L'Arménie, un petit État enclavé entre la Turquie et l'Azerbaïdjan, a misé sur le football pour se faire reconnaître sur la scène internationale depuis son indépendance en 1991. Cet article explore l'histoire mouvementée de la Fédération Arménienne de Football et son impact sur le football national et européen.

Les Débuts Post-Indépendance
Après l'effondrement de l'URSS en 1991, l'Arménie a fondé son propre championnat, marquant le début d'une nouvelle ère pour le football arménien. La Première Ligue arménienne a vu le jour, rassemblant 24 équipes en 1992, certaines issues du championnat soviétique et d'autres créées pour l'occasion.
De 1936 à 1991, le football se jouait dans le cadre d'un championnat régional au sein de l'URSS. L'Ararat Erevan était à cette époque le représentant arménien dans le championnat soviétique avec en 1973, le titre suprême de champion d'URSS.
Ce championnat a connu une variation constante du nombre de clubs, passant de 24 en 1992 à seulement six clubs certaines saisons.
Clubs Historiques et Nouveaux Venus
Plusieurs clubs ont marqué l'histoire du football arménien, chacun avec son propre parcours et ses propres défis.
FC Shirak
Le FC Shirak, fondé en 1958 et basé à Gyumri, est l'un des clubs les plus anciens du football national et n'a jamais connu la relégation. Il a su gérer la transition post-URSS en remportant le championnat en 1994, 1999 et 2013. Récemment, les orange et noir ont remporté la coupe d’Arménie, l’année dernière, sur un score de trois buts à zéro, contre le Pyunik Erevan.
Le FC Shirak est réputé pour avoir produit de nombreux talents depuis les années 90. On peut citer Artur Petrosyan, un des meilleurs buteurs de la sélection nationale avec onze buts en 69 sélections, ou encore Harutyun Vardanyan, joueur emblématique du Shirak des années 90 qui y joua 225 matchs et marqua 56 buts.
Ararat Erevan
L’Ararat Erevan est évidemment un inconditionnel du championnat arménien. Figure majeure du football arménien pendant la période soviétique, l’Ararat Erevan n’a jamais retrouvé sa gloire passée. Depuis 1992, le club n’a remporté le titre qu’une seule fois, en 1993. Pire, l’Ararat a connu par deux fois la descente en deuxième division. La première de 2004 à 2006 puis une seconde fois en 2010. Au regard des résultats compliqués cette saison (dernier du classement avec neuf points en quinze matchs), il se pourrait que l’Ararat connaisse de nouveau la relégation…C’est en coupe que l’Ararat a redoré tant bien que mal son blason. Certes la dernière victoire a dix ans aujourd’hui, mais l’Ararat a remporté quatre coupes dans les années 90, maigre consolation pour un club de cette envergure.
FC Banants
Fondé en 1992 par Sarkis Israelyan, dans son village natal de Kotayk, le Banants remporte dès l’année de sa création la coupe d’Arménie et monte sur le podium du championnat en terminant troisième. Mais les ennuis financiers font leur apparition en 1995 et le FC Banants quitte la scène tout en se sauvant grâce à une fusion avec le FC Kotyak. On retrouve le Banants, en 2001, après un déménagement à Erevan, et de nouveau les « fiers aigles » fusionnent avec le Spartak Erevan et se dotent d’une base d’entrainement dès 2005. Une ascension qui permet de retrouver les trophées avec une deuxième coupe d’Arménie cette même année. Il faudra attendre la saison 2013/14 pour voir le club remporter son premier titre en championnat et par la suite la Supercoupe d’Arménie.
Pyunik Erevan
Renommé Pyunik Erevan en 1995 après avoir porté le nom de Homenetmen Erevan, club fondé en 1992, le club de la capitale est certainement le club porte-étendard du football arménien aux yeux de l’Europe tant sa domination est importante dans le football national depuis l’indépendance. Dès sa première saison, en 1992, le nouveau venu tient tête à l’histoire Shirak en finissant l’exercice à une place de co-leader symbole des ambitions et de la soif de trophées du club. Ce dernier s’installe progressivement dans le haut de tableau et, sous sa nouvelle identité de Pyunik, réalisé le doublé coupe / championnat en 1996, continuant par la même occasion de rafler le titre de champion la saison suivante.
Le Pyunik disparaît un temps pour réapparaître plus fort que jamais en 2001 sous la houlette de Ruben Hayrapetyan, qui dispose aussi de la casquette de Président de la Fédération de Football arménienne et qui peut compter sur le soutien financier de nombreux partenaires. S’ensuit alors une prédominance sur le football arménien durant les dix années suivantes, remportant l’ensemble des championnats et quatre coupes d’Arménie (2002, 2004, 2009, 2010). Une domination qui concentre l’ensemble des talents nationaux au sein du club et oblige la concurrence à aller voir en dehors de ses terres. Une situation qui n’avantage pas du vraiment la sélection nationale, en manque criant de résultats durant cette période. Le Pyunik rajoute par la suite un titre de champion en 2015 ainsi que trois coupes en 2013, 2014 et 2015.
FC Alashkert
Fondé en 1990 à Martuni au bord du lac Sevan, le FC Alashkert joue la première saison du championnat arménien, mais finit à la toute dernière place. Le club quitte la scène pour revenir dans le football professionnel en 1998, mais de nouveau, le club s’arrête net et stoppe ses activités l’année suivante. Il faut attendre l’année 2011 et la reprise par Bagrat Navoyan, businessman originaire de Martuni, pour faire renaître le club. En 2013, le FC Alashkert n’échappe pas à la délocalisation à Erevan et s’installe au Nairi Stadium. Monté en Premier League, le club n’a besoin que de deux ans pour s’asseoir sur le trône du championnat et glaner les deux derniers championnats (2016, 2017). Avec une avance confortable cette saison, le titre semble ne pas devoir leur échapper à nouveau …
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Défis et Réalités
Le football arménien est confronté à plusieurs défis, notamment le manque de financement et la concentration des clubs dans la capitale. Le manque de financement est, avec l’affairisme, l’un des principaux maux du football arménien. Et la concentration toujours plus grande des clubs dans la capitale n’arrange en rien les affaires.
Le championnat en pâtit inévitablement à travers un manque cruel de compétitivité, et par conséquent de résultats au niveau européen et international avec la sélection nationale.
Sélection Nationale
La sélection arménienne a participé aux qualifications pour une compétition majeure sans jamais y accéder. Avec un championnat faible footballistiquement ainsi qu’une Fédération toujours aussi désavouée, l’Havakan (« équipe collective » surnom de la sélection arménienne) a bien du mal à accéder au Graal. La campagne pour l’Euro 2012 est à retenir parmi toutes les autres avec une belle troisième place avec 17 points en dix matchs à seulement quatre points de l’Irlande barragiste.
La présence d’Enrickh Mkhitaryan dans l’effectif est évidemment une aubaine, mais le joueur d’Arsenal ne peut malheureusement pas tout faire tout seul.

Initiatives et Partenariats
Des initiatives comme celle du Sardarapat Football Club (SFC) montrent une volonté de développer le football en Arménie. Pour la concrétiser au mieux, cette jeune académie arménienne en plein développement s’est rapprochée du Racing Club de Lens pour bâtir son projet dans toutes ses composantes, sportives comme structurelles. Un partenariat basé sur le partage de valeurs fortes et une vision commune de la formation.
Le partenariat se veut d’abord technique, avec le partage d’une « méthodologie RC Lens » en matière de formation et de contenu de séances d’entraînement. Le but étant d’établir un lien durable entre les éducateurs et entraîneurs des deux entités. Derrière cette transmission de savoir-faire sportif, le SFC entend « éduquer, inspirer et offrir de nouvelles opportunités aux enfants d’Arménie, autant pour les garçons que pour les filles.
En parallèle de son aide, le Racing peut anticiper le suivi de joueurs à fort potentiel. Pour Eric Assadourian, nommé référent technique dans le cadre du partenariat avec l’institution arménienne : « C’est une opportunité de promouvoir un club en termes de formation. Et cela offre aussi un temps d’avance et plus de possibilités de recrutement au Racing Club de Lens d’un point de vue géographique, dans les pays de l’Est et émergents dans le milieu du football. »
Sardarapat FC a l’ambition de former les meilleurs et de les porter au plus haut niveau. Pour le club, la finalité est aussi de créer deux équipes professionnelles, une masculine et l’autre féminine, uniquement composées d’Arméniens et d’Arméniennes formés au SFC.
| Club | Ville | Fondation | Titres de Championnat |
|---|---|---|---|
| FC Shirak | Gyumri | 1958 | 4 |
| Ararat Erevan | Erevan | 1935 | 1 (post-indépendance) |
| Pyunik Erevan | Erevan | 1992 | 15 |
| FC Alashkert | Erevan | 1990 | 3 |
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