Coupe du Monde de Football 2010 en Afrique du Sud : Un Résumé Épique

La Coupe du Monde de Football 2010, qui s'est déroulée en Afrique du Sud, fut un événement riche en émotions, en surprises et en controverses. Des vuvuzelas omniprésentes aux performances inattendues, cette édition a marqué l'histoire du football.

Le Match d'Ouverture : Afrique du Sud vs. Mexique

Dans un concert ininterrompu de vuvuzelas, les Bafana Bafana ont cru entamer de la plus belle des manières leur Mondial après le but de Siphiwe Tshabalala à la 55e minute. Mais le Mexique a été sauvé par Rafael Marquez à onze minutes de la fin. La rencontre s'est ensuite équilibrée, les Aztèques n'arrivant pas à exploiter les approximations défensives de leur adversaire, à l'image de Guillermo Franco, qui a buté sur Khune à bout portant à la 32e. Carlos Vela a cru trouver la faille cinq minutes plus tard sur un corner dévié au premier poteau, mais il était en position de hors-jeu.

Ce sont eux qui ont ouvert la marque à la 55e sur un contre rondement mené, conclu par une frappe du gauche en pleine lucarne de Siphiwe Tshabalala. Sonné, le Mexique s'est désuni et n'a pas vraiment réussi à reproduire le jeu offensif séduisant affiché pendant les matches de préparation. Le salut mexicain est donc venu de l'expérimenté Marquez. Après une première alerte sur un tir de Giovani Dos Santos sorti de sa lucarne par Khune à l'heure de jeu, le portier des Kaiser Chiefs n'a rien pu faire face au défenseur de Barcelone, oublié au deuxième poteau après un corner.

Faits marquants :

  • Buts : Afrique du Sud : Siphiwe Tshabalala (55').
  • Avertissements : Afrique du Sud : Dikgacoi (27'), Masilela (70').
  • Spectateurs : 84.490

Réactions :

Javier Aguirre (sélectionneur du Mexique) : "Nous avons raté quelques énormes occasions et c'est devenu compliqué après le but sud-africain. Mais, heureusement, nous avons égalisé, nous aurions pu gagner comme perdre, attendons de voir ce que font la France et l'Uruguay pour savoir si c'est un bon résultat ou pas. Le gardien sud-africain a été vraiment très bon, mais je pense que les deux équipes ont un goût amer dans la bouche. Maintenant, nous sommes obligés de battre la France. En première mi-temps, vraiment, nous imposions notre jeu, et j'étais surpris que nous ne soyons pas revenus à la pause avec un but d'avance. Mais le Mexique jouera de la même façon (offensive, ndlr) au prochain match.

🇫🇷 Les Bleus de Domenech : la descente aux enfers

Le Parcours de l'Équipe de France : Un Fiasco Mémorable

En Afrique du Sud, l’équipe de France a connu les pires heures de toute son histoire. Qualifiés pour le Mondial dans la polémique après la main de Thierry Henry face à l’Irlande, les Bleus ont hérité d’un groupe estimé à leur portée. Pourtant, ils ont été incapables de s’en sortir. Après un nul 0-0 contre l’Uruguay, les Tricolores ont perdu successivement face au Mexique (2-0) et l’Afrique du Sud (2-1) et ont terminé derniers du groupe.

Mais le pire n’est pas là. Car la France a touché le fond avec le terrible épisode de Knysna encore dans toutes les mémoires. Suite aux révélations de L’Equipe informant que Nicolas Anelka avait insulté le sélectionneur Raymond Domenech à la mi-temps de France - Mexique, le joueur a été exclu du groupe et prié de quitter le Mondial. Solidaires de leur coéquipier, les joueurs ont alors décidé d’une grève en refusant de descendre du bus pour aller s’entrainer. Le tout devant des dizaines de journalistes et supporters médusés. Par cette décision rocambolesque, les Bleus sont devenus la risée du monde entier et la honte de tout un pays.

L'équipe de France à Knysna - juin 2010

L'Affaire Anelka et la Grève de Knysna

À la mi-temps de ce second match, une altercation éclate entre Domenech et Nicolas Anelka. L'attaquant de Chelsea, apparemment furieux, aurait insulté son sélectionneur, ce qui lui vaut une exclusion définitive de l'équipe. Par solidarité envers Anelka, les joueurs français décident de boycotter l'entraînement à Knysna en Afrique du Sud. Menés par leur capitaine, Patrice Evra, les Bleus descendent du bus pour saluer les supporters avant de remonter à bord et de refuser catégoriquement de s'entraîner. Cette scène marquera les esprits et deviendra symbolique du chaos qui régnait alors dans l'équipe de France.

Raymond Domenech, impuissant, se voit contraint de lire un communiqué rédigé par les joueurs expliquant leur décision aux médias. Cet acte de rébellion a été un véritable séisme médiatique et politique. La ministre des Sports d'alors, Roselyne Bachelot, décrit une équipe de "caïds immatures" commandant "des gamins apeurés", avec un coach "désemparé et sans autorité". Une véritable crise nationale est déclenchée, avec des réunions d'urgence sur la gouvernance du football français convoquées par le président Nicolas Sarkozy lui-même.

En 2010: la grève de Knysna et la honte...

Primes et Polémiques

Mercredi soir à Wembley, les Bleus ont remporté une victoire de prestige contre l’Angleterre (1-2), qui devrait leur permettre de toucher, en fin de saison, les primes de résultat prévues en pareil cas - soit 14.000 euros par joueur. Le 9 novembre dernier, le quotidien L’Équipe lance les débats avec un article accusatoire, titré « Les Bleus veulent garder la prime » et introduit ainsi: « Ceux qui avaient cru à la soudaine générosité des joueurs de l’équipe de France vont être cruellement déçus ». Selon Étienne Moatti, le refus des joueurs de signer les documents présentés par la Fédération traduit le fait que « dans leur ensemble, [ils] estiment n’avoir jamais voulu abandonner cette prime ».

Il s’avère le jour même que ce point de vue sur l’assiette des primes est exclusivement celui de la Fédération, et surtout que les joueurs ne refusent pas de rétrocéder leurs gains. Alou Diarra, capitaine temporaire de la sélection de Laurent Blanc, déclare que les joueurs entendent reverser eux-mêmes les sommes à des œuvres caritatives. Le lendemain, 10 novembre, L’Équipe poursuit pourtant sur le même registre (titre: « Le ridicule prime toujours ») et déplace les accusations sur le terrain de la mauvaise communication de la Fédération, qui expliquerait donc la publication d’informations lacunaires et univoques [ce qui n’est pas reconnu], présentées avec une virulence indue.

En définitive, l’imbroglio procède simplement du fait que personne n’a eu la présence d’esprit de définir, au moment de la promesse, quelles primes étaient concernées… Un accord prévisible est trouvé, incluant la phase de préparation d’avant-Mondial (trois matches amicaux) et le tournoi sud-africain. Chaque joueur abandonne 116.000 euros, pour une somme totale de 2,66 millions qui devrait être affectée par la FFF au financement du football amateur.

La Finale Épique : Pays-Bas vs. Espagne

C’était la finale rêvée. L’Espagne, championne d’Europe en titre, à l’inspiration barcelonaise renforcée par quelques Madrilènes. Face aux Pays-Bas de Bert van Marwijk dont le jeu, organisé en 4-2-3-1, a fait merveille tout au long de la compétition. Mais, sur le terrain, le spectacle tant espéré n’a pas franchement été au rendez-vous. Tétanisés par l’enjeu, les joueurs n’ont pas exprimé leur pleine mesure. L’image qu’on retiendra principalement du temps réglementaire restera l’attentat pied levé de De Jong sur le torse de Xabi Alonso. Le milieu batave n’ayant écopé que d’un simple carton jaune.

Nigel De Jong tacle Xavi Alonso au ventre, finale de la Coupe du monde 2010

Le jeu s’est, en réalité, animé lors de la prolongation où les Espagnols ont pris un ascendant avec trois grosses opportunités au cours de la première période de Fabregas (95e), Iniesta (98e) puis Navas (101e). Après l’exclusion de Heitinga (109e), les Pays-Bas ont fini par céder sur une reprise du droit d’Iniesta, libre de tout marquage au deuxième poteau (1-0, 116e). L’Espagne est devenue la huitième Nation à remporter la compétition suprême. Qui l’eut cru quand la Roja s’était inclinée lors de son premier match de poules face à la Suisse (0-1) ?

Les Moments Clés de la Finale

Heitinga est averti après avoir accroché Iniesta qui arrivait lancé vers le but. Elia est servi sur la gauche et prend de vitesse Ramos pour s'échapper près de la ligne de réparation mais il pousse trop son ballon et l'arbitre siffle un renvoi aux cinq mètres cinquante. La Roja cherche à garder le contrôle du ballon tout en accélérant le jeu mais les solutions sont rares face au bloc néerlandais. Heitinga est ainsi exclu pour avoir récolté son deuxième avertissement de la partie. Nouvelle faute sur Iniesta, cette fois de Van der Wiel qui attrappe le pied du Barcelonais avec... sa main. Le latéral néerlandais écope à son tour d'un avertissement, le douxième de la rencontre. Iniesta libère toute l'Espagne après un service parfait de Fabregas à droite de la surface. Le Barcelonais prend alors le temps de contrôler avant de tromper Stekelenburg d'un tir croisé imparable.

Les Stars du Tournoi

Wesley Sneijder (Pays-Bas)

Cette année-là, les Pays-Bas avaient un collectif redoutable. Mais un joueur est ressorti du lot. Le milieu offensif de l’Inter Milan brille tout au long de la compétition. Il y marque cinq buts et est élu homme du match à quatre reprises. Dont lors du quart de finale face au Brésil (2-1) et en demi-finale face à l’Uruguay (3-2). Ses performances estivales ont été louées de toute part. A telle point que sa non-présence dans le trio de tête pour l’élection du Ballon d’or a suscité, plus tard, une énorme polémique. Les Barcelonais, Messi, Xavi et Iniesta, lui ayant été préférés.

Wesley Sneijder célébrant son but face au Brésil en quart de finale de la Coupe du monde 2010

Autres Joueurs Remarquables

Seul David Villa - joueur qui partait d’un peu plus loin que les pré-cités - fait exception, et des figures comme Schweinsteiger, Müller, Robben, Sneijder, Suarez ou encore les vétérans Forlan et Klose ont ainsi gagné en statut ce que les autres ont cédé. En fait, certaines individualités se sont bien fondues dans les collectifs, tels Messi et Kaka, sans réussir à les sublimer, tandis que d’autres ne parvenaient pas à les tirer vers le haut quand ils défaillaient (Angleterre, Italie, Côte d’Ivoire, Cameroun, etc.).

Anecdotes et Statistiques

Un vuvuzela, instrument atypique découvert à l'occasion de la Coupe du monde 2010

La stat : 8, comme le nombre de buts marqués par l’Espagne lors de ce Mondial. Jamais dans l’histoire, un champion du monde n’avait si peu marqué.

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