Maxime Lafage, maître à jouer du RC Vannes et meilleur réalisateur du Top 14, incarne la détermination du club breton dans la bataille pour le maintien. À trois journées de la fin, le demi d’ouverture se montre lucide et combatif, partageant son regard affûté sur l’évolution de l’Aviron Bayonnais, son ancien club désormais au sommet du rugby français. Un échange sincère où sport, ambition et passion s’entremêlent avant le sprint final.

Une Lutte Acharnée pour Sauver le RC Vannes
Le sprint final s’annonce intense pour Vannes, qui aborde les trois dernières rencontres avec un seul objectif : rester en Top 14. « C’est difficile de jouer le maintien, surtout après des défaites comme celle de la semaine dernière », confie Maxime Lafage. Ce revers cruel contre La Rochelle, perdu sur un drop dans les dernières secondes, a laissé des traces : « On a mis quelques jours à passer à autre chose, mais on n’a pas le temps de trop y penser, il reste trois matchs et on donnera tout. »
Lafage souligne la cohérence de son équipe malgré la pression : « Si on nous avait dit en début de saison qu’on serait encore en course pour le maintien à trois journées de la fin, on aurait signé tout de suite. » Le RC Vannes affiche des progrès visibles, même si le joueur insiste sur l’expérience manquante : « Le club et l’équipe manquent un peu d’expérience, mais ça viendra. »
Face à un calendrier compliqué avec deux déplacements et une réception contre un prétendant au Top 6, la priorité reste claire : « On doit jouer notre meilleur rugby, sans calculer. On fera les comptes à la fin, mais on tentera le tout pour le tout pour essayer de sauver le club. »
Fidélité à Vannes, Admiration pour Bayonne
Ancien joueur de l’Aviron Bayonnais, Maxime Lafage porte un regard admiratif sur la montée en puissance de son ancien club, quatrième du Top 14 et proche d’accéder aux barrages pour la première fois. « C’est beau ce qu’ils font, le club évolue très bien avec un recrutement impressionnant », dit-il. « Bayonne est tout simplement à sa place. Jouer un barrage à domicile serait logique et bénéfique pour le rugby français. »
Pour autant, Lafage ne regrette pas son choix de carrière. Arrivé à Vannes en 2022, il y a trouvé de nouvelles ambitions et la possibilité d’exprimer pleinement son talent. « Je joue mon meilleur rugby ici, je suis mis dans les meilleures dispositions, je joue tous les week-ends. Je ne regrette pas d’être parti, même si j’aurais aimé rester plus longtemps après ce magnifique titre en 2022. »
Le joueur a signé jusqu’en 2028 à Vannes, montrant son engagement à long terme dans ce club qui lui permet de s’épanouir au plus haut niveau. « Pour l’instant, je suis à fond dans la bataille pour le maintien. L’après-saison, je n’y pense pas. »
Maxime Lafage x Land Rover Vannes : Ensemble, prêts à conquérir de nouveaux terrains.
Prolongation de Contrat et Engagement envers Vannes
Vannes a officialisé ce jeudi la prolongation de contrat de Maxime Lafage. Voilà une très bonne nouvelle pour les supporters vannetais ! Titulaire indiscutable avec le numéro dix dans le dos depuis deux saisons en Bretagne, Maxime Lafage a prolongé son contrat avec le RCV. Dans le communiqué, le joueur s’est exprimé après cet engagement : "Je suis très heureux de continuer mon aventure au Rugby Club Vannes. Je tiens tout particulièrement à remercier l’ensemble du club pour sa confiance ainsi que les supporters pour leur soutien incroyable. Cette opportunité est un véritable privilège, je suis impatient de continuer à défendre les couleurs de notre club.
Arrivé en 2022 du côté de la Rabine, Lafage totalise 58 matchs avec la tunique bleu et blanc sur les épaules pour 471 points marqués. La saison dernière, il a pris part à 27 rencontres, dont 21 dans la peau d’un titulaire.
Un Parcours Riche et Varié
L'un des meilleurs artilleurs de la Pro D2 et indéboulonnable depuis son arrivée, il s'agit bel et bien de Maxime Lafage. Le Toulousain de naissance a une carrière riche en termes de clubs, mais aussi grâce à ses statistiques. Il fait ses premiers pas dans le monde du rugby dans la périphérie de Toulouse, du côté de Blagnac.
L'ouvreur prend ensuite la direction de l'équipe fanion du coin avec le Stade Toulousain à ses 11 ans. Malgré son début de formation du côté d'Ernest-Wallon, il la finit à Colomiers, son premier club professionnel. En 2015, et à tout juste 21 ans, il réalise ses débuts en professionnel avec 13 feuilles de matchs.
Les deux saisons suivantes, il s'impose en tant que titulaire, le tout accompagné d'un Thomas Ramos qui fait lui aussi ses classes en Pro D2. Il dispute plus de 1 000 minutes de jeu à chaque saison et s'envole du côté de La Rochelle. Il y reste une saison et demi, il côtoie deux actuels joueurs du RC Vannes : Eliott Roudil et Romaric Camou.
Après un début de saison 2019-2020 en dents de scie à Marcel-Deflandre, il est prêté à Bayonne pour une opportunité sportive et plus de temps de jeu. Sa saison compliquée est stoppée en raison de la pandémie mondiale. Dès l'année qui suit, il est dans la rotation et figure dans l'équipe du barrage historique entre Biarritz et Bayonne (3-3).
Malgré l'échec de la saison avec la relégation, il sait que la tâche ne sera pas simple pour remonter. Au cœur d'un effectif homogène, il dispute la plupart des matchs, que ce soit en remplaçant ou en titulaire.
Titré du côté de la côte basque, il n'est cependant pas conservé et rejoint Vannes sur la base d'un contrat de trois ans. Il s'impose en tant que titulaire dès sa première saison qui est couronnée en finale lors de la victoire du RC Vannes face à Grenoble.
Choix de Carrière et Ambitions Personnelles
Fort de son titre de champion de Pro D2 avec Bayonne, Maxime Lafage, l’ouvreur aux 36 matches de Top 14 et 80 matches de Pro D2 veut contribuer à écrire « la belle histoire du RCV. « Je suis né à Toulouse, j’ai commencé le rugby à Blagnac à l’âge de six ans, j’y suis resté 5 ans, ensuite je suis parti au Stade Toulousain pendant 4 ans puis à Colomiers 9 ans, de cadets jusqu’à l’équipe pro. En 2018, j’ai signé à La Rochelle où ça s’est moyennement passé et je suis allé à Bayonne qui cherchait un ouvreur et je suis resté deux ans et demi. Mon oncle a joué au rugby, à Blagnac mais mes parents étaient handballeurs. J’ai une petite sœur âgée de 23 ans.
« C’est forcément un moment qui restera dans ma carrière. On se souvient d’ailleurs plus de l’après que du match en lui-même. Mais la soirée qui a suivi, le bouclier à la mairie avec toute cette foule. Ce sont des souvenirs gravés à vie et quand on a connu ça, ça donne vraiment envie d’y regoûter. J’imagine déjà ce que ça pourrait être à Vannes… Moi, ça me donne encore plus de motivation, je sais ce que c’est que de gagner ce championnat de Pro D2 ça, et j’ai encore plus envie de le gagner à nouveau ici.
« J’ai été sollicité par Toulouse, Agen au printemps mais j’ai choisi Vannes, le Nord, c’est vrai même si je me suis bien acclimaté ici. Ce qui a fait pencher la balance, c’est le projet, les ambitions du club et de cette ville, le feeling aussi avec le staff, les dirigeants. Tout ce que le club met en place pour pouvoir créer une belle histoire et j’avais envie de participer à cette histoire. Il y a tout ici pour réaliser de belles choses.
« C’est un stade qui marque et de pouvoir y jouer un week-end sur 2, ça va être vraiment sympa. On n’a jamais gagné ici avec Colomiers, on avait même pris une rouste, j’étais remplaçant, je me souviens. Et on s’est imposé avec Bayonne la saison passée.
« Quand je suis arrivé, j’ai senti des mecs touchés car la saison dernière n’a pas reflété leur niveau mais ils avaient déjà basculé sur la saison qui arrive. Ils ont envie de montrer leur vrai visage et veulent jouer le haut de tableau. On a un groupe pour le faire. 50 joueurs, avec beaucoup de jeunes et un groupe investi, concerné. C’est important car dans une saison, on a besoin de tout le monde. Je vais retrouver Hugo (Zabalza) à la charnière pendant quelques mois avec qui j’ai partagé quelques feuilles à Bayonne. ça facilite les choses quand un joueur arrive en fin de préparation comme ça, je sais qu’il va beaucoup apporter à l’équipe.
« On sens que les clubs s’étoffent de plus en plus. La Pro D2 est un championnat long, excitant qui montre chaque semaine beaucoup de belles choses même si ça reste rude devant. Le niveau augmente chaque année et ça nous pousse aussi à progresser individuellement. C’est un championnat tellement long, il y a plusieurs phases, il faut monter crescendo et garder de l’énergie pour la fin.
« On est impatient d’en découdre, que ce championnat commence, de voir où on en est rugbystiquement ou physiquement, ça nous tarde de fouler la pelouse.
« Je ne connaissais pas la région. Du tout. Même pas en vacances. Et je suis agréablement surpris, il y a vraiment de belles choses à découvrir, chaque jour avec ma copine, on découvre des coins nouveaux, on se balade, c’est très agréable. Rugby.
« Je suis fan de foot, du « Téf » (Toulouse) bien sûr et je suis ravi car on est gâté ici. Je pourrai aller voir des matches à Rennes, Nantes ou Lorient, j’en ai déjà parlé à certains pour qu’on s’organise ça, j’étais juste déçu que Rennes ne fasse pas la Ligue des champions. Je regarde aussi le foot anglais. S’il y a du rugby en même temps, je zappe entre les deux.