La Moldavie, coincée entre l'Ukraine et la Roumanie, est un pays né du démantèlement de l'URSS en 1991. Son équipe nationale de football n'a toujours pas goûté aux joies d'une compétition majeure.

En proie à des tensions politiques et des difficultés économiques, la Moldavie peine à développer le football. La Moldavie est 175e au classement FIFA. Une place qui lui vaut d’être l’une des plus mauvaises sélections jamais rencontrée par l’équipe de France, si l’on se base sur le classement actuel. Seule Malte (182e), battue 4-0 et 6-0 par les Bleus en 2002/2003, fait pire.
Un Passé Difficile
La Moldavie a une histoire relativement récente et ne s'est jamais véritablement illustrée au niveau européen. Ses clubs n'ont jamais fait mieux qu'une élimination en barrages de la Ligue des Champions (le Sheriff Tiraspol en 2009/2010 et 2010/2011) et la sélection a terminé dernière de son groupe de qualification à 6 reprises en 12 participations.

Un seul parcours référence est à mettre en évidence : les éliminatoires de la Coupe du monde 2014, avec une cinquième place, onze points, deux matches nuls contre l'Ukraine (0-0) et la Pologne (1-1) et un festival face au Monténégro (5-2). À part ça une période de vaches maigres et peu d'espoir.
Le Rôle du Sheriff Tiraspol
Le Sheriff fait sa loi dans le foot moldave depuis sa prise en main en 1997 par Victor Gusan, un homme d’affaires contrôlant un tiers de l’économie de cette province de 4 100 km2 avec sa chaîne de supermarchés, son réseau de téléphonie mobile et la principale distillerie de toute la Moldavie. Dans ce pays parmi les plus pauvres d’Europe, où le salaire moyen d’un joueur de 1re division est de 500 euros, le Sheriff débourse entre 1 000 et 3 000 euros pour les joueurs locaux et jusqu’à 20 000 euros pour les stars venues du l’étranger, dont trois du Brésil. Le club dispose également du stade le plus grand et le plus moderne de Moldavie. Répondant aux normes de l’UEFA, il compte 14 000 places, contre 10 500 seulement pour le Stadionul Zimbru de Chisinau où évolueront les Bleus.
Un investissement payant puisque le Sheriff a remporté 16 fois le titre de champion et huit fois la Coupe de Moldavie depuis 2000, et surtout engrangé des millions d’euros de revenus commerciaux via les compétitions européennes.
Le paradoxe est en effet que ce club porte-étendard d’un territoire séparatiste à majorité russophone, considéré comme une tête de pont de Moscou dans la région, participe volontiers aux coupes européennes sous la bannière moldave, la seule reconnue par les instances sportives...
Des Espoirs pour l'Avenir
Les derniers mois laissent néanmoins présager la naissance d'un cercle vertueux. Plusieurs espoirs bourgeonnent tout doucement et commencent à pointer le bout de leur nez.
C'est le cas de Virgiliu Postolachi (18 ans). Le jeune attaquant qui évolue avec les jeunes du Paris Saint-Germain grandit à son rythme. Présent dans l'effectif U19 du club francilien, l'ailier gauche a montré de belles choses en Youth League la saison dernière (2 buts en 6 matches). Dernièrement, le natif d'Edinet a eu l'opportunité de disputer l'International Champions Cup avec le PSG. Une occasion de se montrer sous son meilleur joueur avec un but sublime contre l'Atlético de Madrid.
D'autres joueurs pourraient rapidement rejoindre les rangs de la Selectionata Nationala. Parmi eux figure Fantaziu Cornelius. À seulement 16 ans, il a convaincu l'AC Milan de miser sur lui alors qu'il jouait avec la petite équipe lombarde de Cimiano. Actuellement en catégories jeunes, il s'est rapidement mis en évidence et a été surclassé. L'attaquant passe les étapes avec succès et semble avoir rendez-vous avec l'avenir.
Vlad Sofroni (18 ans) souhaite également s'inscrire dans la durée. Défenseur de West Ham, il évolue également avec l'Academy des Hammers et s'est vite acclimaté à l'Angleterre. À 18 ans, il risque fort de taper aux portes de la sélection. C'est dans cette optique qu'Enrichi Finica a rejoint l'Italie et le Torino. Âgé de 16 ans, l'arrière gauche est parti de l'ACS Juniorul București. Pisté par le Napoli et considéré comme un joueur d'avenir, il a fait le choix d'aller dans le club turinois. Cette décision n'a pas été prise par hasard puisqu'il marche sur les traces d'un de ses compatriotes.
Arrivé du Sheriff Tiraspol, où il a pu découvrir la Ligue des Champions et La Ligue Europa, Vitalie Damascan (19 ans) est déjà destiné à devenir une star dans son pays. L'attaquant qui a signé le 17 juillet au Torino avait auparavant inscrit 16 buts et délivré 6 passes décisives en 23 rencontres de championnat moldave. S'il doit encore confirmer dans un championnat majeur, il a laissé entrevoir un beau potentiel. Il a même déjà goûté aux joies de la sélection à trois reprises.
Une équipe nationale moldave également côtoyée par Oleg Reabciuk. À 20 ans, l'arrière gauche évolue avec l'équipe B du FC Porto en deuxième division portugaise. Latéral moderne, il a disputé 15 rencontres l'an dernier et a inscrit 4 buts avec les Lusitaniens. Intéressé par son profil, le sélectionneur Alexandru Spiridon l'a testé lors d'un match contre la Côte d'Ivoire le 27 mars dernier.
Si les jeunes moldaves, éparpillés à travers l'Europe, s'illustrent, d'autres le font également au pays, à l'image d'Alexandru Boiciuc (20 ans). Avec une cape en sélection et de belles prestations sur la scène nationale, il reste toutefois sur une acclimatation difficile avec le club danois du Vejle Boldklub et a été prêté au Sheriff Tiraspol.
Maxim Goncear (17 ans, Watford) et Daniel Dumbravanu (17 ans, Genoa) présentent eux aussi de forts potentiels. De nombreuses pépites qui ravivent le rêve d'une participation moldave à une compétition internationale.
Avec la création de la Ligue des Nations, celui-ci semble d'ailleurs plus réalisable, puisque cette nouvelle compétition permet à une des 16 plus faibles sélections du continent de participer au Championnat d'Europe.
Les Défis Persistants
Sur la rive occidentale du Dniestr, où s’étend la plus grande partie de la Moldavie, rien ou presque. « Les Moldaves ne sont pas passionnés par le foot » et du coup ce sport est négligé par la plupart des décideurs, relève Alexandru Grecu.
Quant au club historique du Zimbru Chisinau, qui représentait la Moldavie dans le championnat de foot de l’URSS et demeure le plus populaire du pays, il est au bord du gouffre après avoir perdu le soutien du groupe pétrolier russe Lukoil, qui l’a parrainé pendant de nombreuses années.
Le principal atout du onze moldave est... son gardien, Alexei Koshelev. Un géant de 2 mètres, titulaire au Fortuna Sittard (1er div. néerlandaise), qui a déjà sauvé la sélection à plusieurs reprises. Les Moldaves, « surtout chez eux, prennent peu de buts », a noté Didier Deschamps.
Tableau des Jeunes Talents Moldaves
| Nom | Âge | Club Actuel | Position |
|---|---|---|---|
| Virgiliu Postolachi | 18 ans | Paris Saint-Germain (Jeunes) | Ailier Gauche |
| Fantaziu Cornelius | 16 ans | AC Milan (Jeunes) | Attaquant |
| Vlad Sofroni | 18 ans | West Ham (Academy) | Défenseur |
| Enrichi Finica | 16 ans | Torino (Jeunes) | Arrière Gauche |
| Vitalie Damascan | 19 ans | Torino | Attaquant |
| Oleg Reabciuk | 20 ans | FC Porto B | Arrière Gauche |
| Alexandru Boiciuc | 20 ans | Sheriff Tiraspol (Prêté par Vejle Boldklub) | - |
| Maxim Goncear | 17 ans | Watford | - |
| Daniel Dumbravanu | 17 ans | Genoa | - |
En conclusion, malgré les défis persistants, l'équipe de Moldavie de football nourrit des espoirs grâce à une nouvelle génération de talents. Reste à voir si ces jeunes joueurs pourront hisser leur pays vers de nouveaux sommets sur la scène internationale.