L'Histoire et l'Impact du COC Rugby Casablanca

Le COC (Club Olympique Casablancais) Rugby est un club emblématique du rugby au Maroc, riche d'une histoire et d'une influence considérables. Cet article explore les origines du club, son évolution, son rôle dans le développement du rugby marocain et son impact sur le rugby féminin.

Stade Mohammed V de Casablanca

Les Origines Catalanes du COC

Créé en 1919 par des militaires catalans venus passer leur service militaire au Maroc, le COC Rugby a des racines profondes dans la culture catalane. Voulant rester fidèles aux couleurs catalanes, ils ont emprunté entre autres le logo de l’Union Sportive Perpignanaise créée en 1902, qui n’est autre que l’ancêtre de l’USAP. C’est une famille catalane expatriée à Casablanca pour y ouvrir une usine de chaussures de cuir qui a créé la toute première équipe de rugby au Maroc en 1919 : le Club Olympique Catalan. Pourtant, ici dans ce coin du quartier de la Ferme Bretonne, coincé entre le Wydad et le Raja, les deux clubs phares de football, tout rappelle le Pays Catalan.

Rugby au Maroc

Chaque recoin du stade, des tribunes, du siège, du club house réfléchit le sang et l’or. Jusqu’à cette vieille porte des premières heures du Club Olympique Catalan, fardée de jaune et rouge, posée à l’entrée des vestiaires. Jusqu’aux derniers soupirs de l’influence française en 1956, la très grande majorité des joueurs est française. « A de rares exceptions comme Driss, un local, qui a longtemps fait partie de l’effectif. D’ailleurs on le surnommait Driss le Catalan », révèle l’affable Nasser Bougja (70 ans), actuel président du COC, mais rentré comme trésorier dès 1986, dont l’un des trois frères l’élégant Aziz (71 ans), a dirigé la Fédération Marocaine et Rugby Afrique. Profondément enracinée comme ces palmiers qui bordent la pelouse jaunie, le COC, devenu depuis le Club Olympique Casablancais était jadis omnisports (handball, cyclisme, football, volley-ball et ski). Désormais animé que par le tennis et le rugby à XV.

La Marocanisation de l'Effectif

À la fin du Protectorat, le salut du COC passait forcément par la « Marocanisation » de l’effectif. Au COC, un monsieur allait jouer un très grand rôle dans la marocanisation de l’effectif du COC, il s’agit bien entendu de Gérard Tarusson, un ancien international français juniors. Il eut le coup de foudre pour le Maroc et s’y installa juste après son service militaire. Aujourd’hui, fier de ses presque 500 licenciés et lesté de plusieurs titres de champions, le club figure comme le fleuron du rugby local.

Aziz Bougja, pur produit du COC, occupera durant des années le poste de président de la FRMR avant de prendre les destinées du Rugby africain. Le premier président marocain fut M.

Le Rugby Féminin au Maroc et l'Implication du COC

L’histoire du Rugby féminin au Maroc remonte à la fin des années 70 quand fut créée la première équipe. Le COC dont une grande majorité de joueurs étaient issus de la Ferme bretonne initièrent leurs sœurs à la pratique du Rugby à XV. Tache facilitée par la passion naissante de celles-ci qui étaient au demeurant de ferventes supportrices. Le point d’orgue fut incontestablement les rencontres de Rugby à XV disputées en 1981 en lever de rideau de deux matchs internationaux comptant pour le tournoi de la FIRA. Malheureusement ce ne fut qu’un feu de paille et le Rugby féminin disparut au Maroc au milieu des années 80.

Devant le développement que connait le sport féminin au Maroc il était devenu impératif pour le club d’organiser un tournoi international de Rugby à VII et ainsi donner aux jeunes joueuses l’occasion de s’aguerrir au contact de leurs homologues étrangères.

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Le TangerSeven et le Développement du Rugby Africain

C'est ainsi que Gregory Fontana, responsable de la communication du TangerSeven, présente son rôle : simple passeur de témoin dans l'organisation de cette formidable manifestation qu'est le Tournoi international de rugby à VII de Tanger dont la sixième édition aura lieu du huit au neuf mai 2009. Né à l’initiative de Saïd Zniber, ancien joueur international marocain de rugby à VII, le TangerSeven, dont les deux premières éditions étaient plutôt « une histoire de copains », est devenu en l’espace de quelques années une référence dans le paysage cosmopolite du VII. Ce « petit poucet » dont la vocation est de promouvoir le développement du rugby sur le continent africain avec les tournois de Nairobi et de Lusaka, ne cesse de charmer ses hôtes par les compétences en terme d’organisation, de logistique et de communication qu’il propose ; et peut-être aussi par cette chaleur humaine si peu commune qu’il dégage.

Cette année, la sixième édition sera pimentée par le niveau des équipes participantes dont cinq reviennent du Mondial de Dubaï de mars dernier : l’équipe du Kenya (3ème), l’équipe de l’Afrique du sud (5ème), l’équipe de Tunisie (13ème), l’équipe du Zimbabwe (17ème), et enfin l’équipe de France (15ème) qui depuis trois années consécutives a inscrit l’épreuve marocaine dans son calendrier de préparation. Autre particularité de l’édition de cette année, quatre équipes du Maghreb participeront au tournoi : le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye. La sélection Ougandaise sera aussi du voyage. Enfin six sélections régionales ou locales viendront compléter l’effectif pour porter le nombre total de participants à seize équipes : Sud-ouest ovalie Seven, les comités Alsace-Lorraine et Languedoc, Maroc Universitaire et Maroc Scolaire, Coc (Casablanca) ou sélection Agadir ou champion du Maroc et pour fermer la marche l’Association de Rugby de Tanger (l’ART), organisatrice du TangerSeven, association dont le paradoxe est de ne compter aucun rugbyman dans ses bureaux.

Placé sous l’égide de la Fédération royale Marocaine de rugby (FRMR) et du ministère marocain de la jeunesse et des sports, et soutenu par l’International Rugby Board (IRB), le TangerSeven est la réalisation d’un rêve un peu fou initié par une poignée de passionnés.

Gregory Fontana, journaliste de Medi1 Radio à Tanger, nous en raconte les fondements: « Le club Association de Rugby de Tanger (ART) a été crée il y a presque huit ans, à une époque où le rugby dans cette ville avait disparu depuis trois décennies. C’est une histoire d’expatriés au début… On s’est dit qu’on allait monter un club pour aller jouer avec les vétérans de Rabat et se faire des fêtes mémorables. Seulement, quand on s’entraînait sur la plage - faute de terrain -, il y avait toujours une dizaine de gamins intrigués par ce ballon ovale. On les a progressivement invités à nous rejoindre pour leur apprendre quelques rudiments. Ils y ont pris goût, du coup l’envie nous est venue de créer un club pour ces gamins et l’ART a vu le jour le dix-huit octobre 2001."

Nos expatriés font alors une rencontre capitale en la personne de Jalil Zniber - frère de Saïd l’international marocain -, qui deviendra leur ami et président, homme providentiel sans qui ce projet insensé n’aurait jamais abouti. La suite de l’histoire est une succession d’embûches : manque cruel de moyens et de terrain pour jouer, espoirs et déceptions, jusqu’au départ du Maroc des cofondateurs de l’ART qui faillit mettre un terme définitif à la vie ovale de Tanger. C’est alors que Saïd Zniber, impliqué au niveau de la Confédération Africaine de rugby, lance l’idée opportune d’organiser un tournoi pour faire connaître l’association et financer par la suite la saison des jeunes. Car l’essentiel est bien là, tous les bénéfices sont réinjectés dans l’association, dont le but à terme, « est de construire une passerelle avec "Les Enfants de l’ovale Maroc" [2], association près de Rabat fondée par Philippe Sella et Saïd Zniber, qui prend en charge deux-cent-cinquante enfants de huit à quatorze ans, garçons et filles (j’insiste là-dessus, car dans un pays musulman ce n’est pas rien dixit Gregory Fontana) et qui leur offre, à travers la pratique du rugby, des programmes de soutien scolaire et autre..."

Formidable conception, où le rugby assure la solidarité, loin des dissidences du Top14, loin des paillettes et des stars de l’euro, un rugby qui trouve sa place dans la société, qui "transforme l’or en joie" aurait dit Zorba le Grec, joie que véhicule ce VII dans le jeu et non dans le "je", un rugby qui rayonne sur le visage de ces jeunes issus des quartiers populaires quand ils se retrouvent face à l’équipe de France ou celle d’Afrique du sud, offrant pour l’unique occasion à ceux-ci de jouer devant leur public, leurs familles et leurs amis faute d’infrastructures adaptées.

"Récemment, on a envoyé une dizaine de nos jeunes joueurs en Tunisie pour participer au premier Tournoi International Scolaire Méditerranéen. Ils ont rapporté la coupe du Fair-play pour leur comportement exemplaire sur et hors stade. Imagine un peu, l’aventure pour ces jeunes issus de milieux défavorisés ! Ils ont pris l’avion pour la première fois de leur existence, ont dormi dans un hôtel, des gens se sont occupés d’eux...

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