Coupe du Monde FIBA de Basketball Féminin : Une Histoire de Gloire Française

À l’approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, plongeons dans l’histoire des équipes de France féminines et masculines de basketball. Remontons le temps pour découvrir comment les femmes ont ouvert la voie au succès du basketball français.

En 1930, alors qu'un championnat d'Europe est organisé à Strasbourg et Niederbraun, en Alsace, les Bleues vont offrir au basket-ball français sa toute première ligne de palmarès. Bien que ces championnats d'Europe de l'époque n'étaient pas réellement homologués, ils étaient les seuls proposés, avec les seules équipes capables de jouer, semblant être marqués d'un astérisque.

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Cependant, en 1930, ce sont bien les Françaises qui dominent le basket européen, parce que ce sont bien DES Françaises qui se trouvent au cœur de la propagation du basket-ball. La preuve ? Alice Milliat, toujours elle ? Et oui, et c’est bien la nantaise qui est au centre de l’organisation des jeux mondiaux féminins qui a lieu la même année, en 1930.

Cette compétition, prenant forme d’un genre de « Coupe du monde de tout » était une sorte d’Olympiades pour les femmes. Milliat amène ses joueuses et athlètes à Prague pour y participer. Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur toutes les compétitions concernant ces jeux mondiaux, sinon que les françaises font bonne figure avant de chuter face aux canadiennes en finale du tournoi de basket.

Mais les héroïnes de l’époque étaient donc connues : les Velu, Lunet, Marinat etc, et ne se contentaient pas de dominer en bleu, mais aussi dans les championnats, avec les « Linnet’s » et au défis des événements. Avec la mise en place progressive de règles internationales, les compétitions européennes et mondiales vont pouvoir se structurer, dans la continuité des structurations nationales.

Alice Milliat, figure clé du sport féminin en France.

Les Jeux Mondiaux Féminins : Un Triomphe en 1934

Alice Milliat, qui ne parvient pas encore à faire percer le sport féminin au sein du Comité International Olympique, relance donc ses Jeux Mondiaux avec la Fédération sportive féminine internationale. Après Paris, Prague, Göteborg, Alice Milliat parvient à convaincre Londres d’être la nouvelle destination des jeux mondiaux. Elle ne le sait pas encore, mais ce seront les derniers jeux féminins.

Pour les bleues, on remise sur les superstars de Saint-Maur, d’Alfortville, d’Alsace-Moselle et autres, qui se préparent dans un bon esprit avec une victoire sur la route, à Lens, contre la Belgique, avant de rejoindre le stade du White Hall City de Londres, détruit en 1985. Elles s’appellent Lucienne Velu, Garnier qui évolue à Strasbourg, Flouret, Santais, qui jouait aussi aux Linnet’s et Richelot qui jouait à Reims.

Gérard Bosc dans son « Histoire du Basket Français - Tome I » résume la compétition de basket en un mot : « Gloire! ». Car oui, la petite épopée londonienne va ajouter un second trophée sur l’étagère des françaises. Nous en savons en réalité peu, tout comme pour les précédentes éditions des Jeux Mondiaux, sur le détail du tournoi, qui affronta qui.

A l’époque, les équipes étaient si rarement en confrontation, que Gérard Bosc demanda lui-même si le match contre la Belgique avant les Jeux n’était pas, en soi, un match pour être championnes d’Europe. Sauf que le scénario sera bien différent de la finale à sens unique de 2012 (on y reviendra) et l’incroyable se produit : Flouret, Santais, Richelot, Garnier, emmenées par Velu, battent les américaines.

Vous avez bien lu, la France, en basketball, bat les USA dans une finale de championnat du monde. Le score final 34 à 23, laisse peu de doute sur la domination des françaises. En 1934, les Jeux Mondiaux féminins étaient les seules compétitions internationale et internationalement reconnues du sport féminin.

Si le titre de 1934 n’est pas officiellement entré dans les annales de la FIBA qui va intégrer les femmes quelques années après, son authenticité ne saurait être remise en cause, car à l’époque, elle ne le fut pas.

Lucienne Velu, une athlète multidisciplinaire et figure emblématique du basketball féminin français.

Lucienne Velu : Une Athlète d'Exception

Lucienne Velu, c’est bien entendu l’une des joueuses actives du groupe France pour l’équipe de basketball, mais c’est aussi l’athlète accomplie et totale, l’égérie du sport féminin en générale, et la marque de fabrique des travaux d’Alice Milliat. Velu ne se distingue pas que par le basketball, mais bien dans toutes les catégories.

Aussi, si en 1930, elle n’avait pas encore percé au niveau international, en France, Lucienne était une référence sans égal, dans toutes les disciplines. Ainsi, et alors que les jeux mondiaux féminins de 1934 approchent, Lucienne est déjà championne de France d’athlétisme au 60m, double championne au 80m, quadruple championne au 200m, sextuple championne au lancer de poids, octuple championne au lancers de disque.

A cela s’ajoute des médailles d’argent, une au 80m, au 100m, au lancer de poids et de disque, et des médailles de bronze au 100m et lancers de poids. Lucienne Velu est aussi détentrice de plusieurs records de France et mondiaux.

Avec son équipe locale mais centrale des championnats de France, les Linnet’s, elle domine tout autant le basketball français. Les Linnet’s, se sont les basketteuses de Saint Maur, dans le Val-de-Marne, qui se retrouve sur la ligne du RER A de Paris aujourd’hui. Pendant plusieurs années, les Linnet’s seront une équipe à battre parmi les autres écuries, elles gagneront sept titres de championnes de France !

Et avant de s’atteler à créer l’exploit balle en main aux jeux mondiaux de 1934, Lucienne va se distinguer dans toutes les disciplines, hélas dominée par les britanniques, et les allemandes qui défilent déjà sous le drapeau nazi.

L'Émergence de la FFBB et les Défis de l'Avant-Guerre

Si l’entreprise d’Alice Milliat a atteint son objectif, les épreuves féminines olympiques et FIBA sont acquises, mais ne sont pas tout de suite mises en place. Ainsi, l’Eurobasket 1935 de Genève, dont nous vous avions parlé dans la série sur les garçons, ne concerne que les hommes, et les Jeux Olympiques de Berlin de 1936, plutôt axés sur l’idéologie nazie, qui reléguerait presque la femme en « pondeuses de futurs soldats », en font de même.

Alors les filles vont plutôt continuer d’animer le territoire national. La domination de Velu et des Linnet’s touche à sa fin. Leur succèdent les « Miguettes de Courchelette »…et puis…c’est la faillite qui guette.

Mais c’est l’opportunité de se rendre plus officiel : « la Fédération féminine est appelée à voter la dissolution et à intégrer la FFBB. Celle-ci accepte la charge du bout des lèvres. Faute de moyens (que fait le gouvernement) il n’y aura pas de championnes de France féminine » (Gérard Bosc, L’Histoire du Basketball Français - Tome I, p49).

Alors certes, sous l’action du Conseil National des Sports, le basketball féminin est assuré d’avoir un certain label et de pouvoir voir loin, mais cela se fait au détriment d’une année blanche, malgré un taux de femmes de près de 10% du total des licenciés.

L'Eurobasket 1938 : Une Nouvelle Ère

Après deux années de transitions donc, nous pouvons enfin retrouver le basketball féminin sous de véritables statut : la FFBB mais aussi la FIBA qui lance son premier Eurobasket en 1938. La compétition aura lieu à Rome, et la France est parmi les favorites, même si seulement cinq nations sont représentées : l’Italie, la Lituanie, la Pologne, la Suisse et donc la France.

Exit les groupes restreints, cette fois-ci on emmène dix joueuses : Marie-Antoinette Chabrel, Lily Colin, Jacqueline Dusoulier, Jeanine Garnier, Marie-Louise Gravier, Margueritte Lafiteau, Christiane Moreau, Lisette Pariente, Annette Roy-Bouligeaud et, pour l’époque il faut le constater, une joueuse noire, Sokela Mangoubel, alors que l’arrivée en football, de la légende et du pionnier Larbi Benbarek en équipe de France est un événement en soi.

Mais en ce mois d’octobre 1938, la déception sera présente sur les visages des françaises, elles qui prennent un bouillon d’entrée face aux italiennes (34-18). Il faut rectifier face aux Suisses. C’est chose faite, et avec la manière : 43-18. La compétition étant sous simple format d’une phase de poule et d’un classement final, une victoire supplémentaire apporterait la garantie d’une médaille, une de plus !

Mais les bleues s’effondrent : défaites contre la Lituanie (20-14) puis la Pologne (24-19). La quatrième place est honorable, mais les françaises n’étaient pas au rendez-vous en attaque.

La Guerre et l'Après-Guerre : Un Nouveau Départ

Evidemment, quelques mois plus tard, plus personne n’aura la tête au sport. On ne passera plus la balle, mais les vivres, on ne courra plus pour le sport, mais pour se cacher, le travail d’équipe, ce sera pour déblayer les rues des gravas. La guerre arrive, et c’est tout le sport qui part dans l’ombre.

Plusieurs années après, les bleues reviendront, mais elles ne seront plus les championnes d’avant, certes. Lucienne Velu et les autres, les Linnet’s, les filles de Mulhouse, de Reims, les élèves d’Alice Milliat, étaient des championnes avant l’heure, avant la FIBA, avant la FFBB.

Est-ce que dans le nouveau monde, elles auraient autant leur place qu’à l’époque ? Rien n’est moins sur. Mais dans l’après-guerre, il est un homme qui va apporter le second âge d’or au basketball français. Cet homme va emmener la FFBB, mais aussi les bleus vers de nouveaux sommets pour plusieurs années. Cet homme, non content de poser sa marque sur la balle orange masculine, va prendre en main également la sélection féminine.

L'Essor du Basket Féminin Moderne

Le basket féminin est en plein essor après avoir été longtemps dans l’ombre des compétitions masculines. La visibilité des compétitions et le niveau de jeu sont en nette augmentation. L’évolution du basketball féminin a vu les nations s’affronter dans une compétition internationale pour la première fois aux Jeux Olympiques de 1924 à Paris. Néanmoins, cela a été déclaré discipline olympique officielle seulement lors des Jeux Olympiques de Montréal en 1978.

C’est seulement à partir des années 80/90 que le basketball féminin a connu une grande croissance. À la suite des Jeux Olympiques de 1978 et l’officialisation de la discipline, le basket féminin a vu les projecteurs se tourner sur eux. Le basket américain a ensuite pris le relais avant de voir la Coupe du Monde féminine se développer, tout comme l’EuroBasket.

Le sport se professionnalise et permet l’émergence de nouveaux talents qui offrent un spectacle de qualité et une structure de la discipline.

L'équipe de France féminine de basketball, une force montante sur la scène internationale.

Les Compétitions Majeures et les Défis Actuels

De nos jours, le basket féminin propose un spectacle régulier entre les compétitions internationales, continentales et les différentes ligues domestiques proposées. La compétition féminine de basket la plus suivie à travers le monde est celle proposée tous les quatre ans avec les Jeux Olympiques. C’est un rendez-vous qu’aucune nation ne souhaite manquer au vu de la médiatisation de l’événement.

Comme dans de nombreux sports, la Coupe du Monde est organisée tous les 4 ans et regroupe les meilleures nations d’un seul et même sport. En Europe, l’EuroBasket féminin est la compétition la plus attendue par les pays.

Le sport féminin doit encore faire face à de nombreux défis pour se développer. L’une des batailles les plus présentées concerne l’inégalité salariale avec les hommes. C’est un combat dans le sport mondial, dont le basketball. En WNBA, la différence avec les hommes est énorme et cela est dû à la médiatisation du sport.

L’histoire du basketball a commencé rapidement avec des compétitions dédiées aux hommes et aux femmes. Cependant, le développement a été bien plus rapide pour les hommes qui ont pu bénéficier de la médiatisation et de la professionnalisation rapidement. Les femmes sont encore en route sur ce chemin et ont réussi à égaler le niveau de spectacle.

Coupe du Monde Féminine : Faits et Chiffres

La FIBA a compilé quelques faits et chiffres sur la Coupe du Monde féminine dont la 19e édition s’ouvre jeudi.

  • 19 : C’est le nombre de FIBA Hall of Famers qui ont joué dans cette compétition.
  • 70 : Le nombre de victoire des Australiennes.
  • 0 : Le nombre de joueuses qui ont remporté le titre de MVP plus d’une fois.
  • 4 : C’est le nombre de nations qui sont montées sur la plus haute marche du podium.
  • 35 : C’est le nombre de matchs que Lauren Jackson a disputé à la Coupe du Monde.
  • 16 : C’est le nombre d’apparitions consécutives au tournoi, un record détenu à parts égales par la Corée et les États-Unis.
  • 30 000 : C’est le nombre de spectateurs qui ont vu le match Chili contre Etats-Unis en 1953.
  • 13 : C’est le nombre de passes décisives délivrées par Julie Allemand pour égaler le record sur un match.
  • 22 : C’est la séquence de victoires actuelle des États-Unis dans le tournoi.

En conclusion, l'histoire du basketball féminin français est riche en moments de gloire, en figures emblématiques et en défis surmontés. Des pionnières comme Lucienne Velu et Alice Milliat aux compétitions modernes, le basketball féminin continue de progresser et d'inspirer.

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