Les chants des supporters parisiens font partie intégrante de l’identité du club, et rythment chaque match, à domicile comme à l’extérieur. Tout le monde aime entendre le Parc des Princes chanter et rares sont les supporters qui ne veulent pas participer. Le souci, c’est qu’il arrive de ne pas connaître les paroles du chant en cours. Et sans avoir cette connaissance, ce n’est pas toujours simple de les comprendre dans les tribunes sans être à côté du Collectif Ultras Paris (qui lance souvent les chants depuis la Tribune Auteuil).
Dans cet article, nous vous faisons découvrir des chants emblématiques du PSG, repris par les Ultras et les tribunes pour mettre le feu et galvaniser les joueurs.
« Tous ensemble on chantera », le chant qui galvanise les joueurs du PSG
Les Chants Emblématiques et Leurs Paroles
Voici quelques exemples de chants populaires entonnés par les supporters du PSG lors des matchs contre l'Olympique de Marseille (OM) :
- "Les Marseillais sont des PD, laladirladada Des fils de pute, des encules, laladirladada Et par les couilles on les pendra, laladirladada Oui mais des couilles ils n'en ont pas, laladirladada"
- "Nous nous sommes du PSG C'est notre plus grande fierté Marseille c'est des enculés C'est leur plus grande qualité Quand notre équipe va marquer Tout le stade va s'enflammer Du virage va s'élever La chanson du PSG... la la..."
- "J'encule l'OM et les marseillais Hissez haut, bande de blaireaux A jamais je vous haïrai Et par les couilles je vous pendrai Anti-OM, anti-marseillais Hissez haut, bande de blaireaux A jamais je vous haïrai Et par les couilles je vous pendrai"
- "Marseille...Marseille...on t'encule"
- "Mais il est où, mais il est où, mais il est où Bernard Tapie? Mais il est où, mais il est où Bernard Tapie?"
- "Mais ils sont où, mais ils sont où, mais ils sont où les marseillais? Mais ils sont où, mais ils sont où les marseillais?"
- "Il est où, il est où, il est où, il est où Bernard Tapie? En prison, en prison, en prison, en prison, en prison, en prison"
- "Ils sont où, ils sont où, ils sont où, ils sont où les marseillais?"
Outre les chants spécifiquement dirigés contre l'OM, d'autres chants contribuent à l'ambiance électrique du Parc des Princes :
- "Paris SG, Tous ensemble on chantera": Cet amour qu’on a pour toi, Qui ne cessera jamais !
- "Ô Ville Lumière": Inspiré de l’hymne écossais Flower of Scotland, « Ô Ville Lumière » a été repris par les ultras parisiens dans les années 90 et s’est imposé comme un des chants emblématiques du Parc des Princes. Ô Ville Lumière, Sens la chaleur, De notre coeur, Vois-tu notre ferveur, Quand nous marchons près de toi ?
- "Pour Paris je perds la raison": Je ne pourrais m’en passer, Du virage résonne la passion, Des Ultras du PSG !
« Tous ensemble on chantera », le chant qui galvanise les joueurs du PSG.

Le Chant des "Rats" et les Polémiques
Chaque saison, à l’approche de la rencontre entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille, un chant continue de défrayer la chronique : celui des rats. Un chant qui revient, réglé comme une montre suisse, dès qu’approche un clasico face à Marseille. Parmi les nombreux chants anti-OM du PSG, celui-ci est un classique, présent dans les travées de l’enceinte de la porte d’Auteuil depuis de nombreuses années.
Les quatre vers sont toujours repris avec entrain et enthousiasme par le Parc, sur un air entraînant : « Dans la boue y’a les rats/Dans les égouts les rats/Ils sont partout les rats/Ce sont les Marseillais ! »
Depuis quelques années, d’aucuns soulignent la connotation raciste derrière le mot « rat », aux acceptions pourtant multiples. Mais ces dernières saisons, l’assimilation entre « rats » et « Marseillais » a régulièrement été pointée du doigt par les instances du football français. C’est l’histoire d’une chanson, populaire parmi les supporters parisiens et ressortie chaque saison à l’approche des Classiques, qui suscite la polémique. D’un côté, les Marseillais crient au racisme. De l’autre, les Parisiens plaident volontiers le chambrage à propos de l’hygiène de la ville.
« Rat », « Raton », un mot devenu pour certains une injure raciste
Dans l’argot français, le mot « raton », ou jeune rat, s’est mué dès le mitan du XXe siècle en une insulte raciste, dirigée contre les Arabes. C’est de là qu’est né le mot « ratonnade », ces expéditions punitives visant notamment les Arabes de France, particulièrement fréquentes durant la guerre d’Algérie (1954-1962). On parlait alors de « ratons » (jeunes rats), un terme qui vise à animaliser sous forme d’injure les populations colonisées. C’est, aussi, la dénomination sous laquelle les nazis désignaient les populations juives pendant la Seconde Guerre mondiale, selon le Petit Robert.
Au moment de la guerre d’Algérie, puis des évènements survenus sur le territoire français après l’indépendance algérienne, les ratonnades se sont multipliées au cours des années 1960 à 1980, et l’histoire de la ville de Marseille a été particulièrement marquée par ces phénomènes. D’abord avec la rafle qui s’est déroulée au Vieux-Port les 22, 23 et 24 janvier 1943 par les nazis accompagnés de la police collaborationniste afin de nettoyer les quartiers adjacents avant leur dynamitage en février 1943.
Cette interprétation, partielle, rejoint la rivalité PSG-OM en deux points. D’une part, l’histoire douloureuse des ratonnades dans la ville de Marseille, et un épisode particulièrement marquant en 1973 ; d’autre part, les liens évidents avec l’extrême droite patriote d’une partie des anciens ultras du Paris Saint-Germain, logés en tribune Boulogne, jusqu’à la dissolution progressive de ces groupes entre 2006 et 2010.
Cette signification est pourtant massivement rejetée par les supporters du Paris Saint-Germain. « Après la première polémique concernant ce chant, autour de 2017, j’avais parlé à de nombreux supporters pour essayer d’en chercher l’origine et je n’avais pas pu la retracer avec certitude, retrace un abonné historique du Parc des Princes. L’unanimité en revanche c’est qu’il n’a absolument aucune portée raciste. La boue, les égouts, tout a toujours été présentée comme référant à la crasse et la saleté de Marseille. » Un argument hygiénique déjà mis en avant, même chez les Boulogne Boys, il y a plus de vingt ans.
« Quand il y avait une volonté de chants racistes à Boulogne, c’était assumé ouvertement, poursuit notre supporter. Dans Ô ville lumière, après chasser l’ennemi, ils rajoutaient bougnoules derrière. Or, à ma connaissance, jamais Boulogne n’a revendiqué le racisme sur le chant des rats. »
« Jamais Auteuil ne le chanterait si c’était raciste dans leur esprit », expose Pierre Barthélémy, avocat de l’Association nationale des supporters (ANS) et fan du PSG. « Dans mes souvenirs, il a toujours été chanté par Auteuil, y compris dans les années 1990-2000 avec un antiracisme revendiqué. Il a été repris par le CUP, groupe parmi les plus cosmopolites dans les tribunes en France avec les virages marseillais… Jamais Auteuil ne le chanterait si c’était raciste dans leur esprit. »
Pourtant, c’est bien la connotation raciste qui est avancée par la Ligue de Football Professionnel (LFP) pour épingler ce chant à chaque fois qu’il refait surface au Parc des Princes. La proximité entre « rat » et « ratonnade », et donc la connotation raciste de l’insulte, « en fait un chant qui incite a minima à la haine, voire à la haine raciale », avance-t-on du côté de l’instance. Une position difficile, a priori, à tenir d’un point de vue légal, selon Pierre Barthélémy : « Rat est une injure publique, ça ne fait aucun doute. Mais on ne peut pas caractériser, en droit pénal, le caractère raciste. L’élément moral fait défaut : l’intentionnalité est impossible à prouver ».

Chants Homophobes et Réactions
Malheureusement, certains chants entonnés par les supporters du Paris Saint-Germain contiennent des paroles homophobes contre ceux de l’Olympique de Marseille. Alors que le PSG a humilié sur le terrain l’OM (5-0), les supporters du club de la capitale ont entonné plusieurs chants insultants et discriminatoires à l’encontre des Marseillais. Le score était largement acquis au PSG lorsque la tribune Boulogne a initié un premier chant haineux, rapidement repris par la tribune Auteuil. Celle-ci a ensuite entonné avec force un autre chant aux paroles explicitement homophobes.
Si certains chants sont épinglés pour leurs insultes, grossièretés, leur caractère ouvertement et explicitement raciste, discriminant, homophobe, le vice de celui-ci est un peu plus subtil.
Dimanche 24 septembre, les quatre joueurs ont été filmés en train d’entonner un chant insultant envers les Marseillais lors d’une célébration de groupe, devant la tribune Auteuil du Parc des Princes, après leur victoire 4-0 en championnat. Dimanche, les quatre joueurs du Paris Saint-Germain ont dit, sur les réseaux sociaux, « regretter sincèrement » d’avoir entonné, en chœur avec des supporteurs parisiens, des paroles insultantes envers les Marseillais, au Parc de Princes, le 24 septembre. Les joueurs du Paris Saint-Germain Ousmane Dembélé, Randal Kolo Muani, Achraf Hakimi et Layvin Kurzawa, convoqués par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) française à la suite de chants injurieux lors du match PSG-OM, ont présenté leurs excuses dimanche, sur les réseaux sociaux, en publiant le même message, relayé aussi par le club parisien. « Nous sommes bien conscients de l’impact de nos gestes et de nos mots vis-à-vis du public, notamment des plus jeunes qui rêvent devant un match de foot », ont-ils poursuivi, et « à l’avenir, nous ferons tout pour respecter plus encore notre devoir d’exemplarité ».
Lors de la même rencontre, des chants à caractère homophobe ont été entonnés par les supporteurs parisiens du Parc des Princes pendant plusieurs minutes. Le club et ses quatre joueurs-chanteurs seront entendus lors de la prochaine séance de la commission de discipline de la LFP, jeudi 5 octobre, au lendemain du déplacement en Ligue des champions à Newcastle (Royaume-Uni).
Lundi 25 septembre, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, Olivier Klein, avait relayé une vidéo d’une trentaine de secondes dans laquelle on peut entendre ces supporteurs entonner des chants homophobes à l’encontre des joueurs de l’équipe marseillaise, se disant « très choqué » et réclamant des « sanctions ». Tout comme la ministre des sports, Amélie Oudéa-Castéra, qui a ajouté : « On aurait dû arrêter ce match. Je pense que le protocole d’arrêt des matchs en cas de chants homophobes, en cas d’incitation à la haine, parce qu’il s’agit de ça, c’est nécessaire. »
Le PSG avait déclaré que le club « condamne toutes les formes de discrimination, notamment l’homophobie, et tient à rappeler qu’elles n’ont leur place ni dans les stades, ni dans la société ». En revanche, le Paris Saint-Germain n’a pas annoncé vouloir porter plainte. « C’est un sujet qui génère un peu de polémique. Le club, la direction sportive, le staff, les joueurs, nous sommes tous contre n’importe quel type de discrimination », a soutenu l’entraîneur espagnol du PSG Luis Enrique, vendredi, en conférence de presse.
Mesures et Procédures
Comme à chaque fois qu’un tel événement se produit, il sera traité en commission de discipline à la suite du rapport de match rendu par le délégué. Pour rappel, ce sont les délégués, formés sur ces thématiques, qui identifient les chants problématiques et qui décident, en concertation avec l’arbitre central et au moment où ceux-ci sont entonnés, d’enclencher la procédure qui peut mener à l’interruption de la rencontre.
Chaque club a ensuite un dispositif plus ou moins étoffé pour répondre à ces événements. Au Parc des Princes, le speaker Vincent Royet a adressé des messages aux supporters, qui ont également été affichés sur les écrans géants du club, pour leur demander de cesser les chants. L’arbitre Willy Delajod a interrompu le Classique quelques secondes. Le Paris SG avait fait un communiqué, le 6 février. Le club de la capitale avait alerté ses supporters sur un possible match perdu en cas de chants injurieux. « La rencontre peut être interrompue et même déclarée perdue sur tapis vert pour notre club, avait-il précisé. Faisons de ce Classique une fête du football, un moment de communion et de soutien total derrière nos joueurs.
Le public parisien a lancé les hostilités envers les Marseillais, à deux semaines du Classique PSG-OM. Les supporteurs de la tribune Auteuil du Parc des Princes ont entonné un chant comparant les Marseillais à des rats, un mois après une banderole niçoise employant le même champ lexical.
En fin de match, les ultras parisiens ont entonné durant plusieurs minutes ce chant, repris par une partie du public, à deux semaines de la réception de l'OM. Le speaker du stade a ensuite pris la parole pour lire le message prévu pour une telle circonstance par la Ligue de football professionnel (LFP).