Analyse du Match PSG-Arsenal : Une Victoire Parisienne en Demi-Finale de Ligue des Champions

C'est un PSG dominateur, bien que logiquement secoué par séquences, qui s'est imposé sur la pelouse d'Arsenal en demi-finale aller de Champions League. Au lendemain de la qualification du PSG pour la finale de la Ligue des champions aux dépens d'Arsenal (1-0, 2-1), la presse anglaise a reconnu la supériorité du PSG sur les deux rencontres, tout en mettant en avant le manque d'un avant-centre de classe mondiale dans l'équipe anglaise. Vainqueur à l'aller (1-0) et au retour (2-1) d'Arsenal, le Paris Saint-Germain a décroché, ce mercredi 7 mai, son ticket pour la finale de la Ligue des champions.

Retour sur les performances individuelles des Parisiens au cas par cas :

Performances des Joueurs Parisiens

  • Donnarumma : Après deux prestations déjà capitales à Liverpool puis dans l’antre d’Aston Villa, l’Italien a remis ça dans cette demi-finale aller. Autoritaire dans les airs, juste au pied, c’est surtout sur sa ligne que l’ancien de l’AC Milan a régalé. Auteur de pas moins de cinq parades au total, ses deux superbes arrêts devant Martinelli à la 45ème puis Trossard à la 56ème ont maintenu les siens à flot pendant le temps faible parisien.
  • Hakimi : Le Marocain avait des jambes de feu et l’envie d’en découdre en cette soirée londonienne, et ça s’est vu. Très actif sur son couloir et y compris dans le coeur du jeu, il a arpenté l’aile droite tout du long, forçant largement la paire du couloir gauche d’Arsenal à défendre. En revanche, il est absent de la photo sur les deux meilleures occasions adverses, la faute à des compensations mal effectuées qui se sont terminées sur un côté droit qu’il avait déserté.
  • Marquinhos : Concentré, le Brésilien a été l’auteur d’un match dans l’ensemble très réussi. Avec le ballon, il a réalisé un sans faute pour orienter la première relance des siens, et il a même tenté des passes longues qui auraient pu permettre d’arracher le 2-0 dans les dernières minutes. Egalement auteur d’une tête cadrée en bonne position en début de match. Défensivement, il a réussi la plupart de ses interventions, à un ou deux flottements près quand Arsenal a pu prendre de la vitesse.
  • Pacho : Toujours bien placé, présent sur de nombreuses trajectoires et solide pour bloquer et contrer ses adversaires, l’Équatorien a livré une prestation défensive quasi-parfaite. Tout juste a-t-il pêché par excès de facilité sur une situation adverse en fin de première mi-temps, quand il tente de protéger le ballon de façon trop laxiste alors que la situation appelait à trancher dans le vif et à intervenir de façon plus rapide. Au final, sans aucune incidence sur le résultat.
  • Nuno Mendes : Après ses errements défensifs entrevus sur plusieurs des derniers matchs, dont l’aller-retour face à Villa, le Portugais était attendu de pied ferme face à Saka. Au final, il a totalement éteint l’ailier britannique, au prix d’une prestation qui l’a souvent vu se sacrifier et privilégier l’aspect défensif à ses habituels raids sur son côté gauche. Tout juste son vis-à-vis a-t-il entrevu la lumière pendant les cinq dernières minutes de la première mi-temps, autant dire presque rien à l’échelle de tout le match. Une erreur d’inattention à déplorer dans ce même temps fort adverse, mais sans conséquence. Avec le ballon, il y a peu à dire pour une fois, si ce n’est qu’il est l’auteur d’une excellente passe vers Dembélé sur le but des siens, au départ de l’action.
  • Vitinha : Le Portugais a avoué sa relative méforme actuelle à la veille du match en conférence de presse, et il a répondu présent sur le terrain en livrant une performance plus conforme à ses standards pendant les temps forts du match des siens, c’est à dire un peu plus des trois quarts du match. Pendant ces phases, le Portugais a rayonné : conservations de balle, temporisations, passes bien senties, c’est sans doute pour toutes ces raisons que l’UEFA l’a désigné homme du match. En revanche, il a encore largement disparu pendant les temps faibles des siens, un point qui reste à travailler pour permettre à son équipe de respirer lors de ces phases de jeu.
  • João Neves : L’autre lusitanien de l’entre-jeu parisien avait un gros test à passer à l’Emirates, après avoir largement coulé en octobre lors de la défaite (0-2) des siens. Bien qu’il soit notoirement dans le dur physiquement depuis de longues semaines, c’est paradoxalement là où le bât avait blessé à l’époque qu’il a rayonné ce soir : l’ancien du Benfica a été impressionnant au duel tout du long. Spécialement précieux à plusieurs reprises par des retours défensifs bien sentis, il a incarné à merveille la générosité parisienne tout du long. En revanche, il a offert deux coups francs évitables aux locaux, dont celui qui a débouché sur le but de Merino, finalement refusé pour hors-jeu. On l’a senti largement dans le rouge à partir de la demi-heure de jeu, avant de s’offrir un second souffle physique aussi inattendu que bienvenu pour la fin de match. En conséquence de ses limites athlétiques du moment et de ses efforts sans ballon, il a manqué de fraîcheur et de lucidité pour contribuer plus fortement au jeu offensifs des siens.
  • Fabian Ruiz : l’Espagnol n’en finit plus de monter en puissance. Toujours bien placé, brillant dans les compensations des déplacements de ses partenaires de la moitié gauche du terrain, d’une justesse technique folle, il a régalé pendant quatre-vingt-dix minutes. Très constant au pressing, il aurait peut-être pu faire davantage pour s’infiltrer dans les trente derniers mètres adverses pour apporter le surnombre. Quand il l’a fait à la 31ème, il a trouvé le poteau de Raya d’un tir de près, avant d’être signalé hors-jeu. Un vrai match d’équipe, avec en prime sa tellement précieuse touche technique habituelle.
  • Doué : Déjà peu en vue contre Nice, l’ancien Rennais a sans doute été l’élément parisien le moins inspiré de cette demi-finale aller. Il est bien présent dans la première demi-heure parisienne très réussie, mais déjà en retrait en comparaison de ses deux compères de l’attaque. Pendant cette période, il se signale par deux frappes, dont une bonne à la 31ème qu’il a l’intelligence de mettre au premier poteau, mais qu’il aurait pu encore mieux placer en vue de tromper Raya. Progressivement ensuite, il est devenu moins concret et a parfois trop cherché à faire compliqué, perdant des ballons de façon frustrante. Il a quand même été impliqué dans les aspects défensifs jusqu’à sa sortie à la 76ème. Remplacé par Gonçalo Ramos poste pour poste. Le Portugais a été l’auteur d’une entrée combative, et il a contribué au bon dernier quart d’heure des siens en pesant sur la défense adverse.
  • Kvaratskhelia : le Géorgien avait un beau duel à disputer face à Timber, et il a fait vivre un véritable enfer au Néerlandais dès les débuts et spécialement pendant la première demi-heure, avant de permuter avec ses partenaires de l’attaque et de perdre un peu en continuité dans sa prestation. Il aurait pu (dû ?) obtenir un pénalty à la suite d’une action qui l’a vu éliminer trois joueurs en pleine surface à la 17ème minute, avant d’être stoppé d’une façon discutable. Avant ça, il avait été l’auteur d’une passe décisive bien sentie pour Dembélé sur une passe en retrait. À partir du temps fort d’Arsenal en fin de première mi-temps, il a perdu en disponibilité et en virtuosité mais il est à nouveau sorti de sa boîte à plusieurs reprises jusqu’à la fin du match.
  • Dembélé : Après une performance étincelante dans le jeu à Villa, le leader offensif parisien a remis ça, spécialement pendant une demi-heure, avec en plus un but cette fois, son 33ème de la saison pour les rouge et bleu. Pendant le premier tiers du match, l’ancien de Barcelone a été une merveille de coéquipier pour les siens, de par ses orientations du jeu bien senties et son pressing constant de la première relance adverse, et un poison permanent pour la défense des Gunners. Son but de la 4ème minute, finalement le seul du match, d’une magnifique demi-volée qui termine en poteau rentrant, avait mis les siens dans des dispositions idéales dès les débuts. Moins influent à partir de la période de domination d’Arsenal, Dembélé n’en a pas moins été présent dans l’état d’esprit et dans la générosité tout du long. C’est Barcola qui l’a remplacé à la 70ème, prenant place sur l’aile droite de l’attaque parisienne. Bien dans le ton sur les phases de jeu sans ballon, l’entrée de l’ancien Lyonnais a en revanche transpiré le manque de confiance.

Au lendemain de la qualification parisienne, les médias espagnols anticipent de leur côté un scénario de plus en plus probable. "Et si le PSG gagnait la Ligue des Champions sans Mbappé ?", ose Marca sur son site. Le journaliste espagnol Pablo Polo développe son argumentaire. "Il faut féliciter Luis Enrique. D'accord, ils ont formé une bonne équipe pour Mbappé, mais ils devaient le faire jouer. L'Asturien, qui avait été secoué après la Coupe du monde, s'est lui aussi sans aucun doute remis sur pied. Ce PSG a le même courage et la même malice qui les ont tragiquement fait tomber dans le passé. Ce PSG ne spécule pas, il joue avec le ballon, en transition, et avec un rythme terrifiant."

L'analyse est sensiblement la même pour Claudia Espinosa, de Sport. "Au-delà des individualités, Luis Enrique a construit une équipe. Dans toutes ses lettres. Après des mois de décisions, certaines plus controversées que d'autres, il a réussi à amener le Paris Saint-Germain en finale de la plus haute compétition continentale." Là aussi, la journaliste salue le travail de l'entraîneur espagnol. "Un immense mérite, le sien. Sans Kylian Mbappé, il s'est redressé et a fait d'Ousmane Dembélé un footballeur plus meurtrier. Différentiel. Décisif. Et il a fait ressortir le meilleur de chacun des membres de son équipe."

Toute la presse européenne loue le collectif parisien. "Atteindre la finale est l'aboutissement de la transformation du PSG, d'une équipe à l'ego prétentieux à un collectif de football, ose Tom Kühner du média allemand Bild. "Messi, Neymar, Mbappé, ils sont tous partis. Et l’entraîneur Luis Enrique affirme avec assurance : 'Nous avons une meilleure équipe en attaque et en défense.'"

En Italie, on analyse déjà ce PSG qui se frottera à l'Inter en finale le 31 mai à Munich. "En gros, le PSG alignera un 4-3-3. Mais il est réducteur de parler d'un schéma précis avec Luis Enrique, qui en réalité ne joue jamais avec un attaquant, préférant un trident variable. Où « les buts proviennent des pieds de Dembélé : 33, du jamais vu en carrière. Ailier de formation, le Français peut évoluer sur tout le front l'attaque, évoluant avec Kvaratskhelia, Doué ou Barcola."

Moments Clés du Match

On attendait un PSG offensif, dominateur, rayonnant. On a vu un PSG bousculé, souvent privé de ballon et contraint d’opérer en contres. Une chose est sûre : Paris a autant raté son début de match mercredi qu’Arsenal avait raté le sien la semaine passée, à l’aller. 15 minutes en enfer et qui auraient pu coûter cher. Le PSG avait rendez-vous avec son histoire.

Malgré la confiance affichée par les performances des quatre derniers mois et le succès acquis à l’Emirates, le chemin était encore semé d’embûches avant de disputer cette finale tant espérée. Et puis le PSG s’est trop habitué à se saborder dans les matchs clés. Cette méfiance se décuplait aussi par l’absence d’Ousmane Dembélé dans le onze de départ.

Arsenal lui retrouvait Thomas Partey au milieu de terrain et ça se voyait tout de suite. Le Ghanéen parvenait à mieux équilibrer l’entrejeu de son équipe et faisait très mal sur ses longues touches où le jeu aérien des Parisiens éprouvait, comme souvent, les pires difficultés. Il a d’ailleurs trouvé Martinelli qui mettait Donnarumma à contribution dès la 4e minute. L’Italien effectuait même une immense parade sur un tir d’Odegaard à la suite d’une nouvelle touche (8e). Précédemment, c’est Rice qui n’avait pas réussi à cadrer sa tête en prenant le meilleur sur Marquinhos (3e).

Luis Enrique s’agaçait sur le banc mais, la tempête du premier quart d’heure passée offrait du répit et même bien plus. Il y avait ce contre mené par Doué, qui décalait Kvara sur la gauche. La frappe du Géorgien s’écrasait sur le poteau (17e). La prochaine fut la bonne, bien aidée par ce ballon mal renvoyé par Partey sur ce coup-franc de Vitinha. Ruiz se saisissait de l’opportunité pour envoyer sa lourde frappe du gauche au fond des filets (1-0, 27e). Le PSG avait fait le plus dur en se mettant à l’abri avec cet avantage, un peu contre le cours du jeu, pour mieux évoluer en contre. Malheureusement, les Parisiens n’arrivaient pas à en profiter malgré les opportunités.

Cette fois, ça sentait bon pour le PSG. Même Doué s’habillait d’un léger sourire à sa sortie du terrain mais le club parisien ne sait pas s’offrir des fins de matchs apaisantes en Ligue des Champions. Et comme souvent c’est sur une action improbable que le flottement revenait sur la pelouse. Marquinhos se faisait bouger par l’entrant Trossard et permettait à Saka de relancer les Gunners devant Lucas Hernandez et Donnarumma (2-1, 76e). Pas de stupeur mais des tremblements, surtout avec cette énorme occasion que Saka ne convertissait pas (80e). Le PSG résistait aux derniers assauts (86e, 90e+1, 90e+4) et se procurait même des dernières situations (81e, 82e) avant de voir l’arbitre siffler la fin de la rencontre sous les ovations du public. Le PSG ira à Munich le 31 mai prochain en finale de la Ligue des Champions.

Le match PSG-Arsenal, en demi-finales retour de Ligue des champions, a été classé à risques 3 sur 5. La Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH) envisageait tout de même de classer cette rencontre 3 sur 5, ce qui, selon son barème, signifie : « risque de troubles à l'ordre public liés à un contentieux entre supporters ou au comportement habituel de certains supporters ». La préfecture de police de Paris va mobiliser six forces (1 force équivaut à 80 hommes environ) de CRS ou de gendarmes mobiles pour sécuriser la rencontre autour du Parc des Princes mais aussi dans différents lieux de la capitale où elle redoute des incidents ou débordements, notamment si des supporters parisiens décident de fêter après la rencontre la qualification du club pour la finale.

Au coup de sifflet final, Luis Enrique est rapidement entouré de tout son staff qui lui saute dessus, l’embrasse et ne le laisse plus respirer. Un peu plus loin sur le terrain, les Parisiens exultent en choeur et tous se congratulent dans un Parc des Princes entré en éruption. Les pétards retentissent, les fumigènes illuminent la tribune Auteuil et les 48.000 spectateurs sont debout, sourire aux lèvres, drapeau (ou portable) à la main, conscients de vivre un moment d’exception. Une séquence hors du temps qui témoigne d’une soirée historique. Pas tous les jours que l’on fête une qualification en finale de Ligue des champions.

Pour autant, il a surtout répété que le meilleur joueur de la double confrontation en demi-finale était Donnarumma (sans le citer) et que cela voulait surtout dire que son équipe avait eu beaucoup d’occasions. Ce n’est pas totalement faux, mais pas totalement vrai non plus. «La meilleure équipe a perdu», a-t-il soufflé avant de quitter l’auditorium du Parc des Princes. Paris mérite sa qualif’ et a été meilleur sur 180 minutes face à Arsenal.

Trois personnes percutées par une voiture, voitures incendiées, affrontement avec les forces de l’ordre, plusieurs interpellations... Des débordements ont été constatés dans les rues de Paris la nuit passée, en marge de la qualification du PSG pour la finale de C1.

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