L'année 1997 a été une année riche en émotions pour le rugby, notamment pour l'équipe de France. Entre le Tournoi des Cinq Nations, la Coupe Latine et les tournées, les supporters ont vécu des moments intenses. Cet article revient sur les résultats et les événements marquants de cette année.
Le Grand Chelem de l'Équipe de France au Tournoi des Cinq Nations
Le XV de France a réalisé le cinquième grand chelem de son histoire en 1997, grâce à un exploit en Angleterre. Les Bleus se sont imposés au prix d'une remontée fantastique. Lors des deux premières journées de ce Tournoi des 5 Nations, le XV de France avait d'abord gagné avec sérieux en Irlande (32-15) avant de s'offrir quelques frayeurs face au Pays de Galles (27-22) à Paris.
Le roman de ce XV de France, version 1997, a réellement chaviré le 1er mars de cette année. Et même plutôt à l'heure de jeu, lors d'un match mythique, en ce samedi devenu sain pour le rugby hexagonal. Les Bleus sont là, dans l'antre historique de Twickenham. Enfin, ils sont encore là, vivants mais malmenés comme rarement et logiquement distancés au score par un XV de la Rose qui semblait intraitable.
Le tableau d'affichage ne mentait pas : 14-6 à la pause pour les partenaires de Lawrence Dallaglio, après l'essai de ce dernier avant de regagner les vestiaires. Un écart qui a même grimpé jusqu'à 20-6 à la 60e minute. Comment alors penser sérieusement que les troupes du capitaine Abdelatif Benazzi pourraient renverser une situation si mal embarquée en seulement vingt minutes ?
À cette période, les Français étaient en pleine passation de générations, entre les glorieux anciens du Mondial 1995 et la nouvelle garde portée par Fabien Pelous, Olivier Magne et Christophe Lamaison. C'est dans la folie de cette jeunesse insouciante que les Anglais furent emportés. Magne, pour sa première titularisation en sélection, offrait des ailes aux Tournaire, Merle et Sadourny.
À dix minutes du terme, les Bleus récupéraient une munition au sol, pilonnaient la défense adverse puis le ballon était envoyé au large, jusqu'à Lamaison qui terminait en terres promises. Une transformation du même Lamaison et la France était revenue à hauteur de son meilleur ennemi. C'est lui qui, d'une pénalité à la 76e minute, faisait définitivement basculer les siens dans une autre dimension, au prix d'une remontée fantastique (23-20).
Les Anglais, médusés, n'en revenaient pas et savaient que le XV de France s'envolait vers le grand chelem. Mais, pour valider la prouesse, encore fallait-il battre l'Ecosse, quinze jours après, à domicile. En fait, les Bleus n'ont jamais tremblé (47-20), comptant treize points d'avance à la pause et assommant leurs adversaires au fil des minutes en deuxième période, notamment grâce à la botte d'un Christophe Lamaison encore éblouissant avec ses vingt-quatre points personnels. La France réalisait officiellement son cinquième grand chelem, qui trouvait la majeure partie de son origine dans la banlieue de Londres.
En 1997, un France-Écosse final avait marqué les esprits. Les Bleus (qui évoluaient en blanc) jouaient le grand chelem et offrirent un festival mémorable pour les adieux du XV de France au parc des Princes. Abdelatif Benazzi avait joué son rôle à la perfection en marquant le premier essai du match à la 26e minute. Ce fut le début d’un vrai festival, contre une Écosse qui était pourtant très forte.
Le match France-Écosse avait tourné à la démonstration : 47 à 20, gros score pour l’époque. La France avait surclassé son adversaire avec un jeu en lecture et sans calcul. Cette victoire 47-20 avait hypnotisé tout le monde. Dans un article technique, Jacques Souquet évoquait un soutien magistral du même Magne sur un essai de Leflamand.
Le trois-quarts aile de Bourgoin-Jallieu, Laurent Leflamand, était l’homme de l’année 97, quatre essais pour son premier tournoi (il n’en connaîtra pas d’autres). Guy Accoceberry reprend : "Pour un joueur comme moi, qui n’a jamais gagné le Brennus, je me suis retrouvé à soulever un trophée en tribune officielle et à faire des tours d’honneur sur la pelouse du Parc. C’est ce qui me reste dans la tête. Après je me souviens des beaux essais, de l’ambiance, du match énorme d’Olivier Magne qui était sur toutes les actions et d’Abdel qui marche sur le dernier défenseur écossais."
Jean-Claude Skrela se souvient de cette farandole pour les adieux au Parc des Princes. Elle faisait triompher ses idées. Il ne nie pas d’ailleurs la difficulté qu’il eut à les transmettre au groupe : "Ce ne fut pas facile de leur faire pratiquer ce jeu. Au début, ils ne savaient pas s’y retrouver. Nous ne leur demandions pas d’exécuter des combinaisons répétées à l’avance. Avec nous, il fallait s’adapter à celui qui avait le ballon. C’est lui qui était décisionnaire. Il fallait toujours venir le soutenir avec un gars à l’intérieur et un autre à l’extérieur. Il fallait soigner la circulation de toute l’équipe, même si à l’époque, on n’employait pas ce terme. On disait : converger vers le porteur."
L'équipe de France lors du Grand Chelem 1997 était composée de :
- 15. J.-L. Sadourny
- 14. L. Leflamand
- 13. C. Lamaison
- 12. S. Glas
- 11. D. Venditti
- 10. D. Aucagne
- 9. G. Accoceberry
- 7. O. Magne
- 8. F. Pelous
- 6. A. Benazzi (cap.)
- 5. O. Merle
- 4. H. Miorin
- 3. F. Tournaire
- 2. M. Dal Maso
- 1. J.-M. Gonzalez
Entrés en jeu : 16. M. De Rougemont, 17. J.-L. Jordana, 18. R. Castel, 19. Ph. Carbonneau, 20. P. Bondouy, 21.
Ont participé aussi au grand chelem : C. Califano, R. Dourthe, É. Ntamack, Th. Castaignède, Ph.
Ce match ahurissant disait finalement tout de cette équipe de France, aussi talentueuse et qu'inconstante, capable de renverser un stade de Twickenham où elle ne s'était plus imposée depuis dix ans et où on lui promettait l'enfer, puis de s'écrouler quelques mois plus tard contre l'Afrique du Sud au Parc des Princes (10-52) pour une des défaites les plus traumatisantes de l'histoire du rugby français.
"C'était une période de turnovers et on était un peu dans l'incertitude, avait confié Christophe Lamaison. L'équipe était renouvelée de moitié, cela avait fait jaser. Mais on était de jeunes coqs, avec cette fraîcheur et cette envie de jouer."
Angleterre France Rugby 1997 Résumé Tournoi 5 Nations Grand Chelem
La Coupe Latine de Rugby 1997
La Coupe latine de rugby 1997 est la 2e édition de la Coupe latine de rugby. Cette compétition réunit les sélections des équipes nationales masculines de rugby et se déroule en France du 18 octobre au 26 octobre 1997.
Chiffres lors de la compétition :
- Matchs: 3
- Victoires: 3
- Nuls: 0
- Défaites: 0
- Points marqués: 101
- Points encaissés: 49
Matchs de l'équipe de France :
- 3e journée 26 oct. 1997: France - Argentine (32 - 27)
- 2e journée 22 oct. 1997: France - Roumanie (39 - 3)
- 1re journée 18 oct. 1997: France - Italie (30 - 19)

Autres compétitions
Cette année-là, le finaliste malheureux de l'édition 96 du championnat, le CA Brive, remporte la Coupe d'Europe 28 à 9 contre Leicester. La 3e confrontation entre le CA Brive et les Auckland Blues était donc bel et bien une « belle ».
Organisé entre le champion d'Europe et le champion de l'Hémisphère Sud, les Auckland Blues l'emportent en Corrèze le 22 février 47 à 11.
Tableau des Matchs de la France en 1997
| Date | Match | Résultat |
|---|---|---|
| 22 nov. 1997 | France - Afrique du Sud | France 10 - 52 Afrique du Sud |
| 15 nov. 1997 | France - Afrique du Sud | France 32 - 36 Afrique du Sud |
| 26 oct. 1997 | France - Argentine | France 32 - 27 Argentine |
| 22 oct. 1997 | France - Roumanie | France 39 - 3 Roumanie |
| 18 oct. 1997 | France - Italie | France 30 - 19 Italie |
| 28 juin 1997 | Australie - France | Australie 26 - 19 France |
| 21 juin 1997 | Australie - France | Australie 29 - 15 France |
| 1 juin 1997 | Roumanie - France | Roumanie 20 - 51 France |
| 22 mars 1997 | France - Italie | France 32 - 40 Italie |
| 15 mars 1997 | France - Écosse | France 47 - 20 Écosse |
| 1 mars 1997 | Angleterre - France | Angleterre 20 - 23 France |
| 15 févr. 1997 | France - Pays de Galles | France 27 - 22 Pays de Galles |
| 18 janv. 1997 | Irlande - France | Irlande 15 - 32 France |