FFF, un groupe qui a marqué l'histoire de la fusion rock-funk française, a fait un retour fracassant sur scène et en studio. Après des années d'absence, leur concert à La Cigale et la sortie de l'album "I Scream" ont ravivé la flamme des fans de la première heure. Retour sur un événement et un album qui confirment la légende de FFF.

Un Groupe Inclassable et Indémodable
FFF est un groupe inclassable, même si ses albums ont toujours été orientés. Free For Fever et son titre phare "Silver groover" ont considérablement marqué les esprits. Le groupe a enflammé La Cigale en emportant le public dans une capsule spatiotemporelle vers le milieu des nineties.
À la fin des années 90, nombreux sont ceux qui ont écumé les salles et les festivals pour assister aux concerts de la formation de Barbès, témoignant de l'impact profond du groupe sur son public. Même si le groupe semblait s'éteindre après la sortie de "Vierge", l'affection pour le quatuor est restée intacte, rendant les retrouvailles scéniques de 2014 particulièrement émouvantes.
"I Scream" : Un Album Addictif et Dans l'Ère du Temps
FFF, Fabuleuse Formation Fantasmatique ? Dès la première écoute d'I scream, des frissons et de bonnes vibrations ont saisi les auditeurs. "I scream" est un disque addictif, dans l'ère du temps, composé de pépites jouissantes et de morceaux imprégnés d'une forte identité.
Dès ses premières notes, ses premières mélodies vocales et ses refrains magiques, "Les magazines" envoûte autant qu'il rassure : l'alchimie fonctionne toujours. La voix de Marco Prince est aussi charismatique qu'autrefois, les arrangements sont exquis et le disque ne pouvait pas mieux débuter. Alternant chant en français et en anglais, Marco est l'énergie motrice d'une formation qui fait exploser les papilles auditives dans une effusion de sonorités excitantes et étourdissantes.
"All right" est langoureux et impétueux à la fois, alors que "Must let you go" et "I'm there" sont aux antipodes dans leurs sonorités mais avec comme dénominateur commun de provoquer le plaisir. Mais tout ceci n'était qu'une mise en bouche pour préparer l'auditeur à la bombe "On devient FFFou", un futur classique funk de la set list en live qui va mettre le feu aux salles et aux festivals. La deuxième partie du disque sera un enchaînement de titres aboutis et attachants, "Tout ce qu'on FFFait" et l'accoutumant "Won't you" en tête de gondole. Rock, dansant, excitant, fiévreux, ténébreux, lumineux, libre, I scream est un peu tout ça à la fois. Le disque de quatre copains aux louables intentions et aux magiques inspirations.
Un Concert à La Cigale Mémorable
FFF s’était donc reformé pour un concert à la Cigale, juste en bas de chez moi, pas loin de Barbès, ce "quartier populaire" qu’ils chantèrent si bien en 1996. Ils tournaient déjà depuis quelques jours, se chauffant pour ce rendez-vous parisien tant attendu. Ils annoncent même tranquillement bosser sur de nouveaux morceaux, sans échéance de sortie, sans se mettre la pression. C’est, semble-t-il, une reformation pour le plaisir, pour vibrer à nouveau, longtemps après un ultime album à bout de souffle et plus que dispensable.
Epaulés par un percussionniste, deux cuivres et un clavier, les quatre membres historiques de FFF ont toujours, il faut d’emblée l’écrire, cette incroyable présence : Nicolas Baby halluciné, Yarol Poupaud habité, Krichou Montieux affable et imposant et Marco Prince toujours aussi charismatique. Deux heures de concert et l’ennui seulement pendant Mauvais garçon, morceau pénible (subi presque à chaque fois), mais peu importait puisqu’il vint en troisième position, après Le pire et le meilleur et, surtout, après Silver Groover (c’est dire si j’avais besoin de souffler et comme il ne tomba pas si mal…). Après ça, pas de temps mort : les morceaux de Free For Fever et de l’album éponyme de 1996 s’enchaînent harmonieusement, ponctués par un medley issu de Blast Culture, ce premier album dont on aurait quand même aimé entendre un peu plus en live.
D’ailleurs, c’est aussi pour ça qu’on a toujours aimé FFF, parce que c’était un groupe citoyen, engagé (j’en vois qui grognent…), et hier soir Barbès, AC2N ou Niggalize It, résonnaient, comme toujours, fort à propos. Entre un appel clair à aller voter dimanche, un retour de Marco en jupe au rappel (pour faire plaisamment écho aux débats sur le genre), on ne fut pas déçu sur ce plan.
Mais ce fut un immense plaisir. Le sentiment de remonter le temps. Un peu. Pour le meilleur, pas pour le pire. On était là il y a vingt ans. On était là hier soir. Et je ne vois vraiment pas pourquoi je bouderai mon plaisir la prochaine fois.
Fidèle à sa réputation, FFF a enflammé La Cigale en emportant le public dans une capsule spatiotemporelle vers le milieu des nineties. La fusion du rock du Funk du grunge gicle de toute part des cordes des guitares de Yarol Poupaud. Le bassiste et le batteur, torses nus comme des Red Hot envoient du lourd, alors que Marco Prince retrouve l'énergie de ses trente ans comme s'il n'avait pas pris une ride. Le public de jeunes quinquas saute, slamme et pogote comme en 1996.
Que ce soient "Le pire et le meilleur", "Barbès", "Niggalyze it"," Morphée" ou encore avec la dizaine de titres du nouvel album, FFF nous offre une musique festive, généreuse, joyeuse qui symbolise bien l'esprit des nineties d'avant internet, ou l'on partageait une certaine communion naïve et spontanée à mille lieux du communautarisme pessimiste et froid qui pèse sur les années 2020. Que c'est bon de retrouver cette légèreté pour 2 heures d'un show généreux et bienveillant avec du gros son, de la sueur, du soleil et la fièvre qui n'est jamais retombée de la musique de ce qui reste l'un des grand groupe français de son époque. On quitte la salle en se dirigeant vers Barbès qui, pendant les minutes suspendues de l'après concert, nous semble encore être celui chanté par Marco Prince.
Un FFF gigantesque s’illumine sur tout le mur en fond de scène et c’est devant un Olympia encore plongé dans le noir que le groupe fait son entrée, arborant des lunettes néon sur lesquelles brillent les 3 lettres préférées de l’assistance. Le ton est donné. FFF est là pour le show et l’attente de ces dernières années sera récompensée.
C’est sur les nouveaux titres “All right”, “Tout ce qu’on fffait” et “Magazines” que le groupe ouvre le show avec un Marco Prince très en voix et vêtu d’un costume orange et noir et d’un chapeau de cowboy. Niktus fidèle à ses habitudes est torse nu avec une improbable cagoule de yéti bleue. Yarol, le guitar hero tout en assurance et en charisme rock a l’air bien sobre dans son cuir à côté de ses voisins de scène. Déluge d’applaudissements et de cris dès leur apparition et il ne faut pas longtemps pour le public se mette à bouger et sauter, faisant monter très vite la température dans la salle. FFF c’est ça aussi.
Les titres s’enchaînent : “Silver Groover”, “On devient FFFou” avec la même énergie intacte sur scène mais c’est sur “Le Pire et le Meilleur” que la foule franchit un niveau supplémentaire de kiff… le plancher de l’Olympia rebondit bien fort, propageant les ondes telluriques de la fosse qui s’en donne à cœur joie ! La foule est bien vivante et FFF sur scène tient toutes ses promesses, infatigables, inarrêtables et communicatifs, enchaînant les tubes sans interruption jusqu’au rappel !
Et c’est sur un Barbès très attendu et endiablé que le groupe s’engouffre vers la fin du show, Yarol s’octroyant un slam sur le public, continuant son solo de guitare alors que les fans en délire le portent et le font avancer de main en main. Marco Prince va aussi prendre son bain de foule sur “Love Train” qui clôture le show alors qu’une boule à facettes fait son apparition au-dessus de la scène transformant l’Olympia en dancefloor géant et envoyant des faisceaux lumineux dans les yeux des fans qui brillaient déjà de bonheur d’avoir revu enfin leur groupe FFFétiche après une trop longue absence ! Merci pour le show et l’énergie !
FFF à la CIGALE
"Live à La Cigale" : Un Témoignage Brûlant de Leur Retour sur Scène
Le légendaire groupe de Rock & Funk français F.F.F. dévoile Live à La Cigale, la captation exceptionnelle de leur concert du 23 octobre 2024, enregistré dans une salle parisienne en ébullition. Véritable concentré d’énergie live, ce double CD + DVD, également disponible en triple vinyle, restitue l’intensité scénique et la complicité unique entre F.F.F. et son public. Ce concert événement s’inscrit dans la foulée du retour fracassant de F.FF. avec l’album I Scream, paru le 23 novembre 2023.
Sur scène, Marco Prince, Yarol Poupaud, Niktus et Krishoo Monthieux livrent une performance survoltée de près de deux heures. Ils y interprètent l’intégralité ou presque de I Scream, ainsi que leurs morceaux cultes - de « Barbès » à « Morphée », en passant par « Le Pire et Le Meilleur ».
Proposer un témoignage de ces soirées brûlantes était donc une excellente idée, leur précédant (et seul jusqualors) album live datant de 1997. Et ce, même si on retrouve dans ce Live à la Cigale six des neuf titres déjà présents dans Vivants, son prédécesseur. Mais ce nest vraiment pas un souci car cela laisse la place à deux tiers de morceaux qui sont proposés sur un disque live pour la première fois. Ainsi, des morceaux qui sonnaient correctement, mais sans plus, sur I Scream se voient ici bonifiés jusquà acquérir un statut de quasi classique, à limage de "Won't You???".
Et cest une très bonne chose car les dix titres de leur dernier album sont interprétés ici. Un parti-pris courageux et que je naurais pas validé a priori, et qui savère pourtant une totale réussite. Le plus langoureux et lent "Je pars" se voit ainsi proposé dans une format bien plus convaincant. Alors que le déjà classique et imparable "Les Magazines" se hisse sans soucis au rang des incontournables du groupe.
Notamment parce que nombre danciens classiques du groupe sont bien présents. À commencer par "Morphée" qui allie à merveille émotion et explosion de puissance. De manière générale, le son est dune clarté parfaite, permettant de saisir chaque instrument, mais également les textes, sans aucune difficulté. Un son qui est aussi dynamique et puissant, ce qui convient à merveille à une prestation de FFF. On sent que les musiciens ont rodé leur set et lensemble sonne très cohérent. Les membres parvenant à tous briller sans tirer la couverture à eux de manière trop flagrante.
En faisant la fine bouche, on pourrait regretter la faible présence de cuivres, essentiellement présents sur "On devient FFFou" et "AC2N". Une excellente surprise qui doit tous vous inciter à vous précipiter sur leur sixième album déjà annoncé pour la fin 2025 (et donc le premier single "Et tout Recommence" est très prometteur).
23 ans se sont écoulés depuis le dernier album studio du groupe aux trois F qui ornent la façade de la mythique salle parisienne ! C’est dire si l’effervescence est grande parmi les fans de la première heure qui se massent dans la fosse, prêts à jumper au son de Barbès ou d’autres tubes qui ont fait la légende de FFF dans les années 90, les propulsant au rang de french stars de la fusion rock-funk.
