L'histoire du club de hockey Canadien de Montréal: Une légende

Les Canadiens de Montréal, c'est le club le plus ancien de la NHL, avec cent-quinze années d'activités. C'est d'abord le chiffre 24, comme les 24 Stanley Cup qui garnissent son palmarès. Puis le cinq, comme les cinq Stanley Cup remportées consécutivement entre 1956 et 1960. Soit une institution profondément ancrée dans le tissu social d'une ville, Montréal, et de sa région, le Québec. Une histoire qu'on raconte à ses enfants. Un stade où on les emmène dès leur plus jeune âge.

Si le Brésil est le pays du football, aucun endroit ne respire plus le hockey sur glace que Montréal. On en viendrait même à oublier que la ville compte une équipe de football américain, de « soccer » et d'ultimate : les Alouettes de Montréal, l'Impact de Montréal et le Royal de Montréal.

Il faut bien comprendre une chose, ici, on ne rigole pas avec le Canadien de Montréal. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à Montréal, il y a le hockey et il y a… le hockey. Cependant, il n’est pas rare d’entendre de la bouche d’un Québécois, que le hockey, ici, c’est une religion. Alors autant briser un cliché toute suite, comme toute religion qui se respecte, il y a des pratiquants et des non croyants.

Pour vous donner un exemple de l’importance du Canadien dans le paysage montréalais et de la Ligue Nationale de Hockey, sachez que le Canadien de Montréal est le club qui a gagné le plus de Coupe Stanley, soit 24. À titre de comparaison, la seconde équipe la plus titrée est Toronto, avec 13 victoires. Autant dire que ça fait bien trop longtemps !

À la relecture de l'histoire de ce club qui a tant apporté au hockey, on ne peut qu'espérer qu'il la connaisse un jour, cette vingt-cinquième Stanley Cup. Pour tout un club. Pour toute une ville. Pour tout un sport. Comme l'indique la devise du club, « Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous toujours de le porter bien haut... » semble penser chaque personne touchée de près ou de loin par cette équipe, ce club, cette institution.

Les Canadiens de Montréal sont nés en 1909. La franchise québécoise n'a pas perdu de temps, puisqu'elle a remporté son premier titre de champion dès l'année 1916, quand elle jouait pour l'Association nationale de hockey, l'ancêtre de la NHL (créée en 1917). Montréal a ensuite régné à travers les époques. Jusqu'aux années 1990, les Canadiens ont ainsi été sacrés au moins une fois par décennie.

Et aujourd'hui, ils possèdent le record de titres (24), très loin devant Toronto (13) et Detroit (11).

Souvenirs de 2008 : la remontée historique de 5 buts des Canadiens face aux Rangers

Les Origines du Hockey à Montréal

Le hockey a récemment reçu ses lettres de noblesse de la part du gouvernement canadien, à savoir le "sport national d'hiver", tandis que la crosse en est le pendant estival. Dans ce présent texte, nous tenterons de décrire les grandes lignes de son développement depuis ses origines jusqu'à la création de la LNH, tout en s'attardant particulièrement aux aspects montréalais de ce sport, car la ville de Montréal a été son berceau et son principal point central.

Le 3 mars 1875, le journal The Gazette publiait un article annonçant la présentation publique d'un nouveau jeu appelé "hockey". C'était alors la première démonstration publique de cette activité pratiquée jusqu'alors seulement par un petit groupe de jeunes gens, pour la plupart étudiants de l'Université McGill.

De la liste des noms cités par The Gazette, il faut retenir celui de James George Aylwin Creighton. Originaire de Halifax, il s'établit à Montréal en 1872 comme ingénieur. Cinq ans plus tard, il entreprend son diplôme de droit à l'Université McGill. Selon un autre joueur de cette partie historique, Henry Joseph, c'est Creighton qui est à l'origine du hockey montréalais, car ce jeu est fort populaire à Halifax.

Pour quelques historiens, Creighton a importé le hockey tel que joué à Halifax dans la métropole ; mais selon plusieurs autres, les deux formes étaient très différentes l'une de l'autre. Cependant, tous s'accordent pour dire que Creighton est vraiment le père du hockey, et qu'il devrait être élu au Temple de la Renommée du Hockey comme bâtisseur.

Le hockey ne sera le fait que d'un petit groupe de jeunes gens, mené par Creighton, jusqu'au début des années 1880. C'est alors que le hockey va prendre de l'expansion, principalement grâce au Carnaval de Montréal.

Le Carnaval de Montréal

Ce carnaval fut lancé à l'initiative des clubs de raquettes anglophones de Montréal pour la promotion de la ville à travers l'Amérique du Nord. Lors du premier tournoi, trois équipes furent présentes : l'Université McGill, les Victorias de Montréal et Québec. L'Université McGill sortit vainqueur du premier tournoi, et remporta alors le premier trophée jamais offert pour le hockey, dont le Musée McCord est aujourd'hui dépositaire.

Le tournoi du Carnaval de Montréal inaugure donc l'organisation structurée du hockey, et popularisera le hockey tel que joué à Montréal, car il existe alors plusieurs formes de jeu. En 1883, Québec se présente à Montréal avec seulement sept joueurs, forçant ainsi les autres équipes à enlever deux joueurs de leur formation. Le comité organisateur de 1884 décide d'établir un règlement pour le hockey, la reconnaissance du jeu à sept joueurs, ce qui ne fait pas le bonheur de tous, dont l'équipe de McGill qui ne comprend pas pourquoi puisque l'on joue sur sa patinoire extérieure, d'une dimension de 250 pieds par 130 pieds, soit plus grande que la patinoire Victoria (200 x 85 pieds).

Avec la tenue d'un nouveau genre de tournoi en 1886, on annonce la venue d'une organisation plus structurée, et la tenue de parties tout le long de la saison, non plus seulement des défis entre équipes en dehors du tournoi du Carnaval.

Les premières ligues organisées

En décembre 1886, les équipes qui s'affrontaient la saison précédente décident de créer la première ligue qui confirmera un calendrier de parties, l'Amateur Hockey Association of Canada. En 1893, le Gouverneur-Général du Canada, Lord Stanley, veut récompenser le champion canadien par un trophée appelé : "Dominion Hockey Challenge Trophy".

Comme l'équipe favorite du Gouverneur-Général, les Senators d'Ottawa, ont une bonne chance de remporter le championnat de l'A.H.A.C., la coupe Stanley sera décernée aux champions de cette ligue. Malheureusement, le M.A.A.A. remporte le championnat et la coupe. La première partie disputée pour la conquête du fameux trophée ne se fera qu'à la saison suivante quand le champion de l'A.H.A.C., le M.A.A.A., affrontera le champion de l'Ontario Hockey Association, les Capitals d'Ottawa, le 22 mars 1894.

Seules les équipes championnes ont droit de défier l'équipe détentrice, mais en passant par deux délégués nommés par Lord Stanley pour la direction des défis. Il s'agit alors de deux personnes d'Ottawa, le journaliste Philipp Danksen Ross, et le shériff John Sweetland. Ces deux personnes doivent par la suite nommer leur successeur, ce qui se fait toujours, bien que la LNH en soit le seul contestataire depuis 1926. À compter de 1914, deux ligues seulement se disputaient la coupe Stanley, l'Association Nationale de Hockey, ancêtre de la LNH, et la Pacific Coast Hockey League des frères Lester et Frank Patrick. À la mort de la P.C.H.L. en 1926, la LNH a hérité des joueurs de cette ligue et la possession incontestée de la coupe Stanley.

À Montréal, les Canadiens sont plus qu'une équipe. C'est une véritable religion.

Quelques légendes de Montréal

De magnifiques dynasties ont comblé les spectateurs qui se massaient au Forum, l'enceinte des Canadiens pendant 70 ans (avant que l'équipe ne déménage au Centre Bell en 1996). Montréal a été sacré champion cinq saisons d'affilée, de 1956 à 1960, guidé par des joueurs comme le gardien Jacques Plante, le défenseur Doug Harvey, le centre Jean Béliveau et l'ailier Maurice Richard. Les années 70 ont également été brillantes, avec six titres pour Montréal, dont quatre consécutifs entre 1976 et 1979. Les stars de la décennie s'appelaient Ken Dryden (gardien), Larry Robinson et Guy Lapointe (défenseurs), Jacques Lemaire et Guy Lafleur (attaquants).

Puis la NHL a changé, avec l'arrivée d'un plus grand nombre d'équipes et l'émergence de nouvelles générations, comme les Edmonton Oilers dans les années 1980 et les Pittsburgh Penguins, lors de la décennie suivante. Les deux derniers titres des Canadiens remontent ainsi à 1986 et 1993, avec le gardien de but Patrick Roy comme figure de proue. Depuis, plus rien, jusqu'à la qualification pour la finale 2021 décrochée jeudi dernier.

  • Maurice Richard (1921-2000). Il est considéré comme le plus grand joueur qu'aient connu les Canadiens. Richard joua à Montréal de 1942 à 1960 et fut huit fois champion. Il est également connu pour avoir été le premier joueur à inscrire 50 buts en 50 matches, lors de la saison 1944-1945, et le premier à 500 buts en NHL. En 1954, Maurice Richard fut suspendu pour s'en être pris à un arbitre, ce qui provoqua des émeutes à Montréal. Il dut lancer un appel au calme à la radio, pour que les violences cessent. On l'appelait « The Rocket ».
  • Jean Béliveau (1931-2014). Surnommé « Gros Bill », il fut lui aussi un buteur prolifique pour les Canadiens (507 buts), où il joua de 1950 à 1971, raflant 10 titres de champion. Béliveau fut élu à deux reprises MVP de la NHL, en 1956 et 1964.
  • Guy Lafleur (né en 1951). Les Anglophones le surnommaient « The Flower », quand les Francophones préféraient l'appeler le « Démon blond ». Lafleur fut un joueur élégant, qui porta les couleurs de Montréal de 1971 à 1984, et compila six saisons consécutives à au moins 50 buts et 100 points (de 1974 à 1980). Il remporta cinq fois le titre de champion et fut élu deux fois MVP de la NHL en 1977 et 1978.
  • Doug Harvey (1924-1989). Malgré un nom à consonance anglaise, Harvey fut un authentique Québécois, qui a vu le jour et grandi à Montréal. Défenseur, il a joué pour les Canadiens de 1947 à 1961. Harvey a remporté six titres de champion et a été désigné à sept reprises meilleur défenseur de la NHL.
  • Jacques Plante (1929-1986). Plante est un des rares gardiens de but à avoir été élu MVP de la NHL. Il fut distingué en 1961. De 1956 à 1960, quand Montréal rafla cinq titres d'affilée, Jacques Plante fut à chaque fois désigné meilleur gardien de la saison. Il joua pour les Canadiens de 1952 à 1963. Plante est également connu pour avoir été le gardien qui a imposé l'usage du masque pendant les matches.
Jacques Plante, un des gardiens de but légendaires des Canadiens de Montréal

Pour arriver jusqu'en finale, Montréal s'est notamment appuyé sur son gardien Carey Price, la star de l'équipe, au club depuis 2007 et MVP de la NHL en 2015. Price a partagé son poste durant la saison avec Jake Allen, mais durant les play-offs, il a été le titulaire indiscutable et s'est fendu de sept matches à plus de 30 arrêts.

En attaque, les Canadiens ont pu compter sur les centres Tyler Toffoli et Nick Suzuki et le défenseur Jeff Petry, tous à plus de 40 points. Lors des play-offs, ils ont reçu le soutien du vétéran Corey Perry (35 ans), MVP de la NHL en 2011, et du jeune ailier Cole Caufield (20 ans), auteurs respectivement de trois et quatre buts.

Surnoms des Canadiens de Montréal

En plus d'un siècle d'existence, les Canadiens de Montréal ont reçu de nombreux surnoms, dont celui des « Habitants » affectueusement donnés par les citoyens de la ville, dont le diminutif « Habs » a vite été adopté. Et c'est désormais au cri de « Go Habs, Go » que les fans des Canadiens encouragent leur équipe, dont les joueurs sont également appelés les « Glorieux ».

Le club de Montréal a aussi été surnommé le « Canadien » ou encore, en référence à ses couleurs, le « Bleu Blanc Rouge » et le « Tricolore ».

Surnoms des Canadiens de Montréal Nombre de Coupes Stanley
La Sainte-Flanelle 24
Le Bleu-Blanc-Rouge
Le Tricolore
Les Habs

Le Centre Bell: Plus qu'une patinoire

Le Centre Bell, situé au cœur de Montréal au Québec, est l’une des infrastructures les plus emblématiques du Canada, réputée pour accueillir les matchs des Canadiens de Montréal, des concerts de stars internationales et des événements sportifs et culturels de premier plan. Inauguré le 16 mars 1996 sous le nom de Centre Molson, il a été renommé Centre Bell en 2002 après l'acquisition par Bell Canada. Principalement connu pour être le domicile des Canadiens de Montréal, franchise historique de la Ligue nationale de hockey (NHL), le Centre Bell est un lieu emblématique pour les amateurs de sport.

Le Centre Bell peut contenir jusqu’à 21 000 places. Outre le hockey, le Centre Bell se distingue par sa polyvalence. Il accueille régulièrement des concerts d’artistes internationaux, des spectacles, des galas de boxe, des tournois de sports électroniques, ainsi que des événements culturels de grande ampleur. Sa situation centrale à Montréal et sa proximité avec les réseaux de transport en font un lieu stratégique et accessible.

Intérieur du Centre Bell lors d'un match de hockey

S’il n’est pas simple de se procurer des places, les touristes peuvent se consoler en visitant le Centre Bell. Situé sur la bien nommée Avenue des Canadiens-de-Montréal, cette immense salle de 21 000 places raconte à travers trophées, photos et programmes interactifs l’histoire et la tradition de cette grande équipe depuis plus d’un siècle. Les visiteurs peuvent également profiter d’expositions temporaires. Non loin de là, la place du Centenaire, qui célèbre le centième anniversaire de la création de la franchise en 1909, rend hommage aux légendes du club : Howie Morenz, Maurice «Rocket» Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur.

Ce mercredi, nous avons testé la visite guidée de la patinoire des Canadiens de Montréal. La plus ancienne équipe de la Ligue Nationale de Hockey évolue au Centre Bell, la patinoire la plus importante en terme de capacité du championnat. Pendant plus d'une heure, nous parcourons les coulisses de l'enceinte qui attend impatiemment la 25ème Coupe Stanley du club.

En faisant une visite guidée du Centre Bell, vous aurez l’occasion de découvrir le vestiaire des joueurs, mais aussi les coulisses, la passerelle des journalistes, le salon des Anciens joueurs, la salle de presse, et bien plus encore ! En une heure de visite, vous apprendrez de nombreuses anecdotes sur le Club de hockey le plus iconique au monde.

Dans la cour, vous trouverez de nombreux hommages à l’Histoire des Canadiens :

  • L’immense murale « Génération glorieuse » réalisé par l’artiste local Marc Sirus qui met en avant les triomphes historiques de l’équipe, et de l’importance du hockey dans la culture canadienne.
  • Les statues de bronze des joueurs légendaires : Howie Morenz, Maurice (le Rocket) Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur.
  • 24 plaques pour les 24 Coupe Stanley remportées par l’équipe depuis sa céation en 1909. Les Canadiens de Montréal sont l’équipe la plus titrée de la LNH (Ligne Nationale de Hockey).
  • Au sol, plus de 20 000 briques forment le logo du Club. Chaque brique a été achetée par un partisan, qui l’a personnalisée avec un message.
  • Les « 100 meilleurs moments » des Canadiens de Montréal sont gravés dans le sol sur la cour Rio Tinto.

La boutique Tricolore Sport est la boutique officielle des Canadiens de Montréal. Elle se trouve dans le Centre Bell et est ouverte tous les jours. C’est un passage incontournables pour ramener un souvenir du match, une peluche Youppi!

Le Club de Hockey Canadiens est le club de hockey le plus titré de l’histoire de la Ligue Nationale (24 coupes Stanley!).

Le Forum de Montréal a été le domicile des Canadiens de Montréal de 1926 à 1996. C’est dans cette aréna, en 1993 que le Club a remporté sa dernière Coupe Stanley. C’est un lieu qui tient à cœur aux partisans de l’équipe. Après plus de 70 ans d’activité, le Forum a fermé ses portes car il ne répondait plus aux exigences du hockey professionnel. C’est là que s’est construit le Centre Bell, en plein centre-ville.

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