Le club hongrois Ferencváros a marqué l'histoire du football, tant au niveau national qu'international. Cet article explore les moments clés de son parcours en Ligue des Champions, ainsi que les figures emblématiques qui ont contribué à sa légende.
En venant à bout de Molde en barrages (3-3, 0-0), le club hongrois de Ferencvaros s'est qualifié pour la phase de groupes de la Ligue des champions pour la première fois depuis 25 ans. Les historiens du foot ont dû avoir le sourire, ce mardi soir. En obtenant le 0-0 à domicile contre Molde après son 3-3 acquis en Norvège à l'aller, Ferencvaros s'est qualifié, grâce aux buts inscrits à l'extérieur, pour la phase de groupes de la C1. Une première depuis 25 ans. Le club de Budapest figurera dans le chapeau 4 lors du tirage au sort, ce jeudi.
Lors de la saison 1995-1996, le club hongrois avait terminé troisième de sa poule, derrière l'Ajax Amsterdam et le Real Madrid, mais devant le Grasshopper Zurich. Club du Ballon d'Or 1967 Florian Albert, Ferencvaros, vainqueur de la Coupe des villes de foires 1965 (1-0 contre la Juventus), sera même le premier représentant hongrois à ce stade de la compétition depuis Debrecen en 2009-2010.
Juventus 2-1 Ferencvaros | Champions League 20/21 Match Highlights
Les moments mémorables du football hongrois
Voir un match de football en Hongrie peut être une expérience fascinante à plusieurs niveaux. Tout d’abord, la Hongrie a une longue et riche tradition dans le domaine du football avec une histoire ponctuée de moments mémorables. Le pays a été 2 fois finalistes de la Coupe du Monde en 1938 et 1954 et a remporté 3 fois les Jeux Olympiques en 1952, 1964 et 1968. Vous aurez la chance d’assister à un sport qui est profondément ancré dans la culture et l’histoire du pays. Les équipes hongroises ont participé à des compétitions internationales majeures et cela se reflète dans l’engagement passionné des fans locaux.
Les supporters hongrois sont connus pour leur passion débordante et leur soutien inconditionnel à leurs équipes respectives. Cela passe par la sélection nationale extrêmement suivie aux quatre coins de l’Europe par les hongrois. Assister à un match en Hongrie et tour particulièrement le derby Ferencvaros-Ujpest, c’est vivre une expérience unique en termes d’ambiance !
Dans la Ligue de Football Hongroise, les rivalités historiques se dévoilent à travers des duels épiques entre clubs emblématiques. Ces confrontations sont le cœur battant du football hongrois, captivant les fans et créant des moments inoubliables.
Les stades emblématiques
Le stade Ferenc Puskás, situé à Budapest, est l’un des stades les plus emblématiques de Hongrie. Il porte le nom du légendaire footballeur hongrois Ferenc Puskás, considéré comme l’un des meilleurs joueurs du XXème siècle. Le stade est le domicile de l’équipe nationale hongroise et parfois du club de Ferencváros TC lors des matchs de Coupe d’Europe afin d’accueillir un maximum de monde pour soutenir « Fradi » (leur surnom). Il peut accueillir plus de 67 000 spectateurs.
Situé également à Budapest, le Stade Groupama Arena est le domicile du club de football Ferencváros TC, l’un des clubs les plus populaires de Hongrie. Le stade a une capacité de plus de 22 000 spectateurs et est connu pour son atmosphère assez bouillante lors des matchs à domicile de l’équipe.
La Pancho Aréna, situé à Felcsút, à la périphérie de Budapest, est le domicile du club de football Puskás Akadémia FC. De l’extérieur c’est un véritable bijou architectural aux antipodes des stades modernes que nous pouvons connaitre.
Au niveau national, le Ferencváros a remporté de nombreux championnats hongrois (Nemzeti Bajnokság I) au cours de son histoire glorieuse, faisant de lui l’un des clubs les plus titrés du pays. Le club a également ajouté plusieurs Coupes nationales hongroises (Magyar Kupa) à son tableau de chasse.
En compétitions internationales, le Ferencváros a participé à des tournois prestigieux tels que la Ligue des champions de l’UEFA et la Ligue Europa de l’UEFA où il a représenté la Hongrie avec fierté. Bien qu’il n’ait pas remporté de titre majeur en Europe, sa participation à ces compétitions témoigne de son statut de club de haut niveau sur la scène européenne.
Les supporters de Ferencváros jouissent d’une belle cote et les tribunes de la Groupama Arena sont toujours très bien remplies.
Budapest, la capitale de la Hongrie, est le lieu idéal pour vivre l’émotion intense d’un match de football. Cette ville magnifique, située au cœur de l’Europe, combine une riche histoire, une culture vibrante et une passion dévorante pour le football. Au cœur de Budapest, la capitale hongroise, se cachent de nombreuses spécificités locales qui captivent les visiteurs venus des quatre coins du monde.
L’éclat doré du Parlement hongrois, perché sur les rives du Danube, offre une belle image de la ville et le rendu est encore plus magnifique de nuit. Il symbolise la grandeur architecturale de Budapest et son histoire politique riche.
La balade sur le Danube en bateau est un incontournable pour apprécier la ville et ses spécificités. Les bains thermaux sont une autre spécificité qui vous plonge dans l’histoire séculaire de la ville. Les hongrois ont depuis longtemps reconnu les vertus curatives de ces sources thermales naturelles. Le Széchenyi Thermal Bath, avec son architecture néo-baroque, et le Gellért Thermal Bath, doté d’une piscine intérieure spectaculaire, sont parmi les plus célèbres de la ville.
Vous pourrez vous baigner et profiter des bienfaits des thermes qu’il fasse 30° dehors ou seulement 5°. La cuisine hongroise est une expérience gastronomique à part entière, alliant des saveurs riches et robustes à une tradition culinaire profondément enracinée. En Hongrie, la nourriture est bien plus qu’une simple nécessité ; elle est une célébration de la vie, de la culture et de l’hospitalité.
Au cœur de la cuisine hongroise se trouve le paprika, une épice qui confère aux plats une couleur vibrante et une saveur épicée. Le goulasch hongrois, un ragoût de bœuf au paprika, en est l’exemple le plus célèbre. Les paprikas farcis, les saucisses épicées et les ragoûts de porc abondent également dans la cuisine hongroise.
Les plats hongrois sont souvent copieux et réconfortants, parfaits pour les hivers froids du pays. Les noms des plats, tels que le pörkölt et le lecsó, évoquent une tradition transmise de génération en génération. Les hongrois sont fiers de leur cuisine et vous en profiterez gustativement.
Les desserts hongrois sont tout aussi délicieux, avec des strudels aux pommes, des beignets appelés « langos » et le célèbre gâteau Dobos, une merveille de pâtisserie.
Les Légendes du Football Hongrois
Plusieurs joueurs hongrois ont marqué l'histoire du football, tant par leurs performances en club qu'en équipe nationale. Parmi eux, certains ont également brillé en Ligue des Champions.

Sandor Kocsis: "Tête d'Or"
S'il y a l'ombre d'un doute, c'est surtout pour ce qui s'est passé avant cet automne 1956. Quand Kocsis réalisait l'impossible et affolait les compteurs comme personne auparavant. Comme personne après d'ailleurs. Si le buteur hongrois n'a pas exactement laissé la place qu'il méritait dans l'histoire du football, ses statistiques restent indélébiles et inégalées : 287 buts en 265 matches en club, avec Ferencvaros et le Honvéd, et 75 buts en 68 sélections avec la Hongrie. Jusqu'à l'arrivée des chars russes dans Budapest, il tournait à plus d'un but par match en moyenne.
Le Honvéd et l'équipe de Hongrie, c'était quasiment la même chose. Avec Ferenc Puskas, Sandor Kocsis, Laszlo Budai et Zoltan Czibor, les deux équipes alignaient le même quatuor d'attaque. Un carré infernal et sans rival. Il y avait encore d'autres arguments pour permettre aux "Mighty Magyars" d'imposer leur suprématie à tout la planète. En pointe de ces deux équipes, Kocsis était appelé à régner sur le monde. Il aurait fait un roi magnifique.
Kocsis, c'était la classe. Ses statistiques laisseraient croire que le joueur avait l'égoïsme du buteur chevillé au corps. Il n'en était rien. Cela ne collait pas avec sa personnalité. Si l'attaquant hongrois n'a pas pris autant de lumière qu'il le méritait, c'est d'abord parce qu'il la laissait volontiers aux autres. Aussi parce que son jeu se prêtait bien à faire briller ceux qui l'entouraient. Pas de touche de balle superflue, une volonté perpétuelle de jouer vers l'avant… Son sens du but dépassait le cadre de la finition. En cela, Kocsis était déjà un régal de coéquipier.
Mais aussi, quand même et surtout, un incroyable finisseur. Il avait tout l'attirail. La technique, la vitesse, la qualité des appels, l'instinct pour trouver l'angle de tir et le geste juste. Et bien sûr cette capacité unique à dominer dans les airs. "Tête d'Or", ce surnom lui allait tellement bien. Il avait le placement, le timing, la détente. Mais surtout cette faculté unique à donner une puissance et une précision maximales dans chacun de ses coups de boule.
Quand la Coupe d'Europe des clubs champions a vu le jour en 1955, le Honved, champion en titre, a refusé de participer et laissé sa place au MTK, l'autre club phare de Budapest. Il n'a fait ses débuts dans la compétition l'année suivante avec une défaite à Bilbao (3-2). Le retour n'a pas eu lieu à Budapest. Les joueurs ont refusé de rentrer en Hongrie où la situation politique était devenue trop instable. Le match s'est joué à Bruxelles, le Honvéd s'est fait sortir sur un nul (3-3) et ses joueurs se sont exilés aux quatre coins du monde. Kocsis ne le savait pas encore, mais il venait de mettre un point final à son histoire avec la Hongrie.
Il en restera quatre titres de champions (avec Ferencvaros en 1949, puis avec le Honvéd en 1952, 1954 et 1955). Il en restera aussi cette médaille d'or olympique aux Jeux d'Helsinki en 1952. Kocsis boucle le tournoi avec six réalisations. Il marque à chaque tour de la compétition. Déjà. Avant de rester muet en finale. Déjà. L'éclat du buteur, plus brillant que jamais dans une finale, il le laisse à Czibor et Puskas. Déjà.
Deux ans plus tard, le scénario est furieusement identique. À un miracle près qui fait toute la différence. Avant que Berne ne devienne le théâtre de l'événement le plus irrationnel de l'histoire du football, Kocsis avait déjà défié toutes les lois de la rationalité. Un triplé face à la Corée du Sud (9-0), un quadruplé face à l'Allemagne de l'Ouest (8-3), un doublé face au Brésil (4-2) puis un autre face à l'Uruguay (4-2 a.p.)… Quatre matches de Coupe du monde et onze buts au compteur. Du jamais vu. Et du jamais revu.
Kocsis n'était pas seulement au sommet de son art en Suisse. Il était au sommet tout court. Personne ne lui résistait. Personne sauf cette Allemagne de l'Ouest qu'il avait pourtant martyrisé deux semaines plus tôt en lui collant quatre buts. Mais en ce 4 juillet 1954, Tête d'Or a du plomb dans les pieds. Quatre jours plus tôt, il a porté la Hongrie jusqu'en finale. Il est allé au bout de lui-même pour claquer deux buts en prolongation face à l'Uruguay. "Il était tellement fatigué qu'il n'arrivait même plus à s'habiller après le match", affirme Gergeli Maros.
Rincé, le Kocsis. La réussite ne le fuit pas tout de suite. Son tir dévié arrive dans les pieds de Ferenc Puskas pour l'ouverture du score au bout de seulement six minutes. Le but de Czibor donne même un break d'avance aux Hongrois deux minutes plus tard. Mais l'Allemagne de l'Ouest renverse la situation sous l'impulsion d'Helmut Rahn, impliqué sur le premier but allemand avant d'inscrire les deux suivants. Anton Turek fait le reste. Le gardien de la Mannschaft sort tout. Et quand Kocsis place le coup de tête dont il a le secret, c'est la barre transversale qui vient le sauver. 3-2 pour la RFA.
De ce Mondial qui devait marquer la consécration de la Hongrie mais aussi la sienne, il ne restera qu'un record. Il tombera en Suède quatre ans plus tard. La mémoire collective se souvient facilement que Just Fontaine est le meilleur buteur sur une Coupe du monde avec ses 13 réalisations. Elle a oublié tout aussi facilement que Kocsis arrive en deuxième position avec ses 11 buts en Suisse. Fontaine l'a mis dans l'ombre. Lui aussi.
Si un joueur incarne l'époque glorieuse du football hongrois, ce n'est pas Kocsis mais bien le Major galopant. Que ce soit avec le Honved, avec la Hongrie ou même en Espagne. Après l'exil de 1956, la péninsule ibérique a été la terre d'accueil de nombreux joueurs du Onze d'Or. Puskas a atterri dans le plus grand Real de l'histoire avec Alfredo Di Stefano, Raymond Kopa et Paco Gento. Il y remportera cinq titres de champion d'Espagne, trois Coupes d'Europe des clubs champions, et terminera deuxième du Ballon d'Or en 1960.
Kocsis est allé chez le rival. Comme Czibor, il y a rejoint Laszlo Kubala. Il y est resté dans son ombre. Kubala n'était pas dans le "Onze d'Or" en 1954. Il avait quitté la Hongrie en 1949 et était devenu international espagnol à partir de 1953. Quand Kocsis et Czibor ont débarqué en Catalogne en 1957, Kubala était déjà une légende au Barça. Son arrivée, six ans plus tôt, avait marqué le départ de l'une des périodes les plus faste du club blaugrana au siècle dernier. Avec 194 buts en 256 matches, il reste d'ailleurs à ce jour le troisième buteur de l'histoire du club. Il a sa statue devant le Camp Nou.
La trace laissée par Kocsis à Barcelone n'a rien de comparable avec celle de son compatriote. Cela n'enlève rien à ce que "Tête d'Or" a pu apporter à Barcelone, au-delà du restaurant qu'il a créé en lui donnant ce nom. Il y a tout de même inscrit 151 buts en 235 matches toutes compétitions confondues. Il y a tout de même remporté le titre de champion d'Espagne en 1959 et 1960, à une époque où le Real Madrid était l'équipe dominante en Europe. Mais Kocsis n'a pas eu davantage de lumière à Barcelone qu'avec la Hongrie ou le Honvéd.
Même quand l'occasion s'est présentée, le destin l'a rattrapé. Elle était trop belle. Le Barça reste la première équipe à avoir sorti le Real de la Coupe d'Europe des clubs champions un soir de novembre 1960 (2-2, 1-2). La voie est libre jusqu'au titre. Surtout après l'ouverture du score de Kocsis au terme d'une action remarquable initiée par Kubala et Luis Suarez. Mais Benfica renverse la situation est s'impose 3-2. Le même score que ce maudit RFA-Hongrie de 1954. Ironie de l'histoire, c'était aussi à Berne.
La lumière de la gloire avait une nouvelle fois choisi de fuir Kocsis. Il n'aura plus une telle opportunité par la suite jusqu'à la fin de sa carrière en 1966. "Tête d'Or" avait 37 ans quand il a raccroché les crampons. Après avoir inscrit un total de 444 buts en 511 matches. De tels chiffres appelaient certainement une plus grande reconnaissance.
"C'est peut-être dû à sa mort précoce et tragique, ou le fait que, contrairement à Puskas, il ne soit jamais retourné en Hongrie, avance Gergeli Maros. Ou sa personnalité réservée et introvertie. Il n'a jamais fait sa propre promotion. C'est peut-être un facteur pour laisser un héritage." On ne saura jamais vraiment.
Mais c'est sûrement le destin d'un homme qui, si brillant soit-il, ne voulait pas être au centre de l'attention et sous les feux des projecteurs. Dans la vie comme dans la mort. Quand son corps a été transféré de Barcelone à Budapest en 2012, Kocsis a enfin pu retrouver sa Hongrie. Il repose aux côtés de Ferenc Puskas. Au moins, même à l'ombre, "Tête d'or" est sûr de ne pas trop prendre la lumière.
Gyula Grosics: La "Panthère Noire"
Gyula Grosics est une légende en Hongrie. Mais sa défense était également à la hauteur, grâce notamment à son immense portier, qui compte parmi les meilleurs gardiens de l'histoire. Il imposait sa dure loi dans la surface de réparation. Un jeu au pied prodigieux, une détente ahurissante, des sorties félines, Grosics a souvent tenu un rôle d'arrière supplémentaire. Le premier à élargir l'horizon de son rôle hors de ses cages contribuant à changer le regard porté sur son poste.
Ce qui ne l'empêchait d'ailleurs pas d'être pratiquement imbattable sur sa ligne grâce à des réflexes hors du commun. Issu d’une famille modeste de mineurs de Dorog, à une quarantaine de kilomètres de Budapest, son père voulait qu’il devienne prêtre. Mais le football fait parfois des miracles et brise des vocations. Sa vie est bouleversée par le football, mais qui est toutefois bouleversé par la guerre.
En 1943, Grosics, âgé d'à peine 18 ans, voit en effet ses débuts retardés par le conflit. La Hongrie suivant la ligne politique de l’Allemagne nazie depuis 1938, il voit son éclosion au plus haut niveau repoussée, car tous les garçons âgés de 12 à 21 ans sont obligés de partir travailler en Autriche. Il n’en reviendra qu’en août 1945. Démarre alors une fantastique ascension.
Appelé en sélection pour la première fois en 1947, il intègre une génération de surdoués où il va mûrir aux côtés de joueurs comme Jozsef Bozsik et Zoltan Czibor avec qui il va bientôt entrer dans l'histoire. Mais le point d’orgue de cette carrière est sans conteste la Coupe du Monde 1954.
À part les échecs face à l'Autriche (défaite 5 buts à 3) en mai 1950, et la finale de la Coupe du Monde contre la RFA (perdue 3 buts à 2), les Magyars Magiques vont réussir une incroyable série de 42 victoires et 7 nuls, dont des succès retentissants comme la victoire légendaire à Wembley, lors duquel la sélection hongroise avait infligé aux Anglais leur première défaite à domicile en 90 ans (6 buts à 3), la première défaite administrée à l'Uruguay en phase finale de Coupe du Monde (4 buts à 2) ou encore la "Bataille de Berne" contre le Brésil (4 buts à 2) quelques jours à peine avant le "Miracle de Berne", la défaite en finale qui allait marquer le déclin de cette incroyable armada.
Le but de la victoire inscrit par Helmut Rahn à six minutes du coup de sifflet final sur une glissade de Grosics sur l'herbe mouillée va coûter très cher à "la panthère noire". Comme la plupart de ses coéquipiers, il avait commis l'erreur de sous-estimer cette équipe allemande que la Hongrie avait battue par 8 buts à 3 au tour préliminaire, à Bâle.
Devenu la proie de la police politique, il continue de garder les buts de Honved et de l'équipe nationale durant deux autres Mondiaux en 1958 et 1962, mais fait l'objet de multiples tracasseries administratives, accusé officiellement d’espionnage, il voit son père perdre son travail et l’administration lui demander régulièrement de se manifester, d'autant que le gardien ne cache plus son opposition au régime communiste.
La menace est réelle, et elle va durer quinze mois. En novembre 1956, il s’échappe avec sa famille pour rejoindre ses coéquipiers partis en tournée en Amérique du Sud. À leur retour à Vienne, certains restent à l’Ouest. Puskas part rejoindre le Real Madrid tandis que Kocsis et Czibor optent pour le FC Barcelone. Grosics rentre lui au pays. Pas par choix, mais plutôt par obligation. Il a en effet été informé durant son séjour qu’en restant à l’Ouest, ses chances de jouer seraient réduites à néant par le gouvernement hongrois, qui détient des dossiers compromettants.
Il est transféré sans trop avoir le choix à Tatabanya, un modeste club de province. Le portier y évolue jusqu’à la fin de sa carrière, en 1962. Non sans être toujours le gardien titulaire de la sélection nationale! Il faut dire que son talent est immense, et son jeu avant-gardiste. Avec un tel niveau, Grosics aurait certainement pu réaliser son rêve: rejoindre Ferencvaros, club nationaliste de l'époque. Hélas, le gouvernement s'est toujours opposé à ce transfert.
Grosics décide alors de prendre sa retraite. Mais les grands clubs font souvent de grands actes. En 2008, les dirigeants de Ferencvaros organisent un match amical contre Sheffield United pour lui permettre, une fois dans sa vie, de figurer sur la feuille de match. Très digne, Grosics, 82 ans, prend symboliquement place dans les buts, dispute le premier quart d’heure avant d’être remplacé par le titulaire Adam Holczer. Dans la foulée, le club retire le numéro 1 en son honneur et fait figurer son nom chaque saison dans la liste de joueurs transmise à la fédération nationale.
Il restera célèbre pour toujours pour sa présence au sein de la grande équipe de Hongrie, mais aussi pour ses attaques contre les gouvernements Rakosi et Kadar.
Autres joueurs emblématiques
Plusieurs autres joueurs ont marqué l'histoire du football hongrois et de Ferencváros. Parmi eux:
- Dezso Novak: International entre 1959 et 1968, il a remporté l'or olympique en 1964 et 1968, ainsi que le bronze en 1960.
- Ferenc Plattkó: Né à Budapest en 1898, il est devenu un héros en Espagne et une légende au Chili.

Le club de handball Györ en Ligue des Champions
1099 jours, c'est la durée de l'invincibilité de Györ en Ligue des Champions. Une série incroyable, qui fait entrer un peu plus Györ dans l'histoire du handball féminin international. Le mastodonte hongrois domine la scène européenne depuis 2013, date de son premier sacre en Ligue des Champions, et écrase la concurrence saison après saison. Depuis sa victoire du 5 février 2018 contre Nykobing, la formation magyare n'a plus connu la défaite, affichant un bilan incroyable de 43 victoires pour 7 nuls.
Accroché à 7 reprises, Györ n'a jamais vacillé, en s'appuyant sur un effectif étoffé, composé de nombreuses internationales expérimentées. Avec trois nuls, Brest est l'équipe qui a posé le plus de problèmes à Györ dans cette série, et la formation française n'est pas passée loin de stopper la dynamique hongroise. Pour les accros aux chiffres, Györ a joué 17 adversaires différents dans cette période de trois ans, issus de 12 nations différentes. Sur les 50 matchs, les Hongroises ont gagné cinq matchs de un but, et vingt matchs avec 11 buts ou plus d'avance.
Ce weekend, Györ se prépare à jouer un énorme choc en Ligue des Champions, avec la réception du CSKA Moscou, leader actuel de son groupe, qui avait tenu en échec Estelle Nze-Minko et consorts à l'aller.
Ce jeudi, le HBC Nantes va disputer le 3ème quart de finale de Ligue des Champions de son histoire. Sur la scène européenne, il dispute la Ligue des Champions chaque année. En Ligue des Champions, les Hongrois s'étaient déplacés à la H Arena lors de la toute première journée de la saison en septembre dernier. Et même si les Nantais avaient tenu tête à leurs adversaires, c'est Veszprem qui s'était imposés de 4 longueurs (24-28). Le match retour début mars ne s'était pas joué, suite à la détection d'un cas positif de dernière minute au sein du corps d'arbitral. Après une phase de groupe sérieuse, Veszprem avait terminé 2ème du groupe derrière le Barça, et avait affronté le Vardar Skopje en 1/8èmes de finale.