Comprendre le Classement FIFA de Football : Explications et Analyse

Le classement FIFA des équipes nationales est un sujet de discussion récurrent dans le monde du football. Souvent critiqué pour sa méthode de calcul, il reste l'indice de référence pour comparer les meilleures équipes du monde entier et déterminer leur place. Ce classement, malgré sa réforme en 2006, suscite depuis toujours des doutes et des critiques sur sa pertinence et sa méthodologie, qui se cristallisent en particulier sur des positions relatives souvent incompréhensibles.

Au risque de nous déjuger, nous allons exploiter cet indice en essayant de lui donner une autre utilité que celle consistant à fustiger le déclin de l'équipe de France et en comptant, malgré ses défauts, sur les comparaisons qu'il permet dans le temps et dans l'espace. Note : pour l'historique ci-dessus, ce sont les positions au classement mondial qui sont représentées, pour les infographies ci-dessous, ce sont les positions dans la Zone UEFA (ainsi, 19e dans le premier cas, la France est 12e dans le second). Les classements sont arrêtés à fin novembre 2013.

Comment fonctionne le classement FIFA : les bases de la formule

Comment Fonctionne le Classement FIFA ?

Oubliez la simple accumulation de victoires ! Depuis 2018, une formule mathématique impitoyable régit la hiérarchie du football international. En effet, la FIFA s’est inspirée du célèbre système Elo Rating utilisé aux échecs. Par conséquent, cette loi secrète force les géants du ballon rond à repenser radicalement leur calendrier. Le temps où ils engrangeaient des points sans effort est révolu. Aujourd’hui, seul le danger paie.

Le calcul est en fait assez simple. La formule mathématique tient sur une seule ligne: P = M x I x T x C.

  • M : Points pour le résultat du match (victoire, nul, défaite).
  • I : Importance du match (coefficient).
  • T : Force de l'équipe adverse.
  • C : Force de la confédération.

La Formule Implacable du « Résultat Attendu » Le gain ou la perte de points pour une équipe () provient du calcul suivant : . De toute évidence, le facteur déterminant ici reste (le Résultat Attendu).

Si une équipe très bien classée bat un adversaire bien plus faible, le système considère cette victoire comme normale et inévitable. Ainsi, le est très proche de 1. La différence entre le résultat réel ( pour une victoire) et le résultat attendu devient minime, réduisant le gain de points à presque rien.

Pire encore, le risque est monumental : un match nul ou une défaite dans cette situation provoquerait une perte catastrophique de points. Inversement, si vous battez une équipe mieux classée, c’est le jackpot absolu. Si l’Algérie ou la Côte d’Ivoire bat l’Argentine, le (Résultat Attendu) est très faible. Le système n’anticipe pas l’exploit ; par conséquent, la différence explose, garantissant une envolée fulgurante au classement.

L’autre pilier du système est le coefficient (Importance Weight) du match. Ceci confirme que toutes les rencontres ne se valent pas. Voici un tableau illustrant le coefficient "I" en fonction du type de match :

Type de Match Coefficient (I)
Match Amical (Date FIFA) 10
Qualifications Officielles (CAN, Coupe du Monde) 25
Phases Éliminatoires de Coupes Continentales 40
Phases Éliminatoires Coupe du Monde 60

Avec un faible (10 maximum) pour un match amical, le risque reste beaucoup trop élevé. C’est pourquoi la nouvelle stratégie des nations vise à « s’accrocher » aux top 20 mondiaux uniquement lors des matchs officiels (où ). Un résultat positif dans un tel contexte garantit une prime maximale de points, tout en minimisant l’exposition aux pertes lors des rencontres sans enjeu réel.

Finalement, pour s’envoler au CLASSEMENT FIFA, les nations doivent être audacieuses et chercher la confrontation lors des compétitions officielles.

Critiques et Pertinence du Classement FIFA

Le classement FIFA des équipes nationales, malgré sa réforme en 2006, suscite depuis toujours des doutes et des critiques sur sa pertinence et sa méthodologie. Ces critiques se cristallisent en particulier sur des positions relatives souvent incompréhensibles. Le classement FIFA évalue les performances des équipes nationales sur les quatre dernières années écoulées. À ce titre, le cycle quadriennal utilisé semble être approprié car il correspond à celui de la Coupe du Monde.

Mais le grief concerne le facteur de pondération : moins l’année est récente, plus le résultat acquis perd de sa valeur (*1 ; *0,5 ; 0,3* ; *0,2). L’accent est donc mis sur la dernière année qui représente 50 % de la valeur des points. Ce qui est assez conséquent.

Le premier problème majeur de ce système est que toutes les défaites ont la même valeur, à savoir zéro. En d’autres termes, le classement donne autant de poids à une défaite 0-1 en Allemagne qu’à une défaite 0-6 à domicile contre les Iles Féroé.

Il ignore aussi un phénomène essentiel présent dans la quasi-totalité des sports de la planète: l’avantage de jouer à domicile. En 2007, les mathématiciens de l’université de Salford Ian McHale et Stephen Davis ont montré en analysant près de 9 000 matches internationaux que l’équipe évoluant à domicile gagne plus de 50% du temps, contre 25% de matches nuls et 25% de défaites.

Aucune trace non plus de la différence de but dans la formule magique du classement FIFA. Résultat, une victoire de la France 6-0 en Allemagne lui rapporte autant de points qu’une victoire 1-0 à domicile contre la Mannschaft.

S’il y a bien un constat sur lequel tout le monde ou presque s’accorde, c’est que le classement mondial FIFA/Coca-Cola (son appellation officielle) n’est pas parfait. Mais il n’est pas pour autant complètement absurde. En 2007, les chercheurs japonais Koya Suzuki et Kazunobu Ohmori ont testé son efficacité en regardant s’il permettait de prédire le résultat de la Coupe du monde depuis 1994. Ils ont notamment trouvé que tous les finalistes depuis cette date-là faisaient partie des 15 meilleures équipes au classement FIFA de la compétition et que les 16 premières équipes au classement avaient plus de 70% de chances de se qualifier pour le second tour.

«Le classement FIFA est un moyen efficace de prédire les résultats en Coupe du monde» avaient-ils conclu.

Représentation Géographique et Démographique

Cette représentation permet de visualiser la correspondance plus ou moins étroite entre la position au classement FIFA et l'importance de la population. En clair: sur la diagonale, l'une est conforme à l'autre; au-dessous, le pays "sous-performe" et à l'inverse, au-dessus son rang sportif témoigne (en théorie) de sa capacité à bien exploiter un vivier lui aussi théorique.

On imagine souvent qu'être une nation bien peuplée est un avantage décisif pour posséder un bon pool de footballeurs sélectionnables et constituer la meilleure équipe possible. Ce n'est pas complètement faux, tant on retrouve les pays les plus peuplés dans le top du classement FIFA de la zone Europe.

Ainsi la France ferait plutôt partie d'un groupe de pays sous-performants par rapport à leur taille, en compagnie de poids lourds de la démographie tels que la Russie, la Pologne, la Turquie ou bien la Roumanie. Perfectibles donc, si l'on se compare à des petites nations du football qui font bien mieux que nous, comme le Portugal, les Pays-Bas ou même nos voisins belges et suisses, dont les sélections ont été plus performantes que la nôtre ces derniers temps. Sans même parler de petits poucets comme les pays yougoslaves, éternels pourvoyeurs de grands footballeurs...

À titre d'exemple, trente-cinq places séparent l'Espagne et la Pologne malgré des populations comparables. Le Portugal, sept fois moins peuplé que la Turquie culmine vingt places plus haut. Les pays de l'Est en général sont plutôt mal classés: outre la Pologne et la Turquie, le Belarus ou la Russie se situent largement en deçà de la diagonale.

Comparaison des Performances des Clubs et des Équipes Nationales

Ce deuxième graphique met en regard les performances des sélections et celles des clubs (si l'on veut bien continuer d'accorder aux classement FIFA et UEFA une capacité à mesurer ces performances, n'y revenez pas). En ce qui concerne les "cinq grands championnats" européens, seuls les résultats des équipes nationales française et anglaise sont en deçà de celles de leurs clubs.

La position extrême de Chypre s'explique par les performances de ses clubs, en particulier l'APOEL Nicosie qui a réussi l'exploit de se qualifier en quarts de finale de Ligue des champions en 2011/12. Les clubs de l'ex-Yougoslavie souffrent de championnats qui sont à la fois peu attractifs et bourrés de talents qui ne tardent jamais bien longtemps à rejoindre des ligues plus cotées.

Implication des Pays Européens dans le Football

Si l'on voit que les pays européens s'investissent différemment dans le football, une manière de quantifier leur passion consiste à comparer les affluences domestiques au "niveau" du championnat, mesuré selon l'indice UEFA. Les clubs d'Europe du Nord bénéficient globalement d'excellentes affluences au regard de leur classement UEFA.

Les Néerlandais parviennent à attirer 20.000 spectateurs par match malgré des résultats moyens dans les compétitions européennes. Les excellentes performances des clubs de la péninsule ibérique placent l'Espagne et le Portugal en dehors du peloton, les Lusitaniens étant trois fois mieux classés que l'Écosse à affluence comparable.

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