L'histoire et les triomphes de l'AC Milan

L'AC Milan, l'un des clubs de football les plus prestigieux d'Italie, a une histoire riche et passionnante. À la fin du XIXe siècle, à Milan, le football était une affaire d'expatriés anglais qui fréquentaient le bar américain du Corso Emanuele.

Un groupe d'Anglais et d'Italiens créèrent le Milan Cricket and Foot-Ball Club le 13 décembre 1899 à Milan. L'officialisation de sa fondation fut effectuée le 18 décembre dans le quotidien La Gazzetta dello Sport. Edwards, vice-consul britannique à Milan, devient le premier président du club. Le club comprend une section de cricket et une de football. En janvier 1900, le club est affilié à la Fédération d'Italie de football. C'est à ce moment que l'équipe accroît sa popularité, et dispute en avril de la même année la Medaglia di Re (trophée disputé entre 1900 et 1902), gagné lors des trois éditions.

Herbert Kilpin fut l'artisan des trois premiers scudetti du club (compétition créée en 1898) : 1901, 1906 et 1907. Kilpin vivait pour l’AC Milan au point de se rendre à Gênes alors que son équipe disputait un match contre les Grasshoppers de Zurich, le soir de ses noces. En gagnant le titre de 1901, le Milan Cricket and Foot-Ball Club devient le premier club à mettre fin à la série de victoires du Genoa CFC qui avait gagné toutes les éditions précédentes depuis sa création.

*AC Milan 2003 ★* Road to Victory | Champions League 2003

Les premières difficultés et la scission du club

Mais la croissance du Milan fut interrompue en 1908. La fédération italienne décida d'interdire la présence de joueurs étrangers dans le championnat d'Italie. La direction du Milan décida alors de ne pas s’inscrire au championnat la saison suivante. Mais cette position divisa le club puisque certains de ses dirigeants voulaient tout de même participer. À la suite de ce désaccord, 43 dissidents quittent le Milan et vont fonder le FC Internazionale Milano, qui acceptera de faire jouer des joueurs étrangers (d'où son nom Internazionale). Le Milan, pour sa part, participera de nouveau au championnat la saison suivante en se pliant à la décision de la fédération italienne.

Cet épisode affaiblit fortement l'AC Milan qui ne remporta aucun titre pendant une longue période. En 1919, le club change de dénomination, passant de Milan Football and Cricket Club à Milan Football Club, appellation qui se modifiera en 1936 en Milan Associazione Sportiva, première conséquence de la montée du fascisme et qui se complètera par une italianisation complète du nom de la société en 1939 en Associazione Calcio Milano. En 1926, le président de l'époque, Pirelli, décide de faire construire un stade à ses frais. Le Stadio San Siro est bâti en treize mois et pour 5 millions de lires.

En 1951, l'AC Milan remporte le championnat après 44 ans sans le moindre titre et au nez et à la barbe de l'Inter. Après son titre en 1951, le club gagne à nouveau le championnat en 1955, 1957 et 1959, et remporte la Coupe Latine en 1951 et en 1956. De 1948 à 1957, le club termine chaque saison sur le podium en championnat, et réussit même l'exploit de s'imposer 7-1 face à la Juventus à Turin.

L'ère de la reconstruction et les succès des années 1960

Cette riche période commence après-guerre, lorsque le nouveau président Umberto Trabattoni décide de relancer le club en pariant sur la jeunesse. Mais en 1948, Trabattoni va réaliser par hasard le transfert qui va changer le Milan. En effet, le Milan veut recruter Carl Aage Præst, la grande vedette danoise des Jeux olympiques de Londres. Mais ce dernier décline l'offre. Les Rossoneri se tournent alors vers Ploeger, l'autre vedette danoise. Celui-ci débarque en Italie à la Juve pour rejoindre son ami John Hansen. En compensation, Gianni Agnelli, le président de la Juve, aida le Milan à acquérir le Suédois Gunnar Nordahl. Avec son aide, Milan recrute alors les deux autres Suédois au talent confirmé : Nils Liedholm et Gunnar Gren. Nordahl est l'avant-centre du trio. Il marque 210 buts en 257 rencontres.

Le nouveau président Rizzoli continue le travail de Trabattoni. Pour renforcer l'équipe et pallier le départ de Gren, Rizzoli veut le meilleur milieu des années 1950, Alfredo Di Stéfano. Face au refus du Real Madrid, Rizzoli va chercher un milieu de terrain en Uruguay au Peñarol, Juan Alberto Schiaffino, héros de la Coupe du monde 1950 pour 50 millions de lires. Outre ses exploits sur le terrain, Juan Alberto Schiaffino est un véritable leader en dehors de l'aire de jeu. Rizzoli n'est pas un président-supporter. C'est avant-tout un homme d'affaires avisé, un gestionnaire. En 1960, le centre d'entrainement de Milanello est construit.

Avant de céder sa place au début des années 1960, Rizzoli achète de nombreux joueurs afin de ramener le scudetto. En 1962, l'AC Milan remporte le championnat sous la houlette de son entraîneur Nereo Rocco et compte dans son effectif le futur Ballon d'or de l'année 1969, Gianni Rivera. Ce dernier plait au manager de l'époque mais pas à l'entraineur Nereo Rocco. Amplifié par la presse, cette polémique a pour effet d'installer le nom de Gianni dans le cœur des supporters. Surtout, ce Lombard devient la star de l'équipe grâce à son élégance peu commune et à sa vision exceptionnelle.

Le Milan vit dans les remous de la gloire de Gianni Rivera. Il n'a pas vingt ans quand il gagne la coupe d'Europe le 22 mai 1963 aux dépens de SL Benfica. Six ans plus tard et après la domination de l'Inter d'Helenio Herrera durant cette période, la fin des années 1960 et le début des années 1970 vont marquer l'apogée du Milan. Ce retour au premier plan va coïncider avec le retour sur le banc de l’entraîneur Nereo Rocco. En 1967, le Milan va enfin remporter la coupe d'Italie. Ce merveilleux cycle se poursuit par deux Coupes d'Italie en 1972 et 1973. En 1973, il remporte également une autre coupe des coupes contre Leeds United et atteint la finale en 1974 de cette même compétition, qu'il perd contre le FC Magdebourg, fer de lance du football est-allemand.

Les années 1970 et la relégation en Série B

La victoire de 1973 a un goût amer. La finale face à Leeds United est difficile (terrain impraticable, jeu dur). Le dimanche suivant la finale, lorsqu'il faut conserver le point d'avance que le Milan détient face à la Juve pour obtenir le titre de champions, les joueurs sont trop fatigués et perdent face à Vérone, 5 buts à 3. En 1977, le Milan remporte sa quatrième Coupe d'Italie. L'entraîneur est l'ancienne gloire du club Nils Liedholm. Le club remporte ce titre devant Pérouse, pourtant invaincu lors de cette saison. Par ailleurs il s'agit du premier titre de la future star Franco Baresi. Le 13 mai 1979, Gianni Rivera, le « Golden Boy » milanais, décide de mettre un terme à sa carrière. Il est nommé vice-président du club.

À l'été 1980, à la suite du scandale du Totonero, le club est relégué en Série B. À l'issue de la saison 1980-1981, le club remporte le titre de Série B et remonte en Série A mais il redescend immédiatement en Série B à l'issue de la saison 1981-1982. Tout en descendant en Série B, le Milan s'adjuge la Coupe Mitropa (dénomination officielle La Coupe de l'Europe Centrale) en 1982. Pendant cette période, l'équipe s'appuie sur de jeunes joueurs tels que Mauro Tassotti, Alberigo Evani et leur capitaine de 22 ans Franco Baresi mais renoue également avec ses racines en recrutant des joueurs anglais (la fédération italienne ayant rouvert les portes du championnat aux joueurs étrangers en 1981). Mais la rigueur du championnat italien ne permettra pas, entre autres, à l'Écossais Joe Jordan ou à l'Anglais Luther Blissett de réussir.

L'ère Berlusconi et la domination européenne

Le 20 février 1986, le club est racheté par l'homme d'affaires italien, Silvio Berlusconi, qui souhaite en faire un grand club européen. Les premiers temps de sa présidence sont marqués par un profond désaccord avec Rivera qui conduit ce dernier à la démission. Propriétaire d'un vaste empire, Berlusconi n'est pas devenu par hasard président du Milan, mais par un amour juvénile du football que lui avait transmis son père, Luigi, qui l'emmenait souvent à San Siro. Sous sa tutelle, les structures de Milanello, héritées des années 1960 deviennent celles d'un centre ultra-sophistiqué. Il informatise la vente des billets, réévalue tous les salaires, investit plus de 100 milliards de lires et fait de Franco Baresi, le capitaine des années noires, le leader de la refondation de l’AC Milan. Il enrôle Daniele Massaro ou Roberto Donadoni et un an plus tard décide de nommer un entraîneur alors inconnu, Arrigo Sacchi, qui va marquer de son empreinte le club et révolutionner le jeu.

Pour poursuivre la reconstruction de l'équipe, il recrute, en 1987, Ruud Gullit qu'il présente comme un joueur bien meilleur que Diego Maradona. Ce transfert annonce les suivants : Marco van Basten et Frank Rijkaard. En 1988, le club remporte le championnat devant le Naples de Maradona en se basant sur une équipe solide, tout d'abord une défense composée du capitaine Franco Baresi, de Paolo Maldini, de Mauro Tassotti et d'Alessandro Costacurta, d'un milieu composé de Roberto Donadoni, d'Angelo Colombo et de Carlo Ancelotti et d'une attaque à trois avec Paolo Virdis et les deux Néerlandais Marco van Basten et Ruud Gullit. Une fois lancé, le Milan ne va plus s'arrêter.

En 1989, avec le renfort du Néerlandais Frank Rijkaard, l'AC Milan redevient champion d'Europe contre le Steaua Bucarest en s'imposant 4-0, après avoir battu le Real Madrid 5-0 en demi-finale retour à San Siro. Par la suite, l'équipe s'impose en Supercoupe d'Europe et en Coupe intercontinentale. Essentiellement tourné vers le but adverse, le Milan va résolument de l'avant ce qui lui vaut pas mal d'inimitiés.

Les collaborateurs et les proches de Silvio Berlusconi sont eux-mêmes surpris par ses options, ses choix, sa vision planétaire. Désirant anticiper sur le football de l'an 2000 qu'il imagine semblable au sport-spectacle américain, Berlusconi annonce la nécessité de créer un championnat mondial des clubs et recrute déjà, malgré les restrictions de l'époque, de nombreux étrangers tels que Dejan Savićević, Jean-Pierre Papin, Zvonimir Boban… Si l'équipe est souvent comparée à la dream team du début de cette décennie, cette concentration de talent nuit au climat de l'équipe.

Les années 1990 : succès nationaux et européens

En 1991, le club ne remporte aucun titre, et est éliminé en coupe d'Europe par l'Olympique de Marseille. Arrigo Sacchi est remplacé par Fabio Capello. Sous les ordres de Capello, les trophées s'accumulent : Championnat en 1992, 1993, 1994 et 1996, Coupe des champions en 1994, super coupe d'Italie en 1992, 1993 et 1994, Supercoupe d'Europe en 1995. En 1993, le Milan s'incline face à Marseille en finale de la Ligue des champions (ex-coupe d'Europe des clubs champions).

Silvio Berlusconi annonce alors à TF1 que la défaite est dure mais que Milan sera en finale l'année suivante. Malgré les départs de Frank Rijkaard et Ruud Gullit, sans oublier la blessure de Marco van Basten, mais avec le renfort de Marcel Desailly, les Rossoneri reviennent bien en finale face au FC Barcelone, qui est alors composé de Romário et de Hristo Stoitchkov. En 1995, le club perd en finale de la Ligue des champions contre l'Ajax Amsterdam (1-0, but de Patrick Kluivert) et ne remporte aucun titre. En 1996, le club renoue avec le succès et s'impose en championnat d'Italie pour la quinzième fois, comptant dans ses rangs le premier Ballon d'or africain George Weah (venu du Paris SG) et le Ballon d'or 1993 Roberto Baggio.

Passé ce succès national, la fin de décennie s'avère plus contrastée. La lourde tâche de sa succession est confiée à Óscar Tabárez, auteur d'un travail exemplaire à Cagliari Calcio mais encore peu aguerri à la gestion d’un vestiaire de stars, ce qui ne manquera pas de lui jouer des mauvais tours. Sous ses ordres, aucune des recrues phares ne va réussir à s'adapter, Edgar Davids, Christophe Dugarry et Michael Reiziger. Par ailleurs, son approche de jeu excessivement prudente, son style trop académique, manquant d'intensité et de personnalité lui valent de vastes critiques.

Arrigo Sacchi, démissionnaire depuis peu de la Squadra Azzura, est appelé à la rescousse pour rétablir l'identité tactique du club, très mal embarqué dans sa saison, et le repêcher. Des améliorations notables dans le jeu sont perceptibles sans toutefois réussir à inverser la tendance négative. Son premier match à la tête de l'équipe est synonyme d'élimination de la Ligue des Champions dès la phase de poules. Alors qu'un match nul pouvait suffire, les Rossoneri, déconcentrés, accusent le coup et subissent un retentissant revers au San Siro face aux norvégiens de Rosenborg BK (1-2). En championnat, malgré une cohésion améliorée dans les transitions, une exigence instaurée du pressing, marque de fabrique de Sacchi et une meilleure intégration des joueurs offensifs (Baggio, Weah, Savicevic) dans le système collectif, l'équipe finit par s'effondrer littéralement à mi-saison en essuyant deux défaites successives humiliantes face à des rivaux historiques, 6-1 à domicile contre la Juventus puis 1-3 contre l'Inter.

Depuis, le champion en titre ne va goûter à la victoire qu'à une seule reprise, accélérant sa chute vertigineuse vers une déplorable 11ème place. Le premier à tirer ses conclusions de cette improbable dégringolade est Franco Baresi. En butte à des soucis physiques récurrents et un état de fatigue chronique affectant directement ses performances, le taulier de la défense préfère prendre sa retraite à 37 ans, remettant de ce fait le méritoire brassard de capitaine à son digne successeur Paolo Maldini. En reconnaissance de sa loyauté pour le club qu'il a rejoint dès l'âge de 12 ans, et en l'honneur du leadership, de l'intelligence tactique et la rigueur défensive dont il a fait preuve un quart de siècle durant, le numéro 6 de la légende rossoneri est symboliquement retiré.

Après la saison chaotique vécue suite à son départ, le club est soulagé de voir Capello faire son retour pour un logique rétablissement à la normale. Un soulagement éphémère, qui va aussitôt se muer en une terrible désillusion. Les décisions fortes entreprises ne porte...

Palmarès national

Au niveau du palmarès national, le Milan a notamment remporté 19 titres de champion d'Italie, mais aussi 5 Coupes d'Italie et 8 Supercoupes d'Italie.

Ballon d'Or

En 1988 et 1989 (soit par deux fois et de manière consécutive, un record), l'AC Milan a placé trois de ses joueurs aux trois premières places au classement du Ballon d'or. De plus, par huit fois un joueur évoluant sous les couleurs du club lombard a remporté le titre de meilleur joueur de l'année (1969, 1987, 1988, 1989, 1992, 1995, 2004 et 2007).

Voici un tableau récapitulatif des joueurs de l'AC Milan ayant remporté le Ballon d'Or :

Année Joueur
1969 Gianni Rivera
1987 Ruud Gullit
1988 Marco van Basten
1989 Marco van Basten
1992 Marco van Basten
1995 George Weah
2004 Andriy Shevchenko
2007 Kaká

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