; - les deux premiers des championnats secondaires (France, Portugal). Les dix autres participants sont issus de tours préliminaires ou de barrages, plus ou moins nombreux en fonction du niveau de leur championnat. Le troisième de Ligue 1 doit ainsi franchir deux tours préliminaires, tandis que le champion d’Andorre doit en remporter six pour se qualifier.
Les deux meilleures équipes de chaque poule se qualifient pour des huitièmes de finale en matchs aller-retour, avec élimination directe, jusqu’à la finale, qui se joue sur un seul match. Les clubs arrivés troisièmes de leur poule sont reversés en huitième de finale de Ligue Europa. Les quatrièmes sont éliminés. Il s’agit de sa dernière année sous le format actuel.

Coupe du Monde
Une Coupe du monde offre l’occasion de mettre à jour la hiérarchie des nations du football, quitte à prendre pour argent comptant les résultats de la compétition en laissant de côté ses aléas.
Dans cette Coupe des mondes si géopolitique, le Maroc porte à la fois l’étendard du « monde arabe » et celui de l’Afrique. Sa victoire contre l’Espagne récompense un effort rare, sur le continent, pour développer les infrastructures… et rallier les binationaux : 14 des 26 joueurs appelés au Qatar sont nés à l’étranger.
Les Amériques centrale et du Nord ont encore plafonné, et l’Asie, du Proche-Orient à l’Extrême-Orient, n’a pas passé l’épreuve des huitièmes. L’Arabie saoudite n’a pas survécu à son exploit contre l’Argentine.
Le Japon et la Corée du Sud ont un temps entretenu l’idée enthousiasmante que des joueurs surmotivés, formant un collectif solidaire jusqu’au sacrifice, pouvaient renverser des montagnes. La Croatie et le Brésil ont douché ces espoirs.
Tableau comparatif des championnats européens
| Championnat/Coupe | Valeur totale de la compétition | Nombre de Joueurs |
|---|---|---|
| Premier League | 12,43 Mrd. € | 205 |
| Liga | 5,48 Mrd. € | 205 |
| Bundesliga | 5,24 Mrd. € | 205 |
| Serie A | 4,82 Mrd. € | |
| Ligue 1 | 3,85 Mrd. € | 184 |