Le Tours Volley-Ball (TVB) est un club emblématique du volley-ball français, riche d'une histoire jalonnée de succès et de moments mémorables. Parmi les compétitions les plus prestigieuses, la Coupe de France occupe une place particulière dans le cœur des supporters et des joueurs.

Un Parcours Semé d'Épreuves et de Triomphes
Le parcours du TVB en Coupe de France est marqué par des victoires éclatantes, mais aussi par des défaites crève-cœur. Ces expériences ont forgé l'identité du club et renforcé sa détermination à atteindre les sommets.
La Finale de 2020 : Un Sacre Particulier
En 2020, Chaumont a débloqué son palmarès en Coupe de France, cinq ans après son premier titre en Ligue A. Les joueurs de Silvano Prandi sont venus à bout de Tours dans une finale conclue au tie-break (25-20, 21-25, 25-23, 22-25, 19-17). Tours avait cru remporter le match à 17-15 mais l'arbitrage vidéo a invalidé le point du TVB (ballon touché par Derouillon).
Terrible faux espoir pour le TVB, difficile de faire plus cruel pour les Tourangeaux. Après un block-out de Chaumont à 16-15 en faveur de Tours dans le tie-break, tout l'effectif de Marcelo Fronckowiak a fondu sur le parquet, croyant célébrer la 11e Coupe de France de l'histoire du TVB. Mais l'arbitrage vidéo est venu infliger une douche glacée au leader du Championnat. Pierre Derouillon avait, par réflexe, effleuré le ballon renvoyé par le block marnais. Point inversé et à 16-16, Chaumont n'a pas laissé passer sa chance.
Irresistible tout le match, le pointu cubain Jesus Herrera a pris les choses en main. Deux attaques victorieuses pour offrir à son club la première Coupe de France de son histoire. Battu en finale en 2018 puis en 2019, Chaumont tournait autour du trophée depuis plusieurs saisons et succède à Poitiers, sacré (sur tapis vert) en 2020.
Les Émotions Intenses d'une Victoire Historique
Abattus, les Tourangeaux ont dû monter sur le podium pour recevoir la petite coupe dévolue au finaliste, certains en larmes comme Luciano Palonsky. D'autres en colère, comme le passeur Gary Chauvin : « Je ne remercie pas la Fédération pour l'organisation de cette Coupe de France : on s'est déplacés trois fois, pour 3 500 kilomètres après la finale de la Coupe d'Europe. »
Le TVB aura une dernière carte pour remporter un trophée : les play-offs du Championnat qui démarrent le 8 avril, avec les quarts de finale.
VOLLEY: Le TVB en finale de la coupe de France !
Le Sacre en Ligue des Champions 2005 : Un Moment Inoubliable
Le 27 mars 2005, le Tours Volley-Ball réalisait le plus grand exploit de l'histoire du club, en remportant la Ligue des Champions, grâce à un succès 3-1 en finale, contre l'Iraklis Salonique, en Grèce.
Une faute du filet du passeur américain de l'Iraklis Salonique. L'arbitre qui met son bras à droite, pour signifier que le point revient au Tours Volley-Ball. Les Tourangeaux exultent : ils sont champions d'Europe ! Ce dimanche 27 mars 2005, le TVB devient la deuxième équipe française, après Paris, à remporter la Ligue des Champions. Un exploit monumental. D'autant plus que nos volleyeurs étaient en terrain hostile, en Grèce, avec près de 10.000 personnes complètement acquises à la cause de leur adversaire.
"Je me rappelle des rouleaux de PQ balancés sur nous dès qu'on servait", sourit Loïc de Kergret. L'ex-passeur du TVB, légende du club et de l'équipe de France, se remémore avec plaisir ce sacre, 20 ans après. L'aboutissement d'un gros travail.
"Je ne pense pas qu'il y avait plus fort que nous. Depuis trois ans, on avait gardé un noyau dur. Sur les sept joueurs titulaires, il y en a quatre qui étaient là depuis trois ans. On se connaissait par cœur. Une semaine avant la Ligue des Champions, on avait gagné la Coupe de France en gagnant contre Tourcoing, chez eux. Je crois qu'au maximum, ils ont mis quinze points par set. Moi, j'ai joué 25 ans au plus haut niveau. Entre les championnats nationaux et l'équipe de France. Ces matchs-là, on les compte sur les doigts d'une main ces matchs où on se dit : 'Bon bah là, mieux que ça, je peux pas'. On était en feu."
Loïc de Kergré, passeur du TVB, a réalisé l'exploit avec ses coéquipiers il y a 20 ans jour pour jour, le 27 mars 2005. Perdue, cette fois-ci.
Loïc de Kergret se rend compte de ce que ça représente aujourd'hui, à l'heure où les équipes françaises sont en retrait par rapport aux polonaises et italiennes. Et encore, il faudrait aussi prendre en compte les écuries russes, pour l'instant exclues des compétitions européennes.
"Ça reste mon plus beau titre. Mais c'est surtout les émotions, plus que les titres, qui m'intéressent. Les coupes, les médailles, je ne sais pas où elles sont. Il y en a pas mal sont restées dans les poubelles des hôtels. Par contre, les émotions, elles restent avec moi."
Le manager historique du TVB, Pascal Foussard, se souvient de ce parcours européen. "On était dans un truc incroyable. Il y avait une ambiance de stade de foot." La balle de match reste le moment le plus intense : "Pendant deux ou trois secondes, on a eu peur que ce soit nous qui ayons fait la faute de filet. Mais là, c'est l'explosion. C'est le bonheur total."
Il se rend compte de tout le chemin parcouru : "On a réuni une jeune équipe. Les planètes se sont hyper bien alignées pour nous dans le recrutement, dans la gestion et dans la finalité de gagner. C'était une aventure incroyable !"
Votre radio de l'époque, France Bleu Touraine, était aux premières loges de cet exploit. Notre journaliste, Stéphanie Brossard, avait commenté l'événement avec à ses côtés le président de l'époque, Patrick Chevalier. "Je crois que je n'ai jamais vécu un moment pareil en fait. Clairement, c'était fou. Je me souviens des larmes de Patrick qui hurle avec moi, qui s'effondre, en larmes. On se prend dans les bras et à ce moment-là, c'était magique."
À la fin, les deux commentateurs rejoignent les joueurs dans les vestiaires. "Je vois encore ces visages, et notamment de Vladimir Nikolov, le pointu bulgare. Il n'en revenait pas, il était heureux comme un gamin.
Le Dixième Titre de Champion de France : Une Consécration
Le Tours Volley-Ball a remporté son dixième titre de champion de France, le deuxième en trois saisons, grâce à sa large victoire samedi à domicile en finale retour contre Poitiers (3-0: 29-27, 25-21, 25-17), rejoignant ainsi au sommet du palmarès masculin l’AS Cannes.
Le club pictave, de retour cette saison en play-offs après quatre ans d’absence, n’a pu résister à la vague tourangelle, qui a quasiment tout emporté en phase finale (sept victoires en huit matches, seule défaite en demi-finales contre Montpellier, 1er de la saison régulière). Après un début de saison poussif (une victoire et cinq revers) et malgré de nombreux blessés au fil de l’exercice.
«L’équipe n’a jamais abandonné. «On savait que Poitiers était plus fort que ce qu’il avait montré à l’aller. À partir du gain du premier set, l’équipe est devenue stable et la pression énorme pour Poitiers», a-t-il souligné. Le Bosnien a également beaucoup trouvé en attaque Alexandre Strehlau (16 pts à 65% de réussite), l’une des promesses françaises et qui a été élu meilleur joueur de la finale.
«J’avais dit que si on était serein et qu’on posait notre jeu, on pouvait s’imposer tranquillement.

Une Solidité Défensive et des Stars en Attaque
Personne n'en voudra à Luca Ramon d'avoir eu les bras qui flageolent quelque peu après une soirée où le Tourangeau (24 ans) a largement aidé les siens, par ses réceptions cliniques, à aller au bout de leur rêve. Sur le podium, le jeune libero, fils d'un ancien de la maison, Stéphane Ramon, brandit le ballon doré cerclé de flammes.
Tours a retrouvé la sienne samedi soir en disposant avec maîtrise de Poitiers, validant sa victoire initiale chez son voisin, s'évitant la terreur d'un Golden Set dont il avait été la victime un an plus tôt, tombé au bout de la nuit contre Saint-Nazaire.
Un peu plus qu'un titre. Car cette étoile est la dixième et que Tours rejoint l'AS Cannes au sommet du palmarès du volley français. Elle sanctionne aussi la permanence au haut niveau du TVB, qui a disputé les quatre dernières finales de la Marmara Spike Ligue (succès en 2023).
Sur le Taraflex, Zeljko Coric, enserré par ses deux petites filles, secoue sa crinière pour l'en défaire des confettis qui s'y sont agglomérés sous les effets de la moiteur d'une salle enfiévrée et embrumée par quelques fumigènes rouges, du champagne et du bonheur qui viennent de s'y déverser. Comme un exutoire après une saison mouvementée, tourmentée.
« Je mets ce titre sur un piédestal, très haut après une saison si particulière, avec beaucoup de turbulences. Car à Tours on attend toujours que tu gagnes. Ce match et ces play-offs ont montré notre force mentale », soufflait le passeur bosnien, qui poursuivra l'aventure en Touraine.
Samedi soir, sa précision et son expérience ont compté quand Poitiers, qui avait repris les devants dans la deuxième manche, a vu ses espoirs douchés par plusieurs de ses prises d'initiatives et de décision, sur un ace notamment (de 15-17 à 22-18).
Le club a fait montre d'une solidité défensive implacable et a pu compter, comme lors de l'aller à Poitiers, sur deux leaders d'attaque d'exception : le jeune Alexandre Strehlau, qui va comme Ramon et Antoine Pothron (excellent avec 13 points, le réceptionneur-attaquant va quitter le TVB pour Belchatow) intégrer les Bleus dès ce mardi pour le premier stage estival de l'équipe de France, a impressionné par son volume physique, sa hauteur et été désigné MVP de la partie avec 14 points.
Meilleur joueur du premier match (18 points), Ryan Sclater a récidivé (17). « On n'a jamais abandonné, même quand on était au fond »
Sur le départ, et alors qu'il sera remplacé la saison prochaine par... la pépite poitevine Nik Mujanovic, remarquablement contenue (16 points), l'international canadien s'est montré décisif dans l'instant le plus important de la rencontre : la fin d'un premier set au couteau où le momentum psychologique pouvait basculer.
À 22-23, Sclater touchait deux fois de suite la ligne, sur un smash puis un service gagnant, deux décisions validées par la vidéo dans une ambiance irrespirable. De quoi propulser le TVB, qui ne lâcherait plus les commandes.
Tours revient de loin, qui pointait à la 12e place après six journées (5 défaites). Le club vivait sa première année sans son bâtisseur Pascal Foussard, avait décidé de se séparer en novembre de son nouveau manager Frantz Granvorka.
Touché par les blessures, le club, qui a fini la saison régulière à la 4e place, a trouvé sa meilleure forme au moment le plus important. Son entraîneur Marcelo Fronckowiak, qui a remporté son quatrième trophée en huit finales et quatre ans sur le banc du club, restait planté, les yeux embués, devant les supporters, mimant un à un les dix titres du TVB avec ses doigts.
« On n'a jamais abandonné, même quand on était au fond, souriait le Brésilien toujours sous contrat -mais peut-être sur le départ. Il y a eu un travail de fond du staff au niveau physique. On s'est retrouvés orphelins avec les départs de Pascal puis Frantz, mais on a été résilients, on a su garder nos valeurs collectives. Chacun a fait plus, et ça nous a permis d'en arriver là aujourd'hui. »
