L'équipe de France féminine de volley-ball a connu plusieurs changements d'entraîneurs au fil des années, chacun apportant sa propre vision et contribuant à l'évolution de l'équipe. Cet article revient sur les figures marquantes qui ont façonné l'histoire de cette équipe.

Fabrice Vial : Une Décennie au Service du Plus Haut Niveau
Fabrice Vial n'est plus le sélectionneur de l'Équipe de France Féminine de Volley. C’est par un communiqué de la FFVB que la nouvelle a été officialisée. Il prend de nouvelles fonctions au sein de la Fédération.
« Après près de 10 ans passés au contact du plus haut niveau, Fabrice Vial a choisi de transmettre l’importante expérience qu’il a su capitaliser. Entraîneur passionné et talentueux, considérablement investi au sein de la filière féminine, il a accepté de relever un nouveau défi. Fabrice aura désormais pour mission d’affiner les liens entre les structures fédérales et les clubs investis dans la poursuite de l’excelle sportive. Cette synergie est à n’en pas douter la condition sine qua non pour accompagner la réussite à venir de l’équipe de France. »
Il emmène les Bleues à la phase finale de la Ligue Européenne en 2009 et en quarts de finale du dernier Championnat d’Europe, perdus face aux médaillées de Bronze de la compétition (la Belgique).
« Fabrice a souhaité s’inscrire dans la continuité du projet fédéral, cette évolution dans sa carrière est donc tout à fait logique.
Émile Rousseaux : L'Ère des Premières Historiques
À la tête des Bleues depuis 2018 dans le cadre du projet « Génération 2024 », et auteur d’un travail « remarquable » précise la DTN, Émile Rousseaux n’a pas été reconduit à son poste. Une décision prise pour permettre de « donner une nouvelle dynamique au projet dans la perspective de la prochaine olympiade », explique la FFVB dans le même communiqué.
Alors que l’équipe de France féminine était absente des grands rendez-vous internationaux depuis des années, Émile Rousseaux lui a permis de revenir sur le devant de la scène.
« Il restera l’homme des grandes premières pour l’équipe de France féminine avec notamment les victoires en Golden League 2022 et Challenger Cup 2023 mais également des grandes premières historiques qu’ont été les premières participations en Volleyball Nations League 2024 et bien sûr les Jeux olympiques de Paris 2024 », précise le communiqué.
« Le travail accompli par Émile est remarquable, applaudit Axelle Guiguet. Il a hissé l’équipe de France à un niveau jamais atteint précédemment. L’impulsion qu’il a donnée au projet a été déterminante. Nous devons maintenant écrire la suite, et structurer un nouveau projet, avec de nouveaux objectifs ambitieux. L’équipe de France a bien grandi, et doit poursuivre son développement dans les années à venir, riche de l’empreinte laissée par Émile. »
En six ans, les Bleues sont passées de la 56e place mondiale à la19e place (en 2024).
« Malgré le scepticisme, les difficultés et diverses inerties, nous avons réussi à conduire notre équipe jusqu’à la porte des quinze meilleures équipes du monde, apprécie Émile Rousseaux. Je tiens à exprimer ma gratitude à toutes les personnes qui ont investi leur confiance, leur énergie et leurs compétences dans cette équipe de France senior. Je remercie particulièrement Éric Tanguy et Axelle Guiguet pour la confiance qu’ils m’ont toujours témoignée et pour les moyens mis à la disposition du projet féminin. »
« Après six années exaltantes, il est temps pour moi de prendre du recul et de me consacrer à d’autres objectifs personnels. En plein accord avec la fédération, je pense qu’il est désormais temps d’insuffler une nouvelle dynamique. Bon vent au volley français, et plus particulièrement au volley féminin.
Cesar Hernandez Gonzalez : Un Nouveau Chapitre
Rompu aux grandes compétitions internationales comme au Championnat français, l'Espagnol Cesar Hernandez Gonzalez, 47 ans, a été nommé sélectionneur de l'équipe de France féminine par la Fédération française, au terme d'un processus de recrutement piloté par Marc Francastel, directeur de la performance. L'expérience a parlé.
L'entraîneur des Neptunes de Nantes, qu'il a menées en finale de Challenge Cup (C3), du Championnat et au titre en Coupe de France la saison passée, a été choisi dans une short-list de six noms, parmi lesquels des techniciens français, pour un contrat de deux ans, renouvelable deux autres années.
« L'idée est de faire un point après le Championnat d'Europe 2026, une étape importante de l'olympiade », explique Axelle Guiguet, la directrice technique nationale, qui poursuivra sa mission aux côtés du président Eric Tanguy, seul candidat à sa succession lors de l'élection prévue le 17 décembre.
Après le refus de l'ancien capitaine des Bleus et entraîneur d'expérience Stéphane Antiga, sollicité en priorité, la Fédération s'est finalement tournée vers le sélectionneur espagnol, qui avait emmené les Sud-Coréennes en Ligue des nations et aux Jeux Olympiques (4es en 2021 à Tokyo) en tant qu'adjoint (2019-2021), puis entraîneur principal (2022-2023), et dirigé le Vakifbank Istanbul de 2019 à 2023 (vainqueur de la Ligue des champions en 2022 et 2023).
« Ce n'est pas que les entraîneurs français ne sont pas bons, c'était juste lui le meilleur, poursuit Guiguet, qui a fixé l'objectif d'une qualification pour les Jeux Olympiques de Los Angeles, en 2028. Et il connaît les joueuses françaises, il en a entraîné certaines à Nantes (Amandine Giardino et Halimatou Bah cette saison, Amélie Rotar et Giardino la saison dernière), et rencontre France Avenir (l'équipe du centre national de formation, engagée en Championnat). Il a également vu le travail engagé depuis 2017. »
« Je ne serai pas juste l'entraîneur, je compte bien m'investir dans un projet plus vaste, avec notamment une connexion avec les équipes de France jeunes pour développer de nouvelles joueuses, mais également avec les entraîneurs de clubs qui travaillent bien, pour continuer à faire grandir le volley-ball français, a déclaré Hernandez via le communiqué de la FFvolley. Je sais d'où vient l'équipe de France, elle a beaucoup progressé ces huit dernières années. »
En attendant de composer son staff, qui devrait accentuer le suivi médical des joueuses, Cesar Hernandez dirigera les Bleues dès cet été pour leur deuxième saison en Ligue des nations (à partir du 2 juin 2025), avec l'objectif de s'y maintenir, puis au Championnat du monde en Thaïlande (22 août-7 septembre), le premier depuis 1974 pour l'équipe de France, en visant un quart de finale.
Voici un tableau récapitulatif des objectifs de Cesar Hernandez :
| Compétition | Objectif |
|---|---|
| Ligue des Nations | Maintien |
| Championnat du Monde en Thaïlande | Quart de Finale |
| Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 | Qualification |
Après avoir débuté son parcours de coach dans des clubs espagnols, il a notamment été entraineur adjoint de l’équipe nationale de Corée lorsqu’elle a été quatrième aux Jeux Olympiques de Tokyo.
Arrivé à Nantes à l’été 2023 en tant qu’entraîneur principal, Cesar Hernandez aura réussi une première saison convaincante avec les Neptunes, victorieuses de la Coupe de France 2023/2024, le premier trophée de l’histoire du club, puis finaliste du Championnat de France.
Marc Francastel, directeur de la performance des équipes de France féminine et masculine : « Après avoir étudié toutes les candidatures et nous être entretenus avec les six personnes que nous avions retenues, notre choix s’est porté sur Cesar Hernandez. Sur le plan technique, il est dans la continuité d’Emile Rousseaux, à savoir un féru de statistiques et d’analyses des adversaires. Son parcours fait que nous pensons que c’est quelqu’un qui va continuer à faire progresser les joueuses techniquement, parce que toutes en expriment le besoin. Elles sont montées en compétences, mais savent qu’elles doivent encore progresser. Nous sommes persuadés que Cesar correspond à ce besoin d’évolution. Les filles ont goûté cette année au très haut niveau, avec la Volleyball Nations League et les Jeux, elles ont adoré et sont très motivées pour continuer à se frotter à ce qui se fait de mieux au niveau international aux côtés de Cesar.
Axelle Guiguet, directrice technique nationale de la Fédération Française de Volley : « Ce qui a fait pencher la balance en faveur de Cesar, c’est son parcours et son expérience, deux atouts qui nous ont semblé opportuns au regard du projet féminin et du parcours de cette équipe de France, parvenue sous la houlette d’Emile Rousseaux à progresser au classement mondial et à se qualifier pour la Volleyball Nations League. Le fait que Cesar ait déjà vécu les Jeux mais également la VNL, avec en outre une grosse expérience en club, nous ont convaincus que c’était l’entraîneur qu’il nous fallait pour poursuivre ce projet ambitieux.
Eric Tanguy, président de la Fédération Française de Volley : « Je fais entièrement confiance à Cesar Hernandez pour continuer à faire progresser l’équipe de France féminine. C’est un entraîneur que l’on connaît, qui évolue dans le Championnat de France, puisqu’il est actuellement à la tête des Neptunes de Nantes. Il a déjà entraîné en club des joueuses de notre équipe de France et a performé en gagnant la Coupe de France 2024 et en étant vice-champion de France. Il a donc montré qu’il était capable d’obtenir des résultats avec des joueuses françaises auxquelles il a su faire de la place. Il s’est en outre montré très motivé pour entraîner la sélection, je suis persuadé qu’il saura porter haut les couleurs de la France et de poursuivre ce beau projet initié en 2017, avec désormais la perspective des Jeux Olympiques 2028. Il contribuera à montrer l’ambition de la fédération pour notre équipe de France féminine.
Cesar Hernandez, sélectionneur de l’équipe de France féminine : « Quand j’ai su que la Fédération Française de Volley cherchait un successeur à Emile Rousseaux, j’ai souhaité me porter candidat parce que je pense que j’ai désormais une certaine connaissance du volley-ball français, des clubs, des entraîneurs et des joueuses qui y évoluent, puisque je suis entraîneur de Nantes depuis un an et demi. J’ai travaillé la saison dernière avec certaines joueuses de l’équipe de France, c’est encore le cas cette saison et je les ai bien sûr suivies l’été dernier, j’ai un bon feeling avec elles. J’ai donc pensé que ça pouvait être une bonne opportunité d’entraîner une équipe de top niveau international et d’intégrer une fédération majeure, double médaillée d’or olympique avec l’équipe de France masculine. C’est la preuve qu’elle connaît les ingrédients pour bien performer. Je suis très heureux et très fier d’avoir été choisi. C’est un honneur pour moi de devenir l’entraîneur de l’équipe de France féminine. Je tiens au passage à remercier le club de Nantes, ses supporters, mais aussi ma famille qui me soutient. Je ne serai pas juste l’entraîneur, je compte bien m’investir dans un projet plus vaste, avec notamment une connexion avec les équipes de France jeunes pour développer de nouvelles joueuses, mais également avec les entraîneurs de clubs qui travaillent bien pour continuer à faire grandir le volley-ball français. Je sais d’où vient l’équipe de France, elle a beaucoup progressé ces huit dernières années.
Emile Rousseaux et son staff ont réussi à intégrer des nouvelles joueuses qui ont contribué à développer l’équipe, ce qui lui a permis de se qualifier pour la Volleyball Nations League. Elle a mérité de jouer cette compétition. La saison dernière, ce groupe a affronté pour la première fois des adversaires qui sont au sommet du volley-ball international. L’apprentissage a logiquement été difficile. L’objectif sera de continuer à le faire grandir et d’arriver à poser plus de difficultés à ces équipes. Je sais qu’il y a beaucoup de travail, mais je suis ambitieux, on va travailler dur pour continuer à progresser et donner la meilleure version possible de l’équipe de France.
Cesar Hernandez Gonzalez: Which ambition did you have and what is driving you. | VolleyBrains.com
Le Départ de Cesar Hernandez de Rzeszow
Sélectionneur des Bleues depuis décembre 2024, l’Espagnol Cesar Hernandez Gonzalez (48 ans) était également l’entraîneur de Rzeszow (Pologne). Ce n’est plus le cas depuis mardi, l’entraîneur de l’équipe de France ayant été remercié par le club polonais.
L'entraîneur de l'équipe de France viré ! Pas des Bleues, mais de son club. Le technicien espagnol de 48 ans ayant pris en main les Françaises depuis décembre 2024 ne possède pas uniquement à ce jour la casquette de sélectionneur.
Cesar Hernandez Gonzalez est également, et ce depuis cet été, le coach de Rzeszow. Plus exactement, il était également le coach de Rzeszow. Car depuis ce mardi, le Madrilène qui avait étrenné la fonction avec l'Espagne en 2002 puis beaucoup plus tard (en 2022) avec la Corée du Sud, qu'il avait d'abord découverte en tant qu'adjoint de l'entraîneur principal, ne se trouve plus à la tête des Polonaises. L'ex-homme fort de Nantes en Ligue A féminine a été remercié, annonce son désormais ex-club dans un communiqué.
Un choix sportif uniquement et lié aux derniers résultats de l'équipe, à en croire cette même publication. "Cette décision fait suite à une analyse de la situation actuelle de l'équipe, indique le communiqué du club. Le conseil d'administration a déterminé qu'elle avait besoin d'un nouvel élan et d'une motivation supplémentaire pour défendre efficacement son titre de champion de Pologne et atteindre ses plus hauts objectifs sportifs."
Hernandez Gonzalez ne semble pourtant pas avoir grand-chose à se reprocher, puisque Rzeszow est non seulement leader du championnat de Pologne mais aussi toujours en course en Ligue des Champions à l'aube des quarts de finale. Seule l'élimination, récente, en demi-finale de la coupe nationale peut donc avoir motivé cette volonté pour le club polonais également titré cette saison en Supercoupe sous les ordres du sélectionneur des Bleues de se séparer de celui qui avait permis aux Tricolores - finalement 8es - de disputer en septembre dernier face au Brésil le premier quart de finale de l'histoire de la sélection dans un championnat du monde.
A Nantes, l'Espagnol, qui sera remplacé sur le banc polonais par son adjointe Jelena Blagojevic, avait également contribué à marquer son passage de son empreinte. Sous la coupe de l'ancien membre du staff du Cannet, les Neptunes avaient ainsi écrit la plus belle page de leur histoire en remportant leur premier titre (la Coupe de France en 2024) et en disputant lors de cette même année leur première finale de Coupe d'Europe, en Challenge Cup.
S'il désire conserver la casquette d'entraîneur en plus de celle de sélectionneur, Hernandez (ou Hernandez Gonzalez au choix) ne devrait pas avoir de mal à trouver très vite de nouvelles couleurs où rebondir.