Chants Injurieux au PSG : Sanctions et Réactions

Le Paris Saint-Germain (PSG) a fait face à plusieurs sanctions suite à des incidents impliquant des chants injurieux et homophobes de la part de ses supporters. Ces sanctions ont suscité des réactions variées, allant de l'indignation à la contestation, et ont relancé le débat sur la lutte contre la discrimination dans le football.

La tribune Auteuil du Parc des Princes, souvent au centre des incidents.

Les Sanctions de la LFP

La commission de discipline de la Ligue de Football Professionnel (LFP) a sanctionné le Paris Saint-Germain (PSG) pour des chants homophobes et d’autres, injurieux, lors d’un match contre l’Olympique de Marseille (OM). Le club parisien a écopé d'un huis clos partiel pour un match de la tribune Auteuil. Cette sanction sera purgée le 19 avril à l'occasion de la réception du Havre.

En octobre 2023, la LFP avait également condamné le Stade Rennais à 70.000 euros d'amende après des chants homophobes entonnés par des supporters rennais lors du derby contre Nantes et l'utilisation d'engins pyrotechniques.

Pour ces faits, le PSG a été sanctionné par la fermeture de la tribune Auteuil pour un match ferme et un avec sursis, a précisé Sebastien Deneux. Dans un communiqué, le club parisien a regretté "une mesure excessive et collective de nature à mettre à mal le travail de dialogue et de prévention engagé (par le PSG) avec les acteurs associatifs, institutionnels et les supporters".

En 2019, Roxane Maracineanu, alors ministre des Sports, souhaitait déjà mettre fin à ce fléau en responsabilisant et en sanctionnant les clubs sportivement.

Chronologie des événements et sanctions

  • 24 septembre: Lors du match PSG-OM, des chants homophobes sont entonnés par des milliers de supporters, principalement les Ultras de la tribune Auteuil.
  • 5 octobre: La LFP sanctionne le PSG avec une fermeture de la tribune Auteuil pour un match.
  • Octobre 2023: Le Stade Rennais est condamné à une amende de 70 000 euros pour des chants homophobes lors d'un match contre Nantes.
  • 2 avril: La commission de discipline de la LFP décide d'un huis clos partiel pour un match de la tribune Auteuil suite à des chants injurieux lors de PSG-OM.

Réactions aux Sanctions

Véronique Rabiot, mère d'Adrien Rabiot, a vivement critiqué les sanctions infligées au PSG, les jugeant « scandaleuses » et dénonçant une « justice à deux vitesses ». Elle a regretté « une justice à deux vitesses » et trop laxiste vis-à-vis du club de la capitale.

« Mon sentiment, c'est que c'est scandaleux d'annoncer une sanction appliquée le 19 avril (date du match PSG-Le Havre) pour des faits qui se sont produits le 16 mars », a-t-elle regretté, après avoir été visée - tout comme son fils - par des chants et banderoles injurieux lors du Classique.

Elle a depuis lancé une pétition pour en finir avec "les insultes ciblées, personnelles et humiliantes" entendues dans les stades, "des violences verbales, souvent sexistes, racistes et diffamatoires qui n'ont pas leur place dans notre société".

Dans un communiqué, le club parisien a regretté "une mesure excessive et collective de nature à mettre à mal le travail de dialogue et de prévention engagé (par le PSG) avec les acteurs associatifs, institutionnels et les supporters".

Les Ultras parisiens, eux, avaient répondu à l’interruption du match par deux chants qui parlent d’eux-mêmes : « On s’en bat les c*uilles » et « Liberté pour les ultras ».

Homophobie dans le foot : Mohamed Camara crée la polémique - C à Vous - 20/05/2024

Le PSG et la Lutte Contre la Discrimination

Le PSG estime avoir agi « conformément à (son) protocole » en diffusant le message d’avertissement sur ses écrans géants et par le biais du speaker. « Le Paris Saint-Germain prend toutes les mesures, avant et pendant les matchs, pour s’assurer que le Parc des Princes reste un lieu inclusif pour tous, nous glisse-t-on. Le club travaille activement de longue date à bannir les comportements discriminatoires et à promouvoir un environnement respectueux. »

Le référent éthique du PSG, Malek Boutih, s’est réuni cette semaine avec des associations partenaires, la LFP et des responsables du gouvernement pour « renforcer les dispositifs », selon une source proche du club.

Dimanche soir, lors du choc en D1 féminine entre le PSG et l’Olympique lyonnais au Parc des Princes, les ultras parisiens ont affiché une banderole pendant plusieurs minutes dans la tribune Auteuil « Paris contre les discriminations et les récupérations ».

Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports, a condamné les chants et a souligné la nécessité de sanctions.

Le Contexte Général et les Défis

Signe que l’homophobie est un mal encore répandu dans le football français, quelque 202 sanctions ont été prises la saison dernière par la commission de discipline de la LFP pour des faits de discrimination, en grande majorité à caractère homophobe, lors de 175 matchs : 106 rappels à l’ordre, 61 amendes avec sursis, 34 amendes fermes et une fermeture de tribune (banderoles lors de Montpellier-Nantes).

Le 16 août 2019, un match de Ligue 2 entre Nancy et Le Mans était devenu la première rencontre de football professionnel à être interrompue par un arbitre en France pour des chants homophobes.

En privé, du côté du club parisien, c’est l’étonnement qui prime : le club est reconnu comme l’un des plus engagés dans la gestion de ce type de problématique, estime-t-on, et le sujet, souvent amplifié lorsqu’il intervient au Parc des Princes, répond d’un enjeu plus global lié au football et à la société dans son ensemble.

tags: #chants #injurieux #psg