Le volley-ball français a connu une période de transformation et de succès notables, grâce à des entraîneurs dévoués et visionnaires. Cet article explore les figures clés qui ont marqué et continuent de marquer le paysage du volley-ball en France.
Laurent Tillie : Un Héritage de Leadership et de Communication

Laurent Tillie, une figure emblématique du volley-ball français, a marqué son passage en tant que sélectionneur de l'équipe de France masculine de 2012 à 2021. Avant son départ, il a mené les Bleus à des sommets inégalés, remportant leur premier titre olympique à Tokyo. Son approche se distingue par une communication efficace et une attention particulière à la psychologie de ses joueurs.
Convaincu que la communication est centrale entre un coach et ses athlètes, Laurent Tillie prône un discours « efficace, utile et bien compris ». Il fait extrêmement attention au poids des mots qu’il utilise, il veille à ne pas employer « ces mots qui tuent l’envie, l’espoir ou l’amour-propre lorsqu’ils dénigrent ».
Fort de son gabarit qui en impose naturellement, Laurent accorde pourtant une attention toute particulière à son apparence devant son groupe. “ Dès que je rentre dans un gymnase, je dois avoir une certaine prestance, un comportement qui donne envie, qui donne des règles…”. Les jours de match, l’entraîneur se transforme : “Je me bats toute l’année pour que mes joueurs entrent sur le terrain avec l’attitude du boxeur montant sur un ring affronter Mike Tyson ; alors je montre l’exemple : je redresse les épaules, serre les poings, me coupe du monde extérieur… J’ai le corps tendu, prêt”, détaille ce manager qui envisage le coaching “avec sa tête bien sûr, mais aussi avec ses tripes”.
Stressé, ce mot, beaucoup de coachs tiennent à le rayer de leur vocabulaire, mais pas Laurent Tillie, comme il l’explique : “Je serais fou de ne pas stresser ! Attention, n’y devinez pas un manque de confiance, j’ai juste conscience que tout peut se passer. Or le stress vous met en garde, vous oblige à mettre en éveil tous vos sens, vous fait avancer !
En novembre 2024, Laurent Tillie a été nommé sélectionneur du Japon, succédant à Philippe Blain. Avant les JO de Tokyo, l'ancien international français avait apporté aux Bleus leurs premiers titres, un championnat d'Europe (2015) et deux Ligues mondiales (2015 et 2017, désormais Ligue des nations). Le président de la Fédération japonaise, Shunichi Kawai, a de son côté "espéré que la fine connaissance (de Tillie) des caractéristiques des joueurs et équipes japonais, ainsi que de leur culture, permette au Japon d'aller plus haut".
Andrea Giani : Un Italien à la Conquête du Volley Français

Arrivé à la tête de l'équipe de France masculine en mars 2022, Andrea Giani a rapidement marqué les esprits. Lui-même double médaillé d’argent aux Jeux en tant que joueur, il rêve d’accompagner les Bleus vers un deuxième titre olympique. Pour lui faciliter la tâche, on a proposé à Andrea Giani de discuter en anglais. Mais pas question. Dès le premier jour, il a demandé aux membres du staff de lui parler en français et les joueurs l’aident quand il en a besoin.
Après des débuts réussis avec un titre en Ligue des Nations à l’été 2022 quatre mois à peine après son arrivée, il a connu un creux en 2023 avant de se relancer idéalement vers la quête d’une deuxième médaille olympique, tout juste auréolés d’un nouveau sacre dans la compétition. Entretemps, Giangio, son surnom en Italie, a complété un palmarès déjà bien garni, avec deux victoires en VNL (2022 et 2024), et surtout l'or olympique, l'été dernier à Paris. Le seul titre manquant à l'ancien central des Fenomeni, génération dorée des années 1990, devenu ce 10 août 2024 le volleyeur italien le plus titré, carrières de joueur et d'entraîneur confondues.
Interview avec Andrea Giani, coach de l'équipe de France de VolleyBall 🏐
« Il nous a dit après la finale qu'il était le premier Italien champion olympique dans le monde du volley, ça lui tenait à cœur », se souvient Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus. « C'est incroyable le respect que les gens ont pour lui » Paolo Perrone, statisticien de Milan et des Bleus.
Palmarès d'Andrea Giani (Joueur)
| Compétition | Titres |
|---|---|
| Médailles d'argent olympiques | 2 (1996, 2004) |
| Championnats du monde | 3 (1990, 1994, 1998) |
| Championnats d'Europe | 3 (1993, 1995, 1999, 2003) |
Au terme de sa carrière de joueur, le central aux 474 sélections (un record), qui a également joué réceptionneur-attaquant et pointu, comptait deux médailles d'argent olympiques (1996 et 2004), trois titres de champion du monde consécutifs (1990, 1994, 1998), autant en Europe (1993, 1995, 1999, 2003), et tout ce que l'on peut compter de victoires en club.
Le titre olympique aura finalement assis la notoriété internationale d'Andrea Giani. « Il est maintenant un top coach au niveau mondial, le titre olympique c'est la consécration en tant qu'entraîneur, juge Alessandro Orefice, l'entraîneur italien des doubles championnes de France de Levallois-Paris. Il a laissé un très bon souvenir en Slovénie (Orefice est également le sélectionneur de l'équipe féminine slovène), il connaît très bien le volley, et c'est un bon manager, qui essaie toujours de trouver des solutions même quand les conditions de travail ne sont pas optimales. »
Cesar Hernandez : Nouveau Chapitre pour l'Équipe Féminine

Cesar Hernandez a été nommé sélectionneur de l'équipe de France féminine de volley, marquant un tournant après le mandat d'Émile Rousseaux. Arrivé à Nantes à l’été 2023 en tant qu’entraîneur principal, Cesar Hernandez aura réussi une première saison convaincante avec les Neptunes, victorieuses de la Coupe de France 2023/2024, le premier trophée de l’histoire du club, puis finaliste du Championnat de France.
Axelle Guiguet, directrice technique nationale de la Fédération Française de Volley : « Ce qui a fait pencher la balance en faveur de Cesar, c’est son parcours et son expérience, deux atouts qui nous ont semblé opportuns au regard du projet féminin et du parcours de cette équipe de France, parvenue sous la houlette d’Emile Rousseaux à progresser au classement mondial et à se qualifier pour la Volleyball Nations League. Le fait que Cesar ait déjà vécu les Jeux mais également la VNL, avec en outre une grosse expérience en club, nous ont convaincus que c’était l’entraîneur qu’il nous fallait pour poursuivre ce projet ambitieux.
Eric Tanguy, président de la Fédération Française de Volley : « Je fais entièrement confiance à Cesar Hernandez pour continuer à faire progresser l’équipe de France féminine. »
Cesar Hernandez, sélectionneur de l’équipe de France féminine : « Quand j’ai su que la Fédération Française de Volley cherchait un successeur à Emile Rousseaux, j’ai souhaité me porter candidat parce que je pense que j’ai désormais une certaine connaissance du volley-ball français, des clubs, des entraîneurs et des joueuses qui y évoluent, puisque je suis entraîneur de Nantes depuis un an et demi. C’est un honneur pour moi de devenir l’entraîneur de l’équipe de France féminine.