L'histoire du Club Volley Casablanca et les échos du Maroc sportif et culturel

Le Maroc, terre de sport et de culture, s'affirme de plus en plus comme un leader dans le domaine sportif, non seulement en Afrique, mais également à l'échelle internationale. Sous l'impulsion de SM le Roi Mohammed VI, le Maroc mène une politique très ambitieuse de développement de ses infrastructures sportives dans le cadre des préparatifs pour l'accueil de la CAN 2025 et de la Coupe du Monde 2030, qu'il co-organisera avec l'Espagne et le Portugal.

Complexe sportif Mohammed V de Casablanca

Cette politique volontariste vise à répondre aux standards internationaux exigés par la FIFA et la CAF, tout en consolidant la place du Royaume comme hub sportif continental, régional et mondial. Dans ce sens, le Maroc continue d'investir massivement dans ses infrastructures sportives pour accueillir des événements internationaux de grande envergure comme la Coupe d'Afrique des Nations et le Mondial 2030.

Le Complexe sportif Mohammed V de Casablanca

Inauguré officiellement en 1955, le Complexe sportif Mohammed V a été le théâtre des plus grands événements et tournois sportifs organisés dans le Royaume. Le Complexe sportif Mohammed V de Casablanca, qui a fait peau neuve suite à un projet de réaménagement de grande envergure, ouvre ses portes à l’occasion du derby qui a opposé le Wydad au Raja, pour le compte de la 26è journée de la Botola Pro D1 « Inwi » de football.

Entamés en mars 2024, les travaux, qui ont pris fin en mars 2025, ont consisté, selon des données de l’Agence nationale des équipements publics (ANEP), en le remplacement des 45.000 sièges de ce temple du football national, la mise à niveau de la tribune presse, du système de sonorisation, de vidéosurveillance et de contrôle d’accès.

Les travaux ont porté en outre sur la construction d’un bâtiment pour la régulation et la séparation totale des différents flux, l’aménagement de la nouvelle rampe d’accès pour les bus des joueurs, du parking VIP, VVIP et du TV compound. Ils ont concerné également l’aménagement de 4 vestiaires et des salles d’échauffement, la création de la zone mixte et du nouveau tunnel central pour les joueurs, le remplacement de la pelouse (hybride, dernière génération), la réfection de la piste d’athlétisme, la mise à niveau de l’éclairage et le remplacement des écrans publicitaires.

Il s’agissait aussi de l’aménagement des salons VIP et média, de la construction de la nouvelle salle de conférences, de la création des loges, de la mise à niveau des sanitaires, buvettes et infirmeries publiques, outre l’augmentation du nombre des portes et de contrôle d’accès. À l’extérieur du stade, les travaux ont consisté en la réfection des trottoirs et des espaces verts, la mise à niveau de l’éclairage extérieur, la réfection de la clôture et la mise à niveau de l’annexe.

Les Ultras Winners 2005 célèbrent à Paris

Vendredi soir, les Ultras Winners 2005, la branche parisienne des supporters du Wydad Casablanca, ont enflammé le XVIe arrondissement de la capitale à l'occasion des 20 ans de l'association. Les supporters marocains du Wydad Athletic Club, basé à Casablanca et actuel 2e du Championnat, ont bruyamment célébré les 20 ans du groupe Ultras Winners 2005, dans la nuit de vendredi à samedi, à Paris. « Comme Casa, comme Paris... Partout où on est, on est chez nous », ont-ils publié sur X via leur compte Wydad Red Castle.

Des supporters du Wydad Casablanca ont célébré les 20 ans de leur club autour de la Seine

Les aficionados du club le plus titré du Maroc (17 sacres) ont déployé un grand nombre de fumigènes et de feux d'artifice dans le XVIe arrondissement de la capitale. À l'occasion de leurs 15 ans, les Ultras Winners avaient déjà organisé des célébrations similaires à Lyon. Les vidéos montrent les ponts de Grenelle et Mirabeau enveloppés de fumée rouge, des feux d'artifice tirés sur les deux rives de la Seine et la Tour Eiffel en arrière-plan.

Le Club Olympique Casablancais : un héritage catalan

C’est une famille catalane expatriée à Casablanca pour y ouvrir une usine de chaussures de cuir qui a créé la toute première équipe de rugby au Maroc en 1919 : le Club Olympique Catalan. Pourtant, ici dans ce coin du quartier de la Ferme Bretonne, coincé entre le Wydad et le Raja, les deux clubs phares de football, tout rappelle le Pays Catalan. Chaque recoin du stade, des tribunes, du siège, du club house réfléchit le sang et l’or.

Jusqu’à cette vieille porte des premières heures du Club Olympique Catalan, fardée de jaune et rouge, posée à l’entrée des vestiaires. Désormais animé que par le tennis et le rugby à XV. Profondément enracinée comme ces palmiers qui bordent la pelouse jaunie, le COC, devenu depuis le Club Olympique Casablancais était jadis omnisports (handball, cyclisme, football, volley-ball et ski).

A la fin du Protectorat, le salut du COC passait forcément par la « Marocanisation » de l’effectif. Aujourd’hui, fier de ses presque 500 licenciés et lesté de plusieurs titres de champions, le club, figure comme le fleuron du rugby local. « L’équipe avait pris la route pour Oujda, à 600 kilomètres, pour une rencontre de championnat. Le bus a mal négocié un virage et a dévalé un ravin vers Matmata, dans la province de Mata. Un accident qui a causé la mort de six personnes, dont trois joueurs, le chauffeur, le mécano et un dirigeant », explique en étranglant les émotions Latif Ouasfi, l’ancien talonneur d’un club dont les jeunes sont invités chaque saison à disputer le Challenge Desclaux à Perpignan. Histoire d’entretenir les liens avec la Catalogne.

« Nous avons une convention avec l’USAP, Thuir, St-Sulpice-la-Pointe et le Stade Toulousain dont l’Académie vient en stage dans une dizaine de jours, continue le « boss » Nasser Bougja, qui a joué quelques saisons au TOEC d’Eric Bonneval, lors de ses études de droit à Toulouse. Le COC est un club qui vit notamment grâce à nos 350 enfants de l’école de rugby (dirigée par un enseignant français Thierry Albin), dont une trentaine de féminines.

Nous comptons aussi une équipe de coopérants et avons passé des accords avec de nombreuses écoles élémentaires de Casablanca et un orphelinat « Bab Rayan » rappelant les Barbarians pour évangéliser la pratique du rugby. Mais pas que puisque nous leur proposons des formations de secourisme, d’arbitrage avec la mission française », rajoute Nabil Mossadder, le directeur technique du club.

Championnat d'Afrique de volley U16

Les championnats d’Afrique de volley-ball U16 viennent de consacrer une hégémonie inédite dans l’histoire de la discipline sur le continent. Pour la première fois, les nations du Maghreb ont réalisé l’impensable : monopoliser l’intégralité des quatre premières places, tant chez les garçons que chez les filles. La compétition, qui s’est déroulée du 22 au 31 août 2025 en Tunisie, a vu s’affronter les meilleures sélections continentales. Cependant, dès les phases de poules, une tendance lourde se dessinait.

La finale féminine de cette édition opposait l’Égypte à la Tunisie. C’est l’équipe égyptienne qui est montée sur la plus haute marche du podium en dominant la Tunisie 3 sets à 0 (25-18, 25-19, 25-16), confirmant ainsi l’excellence de sa formation chez les jeunes. L’Algérie, solide et combative, a décroché la médaille de bronze après une victoire nette (3-0) face au Maroc, faisant preuve d’un collectif prometteur.

Du côté masculin, la compétition a aussi été dominée par les jeunes Pharaons. Et comme chez les filles, ils ont battu en finale la Tunisie 3-0 (25-17, 25-20, 25-19). Au-delà des résultats, ce championnat U16 a démontré la montée en puissance de la formation maghreine en volley-ball. Le tournoi aura ainsi permis de révéler les futurs ambassadeurs du volley africain, dans une ambiance fraternelle et dans le respect des valeurs sportives.

Volley-ball

L'immigration marocaine en France : témoignage de Mohammed Rachidi

Entre août 1969 et septembre 1970, des milliers de Marocains ont quitté leur pays pour venir travailler dans une France en manque de main-d’œuvre. Il est parti sans connaître sa destination finale avec, pliés au fond d’une poche, un billet Casablanca/Lyon-Perrache délivré par l’Office français d’immigration et un contrat de travail, d’une durée de six mois, où ne figurait pas le nom de son futur employeur.

Une maigre valise dans une main, un sac lesté de corned-beef, de pain, de fromage et de fruits dans l’autre - un viatique offert à tous les travailleurs immigrés en partance -, il a pris un bateau à Tanger, jusqu’à Algésiras, avant de poursuivre sa route par le rail. Parvenu dans la capitale des Gaules, via Madrid, Barcelone, Portbou, Béziers et Nîmes, il a sauté dans un autre train. Direction le Doubs.

« C’est seulement en arrivant en gare de Montbéliard, le dimanche 20 septembre 1970 à 18 h, qu’on m’a dit que j’allais travailler chez Peugeot à Sochaux », raconte Mohammed Rachidi. Il avait dix-neuf ans. Des contrats de travail… payants Les contrats de travail permettant de rêver à un avenir radieux sur le sol français étaient monnayés par un notable local pour le compte d’une autorité supérieure, une sorte de sous-préfet.

La corruption était omniprésente au Maroc : « 1 000 dirhams pour un contrat en usine, soit 1 100 francs de l’époque, et 500 dirhams pour un contrat dans une ferme », se souvient-il. C’est son père, salarié d’une entreprise d’emballage et d’exportation d’agrumes, qui a dénoué les cordons de sa bourse. « Aller travailler en France, c’était une immense opportunité. Chez moi, on était douze frères et sœurs ! » Chaque mois, il envoyait à ses proches un mandat représentant la moitié de son salaire gagné à Sochaux. « Ici, je me privais, mais grâce à cela, l’un de mes frères a pu faire des études ».

« Montbéliard, 5 minutes d’arrêt ! », avait lancé le contrôleur de la SNCF à sa descente du train en septembre 1970. Pour lui, cet arrêt dure depuis près de cinquante ans. En juin 1969, le directeur des usines Peugeot de Sochaux se rend au Maroc avec deux de ses adjoints afin de mettre au point un programme de recrutement. Cette politique passe par la mise en place de formations et d’un encadrement spécifique (moniteurs interprètes), ainsi que par la construction de logements.

L’hébergement prend la forme de préfabriqués, de baraquements, de foyers-hôtels. Dans leur grande majorité, les travailleurs immigrés sont célibataires, mais les regroupements familiaux existent. Au début des années soixante-dix, sur un millier de Marocains, environ 130 sont mariés. En 1974, 30 % des ouvriers du secteur Carrosserie sont étrangers (un taux toutefois inférieur à celui des usines parisiennes).

Mohammed Rachidi est originaire de la ville de Zenata située entre Casablanca et Mohammedia. Au Maroc, il décroche un diplôme en mécanique générale, l’équivalent du CAP français, avant de passer un concours d’aide dessinateur pour intégrer l’Office chérifien des phosphates (OCP). Les Marocains sélectionnés pour venir en France après une batterie de tests rejoignent les secteurs de l’agriculture, de l’industrie ou du BTP et occupent les postes les plus difficiles et ingrats.

En 1972, Mohammed Rachidi gagne 1 200 francs par mois (avec deux samedis travaillés), une somme versée en deux fois. Peugeot prélève directement sur la paie le prix des chambres : 148 francs pour celle de Mohammed au fort Lachaux. En 1989, à l’aube de ses 40 ans, il quitte Peugeot. Il s’investit dans le milieu associatif et contribue à la création de l’ATMF, l’association des travailleurs marocains en France, qui mène toute une série d’actions sociales dont l’aide aux devoirs pour les enfants. Suite à l’explosion des radios libres permise par François Mitterrand arrivé au pouvoir en 1981, il lance avec des copains, Radio Amitié - « fréquence 99.2 ! » - en installant un studio dans un appartement à Étupes. Les programmes sont diffusés en arabe et en français.

Père de quatre enfants, il est retourné chaque été au Maroc (pendant l’arrêt de la production à l’usine de Sochaux). Retraité depuis 2010, il a obtenu la nationalité française au début des années 2000. Il y a rencontré sa femme (mariage en 1980).

Statistiques clés sur l'immigration marocaine

Cette table présente des données clés sur l'immigration marocaine en France dans les années 1970.

Année Nombre de Marocains travaillant chez Peugeot Sochaux Pourcentage d'ouvriers étrangers dans le secteur Carrosserie
Début des années 1970 Environ 1 000 30% (en 1974)

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