L'histoire du club de football à Perpignan est un récit riche et complexe, marqué par des clubs emblématiques et des rivalités locales. Notre ami Michel le basque m'a demandé de parler de l'histoire de l'USAP. Puisque le sujet intéresse au moins une personne ici, je ne me dérobe pas mais le sujet est vaste. C'est la raison pour laquelle je donnerai quelques éléments essentiels non pas d'ordre sportif mais "institutionnel" sur les trois premières décennies...
Le football-rugby apparaît à Perpignan en 1889 sous la forme de l'Union Sportive du Lycée, puis du Stade Roussillonnais, premier club civil de la ville.
Le rugby catalan à Perpignan en vidéos sur le Site Officiel USAP TV !
Les Débuts du Rugby à Perpignan
L'implantation du rugby à Perpignan date de 1886 à l'initiative d'Albert Lincou, ancien élève du Lycée Michelet à Paris, qui fit connaître les règles de ce nouveau sport à ses camarades internes du Collège de Perpignan et avec qui il créa l'Union Athlétique du Collège de Perpignan (UACP). Dix ans plus tard apparaît le Stade Roussillonnais, club omnisports, puis dans les premières années du siècle nouveau fleurissent des clubs de quartier : l'Etoile Sportive Perpignanaise, le Football Club, la Colombe Sportive, le Rugby Club Perpignanais, le Perpignan Sportif, l'Association Sportive Perpignanaise...
De ce foisonnement, un seul groupement, le dernier nommé, créé en septembre 1902 par quelques anciens de l'UACP, va subsister et s'affirmer, sans doute parce que ses bases étaient plus solides.
L'ASP grandit : sans changer de nom, elle fusionne avec (ou absorbe ?) le Stade Roussillonnais en 1906 puis le Perpignan Sportif en 1909, mais rivalités et rancoeurs en son sein provoquent une scission en 1912 et la création du Stade Olympien Perpignanais (SOP).
En 1908, l'ASP inaugure contre Lézignan le futur Stade Jean Laffon. Le stade situé sur la route de Thuir fait rapidement des jaloux parmi les clubs de la région. Un tel luxe a un coût, les places deviennent payantes.
75 centimes pour une chaise, 25 pour ceux qui peuvent s’en priver. Les premières foules apparaissent aussi. 1 000 personnes s’étaient déjà retrouvées pour le match d’ouverture, ils sont le double deux semaines plus tard pour la venue de Béziers.

La Première Guerre Mondiale et la Fusion des Clubs
Au lendemain du premier conflit mondial au cours duquel, comme tant d'autres et peut-être plus que d'autres, elles ont payé le prix du sang, vient le temps du rapprochement entre les deux sociétés : la fusion est effective en mai 1919 sous le nom d' "Union Sportive Perpignanaise" (USP) qui comprend une section d'athlétisme.
Dans la décennie 1920 l'USP doit faire face à l'ascension d'un voisin, les Arlequins Perpignanais, désignés sous le diminutif de "Quins".
Entre difficultés de recrutement de l'un et problèmes financiers de l'autre, les résultats sont décevants. Nécessité faisant loi, les deux ensembles décident de regrouper leurs forces.
La Naissance de l'USAP
Après de longues discussions la fusion est votée sans enthousiasme le 5 mai 1933. C'est la naissance de l'Union Sportive Arlequins Perpignanais (USAP). Certains dirigeants, évincés, se tourneront alors vers le rugby à XIII naissant.
En mai 1933 les deux sociétés fusionnent sous le nom de L’Union Spotive des Arlequins de Perpignan (USAP). La fusion ne se réalise qu’à la condition que certaines personnalités liés à l’USP et qui étaient défavorables à l’union des deux clubs soient évincées. Quoi qu’il en soit, pour l’heure c’est à Jean Laffon que continue de s’écrire l’histoire du rugby catalan.
En 1933 les deux sociétés fusionnent sous le nom de L'Union Spotive des Arlequins de Perpignan (USAP). C’est à Jean Laffon que s'écrit l'histoire du rugby catalan.

Les Évolutions du Nom du Club
L'entité changera deux fois de nom par la suite. En 1940 d'abord, pour se mettre en conformité avec une directive du gouvernement de Vichy (dont le ministre des Sports sera en 1942 le colonel Pascot, ancien ouvreur international de l'USP) : Union des Sports Athlétiques Perpignanais. En 1996 enfin, à la demande des anciens joueurs est adopté le retour au nom issu de la fusion de 1933 : Union Sportive Arlequins Perpignanais.
Pour la date à retenir, il y a la vieille stèle à l'entrée d'Aymé Giral (si ils ne l'ont pas cassée) qui mentionne bien 1902. Quant aux couleurs "bleu horizon", ce sont bien celles de l'USP.
Les Stades de l'USAP
En 1908, l'ASP inaugure le futur Stade Jean Laffon sur la route de Thuir, qui fait rapidement des jaloux parmi les clubs de la région.
De procès en recours, de cargolade en course poursuite, l’USAP finit par quitter quitte Jean Laffon au terme de la saison 1938-1939. En réalité c’est un échange de stades auquel on assiste, l’USAP partant pour l’ancien terrain des Treize aux Vernet, et le XIII Catalan récupérant Jean Laffon dans le même temps.
C'est sur l'ancien stade des XIII, que l'on retrouve l'USAP qui inaugure le 13 octobre 1940 son nouveau terrain en jouant face à une sélection catalane. Le stade est bientôt aménagé et baptisé du nom d'Aimé Giral, héros de la finale 1914, qui avait trouvé la mort durant la Grande Guerre comme Jean Laffon.
En 1998, la mythique Tribune CGT - connue pour ses supporters les plus virulents d'Aimé-Giral - disparaît au profit d'une nouvelle structure moderne de 3 353 places. Seconde tribune à être démolie : la Tribune Xambo - du nom de Joseph Xambo, président de l'ASP en 1910 - s'efface en septembre 2001 pour permettre l'édification de la Tribune Fernand Vaquer (ancien joueur des années 20 puis entraîneur du club catalan et ses 2 200 places. L'ancienne Tribune Jules Chevalier (premier président de l'USP en 1919) disparaît à son tour en juin 2002. Enfin, en mai 2006, débutent les travaux d'extension des deux tribunes latérales ainsi que la construction de la dernière tribune, la Tribune Goutta. Ses 2 200 places sont ouvertes au public en mai 2008. Désormais, l'USAP dispose d'une enceinte moderne et confortable pouvant accueillir jusqu'à 14 593 supporters, dont environ 13 000 assis.
Lorsque le club tutoyait encore le plus haut niveau, son ancien président Paul Goze, souhaitait même porter la capacité d'Aimé Giral à 20 000 places (dont 18 000 assises). Autre projet enterré, celui d'un stade de 20 000 commun aux deux équipes professionnelles de la ville. Sans doute aurait-ce été la meilleure chose à faire à la fin des années 90.
L'ASC Bas-Vernet : Un Club de Quartier en Ascension
Parmi les clubs qui contribuent à animer le paysage footballistique de la ville, l'ASC Bas-Vernet se distingue par son ascension rapide et son ancrage dans le quartier du même nom. Créé en 2006, l'ASC Bas-Vernet est un club relativement jeune dans le paysage footballistique perpignanais. Le club des quartiers nord de Perpignan gravit chaque année depuis cinq ans un échelon.
Pour l'ASC Bas-Vernet, la Coupe de France a été une véritable vitrine, offrant au club une visibilité accrue et la possibilité de se faire connaître au-delà des frontières de Perpignan.
L'ASC Bas-Vernet ne se limite pas à une simple équipe de football. Le club joue un rôle social important dans le quartier du Bas-Vernet, en offrant aux jeunes un cadre structuré et des activités sportives et éducatives. Le club est un lieu de rencontre et d'échange, favorisant le vivre-ensemble et la transmission de valeurs positives. L'ASC Bas-Vernet contribue ainsi à l'épanouissement des jeunes et à la dynamisation du quartier.
Après une ascension fulgurante, l'ASC Bas-Vernet se trouve aujourd'hui à un tournant de son histoire. Le club doit relever de nouveaux défis pour continuer à progresser et à pérenniser son action.
Malgré ces défis, l'ASC Bas-Vernet peut s'appuyer sur ses atouts : un ancrage local fort, des valeurs humaines et sportives solides, et une équipe de dirigeants et de bénévoles passionnés. Avec ces atouts, le club peut envisager l'avenir avec optimisme et ambitionner de continuer à écrire l'histoire du football perpignanais.