Le handball, sport collectif dynamique et exigeant, a une histoire riche et passionnante, marquée par des moments de gloire, des défis surmontés et une quête incessante de l'excellence. Le club de Tremblay-en-France incarne parfaitement cette épopée sportive.
Cet article se propose de retracer l'histoire de ce club, en mettant en lumière ses moments clés, ses figures emblématiques et son ambition de retrouver les sommets du handball français.
Les Débuts et l'Ascension vers l'Élite
L'histoire du club est jalonnée d'étapes importantes, depuis ses modestes débuts jusqu'à son accession au plus haut niveau du handball français. Le club a su gravir les échelons, en s'appuyant sur un travail acharné, une formation de qualité et un esprit d'équipe indéfectible.
Le club de Tremblay-en-France a connu une période faste avec une présence de quinze saisons dans l'élite du handball français, entrecoupée d'un bref passage en D2 en 2016-2017.
Le club est fondé en 1972 sous le nom de « Vert Galant Sportif Tremblay » mais rejoint la structure omnisports du « Tremblay Athletic Club » dans la foulée. Le club quitte la structure omnisports du TAC et est rebaptisé "Tremblay en France Handball" en 2002. Le club accède pour la première fois de son histoire parmi l'élite du handball français à l'issue de la saison 2004-2005.

Le Palais des sports de Tremblay-en-France
Les Défis et les Rebondissements
Comme toute équipe sportive, le club a connu des moments difficiles, des relégations, des changements de staff et des blessures de joueurs clés. Cependant, le club a toujours su faire preuve de résilience, en tirant les leçons de ses échecs et en se relevant avec détermination.
La saison passée a été un échec pour le club de Tremblay, une expérience amère qu'il faut dépasser pour repartir sur de nouvelles bases. Pascal Papillon, président du club, a reconnu un excès de confiance et un oubli des vertus du travail. Malgré un budget conséquent de 4,1 millions d'euros, le club de Tremblay a manqué de volonté et de conscience de l'importance de chaque match.
En effet, il a fallu attendre la dernière journée du championnat pour valider le dernier billet validant une saison supplémentaire en lnh. Pas si mal partis à la trêve hivernale, les joueurs de Seine-Saint-Denis se sont litteralement effondrés et n'ont remporté aucune de leurs onze dernières rencontres!
Les Figures Emblématiques
Le club a été marqué par des joueurs talentueux et des entraîneurs passionnés, qui ont contribué à son succès et à sa notoriété. Parmi ces figures emblématiques, on peut citer Cyril Dumoulin, gardien de but expérimenté et leader de l'équipe, ainsi que les frères Pecaud, Samuel et Arthur, dont l'histoire familiale est intimement liée au club.
Cyril Dumoulin

Cyril Dumoulin, gardien emblématique de Tremblay
Cyril Dumoulin, fort de ses 81 sélections en équipe de France, est un pilier du club de Tremblay. Son expérience, sa capacité d'analyse et sa mémoire redoutable font de lui un atout majeur pour l'équipe. Il a marqué l'histoire du club en réalisant son 4000e arrêt en carrière, un record qui témoigne de sa longévité et de son talent.
Formé à Bourgoin Jallieu, club également formateur d'un certain Stéphane Stoecklin, Cyril Dumoulin filera assez vite chez le voisin de Chambéry en 2000. Dumoulin découvre la D1 et s’impose rapidement comme l’un des jeunes gardiens les plus prometteurs du championnat. Il reste neuf saisons en Savoie, avant de rejoindre Toulouse, puis de franchir un cap en signant au HBC Nantes en 2014. Il boucle sa carrière à Tremblay, en Starligue, où il a apporté toute son expérience et son professionnalisme au collectif francilien l'aidant à remonter dans l'élite du handball français.
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Respecté dans tous les vestiaires qu’il a fréquentés, Dumoulin a incarné une certaine idée du métier : celle du travailleur de l’ombre, toujours prêt, toujours fiable. La suite de son parcours pourrait passer par la transmission ou la formation, tant sa passion pour le handball reste intacte.
À 40 ans, Cyril Dumoulin a officiellement annoncé la fin de sa carrière professionnelle ce soir lors du match entre Tremblay et Nantes.
Samuel et Arthur Pecaud
Samuel Pecaud, entraîneur adjoint du Dijon Métropole Handball, et son fils Arthur, ailier au DMH, ont partagé une aventure humaine et sportive unique. Leur collaboration a marqué l'histoire du sport dijonnais, même si elle a été de courte durée.
Rubens Pierre

Rubens Pierre, gardien de Tremblay
Présent dans les cages de Cesson l’an passé, Rubens Pierre défend celles de Tremblay cette saison, où il progresse en tant que numéro 2. Rubens Pierre affiche une réussite moyenne d’arrêts de 28,51 % avec Tremblay cette saison.
En avril 2020, en plein confinement, Rubens Pierre quittait Cesson pour rejoindre Tremblay (Seine-Saint-Denis). J’étais prêté à Cesson un an, par Montpellier, indique le portier de 21 ans. Après des discussions avec Montpellier, on a trouvé un accord pour me laisser partir.
Rubens Pierre ne peut alors pas fêter la montée en D1 avec ses partenaires cessonnais, en raison de la situation sanitaire. En signant à Tremblay, il sait toutefois qu’il jouera aussi en Starligue.
Originaire de Cergy-Pontoise, il a porté les couleurs de la Guinée, le pays de sa mère, de 2020 jusqu'au Mondial 2025 en janvier dernier, avant de décider de se rendre disponible pour l'équipe de France. Les règles de la Fédération internationale (IHF) autorisent un tel changement de sélection à condition de respecter un délai de trois ans après son dernier match avec sa précédente équipe nationale. Comme ce fut le cas pour la gardienne Hatadou Sako, qui a rejoint les Bleues en 2023 après avoir évolué sous les couleurs du Sénégal jusqu'en 2020.
Tout juste appelé en équipe de France, le gardien de Tremblay Rubens Pierre s'est blessé au genou droit, vendredi contre Aix (32-32). Après de premiers examens rassurants, il ne devrait être indisponible que quelques semaines.
Il a fait toute la filière avec les équipes de France jeunes… Après, j’ai choisi de jouer pour la Guinée, mais dans ma tête, je savais que je voulais rejouer un jour pour la France. J’avais juste besoin de m’exprimer différemment, et la Guinée m’a permis de le faire. J’ai pu découvrir des compétitions comme la CAN. Ça m’a fait grandir, mûrir aussi.
Après ça, en discutant avec Rémi et ma famille, je me suis dit qu’il fallait viser encore plus haut. L’équipe de France me trottait dans la tête depuis un moment, alors j’ai décidé de me concentrer sur mon club et, peut-être, d’intégrer les Bleus.
Oui je ne pourrai pas disputer de compétitions officielles, en revanche ce serait possible sur les matchs amicaux. Donc il va falloir être patient. C’est un long bail, quand même…
Oui, c’est sûr qu’il y a un peu de frustration. Je ne me mets pas de pression. Mais c’est aussi une période où je vais pouvoir bosser. J’aime bien travailler dans l’ombre. Je vais me concentrer sur mon club, continuer à progresser. Je suis quelqu’un de patient. D’autres l’ont déjà fait avant moi - Hadadou Sako -, par exemple.
La Nouvelle Ère et les Ambitions Futures
Le club aborde une nouvelle ère avec un staff remanié et des recrues prometteuses. L'objectif est clair : retrouver l'élite du handball français et s'y installer durablement.
Cherif Hamani, nouvel entraîneur principal du TFHB, affiche clairement ses ambitions : obtenir le meilleur résultat possible et mettre tout en œuvre pour atteindre les objectifs fixés. Il est conscient des défis qui l'attendent, mais il se montre confiant dans les capacités et les moyens de son équipe.
Le club a recruté l'ailier droit international croate Josip Bozik-Pavletic et s'apprête à accueillir en prêt le jeune demi-centre Matteo Fadhuile, un joueur prometteur sous contrat avec Nantes. Ces recrues viennent renforcer un effectif déjà solide, composé de joueurs expérimentés tels que Cyril Dumoulin, Alan Villeminot, Mathieu Bataille et Michal Szyba.
Ainsi, ajoutée à la fougue et à la créativité qui caractérisent le style de jeu maison, une maturité renforcée sera recherchée afin d’aller capter ces points en plus qui font la différence entre première et seconde partie de tableau. Le technicien poursuit : « La saison dernière, on a rempli notre objectif qui était le maintien et on a même fait un peu mieux puisqu’on l’a assuré quelques journées avant la fin du championnat ce qui nous a permis d’aller gratter une ou deux places supplémentaires au classement. Sur cet exercice, on va essayer de faire mieux. En soi, tout est possible mais ce sera plus dur car on aura un effet de surprise qui sera réduit. Sur ce nouveau cycle, ce sera notre 2e saison en Starligue, il faut que l’on reste très vigilants, que l’on ne baisse pas notre garde et que l’on bosse au quotidien. »
Les Enjeux et les Perspectives
Le club évolue dans un championnat de Proligue compétitif et exigeant, où la concurrence est rude. Pour atteindre ses objectifs, le club devra faire preuve de régularité, de détermination et d'un mental à toute épreuve.
Le championnat de Proligue est un championnat dense et imprévisible, où les surprises sont fréquentes. Le portier est numéro un au nombre d'arrêts, et il compte bien le rester.
Assumant son statut, Cyril Dumoulin est aussi sûrement le Tremblaysien qui aura été le plus décisif au sein de l'équipe. " Cela fait plaisir d'être à cette place, mais c'est à la fin du bal que l'on paie les musiciens. Je ne suis qu'à mi-chemin de cette saison, et ce qui compte vraiment sera le résultat final, glisse l'ex-international. Ce chiffre de 190 parades est flatteur - j'ai fait des saisons en Starligue à moins que cela - mais il est en lien avec des circonstances inhabituelles puisque Rubens Pierre est blessé depuis plusieurs mois. Cela me donne énormément de temps de jeu et donc plus d'opportunités de faire des arrêts. Ce qui me semble le plus parlant est probablement le pourcentage, qui est à 36 %, ce qui est positif quand j'estime qu'une bonne base doit être à 33 %. Quand tu es au-dessus, tu pèses un peu plus dans le résultat final. Et c'est ce pour quoi j'ai été recruté. Cela fait partie de mon rôle d'être décisif, on m'a fait confiance pour ça. Je suis content de répondre aux attentes et je dois continuer ainsi. "
Et ce n'est pas Patrice Annonay, ex-dernier rempart de la maison et désormais entraîneur des gardiens, qui dira le contraire. Le technicien détaille : " Pour qualifier Cyril, il y a trois mots qui me viennent à l'esprit : performance, expérience et gestion. Au-delà de ça, c'est un joueur qui est impressionnant dans sa lecture du tireur, dans sa façon de l'amener là où il veut. Il a une grande culture du duel tireur/gardien de but. C'est impressionnant et il utilise à merveille sa taille et son envergure pour enlever des solutions au tireur. J'aime bien ça chez lui. Et puis ce qui est vraiment intéressant, c'est que l'on peut, parfois, ne pas être d'accord sur un fait de match ou un sujet technique mais qu'il y a une grande confiance entre nous pour faire des analyses sur les tireurs, sur le comportement des joueurs, sur la défense... Ça nous conforte tous les deux. C'est quelqu'un d'ouvert. Au début quand il est arrivé, c'est assez marrant je lui ai dit que je ne l'avais pas vu beaucoup faire de relance avec un résultat positif. Il m'avait répondu : " c'est pas trop mon truc. " Je lui ai donné deux-trois petites billes et maintenant, ça s'améliore. Il a une capacité d'apprentissage réelle. On se rejoint là-dessus car on est curieux de notre poste, de la culture de celui-ci. Même si aujourd'hui, avec son expérience et son âge, les lignes à bouger sont plus restreintes, il est conscient qu'il peut encore évoluer. "
Un atout non négligeable pour les pensionnaires du Palais des Sports qui peuvent s'appuyer sur un compétiteur inlassable : " Si tu ne te remets pas en cause, tu stagnes, opine l'actuel portier. Et stagner, quand on on a mon âge, c'est régresser. Malgré ce qu'on pense, je ne suis pas d'accord avec le fait que l'on ne peut plus progresser passé un certain âge. On peut au moins essayer. Et je ne suis pas lassé, je suis prêt à faire les efforts nécessaires pour aller chercher les victoires. On est deuxième ex-aequo, il reste quinze matchs et on est encore dans les clous pour réaliser notre objectif : remonter en Starligue.
Informations sur la ville de Tremblay-en-France
Tremblay-en-France est la commune la plus vaste du département de Seine-Saint-Denis avec ses 2 244 hectares. Tremblay-en-France est réputée pour sa verdure et ses sites naturels qui ont été sauvegardés de l'urbanisme sauvage des années 1960 et 1970. Ainsi un massif boisé de 70 hectares, hérité des grandes forêts qui couvraient le Nord de l'Île-de-France, fait de Tremblay-en-France l'exception verte de la Seine-Saint-Denis. Une exception confirmée par la présence du canal de l'Ourcq et de ses berges verdoyantes au sud, ainsi que par les rives du Sausset au nord. Le village tire son nom du latin tremuletum, le bois de trembles ou peupliers blancs. La France évoquée est le Pays de France, plaine agricole du nord-est de Paris où se situe la ville. Située à l'écart des grands axes, la plupart desévènements de l'histoire ne l'atteignent guère et ce jusqu'à la Révolution française. La première évolution importante est la construction du canal de l'Ourcq, décidée par Napoléon Ier, qui permet alors aux paysans de vendre plus facilement leurs productions à Paris. À partir des années 1920, la commune connaît, comme beaucoup de ses voisines, une transformation importante. En 1974 est inauguré l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, à l'extrême nord de la commune. Au début du XXIesiècle, Tremblay présente ainsi une configuration originale avec un sud urbanisé, un centre villageois entouré de terres agricoles et le nord occupé par les installations aéroportuaires et des zones d'activités économiques (Paris-Nord II).