Le rugby, en tant que sport collectif, se caractérise par la prise en compte systématique du rapport d’opposition entre une attaque et une défense. Comprendre ce rapport est essentiel pour que les joueurs s'investissent pleinement. L’essentiel des situations d’apprentissage s’envisage alors en opposition, et l’intervention de l’enseignant porte sur la gestion du rapport de force.
Les conséquences de cette conception du jeu sont considérables. Enfin, tous les outils d’observation du jeu contiennent ce rapport à l’opposition. La pertinence des choix de jeu en attaque s’analyse en fonction de la configuration défensive adverse.
LEADERS DEFENSIFS: LES DIFFERENTES STRUCTURES SUR RUCK
I) Spécificité des sports collectifs
Dans le jeu, les réseaux et les lignes de force sont multiples. Le jeu est un champ de forces fait d’équilibres et de déséquilibres momentanés où la volonté d’aller de l’avant est contrebalancée par la crainte de perdre le contrôle du ballon. C’est pourquoi on parle du rapport des forces en présence dans le concept de rapport de forces avec un « s ».
En sport collectif, le jeu de transition consiste en la conservation de la balle dans la remontée du ballon vers le camp opposé permettant un enchaînement entre la récupération de la balle et un développement du jeu vers le but adverse. Ce concept de jeu de transition prend depuis quelques années une place croissante dans la réflexion sur l’action et se situe, essentiellement, en zone de pré-vérité offensive et zone de pré-vérité défensive.
La réversibilité du jeu souligne l’immédiateté du passage d’attaquant à défenseur et met en évidence la notion de situation à double effet. La réversibilité des situations représente un aspect fondamental des sports collectifs en rapport avec le fait que les équipes attaquent ou défendent à tour de rôle.
Un système du jeu représente la structure formelle de la tactique collective de l’équipe. À l’aide de ce système, on établit une différence entre les rôles, les fonctions et les postes dans l’équipe. Dans la majorité des jeux sportifs apparaissent des systèmes distincts pour l’attaque et pour la défense.
La gestion de la coopération est un véritable enjeu pour l’équipe. Un joueur qui appartient à un groupe sportif doit se définir un rôle et trouver sa propre ligne de conduite afin de justifier son statut de titulaire. Ainsi, on s’intéressera à la façon dont il s’adapte à ses partenaires et dont il gère ses échanges avec eux. La gestion de la coopération est également un véritable enjeu pour les managers des clubs.
A) Occupation du terrain
Dans l’occupation du terrain, la largeur et la profondeur (longueur du terrain) sont les deux dimensions à tenir. Le renforcement d’une des deux dimensions se fait obligatoirement au détriment de l’autre.
L’occupation du terrain n’est pas uniforme et renvoie soit à un jeu dans la largeur qui relève d’une occupation constante soit à un jeu dans la profondeur qui est fonction de sa pertinence en regard du rapport de forces momentané.
B) Phases de jeu : Attaque et Défense
L’attaque est la phase du jeu quand une équipe se trouve en possession du ballon et peut entreprendre des actions offensives.
La défense est la phase du jeu quand une équipe cherche à regagner la possession du ballon tout en empêchant les adversaires de marquer (défense du but).
En défense, elle consiste à attaquer l’attaque pour récupérer le ballon.
II) Spécificité Rugby
Communément défini comme un sport collectif de combat, le rugby possède des spécificités propres. Le rugby, comme sport collectif, trouve son caractère logique dans la prise en compte systématique du rapport d’opposition entre une attaque et une défense.
Au rugby, il existe une double possibilité: faire progresser le ballon en le portant, à la main (avec en corolaire le droit au placage) et faire progresser le ballon en le frappant au pied (avec en corollaire la possibilité de défendre sur la balle en captant le ballon). Ce rapport jeu à la main, jeu au pied est occulté par les programmes d’EPS.
Dans le cas particulier du jeu à la main, il existe à nouveau une possibilité double : jeu en déployé (par passes longues) pour contourner la défense lorsqu’elle est resserrée, jouer en groupé (par passe courte) pour transpercer la défense dans l’axe lorsqu’elle occupe la largeur. Ce jeu dans la profondeur reste toujours dynamique (des passes et des avancées significatives des porteurs de balle).
Les phases statiques (mêlée, touche, coup d’envoi, coup de renvoi, pénalité) ne constituent que des « rampes de lancement », parfois ludiques (trois joueurs en touche ou en mêlée simulée) allant dans le sens de certaines représentations sociales des élèves.
Dans une dynamique d’enchaînement des situations, l’enseignant propose une « leçon » qui part du plan collectif total (7/7) afin de donner de la signification au problème. Puis, il rebondit sur une situation plus isolée de l’opposition au plan collectif partiel ou homme/homme, moins chargée en information.
Cette situation discerne l’alternative ; « le défenseur monte sur le porteur de balle/je passe ou le défenseur ne monte pas franchement je continue à porter la balle ». Lors de cette situation réduite, l’enseignant exerce, par ses régulations, un contrôle exigeant sur les réalisations techniques de ses élèves.
Une fois réalisé le travail en effectif réduit, l’élève se voit à nouveau proposé une situation en plan collectif total (« le match ») afin de re-mobiliser ce qu’il a construit précédemment dans la réalité du jeu. Ce mode de fonctionnement permet d’envisager la leçon en lien avec les besoins de chaque classe.
Le dernier élément de modélisation porte sur la description détaillée du jeu dans la phase de mouvement général. Deleplace parle de matrice offensive et défensive. Une matrice défensive au sens de l’organisation et de la réorganisation collective en défense.
A 7 comme à 15, le rugby offre une double possibilité: faire progresser le ballon en le portant, à la main (avec en corolaire le droit au placage) et faire progresser le ballon en le frappant au pied (avec en corollaire la possibilité de défendre sur la balle en captant le ballon).
Si les élèves marquent souvent, c’est la matrice défensive dans l’organisation et la réorganisation du premier rideau qu’il faudra envisager. Les élèves marquent peu, alors ce sont les aspects offensifs par l’amélioration des séquences de déployé, groupé ou jeu au pied ainsi que les transformations d’une forme vers l’autre qu’il faudra mettre en place.
A) Défensive au Rugby
La défensive au football combine des rideaux étagés dans la profondeur tout en tenant compte de la largeur. La réserve défensive répond au principe de suppléance continue. Elle peut s’effectuer au front du ballon ou adossé à sa ligne de but.
Un exemple de stratégie défensive est le pressing, qui est une forme de défense haute et qui met une pression importante dans toutes les parties du terrain. Lorsque l’équipe adverse est en possession du ballon, les défenseurs tentent de fermer immédiatement les possibilités d’échanges de la balle. Le pressing n’est efficace que si l’ensemble des joueurs d’une même équipe participe réellement à ce pressing.
Dans une défense de zone, chaque joueur est responsable d’un espace prédéterminé et flotte côté ballon. Dans la défense individuelle, le marquage d’homme à homme est une stratégie défensive dans laquelle les défenseurs se voient attribuer un joueur adverse spécifique à marquer plutôt que couvrir une zone du terrain. Enfin, la défense mixte vise une utilisation optimale, en fonction des besoins, de la défense de zone ou individuelle et vice versa.
La défense en ligne est une défense de zone qui s’appuie sur la règle du hors-jeu. La défense monte pour mettre les attaquants en position de hors-jeu.
Si l’on envisage la complexification de l’organisation défensive, la notion de suppléance doit être prévue et structurée. En effet, la réalimentation ou la reconstitution des rideaux défensifs dépendent de cette organisation.
Ici, tout défenseur doit être capable d’estimer la répartition réelle de ses partenaires et adversaires susceptibles d’intervenir dans l’affrontement partiel en cours. Ces joueurs, proches de la balle, constituent la couverture axiale et vont pouvoir venir reconstituer le premier rideau de l’affrontement parce qu’ils sont disponibles et à distance. Les autres déjà hors de position sont les éléments momentanément consommés.
Le repli défensif est une situation de jeu où l’équipe qui n’est pas en possession du ballon se replie pour protéger son territoire. Il s’organise autour de thèmes comme la réduction de l’espace, l’augmentation la densité des défenseurs dans l’axe central, voire l’anticipation des actions offensives adverses.
B) Tactiques et Stratégies
Un schéma de jeu (parfois appelé plan de jeu) constitue un programme préétabli qui propose une régulation automatique afin de faire face de façon économique à des situations relativement stables. Il permet de surprendre l’adversaire à l’aide d’une avance initiale.
Le schéma tactique est l’exécution d’un dispositif établi à l’avance dans lequel les joueurs et le ballon circulent et agissent de façon stéréotypée, conformément aux indications établies à l’avance, afin de réaliser une tâche partielle du jeu. Il représente une forme de jeu rigide et stéréotypée. On l’utilise souvent en l’attaque, dans les phases arrêtées comme dans les différentes mises en jeu.
La stratégie représente les éléments discutés à l’avance pour s’organiser, c’est-à-dire la forme d’ordre extérieur qui résulte des choix généraux de l’équipe (fond de jeu ; composition de l’équipe, etc.).
La tactique est l’adaptation de cette stratégie dans l’instant aux configurations du jeu et à la circulation du ballon en cours. Pendant le match, la tactique constitue le moyen par lequel une équipe essaie de valoriser ses qualités propres, en créant des conditions pour que cette mise en valeur soit efficace.
La tactique individuelle combine, au sein de la perception, les compétences motrices développées, les connaissances tactiques et permet au porteur de balle de décider la manière de poursuivre le jeu. Sa posture, son orientation corporelle, sa localisation sur le terrain, sa vitesse et les déplacements de ses partenaires et adversaires contribuent à sa décision.
En fonction de l’importance de la rencontre, de l’évolution du score, du déroulement de jeu, les joueurs peuvent changer ou faire évoluer leur style de jeu en adoptant tel ou tel autre type de comportements. Son étude s’effectue à partir du fonctionnement effectif de l’organisation et de la construction du jeu.
Elle tend à élargir son assise au-delà des dénominations traditionnelles des systèmes de jeu formel en lignes, postes … pour intégrer et lui substituer des rôles, des fonctions, des règles en regard du concept de trame dynamique du jeu.
C) Déplacer le jeu
Les balles transversales, en diagonales ou les centres constituent des stratégies appropriées pour utiliser les balles longues. Les déplacements du jeu avec les transversales, les balles dans la diagonale dans le dos des adversaires ainsi que le retour du ballon de la périphérie vers le centre reposent sur des initiatives qui ont de bonnes chances de surprendre la défense.
Les joueurs organisent leurs déplacements et s’échangent ou non la balle en fonction de l’évolution de la configuration en cours. La mouvance du jeu lors des actions prolongées semble proposer que sur des repères fuyants, mobiles, voire parfois peu définis pour le joueur.

D) Phases Statiques et Dynamiques
Dans les phases statiques, le ballon est arrêté et va être remis en jeu. Ces cas d’opposition constituent donc des aspects particuliers, celui de l’arrêt momentané du mouvement général.
Désormais lors de l’engagement, le ballon est en jeu lorsqu’il est mis en mouvement depuis le rond central et cela, quelle que soit la direction. Avant, rappelez-vous, il devait se diriger vers l’avant et passer la ligne médiane.
Lors d’une phase statique, faire un mur c’est lorsque les joueurs d’une équipe construisent un rempart humain pour gêner le tireur d’un coup franc en lui masquant, par exemple, une partie de la cible.
Dans les phases dynamiques, la balle est en jeu et il s’en suit un jeu de plein mouvement. L’action se déroule sans arrêt ni temps morts. Il s’agit de la phase la plus labile des configurations de jeu en football, car les indices et les informations sont éphémères et fluctuants.
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