Retracer l’histoire du rugby lédonien revient à raconter une histoire d’amour entre ce sport et son public. À Lons, c’est une évidence, le ballon ovale tient une place bien particulière. Il suffit de se rendre au stade Dumas, à Montmorot, les jours de matchs pour apercevoir les tribunes pleines à craquer de supporters.
Si le club a redémarré il y a 5 ans, pour se retrouver en 2014 en fédérale 3, c’est que des passionnés sont toujours au rendez-vous après plus d’un siècle.
Preuve en est que le centenaire du cercle sportif lédonien (CSL) suscite bien de l’engouement.

Les débuts et l'ascension du club
Beaucoup ont en tête la saison de la consécration où en 2000 le club monte en Fédérale 1, accompagné de son bouclier de Brennus. Plus de 2 000 fans envahissent le centre-ville le lendemain.
Samedi 14 juin, la ville vivra une journée particulière : le rugby fête ses 100 ans. Le public lédonien sera au rendez-vous.
« Quand nous avons décidé de faire une fête pour les 100 ans, nous avons reçu beaucoup de témoignages de sympathie. Je n’en reviens toujours pas », reconnaît le président du club, Jean-Pierre Badin.
« Bénévoles, supporters et anciens joueurs se sont mobilisés pour faire de cet anniversaire un grand moment, qui a nécessité des mois d’organisation. Mais nous avons voulu marquer le coup ! », ajoute Marie-Pierre Culat, une des coordinatrices de l’événement.
D’anciens licenciés seront de la partie, et des joueurs professionnels feront spécialement le déplacement à l’image de Franck Romanet et de Vinaya Waka du LOU en Top 14. Plus de 1 000 invitations ont été envoyées.
Concernant les seniors, les sources de motivation, outre l’arrivée de Ratuvou, ne devraient pas être difficiles à trouver, à commencer par le coup de tonnerre en 2019. Vainqueurs surprise au match aller à La Tour-du-Pin, Lons avait ensuite cédé à domicile.
« Il y avait un traumatisme, reconnaît le président. Et il y a un goût d’inachevé sur les dernières saisons. Les joueurs et les entraîneurs sont enthousiastes.
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L'association des amis de l'école de rugby
Jean-Marie Meulle, co-créateur de l'association des amis de l'école de rugby du cercle lédonien, a souhaité raconter sa version des faits, étant en désaccord avec la version de l'histoire récente décrite par Joël Tomakplekonou, président du Cercle Sportif Lédonien.
Premièrement, quand il est expliqué que l'association des amis de l'école de rugby fut créée en 2009 en « parallèle du club », c'est à dire en opposition : c'est une aberration !
Le club avait déposé le bilan, et nous avions pris la décision -avec plusieurs bénévoles- de créer notre association afin de permettre aux jeunes de continuer à pouvoir jouer au rugby à Lons, mais également de générer un peu de profit pour leur permettre d'avoir des cadeaux de Noël, de faire des Tournois de fin de saison... On ne s'occupait que de l'école de rugby.
Finalement le Club Sportif Lédonien fait place au Cercle Sportif Lédonien, et les deux associations avancent main dans la main. Au printemps 2019. Durant une réunion, le président et le vice-président du club nous ont fait comprendre qu'il était préférable que l'on rentre dans le rang, que les amis de l'école de rugby intègrent le club et qu'on ne devienne qu'une seule entité.
Sauf que nous n'avions pas le sentiment d'être deux entités différentes : nous étions simplement l'école de rugby du CSL, indépendante de l'équipe Seniors.
Non, car si nous avions fusionné, différents parents auraient quitté le club. Ils voulaient aider l'école de rugby de leurs enfants, pas nécessairement un club d'Honneur ou de Fédérale 3.
Le climat s'est dégradé petit à petit et on a vite compris qu'il n'y aurait pas de retour en arrière possible.
De notre côté, nous refusions de perdre notre visibilité et notre personnalité en intégrant le club. On voulait garder notre image et notre identité auprès de nos partenaires, de la ville de Lons, du conseil départemental.
Nous ne savions pas ce qui allait arriver : allaient-ils respecter leurs engagements ? Continuer les arbres de Noël des enfants ? Les tournois de fin de saison ? Pas forcément... Et c'est pour cela que ç'a été au clash.
Il n'y avait pas vraiment d'autre issue possible. Nous avons donc fini par rompre avec la direction actuelle : il y a eu les départs de sept bénévoles, dont cinq possédant le Brevet Fédéral et un arbitre, puis l'association a été mise en sommeil, avec l'accord du président et du bureau directeur.
Un nouvel entraîneur pour un nouveau départ
Après Silvère Tian, présent sur le banc lédonien, lors des deux dernières saisons tronquées, le CS Lons a accueilli un nouvel ancien joueur professionnel sur son banc.
Il s’agit de « Mojee » Ratuvou, passé par Massy, Lyon, Pau, Chambéry, Rouen, Bédarrides et... Lons, à son arrivée en France. Performance qui lui avait valu dans la foulée de recevoir un oscar Midi Olympique.
De ses premières saisons au CSL, il a gardé des amitiés durables, à commencer par Victor Bussot, avec qui il fera équipe sur le banc.
« C’était une bonne opportunité pour lui et pour nous, se réjouit le président, Joël Tomakplekonou. Mojee est l’enfant du club ! Il connaît la ville, le club, les bénévoles. Boucler la boucle était une évidence pour lui. Je suis content qu’il ait accepté de relever le challenge avec nous.
Le défi pour l’ancien ailier professionnel et ses camarades lédoniens sera de rejoindre la Fédérale 2. Retombé en Honneur après avoir longtemps fréquenté la Fédérale 1, le club est pensionnaire de la Fédérale 3 depuis cinq saisons.
Mais il lui manque encore ce petit plus pour franchir le cap. « Nous n’allons pas nous cacher derrière notre petit doigt. Nous avons une bonne génération de joueurs avec qui nous voulons le faire. Nous avons besoin de quelqu’un qui passe beaucoup de temps avec les joueurs. Mais nous ne voulons pas griller les étapes.
