Le Classement FIFA : Explication et Implications pour le Football Français

Le classement FIFA des équipes nationales suscite des doutes et des critiques sur sa pertinence et sa méthodologie. Malgré sa réforme en 2006, des positions relatives souvent incompréhensibles persistent. Au risque de nous déjuger, nous allons exploiter cet indice en essayant de lui donner une autre utilité que celle consistant à fustiger le déclin de l'équipe de France et en comptant, malgré ses défauts, sur les comparaisons qu'il permet dans le temps et dans l'espace.

Note : pour l'historique ci-dessus, ce sont les positions au classement mondial qui sont représentées, pour les infographies ci-dessous, ce sont les positions dans la Zone UEFA (ainsi, 19e dans le premier cas, la France est 12e dans le second). Les classements sont arrêtés à fin novembre 2013.

On imagine souvent qu'être une nation bien peuplée est un avantage décisif pour posséder un bon pool de footballeurs sélectionnables et constituer la meilleure équipe possible. Ce n'est pas complètement faux, tant on retrouve les pays les plus peuplés dans le top du classement FIFA de la zone Europe.

Ainsi la France ferait plutôt partie d'un groupe de pays sous-performants par rapport à leur taille, en compagnie de poids lourds de la démographie tels que la Russie, la Pologne, la Turquie ou bien la Roumanie. Perfectibles donc, si l'on se compare à des petites nations du football qui font bien mieux que nous, comme le Portugal, les Pays-Bas ou même nos voisins belges et suisses, dont les sélections ont été plus performantes que la nôtre ces derniers temps. Sans même parler de petits poucets comme les pays yougoslaves, éternels pourvoyeurs de grands footballeurs...

À titre d'exemple, trente-cinq places séparent l'Espagne et la Pologne malgré des populations comparables. Le Portugal, sept fois moins peuplé que la Turquie culmine vingt places plus haut. Les pays de l'Est en général sont plutôt mal classés: outre la Pologne et la Turquie, le Belarus ou la Russie se situent largement en deçà de la diagonale.

Cette représentation permet de visualiser la correspondance plus ou moins étroite entre la position au classement FIFA et l'importance de la population. En clair: sur la diagonale, l'une est conforme à l'autre; au-dessous, le pays "sous-performe" et à l'inverse, au-dessus son rang sportif témoigne (en théorie) de sa capacité à bien exploiter un vivier lui aussi théorique.

Ce deuxième graphique met en regard les performances des sélections et celles des clubs (si l'on veut bien continuer d'accorder aux classement FIFA et UEFA une capacité à mesurer ces performances, n'y revenez pas). En ce qui concerne les "cinq grands championnats" européens, seuls les résultats des équipes nationales française et anglaise sont en deçà de celles de leurs clubs.

La position extrême de Chypre s'explique par les performances de ses clubs, en particulier l'APOEL Nicosie qui a réussi l'exploit de se qualifier en quarts de finale de Ligue des champions en 2011/12. Les clubs de l'ex-Yougoslavie souffrent de championnats qui sont à la fois peu attractifs et bourrés de talents qui ne tardent jamais bien longtemps à rejoindre des ligues plus cotées.

Si l'on voit que les pays européens s'investissent différemment dans le football, une manière de quantifier leur passion consiste à comparer les affluences domestiques au "niveau" du championnat, mesuré selon l'indice UEFA. Les clubs d'Europe du Nord bénéficient globalement d'excellentes affluences au regard de leur classement UEFA.

Les Néerlandais parviennent à attirer 20.000 spectateurs par match malgré des résultats moyens dans les compétitions européennes. Les excellentes performances des clubs de la péninsule ibérique placent l'Espagne et le Portugal en dehors du peloton, les Lusitaniens étant trois fois mieux classés que l'Écosse à affluence comparable.

Le classement Fifa est le classement mondial des sélections nationales. Publié une fois par mois, il est calculé grâce aux résultats obtenus par chaque équipe sur les quatre dernières années. Les victoires, les nuls et les défaites offrant un nombre de points pré-déterminés.

À quoi sert le classement Fifa ?

Le classement Fifa, qui n’était autrefois qu’un classement honorifique, a gagné en importance ces dernières années. C’est lui qui décidera quelles seront les équipes têtes de série lors des prochains barrages de la Coupe du monde (15 et 19 novembre), l’été prochain au Brésil.

La Fédération française de football envisage de déposer un recours auprès de la Fifa, s’estimant lésée par le mode de calcul du classement mondial, qui priverait l’équipe de France d’un statut de tête de série lors des barrages. Un classement inéquitable ?

Didier Deschamps a été le premier à mettre le doigt sur un point de discorde, en conférence de presse. « Dans cette histoire, on est doublement pénalisé, a déploré le sélectionneur. Déjà, dans un groupe à 5, c’est compliqué. Mais en plus, dans les groupes de six, chaque équipe a deux matches de plus qui apportent des points au classement Fifa. »

Pour autant, Didier Deschamps et ses hommes auraient peut-être dû s’en préoccuper avant. Lors des quatre matches amicaux précédant l’Australie (6-0), les Bleus ont concédé un match nul et trois défaites. En amont, il aurait peut-être aussi été judicieux de programmer des matches amicaux plus « simples » face à des équipes d’un moindre calibre, pour être certains de faire le plein de points.

Ce vendredi soir, lors du tirage au sort de la prochaine Coupe du monde, l’Argentine a d’abord hérité du groupe I, avant de récupérer le J et de laisser la poule I à l’équipe de France. En effet, depuis cette année, une nouveauté a intégré le règlement du tirage au sort du Mondial. Premier et deuxième du classement FIFA, l’Espagne et l’Argentine ne devaient pas être versés dans la même partie de tableau, pour ne pas s’affronter avant une éventuelle finale, tout comme la France (3e) et l’Angleterre (4e).

Qualifiée pour la Coupe du monde 2026, la France est assurée d'être tête de série à l'occasion du tirage au sort de la compétition, le 5 décembre. Les quatre chapeaux de douze équipes seront définis en fonction du classement FIFA à l'issue de cette fenêtre internationale de novembre. Actuellement troisième de la hiérarchie mondiale, la France est ainsi assurée d'occuper une des neuf places de tête de série octroyées par ce biais, en plus des trois pays organisateurs, les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Parmi les douze groupes de quatre équipes, les Bleus savent déjà qu'ils n'apparaîtront pas dans le A (réservé au Mexique), le B (dont la tête de série est le Canada) ni le D (avec les États-Unis). Cela donne des indications sur les lieux où ils pourraient jouer leurs rencontres de la phase de groupes.

Les deux premiers de chacun des groupes ainsi que les huit meilleurs troisièmes rallieront les seizièmes de finale, organisés à partir du 28 juin. Si les matches de groupes sont regroupés en fonction des trois zones géographiques définies, cela n'entre plus en considération à partir de la phase à élimination directe, où un huitième dans la zone Centre peut succéder à un seizième dans les zones Ouest ou Est. La finale est prévue le 19 juillet au MetLife Stadium de New York.

Malgré son sacre en Ligue des nations, l’équipe de France reste toujours derrière la Belgique et le Brésil au classement Fifa. Championne du monde en titre et récent vainqueur de la Ligue des nations, l’équipe de France n’occupe pourtant toujours pas la première place au classement Fifa, un rang qui appartient à la Belgique depuis novembre 2018.

L’échec en huitièmes de finale de l’Euro contre la Suisse n’explique pas seulement cette stagnation, il faut se plonger dans le système de calcul de l’instance du football mondial pour y trouver l’explication. Auparavant les équipes défendaient un total de points via une moyenne alors que désormais les points sont ajoutés ou soustraits selon les performances des équipes à chaque match.

Les points de l’équipe au classement au moment du match sont pris en compte auxquels il faut ajouter un coefficient selon l’importance du match. Dans ce calcul, 1 point est attribué en cas de succès, 0,5 lors d’un nul et 0 lors d’une défaite et pour garantir un certain équilibre, la Fifa pondère le tout selon le niveau des adversaires et le rapport de force.

Objectif première place pour l'équipe de France! En effet, la Fifa a sorti de nouvelles règles de son chapeau quelques jours avant le tirage et les Bleus, 3e au classement Fifa, sont assurés de ne pas croiser l'Argentine, l'Espagne et l'Angleterre avant les demi-finales de la prochaine Coupe du monde. Mais pour ça, il faudra finir en tête de son groupe, et cela sera plus facile dans un groupe tranquille plutôt que dans le groupe de la mort.

Tête de série, les Bleus vont donc éviter les principaux cadors, et devraient voir le second tour puisque sur les 48 qualifiés, 32 vont passer en 16e de finale, un tour éliminatoire de plus. Alors que le suspense était entier autour de la place des équipes qualifiées grâce aux barrages, la Fifa a tranché: les vainqueurs seront tous placés dans le chapeau 4.

Football : Comment se fait le classement FIFA des équipes nationales ?

Dans le pot 2, la Croatie et le Maroc apparaissent comme des épouvantails, à l'instar de la Norvège ou de l'Algérie dans le chapeau 3. À noter qu'il ne peut pas y avoir plus de deux représentants de la zone Europe dans un même groupe, ce qui fait que les Bleus ne peuvent pas tomber dans le groupe des coéquipiers d'Erling Haaland ET de l'Italie. Pour les autres confédérations, le nombre de représentants est limité à un.

Les Bleus vont connaître leurs adversaires pour le Mondial en Russie lors du tirage au sort qui a lieu vendredi à Moscou. Bonne nouvelle pour les amateurs de ballon rond : la Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé en septembre que pour la première fois dans l’histoire de la Coupe du monde, la composition des pots, pour le tirage au sort de la phase finale obéirait à une logique purement sportive, exception faite du traitement de faveur toujours réservé au pays hôte, en l’occurrence la Russie.

Ce vendredi 1er décembre, à Moscou, jour du tirage au sort, les sept meilleures équipes au classement FIFA d’octobre (dont la France, qui a miraculeusement grimpé à la 7e place début octobre) figureront dans le pot 1 avec la Russie (formant les huit têtes de série), les huit équipes suivantes figureront dans le pot 2, les huit suivantes dans le pot 3, et enfin les huit dernières dans le pot 4, indépendamment de leur confédération (continent) d’appartenance.

Si l’on fait l’hypothèse (audacieuse) que le classement FIFA reflète bien la valeur réelle des équipes, les huit groupes seront donc bien équilibrés, chacun étant composé d’une équipe tirée au sort dans les quatre pots. Et aucune équipe ne sera désavantagée. Ce changement historique doit être salué, pour le bien du football et au nom de l’équité sportive.

Pot 1 : Russie, Allemagne, Brésil, Portugal, Argentine, Belgique, Pologne, France.

Pot 2 : Espagne, Pérou, Suisse, Angleterre, Colombie, Mexique, Uruguay, Croatie.

Pot 3 : Danemark, Islande, Costa Rica, Suède, Tunisie, Egypte, Sénégal, Iran.

Pot 4 : Serbie, Nigeria, Australie, Japon, Maroc, Panama, Corée du Sud, Arabie saoudite.

La FIFA a également annoncé qu’elle maintenait la règle selon laquelle deux équipes d’une même confédération ne peuvent être tirées au sort dans le même groupe, à l’exception des équipes européennes - chaque groupe doit contenir au minimum un et au maximum deux équipes européennes. Cette contrainte géographique, légitime, explique pourquoi la FIFA a durant plus de soixante ans utilisé des critères géographiques pour former les pots : il devenait alors facile de satisfaire la contrainte lors du tirage, mais au détriment de l’équité et de l’équilibre des groupes.

Les pots 1 à 4 seront vidés dans cet ordre, et l’équipe tirée au sort ira dans le premier groupe admissible dans l’ordre alphabétique des groupes (A à H). Un groupe est admissible si le fait d’y placer l’équipe tirée au sort ne viole pas les contraintes et ne mène pas non plus à une future impasse.

Probabilités de tirage pour la France

Voici les résultats pour la France. Les contraintes géographiques ont un gros impact sur les probabilités :

  • Dans le pot 2, les Bleus ont 17,5 % de chances de tomber contre le Pérou, la Colombie et l’Uruguay, mais seulement 9,5 % de chances de tomber sur l’Espagne, la Suisse, l’Angleterre, le Mexique et la Croatie.
  • Les adversaires des tricolores dans le pot 3 sont à peu près tous aussi probables.
  • Les trois pays scandinaves sont légèrement moins probables (11,4 % chacun), puisqu’ils ne pourraient rencontrer la France si elle avait auparavant tiré une équipe européenne du pot 2, ce qui a 38 % de chances de se produire.

Pour les mêmes raisons, dans le pot 4, l’adversaire le moins probable des Bleus est la Serbie (9,4 %), qui ne pourrait être autorisée à rejoindre le groupe de la France que si les tricolores avaient évité les sept équipes européennes des pots 2 et 3. Les Bleus ont environ 13 % de chances de tomber contre n’importe quel autre adversaire du pot 4.

Si la France tombe contre une équipe européenne du pot 2, la probabilité de rencontrer Danemark, Islande, Suède ou Serbie tombera à zéro. Dans le même temps, les probabilités de rencontrer les autres équipes des pots 3 et 4 augmenteront.

Si les hommes de Deschamps tombent contre une équipe sud-américaine du pot 2, ils auront 54 % de chances de rencontrer un des trois pays scandinaves dans le pot 3 (18 % chacun), et 15 % de chances de rencontrer la Serbie dans le pot 4. Mais les Bleus ne pourront tomber sur la Serbie que s’ils ont évité Danemark, Islande et Suède.

Si la France tombe sur le Mexique dans le pot 2, il sera assez probable qu’elle rencontre un pays scandinave ou la Serbie. Elle ne pourrait plus tomber sur le Costa Rica et le Panama.

A cause des incohérences du classement FIFA, le tirage pourra encore accoucher d’un « groupe de la mort » comprenant le Brésil, l’Espagne, la Suède et le Nigeria. En revanche, il y aura probablement des « groupes de la vie » : les groupes de la Russie et de la Pologne seront probablement des groupes assez faibles, sauf s’ils contiennent l’Espagne.

Pour que les groupes soient mieux équilibrés, il faudrait remplacer le classement FIFA par un classement plus juste - par exemple le classement Elo - et traiter le pays hôte comme n’importe quel autre. Voici à quoi ressembleraient alors les pots :

Pot 1 : Brésil, Allemagne, Espagne, Portugal, France, Argentine, Angleterre, Colombie.

Pot 2 : Belgique, Pérou, Uruguay, Suisse, Croatie, Mexique, Pologne, Danemark.

Pot 3 : Suède, Iran, Islande, Sénégal, Serbie, Japon, Costa Rica, Australie.

Pot 4 : Corée du Sud, Nigeria, Maroc, Russie, Panama, Egypte, Tunisie, Arabie saoudite.

Espagne, Angleterre et Colombie remplaceraient Russie, Belgique et Pologne comme têtes de série, ce qui semble raisonnable.

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, la FIFA a récemment annoncé qu’elle allait changer le mode de calcul de son classement. Si elle adopte (enfin !) un système raisonnable, on peut espérer que le tirage au sort de la Coupe du monde 2022 soit enfin juste et équilibré !

tags: #classement #fifa #france #football