La Ligue Europa Conférence, troisième coupe d'Europe de football, offre des opportunités financières significatives pour les clubs participants. Bien que moins lucrative que la Ligue des Champions et la Ligue Europa, elle permet tout de même de rapporter plusieurs millions d'euros aux clubs engagés.

La saison prochaine, l'Olympique Lyonnais (OL) pourrait disputer la Ligue Europa ou la Conférence Ligue. Loin de la lucrative Ligue des champions, ces deux compétitions ne sont pas rémunératrices à la même hauteur. L'OL se prépare donc à vivre une nouvelle campagne de coupe d'Europe, la 38e, avec énormément d'incertitudes néanmoins au-dessus de sa tête. Il voulait et ambitionnait la Ligue des champions, mais il devra se rabattre sur la Conférence Ligue, ou au mieux, la Ligue Europa, si le PSG domine Reims en finale de la Coupe de France. En attendant, il sait déjà qu'il se passera des juteux revenus de la C1. Non pas que ses "petites sœurs" ne soient pas lucratives, notamment pour les droits TV, mais elles le sont nettement moins.
Comparaison des Gains entre les Compétitions Européennes
Un exemple pour l'illustrer, le gain pour la seule participation à la phase de classement. Dans le plus prestigieux des tournois, il est de 18,62 millions d'euros. On tombe à 4,31 M€ en C3, et à 3,17 M€ en C4. La différence est non négligeable, et elle s'accentue au fil des tours passés. Mais puisque l'OL n'y goûtera pas en 2025-2026, il est plus opportun de se concentrer sur la Ligue Europa et la Conférence Ligue.
Entre les deux, il est vrai que le gap financier est moins élevé, mais il existe. Ainsi, dans la première épreuve, une victoire lors de la phase de ligue est rétribuée à hauteur de 450.000 euros, contre 400.000 dans la seconde. Une qualification pour les 8es de finale rapporte 1,75 M€ en C3, et 1,3 M€ en C4. L'écart se creuse au fur et à mesure des qualifications. Le grand vainqueur de la Ligue Europa repart avec 13 M€ pour la finale et le titre, contre 7 M€ en Conférence Ligue. On retrouve également des disparités entre les diverses primes de classement. Mais il faut aussi rappeler que l'Olympique lyonnais, s'il dispute la C4, passera par les barrages. Ceux-ci ramènent 175.000 euros, peu importe le résultat.
Bien moins rémunératrice que la Ligue des champions, la Ligue Europa permettra tout de même de rapporter plusieurs millions d'euros à chacun des 36 clubs engagés pour la saison 2025-2026, avec plus d'un demi-milliard d'euros à se partager. Sur les 3,3 milliards d'euros que l'UEFA va distribuer cette saison aux clubs prenant part aux compétitions européennes, les trois quarts seront dédiés à la Ligue des champions. Il reste tout de même 565 millions d'euros pour la Ligue Europa (et 285 millions pour la Ligue Conférence). De quoi permettre à Lille, Lyon et Nice, les trois clubs français engagés en 2025-2026, de repartir avec d'importants gains en fonction de leur avancée dans la compétition.
Comme pour la Ligue des champions, les gains des clubs reposent sur trois piliers : la participation (27,5 % du total des gains distribués), la performance (37,5 %) et la valeur (35 %). La prime de participation est la même pour tous les clubs qualifiés pour la phase de ligue : 4,31 millions d'euros, soit 155 millions au total. La prime de performance, elle, varie en fonction des résultats obtenus.

En plus de ces primes liées aux résultats, l'UEFA reverse aux participants une somme liée aux parts de marché et au coefficient historique du club. Cette « prime de valeur » est la somme de deux éléments : la partie « européenne », en fonction de l'apport du pays aux droits TV de la Ligue Europa et du coefficient UEFA du club sur cinq ans (de 217 000 euros pour le moins bien classé à 7,8 M€ pour le mieux classé), et la partie « non-européenne », qui repose sur le coefficient UEFA du club sur les dix dernières années (de 80 000 euros à 2,9 M€).
Moins rémunératrice que la Ligue des champions, la C3 rapportera quand même un joli chèque aux différents participants. Un peu comme la Ligue des champions qui pourrait permettre à des équipes de toucher le pactole, la Ligue Europa peut constituer une importante manne financière pour les clubs qualifiés. Mais, si le total à se partager chute drastiquement (de 2,4 milliards pour la C1 à 565 millions d’euros pour la C3), les 36 qualifiés verront d’un bon œil la rentrée d’argent à venir.
Et en particulier les formations de Ligue 1 engagées dans la compétition continentale: Lille, Lyon et Nice. De quoi un peu faire digérer la baisse des droits TV du championnat. Tous les participants de la phase de ligue de la Ligue Europa sont assurés de toucher une prime de qualification de 4,31 millions d’euros.
Le Jackpot des Bonus Liés aux Résultats
Sur le même système qu’en C1 (mais avec des montants moins élevés), l’UEFA compte bien récompenser les équipes qui enchaîneront les bons résultats. Ainsi, chaque victoire rapportera 450.000 euros et un nul donnera lieu à un paiement de 150.000 euros.
Et au-delà de ces primes pour chaque rencontre, les participants de la Ligue Europa toucheront aussi un bonus en fonction de leur classement final. L’équipe placée en dernière position, au 36e rang, touchera 75.000 euros alors que le 35e empochera deux fois 75.000 euros, le 34e glanera lui trois fois 75.000 euros et ainsi de suite jusqu’au leader du classement qui touchera 2,7 millions d’euros.
À cette première gratification, l’UEFA en ajoutera une autre pour les membres du top 8 (600.000 euros) et pour les clubs classés de la neuvième à la seizième place (300.000 euros).
Un Chèque XXL Jusqu'en Finale
Ensuite, les clubs mettront aussi la main sur de juteuses primes à chaque tour passé. Une qualification pour les barrages de la phase à élimination directe rapportera 300.000 euros. Un ticket pour les huitièmes équivaudra aussi à un chèque de 1,75 million d’euros. L’accession aux quarts de finale permettra de gagner 2,5 millions d’euros quand une présence dans le dernier carré vaudra une prime de 4,2 millions d’euros.
Chacun des deux finalistes touchera un montant supplémentaire de 7 millions d’euros et le vainqueur, en plus du trophée, s’emparera aussi d’un bonus de 6 millions d’euros. Au total, et sans tenir compte des primes liées aux résultats pendant la phase de ligue, le vainqueur de la Ligue Europa sera assuré d’empocher au minimum 21,45 millions d’euros.
À toutes ces sommes, l’UEFA partagera aussi une somme de 198 millions d’euros entre les 36 qualifiés en fonction du pilier "valeur" nouvellement créé par l’instance. Ce point "valeur" remplace les anciennes données liées aux parts de marché et aux coefficients UEFA des clubs qualifiés.
Comme la Ligue des Champions et à la Ligue Europa, la Conference League a évolué dans son format, avec une poule unique à 36 équipes. La distribution financière s’articule autour de trois piliers. Les primes de participation représentent 40% de l’enveloppe (114 millions), garantissant à chaque club qualifié 3,17 millions d’euros, un montant stable par rapport au cycle précédent mais désormais complété par des bonus de performance renforcés.
Les primes liées aux résultats sportifs captent également 40% du budget total (114 millions), avec 400 000 euros par victoire en phase de ligue et 133 000 euros par match nul. Quand au pilier dit de « valeur », il représente les 20% restants de l’enveloppe (57 millions). Il conjugue l’ancien système market pool et le coefficient historique par une formule tenant compte à la fois des critères européens et extra-européens.
Désormais, un vainqueur de la Conference League peut désormais espérer plus de 10 millions d’euros de primes cumulées, contre environ 7 millions dans l’ancien format.
Exemple de Chelsea en Ligue Europa Conférence
La victoire de Chelsea face au Betis Séville (4-1) en finale de Conference League s’accompagne d’un jackpot financier conséquent pour les Blues. Le système de répartition de l’UEFA récompense chaque étape franchie dans la compétition. Chelsea empoche directement 7 millions d’euros pour son titre, tandis que le Betis, finaliste malheureux, se console avec 4 millions d’euros. La participation à la phase de groupes garantit déjà 3 millions d’euros à chaque club qualifié. S’y ajoutent 400 000 euros par victoire et 133 000 euros par match nul obtenu durant cette première phase.
En compilant l’ensemble de son parcours européen, Chelsea devrait percevoir environ 15 millions d’euros au titre de cette campagne de Conference League. Cette estimation prend en compte les primes de participation, les bonus de résultats obtenus en phase de groupes et les différentes étapes franchies jusqu’au sacre final. Reste la part plus incertaine à quantifier du nouveau pilier de valeur qui englobe le classement au coefficient et les droits TV. Pour un club de la dimension de Chelsea, ces primes représentent un complément appréciable dans un contexte de Fair-Play Financier renforcé. Cette manne permet d’équilibrer partiellement des budgets de fonctionnement qui dépassent les 400 millions d’euros annuels chez les Blues.

Attention, les primes sont solubles...mais pas les récompenses [Frédéric Fréry]
Répartition des gains en Ligue Europa Conférence
Voici une récapitulation des gains potentiels en Ligue Europa Conférence :
| Étape | Prime |
|---|---|
| Participation à la phase de groupes | 3,17 millions d'euros |
| Victoire en phase de ligue | 400 000 euros |
| Match nul en phase de ligue | 133 000 euros |
| Qualification pour les barrages | 300 000 euros |
| Qualification pour les huitièmes de finale | 1,75 million d'euros |
| Qualification pour les quarts de finale | 2,5 millions d'euros |
| Qualification pour les demi-finales | 4,2 millions d'euros |
| Finaliste | 7 millions d'euros |
| Vainqueur | 6 millions d'euros |
Ainsi, un club peut espérer gagner plus de 10 millions d'euros en remportant la Ligue Europa Conférence, en tenant compte des primes de participation et des résultats.