Les projecteurs sont braqués sur le Paris Saint-Germain, non seulement pour ses performances sportives, mais aussi en raison de polémiques internes qui agitent le club. Entre la gestion des gardiens de but par Luis Enrique et le litige financier opposant Kylian Mbappé au club, l'atmosphère est électrique.
La gestion des gardiens de but par Luis Enrique sous le feu des critiques
Rien ne va plus dans les cages du Paris Saint-Germain.
Chevalier/PSG : Pourquoi est-il toujours compliqué d'être gardien à Paris ?
Dans un contexte tendu où la moindre erreur coûte cher, le débat sur la hiérarchie des gardiens parisiens s’invite désormais au-delà des frontières françaises.

Lucas Chevalier sous pression malgré le soutien de Luis Enrique
Lucas Chevalier traverse une période délicate au PSG. Le jeune gardien français, arrivé cet été en provenance du LOSC, s’est retrouvé au centre d’une polémique extra-sportive après avoir été accusé d’avoir « liké » une publication pro-RN sur Instagram. Rapidement, Chevalier a démenti, expliquant que « cela est à l’opposé de ses convictions ». Le PSG, tout comme son entraîneur Luis Enrique, l’a soutenu publiquement, tentant d’éteindre une controverse qui tombait au plus mauvais moment. Car dans le même week-end, les champions de France affrontaient l’Olympique Lyonnais, un match crucial pour consolider leur place de leader.
Sportivement, Lucas Chevalier n’a pas été épargné. Lors du succès parisien (3-2) au Groupama Stadium, son positionnement a été pointé du doigt. Impuissant sur le but d’Afonso Moreira (1-1, 30e), puis lobé par Ainsley Maitland-Niles à la 50e minute (2-2), il a vu son rendement sévèrement critiqué. Si Luis Enrique l’a défendu en conférence de presse, évoquant la responsabilité collective, une partie de la presse et des supporters parisiens a été bien moins indulgente. Certains l’ont même qualifié de « pire gardien du PSG » sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres regrettaient déjà le départ de Gianluigi Donnarumma.
Matvey Safonov s'impatiente et le débat s'enflamme en Russie
Dans l’ombre, Matvey Safonov observe la situation avec frustration. Recruté pour renforcer la concurrence, le portier russe de 26 ans n’a toujours disputé aucun match officiel cette saison. Selon Sov Sport, Safonov « célèbre un triste cap : il a passé 25 matches consécutifs sur le banc ». Et malgré les errements de Lucas Chevalier, Luis Enrique « refuse obstinément de donner sa chance à Matvey ». Une situation jugée incompréhensible en Russie, où les observateurs rappellent que Safonov « se donne à fond à l’entraînement et est toujours prêt à en découdre ».
Pour le média moscovite, la hiérarchie établie par Luis Enrique n’est plus tenable : « Ces derniers temps, le Français s’est montré de plus en plus incertain dans les buts. Prenons l’exemple du récent match contre Lyon, où une faute de Chevalier a permis à l’adversaire d’inscrire son deuxième but. » En Russie, on estime qu’il est grand temps que Matvey Safonov soit testé dans un match officiel. D’autant que le portier ne cache plus son agacement et a laissé entendre le mois dernier qu’un départ pourrait être envisagé si la situation ne changeait pas.
La presse russe dénonce un traitement injuste entre Chevalier et Safonov
La presse russe ne mâche pas ses mots à l’égard de Luis Enrique. Sport Express s’interroge : « Morton a enroulé le ballon pour Maitland-Niles, qui a lobé avec brio un Chevalier impuissant. Et si Safonov entrait en jeu ? La question semble rhétorique. Matvey jouera pour l’équipe nationale. » Pour le quotidien, le technicien espagnol s’obstine dans une hiérarchie figée, au détriment de la compétitivité. Sov Sport ajoute qu’« une vidéo circule désormais sur les réseaux sociaux montrant l’Ukrainien Zabarnyi serrant la main d’un coéquipier identifié comme Matvey Safonov grâce aux deux bagues qu’il porte habituellement », un détail devenu viral et perçu comme le symbole de sa mise à l’écart.
Ces polémiques médiatiques en Russie trouvent un écho grandissant, au point d’impliquer la Fédération. Les journalistes locaux estiment que le PSG « protège Chevalier », au détriment de la méritocratie. Selon eux, Matvey Safonov pourrait aisément rivaliser avec le Français, voire le dépasser, s’il obtenait sa chance. Ce sentiment d’injustice prend racine dans le fait que Luis Enrique ne semble pas envisager de rotation, même face à des adversaires de moindre calibre.
Kafanov monte au créneau et interpelle Luis Enrique
En Russie, le dossier Safonov dépasse le cadre des médias. Vitaly Kafanov, entraîneur des gardiens de la sélection nationale, a pris la parole dans les colonnes de Sport Express : « Oui, Matvey est le numéro un (en sélection). Malgré le manque de temps de jeu au PSG, il est en excellente forme grâce à un entraînement constant avec des grands noms. » Il a ensuite affirmé sans détours : « Je ne crois pas qu’il soit irréaliste de penser qu’il puisse devancer le Français. Ces gardiens sont à peu près du même niveau. Il faut juste donner à Matvey au moins trois matches d’affilée. Ensuite, il progressera de match en match. »
Une déclaration perçue comme un appel direct à Luis Enrique. Kafanov a également tenu à rappeler la force mentale de son protégé : « Les gardiens de but ne doivent jamais baisser les bras. Ils doivent être préparés à de telles situations dès le départ, dès qu’ils choisissent ce métier ingrat. Surtout lorsqu’un gardien russe a la chance d’évoluer dans le meilleur club d’Europe. Quelle autre motivation faut-il pour s’entraîner quotidiennement avec les meilleurs joueurs actuels, vainqueurs de la Ligue des Champions ? »
Un avenir incertain pour Safonov et la hiérarchie du PSG
Si Luis Enrique continue de protéger Lucas Chevalier, les signaux venus de Russie laissent entrevoir un mécontentement croissant. Matvey Safonov, toujours irréprochable à l’entraînement, ne veut plus se contenter du rôle de remplaçant silencieux. Vitaly Kafanov a d’ailleurs ajouté une phrase lourde de sens : « Ils craignent que Safonov ne prenne la place de Chevalier, car il a coûté 40 M€. » Cette affirmation résume à elle seule le ressenti du camp russe : Safonov serait victime d’un choix politique plutôt que sportif.
À Paris, Luis Enrique devra bientôt trancher. Le poste de gardien, souvent symbole de stabilité, devient un point sensible au sein du vestiaire. Si les erreurs de Lucas Chevalier se répètent, la pression populaire - amplifiée par les critiques venues de Moscou - pourrait forcer le technicien espagnol à revoir sa hiérarchie.
Le litige financier entre Kylian Mbappé et le PSG devant les Prud'hommes
Retrouvailles entre le PSG et Kylian Mbappé ce lundi. Celles-ci n’auront pas lieu sur le terrain, mais bien lors d’une audience aux prud’hommes de Paris où doit être jugé le conflit financier qui les oppose depuis le départ du Français au Real Madrid. Le feuilleton Kylian Mbappé-PSG va connaître un épisode crucial ce lundi avec une audience aux prud’hommes de Paris.
Les deux parties se retrouveront à partir de 13h "directement au bureau de jugement", sans passer par la case de "conciliation" préalable, "parce que Kylian Mbappé demande la requalification de son CDD en CDI", a indiqué une source judiciaire à l’AFP. Contactés par l’AFP, le club de la capitale et l’entourage de l’attaquant du Real Madrid ont souhaité réserver leurs commentaires à l’audience. La décision ne sera pas rendue avant plusieurs mois, compte tenu des délais en vigueur aux prud’hommes. "Il y a juste un salarié face à un mauvais payeur", avait dénoncé en avril lors d’une conférence de presse l’avocate de Mbappé, Me Delphine Verheyden.

Ce litige empoisonne depuis longtemps les relations de la star avec son ancien club. L’attaquant avait été mis à l’écart du groupe professionnel au début de la saison 2023-24 par le PSG, car il souhaitait aller au bout de son contrat jusqu’à l’été 2024, tout en fermant la porte à une prolongation au bout. Mbappé avait finalement été réintégré après la première journée du championnat. Le PSG assure que cette réintégration s’est faite au terme d’un accord entre les deux parties stipulant que le joueur devait abandonner une partie des sommes dues à la fin de son contrat, pour préserver la santé financière du club.
Le capitaine des Bleus, qui a finalement rejoint le Real Madrid à l’été 2024 sans indemnité de transfert pour le PSG, réclame ainsi 55 millions d’euros de primes et salaires impayés, affirmant au contraire qu’aucun accord pour y renoncer n’a existé entre lui et le club. Le joueur avait obtenu en avril dernier la saisie conservatoire de cette somme sur les comptes du PSG, mais cette décision a ensuite été annulée le 26 mai par la justice.
L’audience aux Prud’hommes a lieu quatre mois après le retrait en juillet de la plainte pénale pour harcèlement moral déposée par le joueur en mai contre le PSG. Les deux camps ont également longtemps ferraillé devant les instances sportives, LFP et FFF, qui se sont déclarées inaptes à faire exécuter leurs décisions favorables au joueur, du fait d’une audience d’orientation en cours demandée par le club devant le tribunal judiciaire de Paris.
Des demandes "himalayesques"
L'un demande plus de 260 millions d'euros, l'autre en demande 440, et ce sera au tribunal de trancher. Voici résumé le bilan de l'audience qui a opposé Kylian Mbappé au Paris Saint-Germain ce lundi au Conseil de prud'hommes de Paris. Forcément, c'est ce que l'on retient : au bout d'une séance de trois heures pendant laquelle deux équipes d'avocats se disputent la propriété du récit des coulisses des trois dernières années de Kylian Mbappé au club, en entrant dans les détails et en n'évitant pas les invectives, le plus limpide reste ce que chaque partie attend du tribunal, qui rendra sa décision le 16 décembre prochain.
Comme le football n'est pas un secteur professionnel comme les autres, et que Kylian Mbappé n'est pas un footballeur comme les autres, les demandes sont donc "himalayesques", pour reprendre un mot de Mes Delphine Verheyde, l'une des défenseures de Kylian Mbappé - qui ne qualifiaient ainsi que la somme réclamée par le PSG. Elles n'ont pourtant pas surpris leur confrère Thierry Granturco, avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles spécialiste du droit du sport, qui rigole au téléphone au moment d'évoquer ces montants. "Ce qui est vrai sur un terrain de foot est vrai de manière judiciaire : la meilleure défense, c'est l'attaque", pose-t-il d'entrée de jeu.
Dans cette affaire portée par Kylian Mbappé devant la justice, qui réclamait jusqu'ici 55 millions d'euros à son club correspondant à des salaires non payés et des primes non versées selon les termes de son contrat, "le PSG rétorque en essayant de faire peur, grosso modo", assure Me Granturco. Le litige a traîné en longueur et est finalement arrivé devant la justice, et les deux parties sont des monstres financiers avec énormément de moyens. La guerre d'usure s'est lancée dès la fin de saison 2023-2024 quand Kylian Mbappé a demandé au club de lui payer son dû, elle s'est prolongée jusqu'à aujourd'hui et aucun des camps ne sera contraint de reculer financièrement ; le bras de fer est engagé et d'un côté comme de l'autre, on a opté pour le jusqu'au-boutisme.
Voilà pourquoi le Paris Saint-Germain, dans son calcul de 440 millions d'euros, cumule 180 millions d'euros pour une supposée "atteinte à la loyauté des négociations contractuelles" (Mbappé n'aurait pas respecté une promesse de prolongation dont personne n'a une trace écrite) et 180 millions d'euros de "perte de chance", de réaliser un transfert, puisque Kylian Mbappé est parti libre à l'été 2024. Même jugé recevables par les prud'hommes, ce qui est loin d'être gagné, ces deux réclamations visent au fond exactement le même préjudice et il est difficile d'envisager comment elles pourraient être cumulées. Voilà aussi pourquoi les conseils de Kylian Mbappé, qui se bornaient jusque-là à réclamer 55 millions d'euros, en réclamaient ce lundi cinq fois plus, avec une demande de requalification des CDD du joueur en CDI - qui a bien peu de chances d'aboutir, selon Me Granturco.
Le communiqué lapidaire du Paris Saint-Germain paru dans la soirée avait aussi l'objectif, selon le spécialiste, d'ajouter à cette affaire une dimension morale en faisant passer le Bondynois pour un homme déloyal. De toute manière, Thierry Granturco ne s'attend pas du tout à ce que les prud'hommes accèdent entièrement aux demandes du PSG ou du clan Mbappé. Le fond du dossier n'est après tout pas si compliqué : il se résume à un club soupçonné de ne pas avoir payé son joueur, sous couvert d'une promesse dont il n'a pas la preuve.
Ce qui fait dire à Me Granturco que Kylian Mbappé sera probablement gagnant lors de la décision rendue le 16 décembre prochain. Mais le spécialiste en est d'ores et déjà convaincu : un appel sera vraisembablement interjeté, et le conflit se prolongera.
| Partie | Demande |
|---|---|
| Kylian Mbappé | 55 millions d'euros (primes et salaires impayés) + requalification CDD en CDI (total de 253 millions d'euros) |
| PSG | 440 millions d'euros (atteinte à la loyauté et perte de chance de transfert) |
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