Revisiter les France-All Blacks en Coupe du monde, c’est tout simplement revisiter l’histoire du rugby. De l’ère amateur des années 1980 à la professionnalisation galopante post 2000, cinq matches ont opposé les deux équipes dans cette compétition née il y a maintenant vingt-quatre ans. Trois d’entre eux en ont constitué autant de pans indélébiles de la légende du jeu, imprimé une marque ineffaçable. Monstres de puissance, talents bruts, héros flamboyants… Chaque confrontation est une page épique du ballon ovale, mais aussi le reflet d’une époque et d’une façon de vivre le jeu.
Vendredi soir les Bleus et les All Blacks se sont affrontés pour la huitième fois en Coupe du monde, un record dans la compétition. C’est désormais un classique de la Coupe du monde. Vendredi soir, au Stade de France, les Bleus et la Nouvelle-Zélande se sont affrontés pour la huitième fois dans l’histoire de la compétition (1987, 1999, 2003, 2007, 2011 deux fois, 2015). Un record.
Pour prendre la mesure de l’exploit réalisé par les Français à Twickenham, il faut replacer cette demi-finale dans le contexte plus large des six mois qui avaient précédé et repasser le scénario fou du match. Quatrième du Tournoi des Cinq-Nations, l’équipe de France a été humiliée par les All Blacks au mois de juin à Wellington (54-7). Son entrée dans la Coupe du monde a été poussive.
Meilleurs moments Nouvelle Zélande - France 1999 (Rugby Test Match)
Le Contexte de 1999
En cette fin d'octobre 1999, les Français vont croiser la route des terrifiants All Blacks en demi-finale et on ne donne pas cher de la peau de ces coqs pas bien fringants jusqu’ici. En interne, des soubresauts agitent le groupe. Quelques hommes, dont l’ouvreur Titou Lamaison, décident de prendre le pouvoir : "On avait plus ou moins pris les rênes de l’équipe. Quand on vit pendant quatre ou cinq mois ensemble, il arrive un moment où l’on a envie se prouver des choses, de soulager les coaches, de se comporter en leaders.
En 1999, au-delà de la performance sportive, la victoire historique contre la Nouvelle-Zélande, en demi-finale, c’est une somme de petits détails. Aucune chance, battus d’avance.
« On ne donnait pas cher de notre peau, se souvient Christophe Lamaison.
Les Français, fidèles à leurs traditions, ont fait la fête après la victoire en quart de finale. Quelques verres plus tard, ils ont donc convenu d’empiéter sur les prérogatives du duo d’entraîneurs Skrela-Villepreux.
Il y avait de très grands joueurs dans l’équipe de Nouvelle-Zélande opposée au XV de France : Tana Umaga, Andrew Mehrtens, Josh Kronfeld, Jeff Wilson, Christian Cullen. Mais un seul All Black allait se montrer à la hauteur de sa réputation : Jonah Lomu. Il a déjà inscrit six essais avant la demi-finale. Il va ajouter deux essais d’extraterrestre. Sur le premier, il réalise un « strike » dans des quilles en bleu. Sur le second, il donne le sentiment de slalomer au milieu de piquets.
« On avait accepté le problème Lomu, raconte Lamaison. Il n’y avait qu’un seul joueur qui avait le droit de nous marquer des essais, c’était lui parce qu’il était inarrêtable, monstrueux. »
Mais côté français, un autre numéro 11 s’empare de l’étendard de la révolte : Christophe Dominici. Le pack français harcèle son vis-à-vis, flirte avec l’interdit. Lamaison aussi est dans un jour de grâce. Il réussit un « full house ». Les Bleus menés 17 à 10 à la mi-temps infligent un 33 à 0 aux All Blacks entre la 47e et la 76e minute de jeu. C’est l’unique moment de grâce de la Coupe du monde.
Sur la pelouse de Twickenham à Londres, juste après le haka, les Bleus forment un cercle et Ibanez lance une Marseillaise, reprise à pleins poumons par ses partenaires. L’arbitre les appelle à plusieurs reprises pour le coup d’envoi. Ils ne viennent qu’une fois le chant terminé.
Le combat est rude, violent même. A la mi-temps, la France est logiquement menée 17/10. Lomu a marqué un essai tout en puissance. Mais dans le vestiaire, un homme rassure ses partenaires. Un taiseux habituellement qui cette fois attire l’attention de tout le groupe. Marc Liévremont alors 3e ligne aile a remarqué quelque chose chez leurs adversaires : "J’avais vu ces mecs douter. J’avais vu dans leurs regards que, même s’ils avaient une grosse avance au score, ils étaient emmerdés. Je me souviens de l’avoir dit à mes partenaires. Je leur disais : "Observez leurs regards ! Ils sont en train de souffrir. On sent qu’on leur fait mal sur les impacts, on sent que le doute est en train de s’immiscer donc il ne faut absolument pas lâcher." J’ai rarement vécu de pareils moments, tout était plus intense qu’un match ordinaire.
Mais la 2e période commence très mal avec un nouvel essai du surpuissant Lomu. 24 à 10. Le match paraît plié, sauf pour les 15 Bleus sur le terrain.
Au fil des minutes, la tactique anti-Lomu fonctionne. Depuis le début, Lamaison tape de longs coups de pied systématiquement dans le dos du géant néo zélandais. Il l’oblige ainsi à de longues courses en arrière. Lomu est explosif mais peu endurant, ces allers-retours l’épuisent. Et les Bleus s’enhardissent.
Fabien Pelous se souvient comme si c’était hier : "Il y a eu ce moment magique où l’on sentait que ça basculait en notre faveur, qu’on prenait le dessus physiquement. Tout est parti d’un ballon porté sur nos 40 mètres. On les emporte sur une vingtaine de mètres et Titou Lamaison met un drop sur la sortie de balle. Là, on s’est dit que c’était possible, qu’on pouvait le faire. On s’est même payé le luxe de savourer les cinq dernières minutes en étant sur le terrain, on savait qu’on avait gagné le match. Tel un spectateur, on a pu savourer l’émotion que l’on ressentait à ce moment-là. Ce jour là, les Français signent ce qui reste, encore aujourd’hui, le plus bel exploit de l’histoire de la Coupe du Monde.
Douze ans plus tard, les Blacks paraissent encore et toujours intouchables. Et pourtant… Christophe Dominici, auteur de l’essai qui a fait basculer la demi-finale de Twickenham (victoire 43-31), plane toujours aujourd’hui entre rêve et réalité : "C’est en regardant les images que je me rends compte que ce match a été un moment historique. En me revoyant, je me dis : 'J’y étais'."
L’ailier des Bleus et ses coéquipiers avaient-ils donc pleinement conscience de la montagne qui se présentait devant eux en ce 31 octobre 1999 ? La réponse fuse : "On avait en face de nous la plus grande équipe de toute l’histoire de la Coupe du monde, avec Lomu, Umaga, Cullen et un paquet d’avants monstrueux. Mais on voulait leur montrer à eux et à tous les autres que l’on n’était pas là par hasard, et que quoi qu’il arrive on ne lâcherait pas."
Alors, comment vaincre l’Everest ? "Les circonstances qui ont précédé cette demi-finale ont été particulières, raconte Christophe Dominici. Nous étions en Irlande où nous avions disputé notre quart face à l’Argentine. L’ambiance est géniale, bien soutenue par l’alcool qui désinhibe nos échanges. On se dit nos vérités en s’avouant que nous n’aurons rien à perdre face aux Blacks. La presse ne dissertait alors que sur le volume de la sauce à laquelle on allait être mangés. Je crois que ce jour-là, on a voulu simplement exister. Pas individuellement, mais en tant que groupe. Et par exemple, le plus important de tout, ce n’était pas les quinze qui seraient choisis pour commencer le match, ou les remplaçants, mais c’était les sept ou huit qui ne seraient pas sur la feuille de match ! On avait décrété que nous serions non pas quinze ou vingt-deux, mais trente dans cette aventure."
Christophe Dominici observe alors attentivement l’un des clichés du fameux "haka" de 2007 (lire plus loin) qui provoque chez lui un déclic à propos de l’avant-match de 1999 : "On avait planifié de chanter la Marseillaise au centre du terrain pendant qu’ils faisaient leur haka ! On avait terminé après eux. En somme, nous avions décidé le timing du coup d’envoi. On était les maîtres du temps, pas eux, contrairement à l’habitude où il faut les attendre pour débuter une rencontre."
Toujours aussi pénétré par son récit, l’ancien joueur du Stade Français se rappelle également une anecdote dont il sourit aujourd’hui, mais qui aurait pu tout faire capoter : "Toute la semaine de préparation avait été basée sur le défi individuel et collectif, l’humilité, le respect. Et pourtant, inconsciemment, un peu par hasard, nous avons failli faire écrouler ce château de confiance une ou deux heures avant le match. Nous avons croisé nos adversaires dans le parking du stade en descendant du bus. Ils étaient dans leur costume noir, lunettes noires, on aurait dit les 'Men in black' ! Nous avons ressenti une forme de peur. Mais ce fut une peur saine, positive, qui ne nous a pas perturbés plus de quelques secondes.
Sur la pelouse de Twickenham lors du légendaire miracle de la demi-finale du Coupe du monde 1999 face à la Nouvelle-Zélande de Jonah Lomu (43-31), l’ancien troisième ligne Olivier Magne constate ce changement de paradigme.
Le XV de France n’est toujours pas champion du monde mais a indéniablement pris une autre envergure sous Fabien Galthié. Moribond pendant une décennie, plus en mesure de rivaliser avec les nations majeures du rugby, il a depuis changé de logiciel sous l’impulsion de la génération dorée des Antoine Dupont, Grégory Alldritt et consorts.
Une évolution d’autant plus palpable durant cette semaine précédant le deuxième match de la tournée de novembre des Bleus, contre la Nouvelle-Zélande. Cet "adversaire de rêve" d’après l’entraîneur des avants William Servat, ou encore "la nation du rugby par excellence", gage d’ "ambiance exceptionnelle au stade" pour le centre Gaël Fickou qui reconnait volontiers que "ça fait toujours quelque chose de jouer ce match à part".
Il n’a en revanche jamais été question de la traditionnelle "trouille de la déculottée" et encore moins du "miracle" à réaliser pour faire tomber les hommes en noir. Et pour cause. Depuis que Fabien Galthié a pris les rênes de la sélection, les All Blacks sont venus deux fois au Stade de France et en sont repartis sèchement défaits (40-25 en 2021 et 27-13 en 2023). Une petite révolution à l’échelle du rugby français, alors que les Bleus n’avaient jamais vaincu la Nouvelle-Zélande à Saint-Denis et restaient avant cela sur 14 défaites de rang contre elle.
"C’était deux matches dans un contexte différent, se rappelle le deuxième ligne Thibaud Flament. Le premier était une étape dans la construction de ce groupe tandis que le second comportait beaucoup d’enjeux du fait que c’était match d’ouverture de la Coupe du monde. Mais c’était énorme de gagner les deux ! Ça a donné de la confiance et conforté aussi les choix et la stratégie."
Un niveau de confiance presque inédit qui a gommé les complexes à écouter Gaël Fickou, un des derniers joueurs du groupe France à avoir connu le temps des raclées face aux All Blacks. "On a autant de talent qu’eux. C’est une très belle équipe, très performante comme on l’a vu lors de ses deux derniers matches en Angleterre (22-24, ndlr) et en Irlande (13-23) et on sait qu’on paiera chaque erreur cash, mais on a les moyens de rivaliser avec eux. On n’y va pas de la même manière qu’avant".
"Il y a encore une vingtaine d’années, on regardait les Blacks comme une équipe inaccessible, à travers leur rugby qui était dominant dans l’hémisphère sud. Ce n’est plus la même chose aujourd’hui. Le fait qu’il y ait beaucoup de Neo-Zélandais dans notre championnat a aussi un peu démystifié cette nation. Ce qui est sûr, c’est que la nouvelle génération n’aborde plus ces matches avec autant d’appréhensions que par le passé.
En 1987, le rugby entrait dans une nouvelle ère. Serge Blanco, l’arrière légendaire du XV de France, se souvient bien de cette toute première Coupe du monde, organisée en Australie et en Nouvelle-Zélande : "Par rapport aux générations précédentes, nous avions conscience d’avoir un grand privilège. Il faut bien se rendre compte que c’était la première fois dans l’histoire que les meilleures équipes du monde allaient pouvoir s’étalonner lors d’une seule compétition. Une véritable hiérarchie allait enfin voir le jour."
Un quart de siècle seulement plus tard, on s’étonne encore du contexte de l’époque. L’actuel président du Biarritz Olympique s’y replonge avec une nostalgie malicieuse : "Tout ça se passait paradoxalement au sein d’un monde encore amateur ! On ne pensait qu’au rugby, et pas du tout à l’argent. Nous sommes partis à l’autre bout du monde pour six semaines avec un défraiement par joueur de 110 francs par jour (17 €) !"
Les joueurs se trouvaient pratiquement sur une autre planète : "Il n’y avait pas de communications extérieures, pas d’Internet, pas de fax, pas de portables, ni même la possibilité d’utiliser le bon vieux téléphone, c’était trop cher ! On écrivait des lettres ou des cartes postales à nos familles en France.
J’ai quand même réussi à passer deux coups de fil chez moi, mais j’ai juste dit : “Bonjour, ça va, et au revoir” ! Les nouvelles de nous, les familles les recevaient par la presse."
Dans cet "isolement", il restait donc à ce groupe aussi hétéroclite que solidaire à vivre l’aventure pleinement : "Le respect mutuel prédominait, rappelle Blanco. Il y avait pourtant des patrons, des ouvriers, des employés. Mais tout ce petit monde ne se voyait que comme une troupe dans laquelle chacun était au service de l’autre. Ça a été un bonheur total."
Jusqu’au bout, cet état d’esprit s’est affirmé : "Nous ne nous fermions pas non plus sur nous-mêmes, se remémore encore Blanco. On avait besoin de respirer, d’échanger. Je me rappelle que le lendemain de la finale, et je ne suis pas sûr que ça se reproduirait aujourd’hui, les All Blacks sont venus nous retrouver à notre hôtel avec femmes et enfants. On a fait un grand barbecue. La veille de la demi-finale contre l’Australie, on est allés jouer au bowling à côté de notre hôtel et on est rentrés à une heure du matin ! Toutes les équipes étaient comme ça, et savaient aussi aller boire un coup quand la tension retombait."
Et ces fameux Blacks ? "Les affronter, c’est toujours spécial, c’est un match à part, appuie Blanco. J’ai joué toutes les équipes du monde, mais là c’est incontestablement quelque chose de particulier. Pourtant, j’ai toujours eu l’impression qu’on n’était pas loin, qu’on pouvait gagner. Mais on n’a jamais gagné… ou une seule fois je crois (Blanco ne compte en effet qu’un succès en onze confrontations face aux Blacks, ndlr). Une sorte d’impression d’inachevé et de frustration."
Et quand on demande comment l’équipe de France a abordé cette première finale de Coupe du monde de l’histoire, Serge Blanco avoue sans ambages : "On a eu, malheureusement, après la demi-finale, le sentiment d’avoir atteint notre but. Bizarrement, nous n’avons pas su aller plus loin dans nos têtes. On n’avait probablement pas programmé d’être champions du monde. Le ressort de la motivation s’est cassé après cette victoire formidable contre l’Australie [30-24]."
Pour lui, l’explication de l’échec (29-9) était tout simplement inscrite dans les ADN de chacun : "C’était leur culture du rugby, leur mentalité et leur éducation, qui faisaient la différence avec les autres. En bref, les Néo-Zélandais étaient préparés dans leur esprit à être champions du monde. Pas nous…"
Réponses au Haka : Un Défi Culturel
Lors des précédentes rencontres contre les Néo-Zélandais, le XV de France avait répondu de façon originale au fameux haka des All Blacks. Flashback.
L'essentiel ne se jouera pas dans les minutes qui précéderont le quart de finale de la Coupe du monde entre la Nouvelle-Zélande et la France, ce samedi, à Cardiff. Mais l'histoire du rugby a retenu que tous les détails pouvaient compter. En 1999 et 2007, lorsqu'ils ont créé l'exploit, les Bleus avaient tenu à proposer une réponse spécifique au haka des All Blacks.
La finale de 2011, perdue d'un point, avait également été précédé d'un défi.
Les caméras n'étaient pas prévenues de la réponse des Français pour la demi-finale de la Coupe du monde 1999, jouée dans le temple anglais de Twickenham. Après leur haka, Jonah Lomu et ses coéquipiers se placent dans leur moitié de terrain dans l'attente du coup d'envoi par l'ouvreur français "Titou" Lamaison. Après avoir regardé les All Blacks effectuer leur chorégraphie, les Bleus se retrouvent en cercle pour leur chant guerrier, une seconde Marseillaise pour se gonfler de courage. Victoire historique 43 à 31.
Depuis leur défaite contre l'Argentine en ouverture de la Coupe du monde en France, les Bleus savent qu'ils vont affronter les All Blacks en quarts de finale, à Cardiff. Sous les vestes de survêtements conservées pendant la Marseillaise, les Bleus ont revêtu des t-shirt bleus, blanc ou rouge pour figurer le drapeau français. Ils s'alignent sur la ligne médiane pour défier au plus près des Néo-Zélandais, qui entament leur haka, les yeux dans les yeux. Les caméras captent notamment un regard surexcité de Sébastien Chabal et un double-haussement de sourcil de David Marty. Les Bleus s'imposent 20-17 grâce à une défense inouïe.
Quatre ans après l'humiliation de Cardiff, la réponse des Bleus est hautement attendue pour cette finale. Piri Weepu lance le "kapa o pango", le haka le plus guerrier des All Blacks. Habillés d'une tenue blanche immaculée, les Bleus se tiennent par la main et dessinent un "V" de la victoire dirigé vers les Néo-Zélandais. En pointe de la formation française, le capitaine Thierry Dusautoir arbore un regard déterminé et une mâchoire plus serrée qu'une vis de la Tour Eiffel. Le "V" se rapproche ensuite de la ligne médiane et l'aurait largement franchi pour aller défier au plus près les Blacks si Dusautoir n'avait freiné les ardeurs de ses coéquipiers.
| Année | Événement | Score | Lieu |
|---|---|---|---|
| 1987 | Finale de la Coupe du Monde | France 9 - 29 Nouvelle-Zélande | Auckland, Nouvelle-Zélande |
| 1999 | Demi-finale de la Coupe du Monde | France 43 - 31 Nouvelle-Zélande | Twickenham, Londres |
| 2007 | Quart de finale de la Coupe du Monde | France 20 - 18 Nouvelle-Zélande | Cardiff, Pays de Galles |
| 2011 | Finale de la Coupe du Monde | France 7 - 8 Nouvelle-Zélande | Auckland, Nouvelle-Zélande |
