La scène footballistique grecque, riche en histoire et en passion, se distingue par cinq grands clubs, chacun porteur d'une identité forte et d'un passé glorieux. Parmi eux, l'Olympiakos et le Panathinaïkos se taillent la part du lion, non seulement par leurs succès nationaux, mais aussi par leurs performances en compétitions européennes, notamment en Ligue des Champions (UCL).

Olympiakos : La Légende du Pirée
Fondé en 1925 de la fusion de deux clubs basés au Pirée, un port d'Athènes, de son nom de baptême Olympiacos Syndesmos Filathlon Pireos, l’Olympiakos s’impose de loin comme le club grec au palmarès le plus imposant. Avec 47 titres de champion, 28 Coupes nationales et 4 Supercoupes de Grèce, le club du Pirée est surnommé "Thrylos" (les légendes). Il fait partie des quatre clubs du pays à n’avoir jamais connu la deuxième division et son pire classement est une huitième place lors de la saison 1988/1989. Les succès à répétition de l’Olympiakos, notamment dans les années 1950, où ils ont enchaîné six titres consécutifs, lui ont même valu le surnom Thrylos. Un terme qui signifie "légende" en grec.
La Grèce est le berceau des JO. Cela a déteint sur l’Olympiakos, dont l’histoire est intimement liée à celle de l’olympisme. Le nom a été déterminé en hommage aux Jeux de l’ère Antique. A la création, les dirigeants ont adopté un champion olympique pour emblème, avec une couronne de lauriers autour de la tête. Même si le logo a connu de légères modifications au fil des années, cet homme au visage d’adolescent apparait toujours, au milieu des couleurs rouges et blanches choisies pour représenter la passion et la vertu. Autre lien entre l’Olympiakos et les JO : avant de devenir le Karaiskakis Stadium, entièrement reconstruit pour Athènes 2004, le stade du Pirée était un vélodrome, qui a accueilli les épreuves de cyclisme en 1896.
Club le plus populaire de Grèce (plus de 80 000 membres payants recensés), l’Olympiakos est poussé par des supporters qui figurent parmi les plus bruyants en Europe. Toujours bouillant, souvent à la limite et parfois au-delà, le public du Pirée impose son style et ses tifos.
Au crépuscule des années 90, l’Olympiakos a commencé à avoir la folie des grandeurs. Le club sortait de saisons très compliquées, consécutives au rachat par le businessman George Koskotas, convaincu de malversations. Criblée de dettes, la formation du Pirée s’est doucement relevée jusqu’à cette saison 1998/1999, certainement la meilleure dans l’histoire du club, avec le doublé Coupe-Championnat et un quart de finale de Ligue des champions. Sur leur lancée, les Grecs ont attiré deux champions du monde dans leurs rangs. Christian Karembeu d’abord, le Français ayant passé trois saisons à l’Olympiakos (2001/2004). Il fait désormais partie de l’organigramme, au poste de conseiller stratégique. Rivaldo ensuite, le Brésilien débarquant dans l’euphorie générale en 2004. Mais la belle idylle a tourné vinaigre trois ans plus tard, lorsque le président Sokratis Kokkalis a décrété que sa star se faisait trop vieille et n’a pas renouvelé son contrat. L’ancien Barcelonais restait pourtant sur sa meilleure saison en Grèce, avec 17 buts en 27 matches de championnat.
Un habitué des joutes continentales, voilà ce qu’est l’Olympiakos. Son histoire avec l’Europe a débuté dès 1959, par une élimination dès le tour préliminaire de la Coupe d’Europe des clubs champions contre l’AC Milan (2-2, 1-3). Les Grecs ont dépassé les 200 matches en compétitions continentales lors d’un match contre Bordeaux en 2010 et en totalisent désormais 222. Mais malgré ces chiffres, l’Olympiakos n’a jamais réalisé d’énormes performances sur la scène européenne. Son parcours s’est arrêté à deux reprises au stade des quarts de finale, en Coupe des Coupes 1992/1993 puis en Ligue des champions 1998/1999. Sur ses onze dernières participations à la C1, le club du Pirée a franchi deux fois le cap du premier tour. C’est bien peu…
L'Olympiakos totalise 26 rencontres contre des clubs de Ligue 1, pour un bilan de dix victoires, trois nuls et treize défaites. Parmi les joueurs français ayant joué pour l'Olympiakos, on retrouve Mathieu Valbuena, Eric Abidal, Christian Karembeu, François Modesto, Yves Triantafilos et José Anigo (entraîneur).
Malgré le soutien du riche armateur Evangelos Marinakis, homme fort du club depuis 2007 qui fut également président de la Ligue grecque et vice-président de la Fédération, l'équipe du Pirée a vu son budget diminuer sensiblement ces dernières années. Dans les tribunes, la présence de ses supporteurs a elle aussi chuté de 22% la saison dernière. Seulement 10.000 personnes ont assisté samedi à la 4e victoire de la saison de leur équipe, déjà bien installée en tête du classement du championnat national. Autre touche française, l'ex-international Christian Karembeu, champion du monde en 1998, a intégré l'équipe dirigeante du club et le Sud-Africain Pierre Issa, ancien défenseur de l'Olympique de Marseille, occupe le rang de directeur sportif.
La Tragédie de la Porte 7
Le drame date de plus de trente ans. Mais la "tragédie de la porte 7", comme elle a été baptisée, reste la plus importante de l’histoire du sport grec. Le 8 février 1981, les Kokkini reçoivent l’AEK Athènes. Sur le terrain, la rencontre tourne à la démonstration pour les locaux (6-0). Mais la suite vire à la catastrophe. Quelques minutes avant le coup de sifflet final, des spectateurs souhaitent se diriger vers l’entrée principale pour fêter leur équipe à l’issue de ce succès historique. Ils se trouvent alors bloqués contre les grilles de la porte 7, restées closes par erreur, pendant que l’afflux de personnes ne cesse de grandir. Pris au piège dans les escaliers, les supporters sont coincés. 21 périssent, la plupart par étouffement, et des dizaines ressortent avec des blessures plus ou moins sérieuses. Pour leur rendre hommage, 21 sièges noirs gravés du nom des victimes forment un 7 dans le stade.
Panathinaïkos : Un Club Historique
Le Panathinaïkos, officiellement Podosferikí Anónymi Etería Panathinaïkós Athlitikós Ómilos, a été fondé en 1908 suite à une scission avec le Panellinios. Ce club omnisports se positionne comme un rassembleur du peuple grec dans la capitale. Surnommé "Le Pana", son emblème est un trèfle à trois feuilles. Le club est basé dans le quartier d'Embelokipi, au centre d'Athènes, et joue ses matchs au stade Apostolos Nikolaïdis, d'une capacité de 16 600 places. Le groupe de supporters "Gate 13", fondé en 1952, est le plus ancien de Grèce et entretient des liens avec d'autres clubs de supporters en Europe, notamment les Green Angels de Saint-Étienne.
Le Panathinaïkos dispose d'un des plus beaux palmarès du football grec avec 20 titres de champion de Grèce, 19 coupes nationales, 3 super coupes de Grèce et une finale de C1 en 1971. Les derniers titres du club datent de 2004 avec un doublé coupe-championnat.
Parmi les joueurs français ayant évolué au Panathinaïkos, on retrouve des noms tels que Djibril Cissé, Jean-Alain Boumsong, Sidney Govou et Cédric Kanté.
Dans les années 70, le football grec n’est rien, ni personne. Surtout connu pour sa dictature des colonels, le pays vivote. Le parcours du Pana’ en C1 ramènera un semblant de bonheur au pays. Emmenés par Kamaras, Antoniadis et Domazos, les Verts se hissent en finale. Tour à tour, la Jeunesse d’Esch, Bratislava, Everton et l’Etoile Rouge de Belgrade trépassent sous les assauts grecs. A Wembley, c’est le grand Ajax de Cruyff qui se pointe. La marche est trop haute. Les Hollandais jouent facile et gagnent 2-0. Sur le banc du Pana : Ferenc Puskas. C’est encore à ce jour la seule finale de Coupe d’Europe disputée par un club grec.
La dernière campagne glorieuse du Pana remonte à près de 15 ans. Elle se résume surtout au talent d’un seul homme. Le plombier polonais du coin, Krzysztof Warzycha. Une vie entière dévouée au club (557 matches, 310 buts). Un monstre. Les Nantais s’en souviennent encore. En poules, il plante un doublé contre les champions de France pour une victoire 3-1. Tranquille, le Panathinaïkos termine en tête de son groupe (devant Nantes, Porto et Aalborg). En quart, Warzycha oublie ses origines et crucifie à lui tout seul le Legia Varsovie avec deux pions. Opposés à l’Ajax en demi-finale, les Grecs font sensation en s’imposant à Amsterdam au match aller. Warzycha -encore- envoie les siens au paradis à trois minutes de la fin. Les fans commencent à acheter leur billet pour Vienne où se déroulera la finale. Mais le match retour sera cruel.
AEK Athènes : L'Union Sportive de Constantinople
L'AEK Athènes, dont le nom complet est Podosfairikí Anónymi Etaireía Athlitikí Énosis Konstantinoupóleos, a été fondé en 1924. Ce club omnisports représente la diaspora des Grecs expulsés de Constantinople (aujourd'hui Istanbul). Installé dans le quartier de Néa Filadelfia, l'AEK a longtemps joué au stade Nikos Goumas, détruit par un tremblement de terre en 1999. Après un passage au Stade Olympique d'Athènes, le club a retrouvé son quartier historique en 2022 avec l'inauguration d'un nouveau stade.
Les supporters de l'AEK, regroupés sous la bannière "Original 21", sont jumelés avec les Ultras marseillais depuis 1989. Le nom du groupe fait référence à la travée 21 du stade Nikos Goumas, lieu de rassemblement des supporters.
Le palmarès de l'AEK Athènes inclut 13 titres de champion de Grèce, 16 coupes de Grèce, 2 super coupes de Grèce et 1 Coupe de la Ligue. Djibril Sidibé et Clément Michelin sont parmi les joueurs français ayant porté les couleurs de l'AEK.
Les réfugiés grecs d’Asie mineure réunis au sein de l’Athlitiki Enosis Konstantinoupoleos (AEK) Athènes ont également eu droit à leur séquence émotion. Moins en verve que leurs homologues du Pana et du Pirée, les petits gars de l’AEK ont dû attendre 1977 pour s’émanciper. Pas de C1 pour les crasseux, juste une grosse campagne de Coupe UEFA. Au menu : le Dynamo Moscou, Derby County, Etoile Rouge, Queens Park Rangers. Tout ce beau monde passe à la trappe. Les Athéniens sont survoltés. Lorsque la Vieille Dame turinoise se dresse sur leur route en demi-finale, ils se voient passer. Mais la Juventus est clairement un cran au-dessus. 5-1 sur l’ensemble des deux matches, dont un sévère 4-1 dès l’aller.
Autres Clubs Athéniens
Bien que moins titrés que l'Olympiakos, le Panathinaïkos et l'AEK Athènes, d'autres clubs de la capitale grecque méritent d'être mentionnés :
- Atromitos : Fondé en 1923, ce club basé à Péristéri a disputé deux finales de Coupe de Grèce et plusieurs campagnes européennes.
- Panionios : Fondé en 1890 à Smyrne, ce club a déménagé à Athènes suite à l'expulsion des Grecs. Il a été le club formateur de grands buteurs grecs.
- Kifisia : Ce club de la banlieue nord d'Athènes est le nouveau venu dans l'élite grecque.
Tableau Comparatif des Titres des Clubs Athéniens
| Club | Titres de Champion de Grèce | Coupes de Grèce | Supercoupes de Grèce | Autres Titres |
|---|---|---|---|---|
| Olympiakos | 47 | 28 | 4 | - |
| Panathinaïkos | 20 | 19 | 3 | - |
| AEK Athènes | 13 | 16 | 2 | 1 Coupe de la Ligue |
| Atromitos | 0 | 0 | 0 | - |
| Panionios | 0 | 2 | 0 | - |
| Kifisia | 0 | 0 | 0 | - |