Chants homophobes au PSG : Origines et sanctions

La lutte contre l'homophobie et les discriminations en général est devenue l'un des objectifs de la Ligue de football professionnelle. La LFP s'appuie sur une résolution de l'UEFA, adoptée en 2013 et visant à supprimer les discriminations des tribunes.

Durant ce week-end de football, plusieurs incidents ont eu lieu dans les tribunes. Vendredi soir, lors de la rencontre de Ligue 2 entre Nancy et Le Mans, l'arbitre a interrompu le match pendant quelques instants pour cause de chants homophobes dans les tribunes. En ce moment-même, la LFP est en train d'enquêter pour des incidents similaires lors du match entre Rennes et le PSG dimanche soir.

Après l'interruption du match de Ligue 2 entre Nancy et Le Mans pour des chants homophobes et alors qu'une enquête de la LFP est en cours sur des incidents ayant eu lieu lors de Rennes-PSG, France Bleu fait le point sur le dispositif en place et les sanctions possibles pour les clubs concernés.

Déjà, le 12 avril dernier, la rencontre entre Dijon et Amiens avait été arrêtée pour quelques minutes, à l'initiative du capitaine des Picards, Prince-Désir Gouano, cibles d'insultes racistes. En France, les interruptions s'intensifient depuis la prise de position de Roxana Marcineanu, en avril dernier, qui s'est dite favorable aux arrêts de match.

La possibilité d'interrompre un match: Mais que dit cette résolution de l'UEFA ? L'arbitre de champ peut décider d'interrompre le match si, dans les tribunes, des chants racistes, homophobes ou à caractère discriminatoire sont scandés par les supporters.Selon la résolution, il y a trois étapes pour interrompre un match :

  1. En cas d'incidents racistes ou homophobes, l'arbitre peut alors arrêter le match et adresser une mise en garde avec l'aide du speaker.
  2. Dans un second temps, la rencontre sera suspendue et les deux équipes regagneront les vestiaires.
  3. Enfin, et après consultation des responsables de la sécurité, le match sera arrêté définitivement si les chants injurieux n'ont pas cessé.

L'arbitre, le délégué, ou un joueur peuvent demander l'interruption du match.

Si les consignes sont claires, les modalités pratiques et les sanctions restent à définir."Il y a une procédure d'arrêt des matches au sein de la Ligue, où par exemple l'homophobie n'est pas explicitement indiquée, donc il y a une action et une explication de texte à avoir avec les arbitres" avait expliqué la ministre des Sports.

En effet, pour les arbitres la situation est délicate. Certains chants, non ciblés, ne pourraient pas être l'objet de ce protocole d'interruption. Néanmoins dès lors qu'un chant sera injurieux envers une personne, un groupe de personnes ou un club, les officiels enclencheront le processus pour suspendre le match. Par exemple, les supporters rennais sont soupçonnés d'avoir entonné des "Paris, Paris, on t'enc***", qui ciblent donc directement le club de la capitale.

Cependant, aucune consigne précise n'a été fixée par la Direction technique de l'arbitrage (DTA), donc chaque arbitre appréciera les situations. Mais une idée semble se dégager : plus les injures seront ciblées plus elles seront sanctionnées.

Les sanctions contre les clubs sont encore inconnues, mais lors de l'incident entre Dijon et Amiens, les Bourguignons avaient écopé d'un point de suspension avec sursis. Pour le moment le panel de sanctions possibles est assez large : retrait de points, amende, fermeture de tribune ou encore huis-clos, toutes ces punitions sont envisageables pour les clubs.

Les joueurs du PSG ont longuement dominé les Marseillais, en pleine crise de leur club, devant leur public du Parc des Princes dimanche 24 septembre sur le score de quatre buts à zéro, en clôture de la sixième journée de Ligue 1. Une victoire célébrée avec les Ultras, mais la soirée a aussi été marquée par une longue séquence de chants insultants envers les Marseillais, repris par certains joueurs parisiens.

C'est de la tribune Boulogne du Parc des Princes que se sont élevés ces chants hostiles aux Marseillais après la victoire éclatante du PSG sur l'OM. Des chants hostiles et homophobes.

La polémique aurait pu s'arrêter là, mais des vidéos ont été relayées sur les réseaux sociaux à la fin de la rencontre, montrant au moins quatre joueurs parisiens participant à ces chants. Les joueurs incriminés risquent une suspension.

Plus récemment, le 30 août dernier, le joueur du FC Metz Kevin N'Doran a été sanctionné d'un match de suspension avec sursis par la commission de discipline de la LFP pour des propos homophobes lors de la mi-temps du match contre l'OM le 18 août.

A la conférence d'après-match dans la soirée de dimanche, l'entraîneur du PSG a été questionné sur l'incident. Poussé à réagir à la polémique déclenchée par ces images, mais il a botté en touche. Luis Enrique affirme : "Je n’ai pas entendu parler de bonnes ou de mauvaises choses ce soir". Il est urgent de les éradiquer de nos stades.

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), Olivier Klein, s'est saisi du dossier pour que des sanctions soient prises. "Très choqué par les insupportables chants homophobes entendus au Parc des Princes lors du #PSGOM", a-t-il écrit sur son compte X. "Avec la DILCRAH, je vais saisir le club PSG et la ligue de football professionnel afin que des sanctions soient prises.

Le ministre des Sports Gil Avérous annonce également un changement de stratégie pour la billetterie. "Notre volonté, c'est individualiser et de sanctionner ceux qui sont à l'origine de ses propos. Pour le PSG, l'OL et l'OM, la billetterie nominative serait en vigueur à partir du 31 décembre 2024. Chez nos voisins européens, la pratique est déjà répandue.

"Aujourd'hui, en Angleterre, on a 3.000 supporters qui sont interdits de stade, en France, c'est un peu près 200. Si on prend l'Allemagne, c'est environ 1.500.

La tribune Auteuil pourrait être fermée après les chants homophobes entendus contre Strasbourg en Ligue 1. Des chants homophobes ont été entendus dans les tribunes du Parc des Princes, le week-end dernier, lors de la victoire du PSG contre Strasbourg en Ligue 1 (4-2).

Le PSG a encore une semaine pour préparer sa défense. Alors que la commission de discipline de la LFP se réunit ce mercredi, les chants homophobes entendus, samedi soir, dans les tribunes du Parc des Princes lors de la victoire contre Strasbourg en Ligue 1 (4-2) ne seront pas à l’ordre du jour. Ils ne seront étudiés que dans une semaine, soit le mercredi 30 octobre. Le club parisien devrait connaître à ce moment-là sa sanction, qui pourrait aller d’une amende à la fermeture, ferme ou avec sursis, de la tribune Auteuil à l'origine des chants.

Et la commission de discipline pourrait décider de marquer le coup. D’autant que ce n’est pas la première fois que le PSG est dans cette situation. La saison dernière, il avait été convoqué pour des faits similaires et le même chant entonné lors de la victoire face à l’OM, en championnat. Et Paris avait écopé d'une fermeture de la tribune Auteuil pour deux matchs, dont un avec sursis.

Pour éviter toute récidive, le club a pris les devants et mis en garde ses supporters. En cas de nouveaux chants similaires, il s’est dit prêt à arrêter lui-même les matchs avec le risque qu’ils soient déclarés perdus.

Pendant le derby PSG-OM dimanche 24 septembre, les supporters parisiens ont hurlé pendant quinze minutes des chants homophobes, repris par certains joueurs. Bonne ambiance, dimanche 24 septembre, au Parc des Princes où, à l’issue du match remporté 4-0 face à l’OM et entraînés par la tribune de Boulogne, les supporters du PSG se sont mis à hurler pendant quinze minutes « les Marseillais sont des pé***, des fils de p****, des en***** ». Des propos homophobes repris par certains joueurs.

D’autres images relayées sur les réseaux sociaux montrent au moins quatre joueurs parisiens chantant « Marseillais, Ni*** ta mère ». Les joueurs en cause, entendus en visioconférence, ont écopé d’un match de suspension avec sursis, a indiqué à l’AFP le président de la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP). Le PSG a également été sanctionné par la fermeture de la tribune Auteuil pour un match ferme et un avec sursis, a précisé Sebastien Deneux.

Déjà, après le match du 24 septembre, l’entraîneur du PSG, Luis Enrique, questionné sur l’incident, avait prétendu ne pas avoir « entendu parler de bonnes ou de mauvaises choses ce soir ». Le lendemain, lundi 25 septembre, Amélie Oudéa-Castéra, la ministre des Sports, a promis des sanctions disciplinaires et judiciaires. Il est impensable de rester sourd à de tels chants haineux et homophobes dans nos tribunes. Peu importent la rivalité et l'enjeu, ils doivent être combattus sans répit par les supporters, les acteurs de la compétition, les instances et les pouvoirs publics.

Contacté par l’AFP, le PSG a indiqué que le club « condamne toutes les formes de discrimination, notamment l’homophobie, et tient à rappeler qu’elles n’ont leur place ni dans les stades ni dans la société ».

Aucun rapport d'officiel n’a établi de chants homophobes à l'issue du Classique OM-PSG. Et la saisine du Conseil National de l’Ethique a été jugée très imprécise par la commission de discipline de la LFP.

Réunie ce mercredi, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel s’est bien penchée sur les chants entendus lors du Classique OM-PSG (0-3), disputé le 27 octobre au Vélodrome, en clôture de la 9e journée de Ligue 1. Mais le club marseillais n’a pas été sanctionné.

En effet, aucun rapport d'officiel n’a établi de chants homophobes. La saisine du Conseil National de l’Ethique a été jugée très imprécise. La commission a estimé impossible de localiser les tribunes a l'origine du chant qui a été jugé très furtif. Enfin, les nombreuses actions de prévention du club ont aussi participé à justifier selon la commission cette absence de sanction.

Avant le coup d'envoi, des supporters phocéens avaient chanté à plusieurs reprises: "Il faut tuer ces pé*** de Parisiens", "Paris, Paris, on t’en**le". Des dérapages qui avaient incité l'association Stop Homophobie, en partenariat avec le Collectif Rouge Direct, à porter plainte devant le procureur de la République de Paris et devant l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, pour injures et incitations à la haine homophobes contre DAZN et la LFP.

"Nous sommes abasourdis par cette décision de la Ligue de Football Professionnel, dont nous dénonçons à juste titre depuis des années l’incurie totale et coupable, tant au niveau de la prévention que de la répression de l’homophobie dans les stades de football.

Peut-on parler d'amélioration ? Le travail de sensibilisation effectué par les clubs avant cette journée et les menaces qui pèsent sur les supporters à l'origine de propos discriminatoires semblent avoir eu un certain effet sur les attitudes dans les stades.

Stop Homophobie, en partenariat avec le Collectif Rouge Direct, a tout de même déposé une nouvelle plainte devant le procureur de la République et l'Arcom (autorité de régulation de l'audiovisuel) contre DAZN, le diffuseur de la L1, et la LFP, son organisatrice, au sujet de chants homophobes lors de ces deux rencontres. Une plainte qui fait suite à celle de la semaine passée après PSG-Strasbourg.

« C'est bien beau, mais c'est plutôt contre les leaders des associations de supporters d'où partent ces chants qu'il faudrait déposer plainte, surtout à l'heure où les associations de supporters réclament l'individualisation des sanctions », prône une source impliquée dans ce dossier sensible.

Les incidents du Parc avaient engendré leur lot de réactions, notamment des politiques, conduisant à une réunion en urgence au ministère de l'Intérieur aux côtés de Bruno Retailleau, de son homologue des Sports Gil Avérous et des dirigeants du football français. À cette occasion, il a été rappelé qu'en cas de chants à caractère homophobes, une rencontre pouvait être arrêtée.

Cette possibilité figure dans une circulaire de la Fifa, la Fédération internationale, datant de 2019-2020, qui stipule que s'il y a des discriminations (racisme, homophobie), un match peut être arrêté une première fois et l'être définitivement en cas de récidive.

Même si ce n'est pas la solution idéale, l'arrêt provisoire d'une rencontre, même quelques secondes, ferait office d'avertissement sans frais qui pourrait stopper les dérapages verbaux, solution évoquée par Retailleau. Les comportements de ce week-end n'ont pas entraîné d'interruption.

En attendant de voir ce que les deux plaintes donneront, la commission de discipline de la Ligue statuera demain sur PSG-Strasbourg. Le champion de France risque une amende et/ou la fermeture du Virage Auteuil dans son ensemble comme la saison passée pour des faits similaires face à l'OM ou de l'espace de certains groupes du CUP.

La commission a aussi prévu d'examiner les dossiers OM-PSG de dimanche même si aucun chant homophobe n'a été consigné dans le rapport des délégués qui ont, en revanche, noté « toutes les expressions orales » entendues. Elle devra se baser sur les images de la retransmission de DAZN pour se faire son avis et décider s'il s'agit d'insultes à caractère discriminatoires ou non. Elle se penchera également sur le cas d'Angers-ASSE. L'ensemble des instances du foot est mobilisé sur ce phénomène ô combien sensible.

Homophobie dans le foot : comment y mettre fin ? | Franceinfo INA

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