Cleveland a décroché le premier titre NBA de son histoire, un moment légendaire pour la ville et ses fans. Emmenés par un LeBron James en mission, les Cavs ont remporté le Game 7 de la finale sur le parquet de Golden State (89-93). Un sacre qui porte évidemment le sceau de LeBron James.
Auteur d’un triple double (27 points, 11 rebonds, 11 passes), le King, élu logiquement MVP de ces finales, a offert à sa région natale un titre attendu depuis 52 ans, tous sports confondus. Ses larmes à la fin du match aussi. A genoux sur le parquet de l’Oracle Arena, enlacé par ses partenaires, l’enfant d’Akron a dû voir défiler son destin hollywoodien...
Deux ans après son retour, il place son équipe de cœur au sommet du basket mondial et rafle son troisième titre personnel, après ceux remportés à Miami (2012, 2013). "J'ai donné tout ce que j'avais pour remporter ce titre, mon sang, mes larmes, c'était mon objectif quand je suis revenu à Cleveland, c'est incroyable, cela a été difficile", savoure le héros de 31 ans.
Grâce à lui, mais aussi à Kyrie Irving, encore une fois étincelant et auteur d'un tir primé décisif dans le money time, Cleveland signe un exploit XXL et l’emporte finalement 4-3 après avoir été mené 3-1 par les Warriors. Une première dans l’histoire de la NBA.

Le long chemin vers le sacre : L'histoire des Cavaliers
On le sait, pour beaucoup l’histoire des Cavaliers se résume au fils prodigue LeBron James, né à Akron, dans l’Ohio comme Cleveland. Alors certes, les Cavs n’ont jamais gagné le titre NBA (National Basketball Association) sans lui. Les Cleveland Cavaliers voient le jour en 1970, dans un Ohio où LeBron James n’est même pas encore à l’état de projet. Comme souvent pour une équipe d’expansion, les débuts sont laborieux : 15 victoires pour 67 défaites, et un roster bricolé avec les moyens du bord.
La légende raconte que le coach Bill Fitch et son assistant ont préparé la Draft d’expansion en consultant les bios des joueurs au dos de cartes de basket, façon Panini. Résultat : quelques trouvailles, mais aussi Gary Suiter, qui restera pour beaucoup comme l’un des pires joueurs NBA de l’histoire. Le salut vient du fond de classement : avec le premier choix de la Draft 1971, Cleveland sélectionne Austin Carr, scoreur incandescent en NCAA.
En NBA, « Mr. Cavalier » conserve son talent offensif mais voit sa carrière minée par les blessures. Malgré cela, les Cavs bâtissent autour de lui un noyau solide avec Bobby « Bingo » Smith, Jim Chones, Jim Cleamons, Dick Snyder et le vétéran Nate Thurmond.
Le Miracle de Richfield et les années sombres
En 1976, les Cavaliers atteignent la finale de la Conférence Est après avoir sorti les Washington Bullets en sept manches grâce à plusieurs victoires héroïques acquises sur des tirs dans les dernières secondes. Le Miracle de Richfield, comme est surnommée cette confrontation, du nom du quartier où se situait l’arène des Cavaliers de 1974 à 1994, le Cleveland Coliseum. Malheureusement, la blessure de Jim Chones empêche les Cleveland Cavaliers d’aller plus loin et les fans sont persuadés que sans son absence, ils allaient chercher le titre.
Après le Miracle de Richfield, les Cavaliers ratent l’occasion d’installer une vraie dynastie. Les blessures, l’usure et quelques mauvaises décisions renvoient la franchise vers le ventre mou… jusqu’à 1980, année où Ted Stepien débarque comme propriétaire. Et là, c’est la descente aux enfers. L’homme veut rebaptiser la franchise « Ohio Cavaliers » et faire jouer l’équipe dans plusieurs villes de l’État, histoire de bien diluer la fan base. Sur le terrain, il bazarde ses choix de premier tour de Draft comme s’ils valaient un paquet de chips.
Sa gestion est tellement catastrophique que la NBA crée une règle rien que pour limiter les dégâts : la « Ted Stepien Rule », interdisant d’échanger ses premiers tours de Draft deux années de suite. Cerise sur le gâteau, Stepien adore virer ses coachs à la moindre contrariété. Résultat : aucune qualification en Playoffs durant son règne (heureusement court, puisqu’il vend l’équipe en 1983), un effectif sans cap, et une réputation de franchise paillasson.
Seul rayon de soleil dans ces années sombres : l’arrière fantasque World B. Free, dont le talent et le style unique évitent à Cleveland de sombrer totalement dans l’oubli.
L'ère Price, Daugherty et Nance : L'espoir brisé par Jordan
En 1986, les Cavaliers profitent enfin de choix de Draft qu’ils n’ont pas bradés pour repartir sur de bonnes bases. La moisson est fructueuse : Brad Daugherty (premier choix), pivot élégant et All-Star en puissance, Ron Harper (huitième choix), arrière athlétique, et Mark Price (25e choix, premier du second tour), futur maestro de la mène et sniper du parking. La même année, Craig Ehlo débarque via la free agency, et Lenny Wilkens s’installe sur le banc. Ajoutez à ça l’arrivée de Larry Nance en 1988, et Cleveland possède un des effectifs les plus prometteurs de la Ligue.
Mais il y a un problème. Un gros problème. Michael Jordan adore affronter Cleveland, au point d’en faire sa victime favorite. Les Bulls brisent régulièrement les rêves des Cavs en Playoffs, et l’histoire retiendra surtout « The Shot » en 1989 : Jordan qui crucifie Ehlo au buzzer du match 5, offrant la victoire à Chicago et un traumatisme éternel à toute l’Ohio.
Malgré tout, cette génération reste dans les mémoires pour son style de jeu et ses coups d’éclat, mais les blessures - notamment le dos de Daugherty - finissent par l’user. La fin de cycle approche, et Cleveland s’enlise à nouveau dans la médiocrité, laissant planer un sacré What if ?
La période Fratello et l'arrivée de LeBron James
Après la fin du cycle Price - Daugherty - Nance, Cleveland refuse le grand ménage et choisit plutôt la voie de la prudence. Mauvaise pioche : les saisons suivantes s’enchaînent sous la houlette de Mike Fratello, coach obsédé par la défense et le contrôle du rythme. Résultat : un basket lent, prévisible, parfois efficace mais rarement excitant. Les Cavs gagnent assez pour traîner dans le ventre mou, pas assez pour jouer les premiers rôles malgré l’émergence du meneur Terrell Brandon.
Pour pimenter un peu la sauce, la franchise tente un coup de poker en 1997 : trade pour Shawn Kemp. Sauf que le « Reign Man » arrive avec quelques kilos de trop… puis quelques dizaines. Peu adapté au jeu lent de Fratello, il offre quelques highlights mais surtout l’image d’un joueur qui s’éteint loin des lumières de Seattle. Ce mélange d’ennui tactique et de pari raté conduit Cleveland à glisser progressivement vers le bas du classement.
Saison 2002-03 : les Cavaliers touchent le fond avec le pire bilan de la NBA. Mais au bout du tunnel, une lumière. La loterie 2003 offre à Cleveland le premier choix de Draft et la possibilité de sélectionner l’enfant prodige : LeBron James, gamin d’Akron à 40 minutes de là, déjà surnommé “The Chosen One” au lycée.
Son arrivée change instantanément la dimension de la franchise. Autour de lui, les Cavaliers construisent un effectif solide mais pas vraiment effrayant : Zydrunas Ilgauskas, Larry Hughes, Drew Gooden, puis Anderson Varejão. Malgré tout, LeBron porte l’équipe jusqu’aux Finales NBA 2007 après avoir terrassé les Pistons en finale de Conférence avec un match 5 légendaire (48 points, dont les 25 derniers des Cavs). Mais l’armada des Spurs est d’un tout autre calibre et inflige un sweep sec aux Cavaliers.
En 2010, après un nouvel échec en Playoffs, LBJ annonce lors de l’émission télé “The Decision” qu’il quitte Cleveland pour rejoindre le Miami Heat.
Le retour de LeBron et le titre de 2016
Sans LeBron, Cleveland replonge vite dans les bas-fonds de la NBA. Les Cavaliers obtiennent plusieurs premiers choix de Draft : Kyrie Irving (2011), Anthony Bennett (2013, probablement le plus gros raté de l’histoire pour un n°1), puis Andrew Wiggins en 2014.
Mais l’élément déclencheur arrive à l’été 2014, quand LeBron annonce son retour à la maison. Les rancunes s’effacent instantanément, les ambitions explosent. Andrew Wiggins est échangé contre Kevin Love, et avec Kyrie Irving, un Big Three est formé. En cours de saison, l’arrivée de notre GOAT J.R. De 2015 à 2018, les Cavaliers participent à quatre Finales NBA consécutives, toujours contre les Golden State Warriors. La première édition voit LeBron lutter tantôt seul (Kyrie Irving et Kevin Love sont blessés) face à une machine de guerre californienne.
Mais en 2016, Cleveland vit son plus grand moment : menés 3-1 en Finales, les Cavs réalisent un comeback historique avec le “Block” de LeBron, le tir assassin de Kyrie Irving, et un Game 7 remporté à l’extérieur.
Les deux saisons suivantes sont marquées par la domination des Warriors de Kevin Durant et par un effectif des Cavs en constante mutation. En 2018, après une nouvelle défaite en Finales, LeBron quitte à nouveau Cleveland, direction les Los Angeles Lakers.
La reconstruction et l'avenir
Sans LeBron, Cleveland repart en reconstruction, mais cette fois avec plus de patience et de méthode. Darius Garland est drafté en 2019, Jarrett Allen arrive en 2021 dans un échange malin avec Brooklyn, et surtout Evan Mobley est sélectionné en 2021, rapidement perçu comme un futur All-Star des deux côtés du terrain.
L’été 2022 marque un tournant : les Cavs font venir Donovan Mitchell depuis l’Utah Jazz, sans sacrifier leur jeune noyau. En 2024, les Cavs passent un cap en perdant en demi-finale de Conférence Est, battus par les Boston Celtics, mais en laissant entrevoir un vrai potentiel. Donovan Mitchell prolonge tout de même son bail dans l’Ohio, ce qui laisse penser que le groupe est sur la bonne voie.
Ce noyau solide permet aux Cleveland Cavaliers de dominer la Conférence Est lors de la saison 2024-25 avec 64 victoires. Ils abordent donc les Playoffs avec ambition. Malheureusement, les pépins physiques de Darius Garland, Evan Mobley et Donovan Mitchell en demi-finale de Conférence face aux Pacers plombent leur rêve de retrouver les Finales NBA.
Les moments clés des finales NBA 2016
Les deux équipes étaient encore à égalité 89-89 à moins de deux minutes de la sirène : James a d’abord réussi un contre improbable sur une attaque de Golden State, puis Kyrie Irving, l’autre artisan de ce sacre, a marqué un panier à trois points qui a définitivement assommé les Warriors à 53 secondes de la fin.

Les Cavaliers ont également mis fin à 52 années de disette pour Cleveland et l’Ohio qui attendaient depuis 1964 un titre de champion grâce à l’une de ses équipes professionnelles (football américain, base-ball, basket). En revanche, Golden State a fini à bout de souffle la saison 2015-2016 qui aurait pu être mémorable, après avoir réussi la meilleure saison régulière de l’histoire avec 73 victoires en 82 matchs.
Quelques chiffres clés
Voici quelques chiffres clés qui ont marqué le titre des Cavaliers :
- 1 : Aucune équipe avant Cleveland n'avait remonté un retard d'une victoire à trois en finales NBA.
- 3 : C'est le troisième titre de MVP des finales obtenu par LeBron James après ceux de 2012 et 2013 avec Miami.
- 52 : C'est le nombre d'années écoulées entre le précédent titre acquis par une équipe de Cleveland (les Browns/NFL en 1964) et celui des Cleveland Cavaliers ce dimanche.
Le messie James aura donc porté les siens jusqu'aux portes du paradis, avant de les voir se refermer au dernier instant, au terme d'une finale haletante, où Golden State semblait tout de même dominateur. Amertume et échec. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle "King James", terriblement déçu, a quitté le parquet sans assister à la remise du titre.
Les champions NBA de 1947 à 2025
Depuis 1947, le palmarès NBA a vu émerger de grandes dynasties. Les Boston Celtics et les Los Angeles Lakers dominent ce classement avec respectivement 18 et 17 titres NBA, affirmant leur statut d’équipes les plus titrées de l’histoire.
Ce palmarès NBA reflète l’évolution du jeu, l’émergence de superstars comme Michael Jordan, LeBron James, Kobe Bryant ou Stephen Curry, et les rivalités légendaires entre franchises.
Voici un tableau récapitulatif des champions NBA au fil des ans :
| Année | Champion | Finaliste | MVP des Finales |
|---|---|---|---|
| 2011 | Dallas Mavericks | Miami Heat | Dirk Nowitzki |
| 2016 | Cleveland Cavaliers | Golden State Warriors | LeBron James |
| 2018 | Golden State Warriors | Cleveland Cavaliers | Kevin Durant |
| 2019 | Toronto Raptors | Golden State Warriors | Kawhi Leonard |
| 2025 | Oklahoma City Thunder | Indiana Pacers | [Nom du MVP] |
Moments iconiques des finales NBA
- Lors du Game 6 des Finales 1998, Michael Jordan inscrit le panier décisif face au Jazz, offrant aux Bulls leur sixième titre.
- Menés 3-1 par les Warriors, les Cavaliers de LeBron James renversent la série pour remporter leur premier titre.
- Privés de Kareem Abdul-Jabbar, les Lakers confient les rênes à leur rookie Magic Johnson lors du Game 6.
- À quelques secondes de la défaite face aux Spurs, Ray Allen inscrit un tir à trois points légendaire, envoyant le match en prolongation et permettant au Heat de prolonger la série.
- Lors du Game 7 des Finales 1970, Willis Reed, capitaine des Knicks, entre sur le terrain malgré une déchirure musculaire à la jambe. Son apparition galvanise l’équipe et les fans.
- Lors du Game 1 des Finales 1992 contre les Blazers, Michael Jordan réalise une performance exceptionnelle en inscrivant 35 points en première mi-temps, dont six tirs à trois points.
- Le 11 juin 1997, lors du Game 5 des Finales contre le Jazz, Michael Jordan joue malgré une maladie sévère, probablement une intoxication alimentaire.
- Dans le Game 4 des Finales 1987 face aux Celtics, Magic Johnson inscrit un sky hook décisif à 7 secondes de la fin, offrant aux Lakers une victoire 107-106 et une avance de 3-1 dans la série.
- Le Game 5 entre les Celtics et les Suns est considéré comme l’un des plus grands matchs de l’histoire.
- Dans le Game 6 des Finales 1986, Larry Bird réalise un triple-double avec 29 points, 11 rebonds et 12 passes, menant les Celtics à leur 16e titre NBA.
- En 2011, Dirk Nowitzki mène les Mavericks à une victoire surprise contre le Heat de Miami de LeBron James.
- Kawhi Leonard guide Toronto vers son premier titre NBA, dominant les Warriors en six matchs.
Ce sacre est un triomphe personnel pour LeBron James, âgé de 31 ans, qui compte désormais à son palmarès trois titres NBA. « King James » était revenu en 2014 dans sa région natale après quatre saisons et deux titres NBA avec Miami pour offrir ce titre tant attendu depuis l'apparition de Cleveland en NBA en 1970.