La vie d'entraîneur de football américain est aussi gratifiante et complexe que le jeu lui-même et les organisations qui y jouent. Bien que beaucoup grandissent en rêvant d’être entraîneurs dans la NFL, il y en a peu qui se retrouvent dans cette position de rêve. La réalité est que, pour plusieurs raisons, plusieurs entraîneurs changent leur focus et poursuivent le niveau College ou le niveau high school et plusieurs des plus grands entraîneurs américains se retrouvent dans ces cercles. Cet article explore en détail le rôle, les responsabilités et les compétences nécessaires pour exceller dans ce domaine exigeant.

Le Marché des Entraîneurs aux États-Unis
Bien que les médias donnent l'impression que les entraîneurs ont de gros salaires, la réalité est que servir comme entraîneur de football, comme toute autre activité, est soumise aux règles compétitives de « supply and demand » (offre et demande) et la réalité est qu'il y a une abondance de gens apparemment qualifiés et prêts à coacher pour peu d'argent. En conséquence, la grande majorité des entraîneurs au niveau collégial ont un salaire très modeste. Certainement, on entend parler des gros salaires des équipes collégiales Division I-FBS. Toutefois, ceux-ci sont un très petit nombre par rapport à un marché plus vaste.
Il y a environ 125 équipes qui jouent au football collégial Division I-FBS mais plus de 1500 qui jouent au football à tous les niveaux de la NCAA, NAIA, et Junior College. Au niveau High School, il y a plus de 20 000 écoles secondaires qui jouent au football. Dans le Minnesota seul, nous avons plus de 450 écoles secondaires qui jouent au high school football, plus de 20 collèges qui jouent NCAA Division II ou III, dix Junior Colleges, et puis l'Université du Minnesota le seul programme de Division I-FBS.
Pour avoir une idée de la portée de la profession d'entraîneur, chaque programme collégial a en moyenne 10-12 entraîneurs et les programmes high school ont entre 5 et 20 entraineurs. Bien sûr, dans les collèges Division III et les high schools, tous les entraîneurs ne sont pas entraîneurs à temps plein, en fait, au niveau high school, la grande majorité des entraîneurs ne reçoivent qu’une allocation pour le coaching tout en s'appuyant sur un emploi à temps plein à l'extérieur de l'entraînement. Pour beaucoup, il s'agit d'une combinaison d’une position d’enseignement où la majorité de leur salaire provient de leurs tâches d'enseignement tout en étant complété par une allocation de coaching. Néanmoins, quand vous combinez pour les entraîneurs high school le salaire d’enseignant et l’allocation pour le coaching, cela fournit souvent un revenu plus élevé et une plus grande stabilité qu’une position d’entraineur au niveau collégial NCAA Division II ou III, ou même Division I-FCS.
Facteurs Déterminant dans la Carrière d’un Entraîneur
À mon avis, il y a cinq facteurs qui déterminent si un entraîneur va monter en NFL ou au niveau FBS et influencent leurs décisions à mesure qu'ils avancent dans leur carrière. Ce sont le positionnement, la capacité et la volonté à sacrifier, le dévouement au travail, les préférences professionnelles et la chance.
Une chose est certaine, si un entraîneur veut avancer au niveau FBS ou NFL, le premier facteur est de se positionner : faire connaissance avec les entraineurs à ces niveaux et gagner leur confiance. Atteindre ces niveaux dépend moins de la connaissance et de l’expérience que du fait de connaitre quelqu’un qui vous offre une chance pour faire vos preuves. De plus en plus, les entraîneurs de la NFL sont des anciens stagiaires qui commencent simplement comme assistants de bureau aux entraîneurs et sont promus parce qu'ils sont familiers et digne de confiance. Certainement pour s’avancer, ils doivent être bons dans ce qu'ils font, mais en premier, ceci est secondaire à la familiarité et la confiance . Par exemple, un grand entraîneur high school a très peu de chances d'accéder à un emploi de la NFL sans faire un pas arrière en tant que stagiaire. Toutefois, ceux qui accèdent aux positions stagiaires sont ceux qui sont élevés aux postes réguliers d’entraineurs dans la NFL. L’exception est ceux qui accèdent à ces positions venant d’une position FBS.
Les stagiaires dans la NFL sont généralement de jeunes entraîneurs qui débutent et aident les entraîneurs vétérans avec leurs fonctions simples. Cela inclut les tâches administratives, tâches liées au film, ou aider à la préparation des pratiques. Dans la NFL, ceux-ci sont généralement appelés stagiaires ou parfois un entraîneur « quality control ». Dans les rangs universitaires, les stagiaires sont appelés « graduate assistant » parce que leur salaire comprend généralement les frais de scolarité aux études supérieures pour obtenir un diplôme de maîtrise. Généralement, avant d’obtenir leur première position comme assistant coach légitime de haut niveau FBS ou NFL, un jeune entraîneur devra compléter plusieurs de ces stages sur une période de plusieurs années même s’il y a des exceptions. Aussi malgré le fait que les entraineurs établis à ce niveau ont de très bons salaires de plusieurs centaines de milliers de dollars américains, les années passées en tant que stagiaires sont très maigres. Les graduate assistant FBS par exemple gagnent peut-être mille dollars par mois. Un des défis de ce genre de position est qu’il requiert souvent plusieurs années investies et souvent très peu sont prêts à poursuivre cette voie indéfiniment. Ces positions payent très peu, les heures sont longues, le travail est plutôt subalterne avec des responsabilités limitées et la vie personnelle et familiale en souffrent. Les entraineurs stagiaires doivent se déplacer d'un stage à l'autre pour rester dans le marché sans promesse de déboucher dans une position stable et puis si le coaching staff se fait remercier, ils doivent recommencer le processus.
Un point important à comprendre est que ceux qui continuent à poursuivre des stages n’ont aucune garantie d’emploi à ce niveau et, éventuellement, cela interfère avec la vie normale. Ceux que vous voyez sur les lignes de touche à la télévision sont non seulement ceux qui ont fait ces sacrifices, mais aussi ceux qui ont été chanceux parce qu’il y en a plusieurs qui ont fait tous ces sacrifices mais malheureusement les efforts n’ont pas débouché à une position stable. Je veux par contre pas diminuer la qualité de ceux qui se sont rendus à ces niveaux parce que la réalité est que ces postes sont tellement exigeants que sans être excellents et sans travailler fort, ils ne survivraient pas longtemps.
Entraîneurs FBS et NFL
Entraîner dans la NFL ou dans les collèges Division I-FBS nécessite généralement plusieurs années de sacrifice. Ces entraîneurs ne sont pas nécessairement mieux que ceux qu'on trouve dans les niveau high school, Division II ou III, mais ils ont dû faire des sacrifices importants pour y arriver et il faut être très bon pour y rester. Bien qu'ils représentent un très faible pourcentage de la communauté des entraîneurs, ils sont payés de façon exponentielle comparé à leurs collègues de la Division II, Division III et dans les rangs high school. Les entraîneurs-chefs FBS font généralement plus d’un million dollars par année et les assistants font plusieurs centaines de milliers dollars par an. Toutefois, leur vie est très exigeante, ils travaillent souvent 60-80 heures par semaine et voyagent beaucoup. En conséquence, bon nombre de ces entraîneurs sacrifient la vie familiale et personnelle et leur sécurité d’emploi est quand même assez marginale.
Il est important de noter que, même dans la Division I il y a une différence significative entre les programmes FBS et FCS. Par exemple , Nick Saban a Alabama (Division I-FBS) fait plus de 5 millions dollars par année alors que l'entraîneur-chef à l'Université du Dakota du Nord (Division I-FCS) gagne environ 150 milles dollars par année.
Entraîneurs de Petits Collèges et Universités
Généralement, quand nous parlons de NCAA Division II, III, NAIA, ou Junior Collège, nous faisons référence aux petits collèges et universités. Coacher dans ces établissements paie beaucoup moins que le coaching en Division I niveau FBS. En effet , comme mentionné précédemment, il arrive souvent même que cela paie moins que le coaching au niveau high school. En conséquence, beaucoup d'entraîneurs expérimentés choisissent d'entraîner au niveau high school et les niveaux Division II et III servent souvent de stage de formation pour les jeunes entraîneurs. Les entraîneurs adjoints au niveau II et III gagnent des salaires modestes et au niveau Division III, seulement 3 ou 4 des entraîneurs sont payés à temps plein. Le reste des entraineurs sont à temps partiel et ont des emplois à l'extérieur, et coach après le travail pour une allocation, un peu comme les entraîneurs au niveau high school.
Bien que les salaires varient considérablement entre les collèges, au niveau Division III, le sommet de l'échelle salariale pour les entraîneurs adjoints à temps plein est d'environ 50 à 60 mille dollars par année, les entraîneurs à temps partiel reçoivent une allocation généralement entre 3 et 5 mille dollars pour la saison et le sommet de l'échelle salariale pour les entraîneurs chefs est d'environ 90 à 100 mille dollars par année.
Les salaires en Division II sont comparables sauf que la plupart des entraîneurs sont à temps plein. C’est important de mentionner que les chiffres donnés sont le sommet et il y a beaucoup de variation entre les collèges. Généralement, la plupart des adjoints (assistant coaches) au niveau Division II ou III gagnent entre 20 et 40 mille dollars par année. En résultat, la plupart des entraineurs de la Division II et III ont tendance à être plus jeunes, voulant devenir coordinateur ou entraîneurs en chef et ce n’est pas rare d’avoir des entraineurs de ce niveau accepter une position au niveau high school pour augmenter leur niveau de responsabilité, pour avoir plus de stabilité et une augmentation en salaire combinée.
Entraîneurs Niveau High School
L’entraînement au niveau high school peut être l'une des opportunités les plus enrichissantes et c'est pourquoi ce niveau est si populaire. Même les entraîneurs au niveau FBS ou NFL à un moment donné ont entraîné au niveau high school ou retournent à l'entraînement high school une fois qu'ils quittent leurs positions actuelles. Les coaches au niveau high school sont généralement embauchés comme enseignants en plus de leur rôle comme entraîneur. Ils gagnent un salaire pour l'enseignement et une allocation supplémentaire pour le coaching. L'allocation est habituellement entre 2 mille et 10 mille dollars pour la saison. En outre, les entraîneurs en chef peuvent gagner leur salaire d’enseignant, une allocation comme entraineur, une allocation pour les programmes de développement pour un total dépassant les 100 mille dollars par année. Ceci est certainement le sommet mais vous donne une bonne comparaison avec leur équivalent dans les petits collèges et universités.
Dans la plupart des Etats, les entraîneurs assurent le double rôle d’enseignant et entraîneur. Cependant, dans certains programmes high school les plus avancés ainsi que toutes les high schools au Texas, les responsabilités de l’entraineur-chef sont limitées principalement à l'entraînement. Les entraîneurs adjoints sont souvent aussi enseignants et gagnent une allocation supplémentaire pour le coaching bien qu’assez souvent, certains assistants ne sont pas enseignants et ils obtiennent tout simplement l'allocation de coaching.
Comme vous voyez, même si l'hypothèse serait que les meilleurs entraîneurs montent aux niveaux FBS et NFL, la réalité est beaucoup plus compliquée. Comme entraîneurs, nous sommes tous des idéalistes et préférons faire partie de quelque chose en quoi nous croyons que de courir après la gloire et la fortune. En tant qu'entraîneur, on se demande aussi en quoi nos efforts contribuent à la vie de nos protégés et la réponse est beaucoup plus facile à trouver quand nous travaillons avec les athlètes au niveau high school ou des petits collèges. Certains d'entre nous priorisent aussi un mode de vie équilibré par rapport à un mode de vie où vous dévouez chaque heure éveillée au football. Pour de nombreuses raisons, les entraîneurs vont et viennent souvent entre les niveaux cherchant plus de responsabilités, plus de stabilité ou une meilleure situation personnelle. Beaucoup de nos plus grands entraîneurs sont aux niveaux high school et collégiale qui sont fiers non seulement de faire la compétition pour gagner, mais aussi de fournir aux joueurs et aux équipes un développement personnel qui leur servira pur la vie.
Tableau des Salaires Estimés des Entraîneurs de Football Américain
Ce tableau présente une estimation des salaires annuels pour les entraîneurs de football américain à différents niveaux aux États-Unis.
| Niveau | Entraîneur-chef (Salaire Annuel) | Entraîneur Adjoint (Salaire Annuel) |
|---|---|---|
| NFL (Division I-FBS) | Plus d'1 million $ | Plusieurs centaines de milliers $ |
| NCAA Division II | 90 000 - 100 000 $ | 20 000 - 40 000 $ |
| NCAA Division III | 90 000 - 100 000 $ | 20 000 - 40 000 $ (Temps plein) / 3 000 - 5 000 $ (Allocation, Temps Partiel) |
| High School | Salaire d'enseignant + 2 000 - 10 000 $ (Allocation) | Allocation supplémentaire pour le coaching |
L'Importance de la Culture d'Équipe
Quand la culture est bien ancrée, forte et juste, je pense que les opinions diverses sont bienvenues et arrivent toujours à s’aligner. Mais cela doit être quelque chose qui est constamment en mouvement, parce que dès que l’on s’arrête, on n’y prend plus garde et on n’y travaille plus. C’est un peu comme un mariage. Lorsqu’on s’engage, il y a l’idéal du début, mais il faut y travailler constamment pour que cela tienne, pour que cela évolue et que l’on puisse y être constamment heureux.
Ce mariage fonctionne bien parce que c’est un club qui est modélisé autour du développement des jeunes, ce que j’adore faire. J’adore travailler avec des jeunes à juste dose, mais en faire des gagnants. C’est-à-dire, ne pas simplement simplement se focaliser sur les aspects footballistiques, mais aussi sur tous les autres aspects qui influencent la performance.
L'Entraînement : Un Élément Clé
Pour moi, l’entraînement est une source de plaisir presque supérieure au match. A l’entraînement, il n’existe pas le stress de se rater. Chaque fois que nous sortons d’une séance où les joueurs ont bien travaillé et que nous avons la sensation d’avoir progressé en tant que collectif, j’ai une satisfaction absolue. Je suis hyper heureux.
Le cœur du métier d’entraîneur, c’est l’entraînement. C’est pa...
Rob Mendez : Un Exemple Inspirant
Coach Rob Mendez: Born with no arms or legs, author of 'Who Says We Can't'
Il est né avec le tetra-amélie, un rare syndrome génétique qui l'a privé toute sa vie de bras et de jambes. Mais il n'a jamais rien lâché pour devenir coach d'un sport qu'il n'a jamais pu pratiquer, le football américain, avant d'être mis en lumière et de voir sa vie changer. RMC Sport vous raconte l'incroyable et inspirante histoire de Rob Mendez.

Son mantra, "Who says I can’t" (qui dit que je ne peux pas?), qu’on retrouve dans ses discours, avec ses joueurs ou sur des t-shirts vendus pour la bonne cause, trouve son origine dans un bal de ses années middle school, l’équivalent américain du collège. "J’ai toujours détesté quand les gens doutaient de moi, raconte Robert Mendez Jr à RMC Sport. Ça allume un feu en moi. Mes amis m’ont défié en me disant que je ne pourrais pas danser avec une des filles. Et je leur ai répondu: 'Ah oui? Qui dit que je ne peux pas?' Je me suis approché d’elle avec mon fauteuil roulant. Et on a fini par danser ensemble toute la nuit." En une anecdote, Rob Mendez vient de résumer un coach et un homme pas comme les autres.
Rob Mendez vit une histoire d’amour et de coaching avec un sport auquel il n’a jamais pu jouer, le football américain. Ce Californien de trente-deux ans est né avec le tetra-amélie, syndrome génétique congénital caractérisé par l’absence des quatre membres. Pour vulgariser, il est venu au monde sans bras ni jambes. Une maladie extrêmement rare qui ne voit que peu de cas survivre entre les morts avant la naissance et ceux juste après l’accouchement. Nick Vujicic, prédicateur et motivateur australien touché par ce syndrome, affirmait dans sa biographie que seuls sept personnes au monde vivent avec. Qu’il dise vrai ou non, ils sont peu. Et parmi eux, Rob Mendez.
Le coach qui se déplace sur un fauteuil roulant électrique actionné par ses épaules et qui dessine ses tactiques sur tableau blanc ou portable (attaché à son fauteuil et qu’il utilise avec son nez et ses lèvres) avec un feutre ou un stylet dans la bouche. "Au lieu de m’apitoyer sur mon sort, j’ai cru en mes capacités et j’ai profité à fond des opportunités", lance-t-il comme un défi à ceux qui ont douté de lui.
Pour saisir le lien qui unit Rob Mendez au coaching, il faut d’abord comprendre l’homme. Comprendre le chemin pris par une famille qui ne s’attendait pas à cela - ses parents ont appris son syndrome lors d’un ultrason au huitième mois de grossesse, sa mère avoue ne pas avoir pu le regarder pendant les deux premières semaines, son père a un temps noyé sa peine dans la boisson - mais qui a tout fait pour ne pas exclure leur fils envoyé en établissement préscolaire dès dix-huit mois. Son père, Robert Mendez Sr, détestait le mot "spécial" et lui préférait "différent". Il l’a toujours poussé à "repousser (ses) limites". A "prouver qu’ils ont tort à tous ceux qui ont un problème avec (lui)".
Grâce aux technologies adaptés, il fait du ski et de la nage. Il s’essaie aussi au bodyboard, arrive à actionner une voiture télécommandée. A neuf ans, son père le met en bas d’un escalier et lui demande de le monter. Son menton sur la marche suivante pour soulever son corps et le porter dessus, il relève le défi en une demi-heure. Avec son fauteuil, il remorque les skates des amis de son quartier. Ses potes remplissent son t-shirt d’oreillers et attachent une planche sur le devant de son fauteuil pour qu’il puisse jouer gardien dans des tournois de street hockey. Quand ils se font un basket, il est arbitre.
Devenu Maître Tacticien... sur Console
Le football américain n’est pas oublié. Devant les exploits de ses idoles des San Francisco 49ers, le jeune Rob se met sur le dos dans son salon, un ballon coincé sous le cou. Il le fait glisser vers son épaule droite qui l’envoie en l’air à la façon d’un flipper avant de le récupérer sous le cou puis de recommencer. "Les gens étaient toujours hypnotisés quand j’envoyais la balle en l’air dans une spirale parfaite, se souvient-il dans une lettre ouverte au football américain publiée par ESPN. Mais je ne connaissais pas d’autre moyen de faire ça. J’aimais le jeu. Je voulais jouer à attraper la balle. J’ai donc trouvé un moyen de le faire."
Lors de sa première année de lycée, dans sa ville de Gilroy, au sud de San Francisco et San José, alors qu’il regarde l’entraînement de ses copains à travers la grille, un des coaches lui propose de devenir manager de l’équipe. On lui offre également le rôle de speaker. Mais "(s)on esprit obsédé par le foot" aspire à autre chose. Car le garçon est devenu un maître tacticien… sur console. Jackie Castillo, sa grande sœur, lui a un jour calé une manette sous le menton. Pour ne pas trop se fatiguer dans des jeux où il faut toujours être en action, le choix se porte sur Madden, la simulation de football américain. Il devient accro. Et très bon. Quand des amis organisent un tournoi à trente joueurs au lycée, il termine deuxième.
Sur Madden, il s’amuse à créer des plans de jeu qu’il prend avec lui pour les exploiter à l’entraînement. Pour sa dernière année lycéenne, il est nommé coach des quarterbacks, position la plus importante du foot US. Il répond qu’il préfère vivre de sa passion que de gagner plus d’argent. Pendant les douze années suivantes, où il n’hésitait pas à démissionner de jobs à temps partiel en cas de conflit avec l’emploi du temps football malgré le scepticisme parental, il sera coach assistant dans cinq lycées, en attente d’une chance de devenir coach principal. Au printemps 2018, sans travail, celui qui vient d’une famille très religieuse avait même fini par implorer le ciel de lui donner un signe qu’il ne gâchait pas sa vie dans cette voie. Il arrivera quelques jours plus tard.
"Comment ce gars peut-il coacher?"
Quelques semaines plus tard, celui qui se sentait "oublié" par les recruteurs entame son nouveau job. En pleine lumière. Car ESPN et ses caméras ont décidé de le suivre toute la saison. "A la base, je pensais que ce n’était pas un vrai coach, avoue Wayne Drehs, journaliste pour le célèbre network sportif américain auteur d’un long article sur lui en février 2019, pour RMC Sport. Je me disais que quelqu’un faisait quelque chose de bien pour un jeune homme qui a eu une vie difficile. Mais quand on s’est rendu là-bas, on a été soufflé: 'Oh mon Dieu! Mais il des assistants qui peuvent le faire. Lui peut sortir un tableau blanc, mettre un stylo dans sa bouche et dessiner la tactique. Et quand on regarde ce tableau, vous n’auriez aucune idée qu’il ait utilisé sa bouche. Et son esprit… Il a tellement joué aux jeux vidéo de football américain qu’il voit des choses que d’autres coaches ne sont pas capables de voir. Quand il regarde des matches de NFL, il dit des trucs comme: 'Ils auraient dû mettre ce receveur à cet endroit-là'. Ses connaissances tactiques sont très pointues. Et il est bien sûr très inspirant et motivant pour ses joueurs. Il peut aussi être têtu et avoir la tête dure, comme les autres coaches. Il ne veut pas non plus toujours écouter les suggestions. C’est un vrai coach, à 100%!"
"Je n'ai Jamais Peur d'être Moi-même"
Ceux qui l’ont côtoyé sur un terrain acquiescent. Rob Mendez n’a jamais pu lancer une balle à un coéquipier. Mais il comprend comment le jeu marche plus que beaucoup, obnubilé par la tactique au point de se laisser parfois absorber quand il mange avec des amis et qu’un match est diffusé. Le tout doublé d’une personnalité détonante. Sa condition l’expose aux regards? Il en a fait une force. "C’est une des personnes les plus ouvertes que je connaisse, poursuit Wayne Drehs. Quand on allait au restaurant, s’il y avait deux filles assises au bar, il me disait: 'Allons-y pour dire bonjour!' Et j’étais là: 'Bordel mec, je suis marié…' Mais il le faisait. Il n’a aucune peur de parler à qui que ce soit à n’importe quel moment. Il a aussi un sens incroyable pour savoir quand quelqu’un le fixe et est gêné ou nerveux. Il va direct vers la personne et met les pieds dans le plat: 'Hey mec, comment ça va? Je m’appelle Rob. Fais-moi une tape du poing sur l’épaule.' Ça désarme tout de suite la personne en face."