Championnat FFSE Rugby : Règles et Mixité

La Fédération Française du Sport d’Entreprise (FFSE) est une fédération multisports, affiliée au Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et agréée par le Ministère chargé des Sports. L’activité physique et sportive, régulière et modérée, est reconnue par les autorités médicales comme un facteur d’amélioration de la santé et du bien-être.

La FFSE s’implique dans le projet européen Move at Health Care (MAHC), porté par la Ligue Pays de la Loire du Sport d’Entreprise (Ligue PDL) en partenariat avec l’Université des sciences appliquées d’Artevelde (Belgique) depuis janvier 2026.

Le Rugby Loisir et la Question de la Mixité

Un flou dans le règlement est constaté concernant la mixité dans le rugby loisir.

Seuls les clubs de rugby loisir affiliés à la Fédération française de rugby (FFR), refusent la mixité.

Il y en a autant répartis entre la Fédération française du sport d'entreprise (FFSE) et l'Association France Folklo Rugby (AFFR), pour qui la mixité est autorisée.

Il est vrai qu'il n'existe pas de club féminin, mais s'il n'y a pas d'offre, c'est qu'il n'y a pas de demande.

Quand la FFR se vante, avec raison, de compter plus de 25 000 licenciées, on se dit que le rugby en tant que sport loisir pourrait attirer plus de femmes, à condition de le promouvoir.

En fait, ce n'est pas que la mixité est formellement interdite dans les règlements fédéraux, c'est qu'il y a un vide.

On évoque « les joueurs » sans précision de genre et, pour balayer le flou plutôt que de l'éclaircir, la FFR se réfugie derrière les directives de World Rugby, qui évoque une mixité possible jusqu'à l'âge de 12 ans.

Flexibilité en Région PACA

Gilles Orsoni, président de la ligue de Provence-Alpes-Côte d'Azur de rugby loisir, est pragmatique : « Le règlement ne parle pas de mixité, il y a un vide, donc on s'adapte. »

Et Laure Deseveaux a obtenu sans problème sa licence pour jouer avec ses copains hommes dans le club des Vieux Dards, à la Ciotat-Ceyreste (Bouches-du-Rhône).

C'est d'autant plus possible que le rugby loisir avec plaquage est très encadré.

On peut le pratiquer à partir de 18 ans sans limite d'âge, la mêlée est simulée, et le plaquage autorisé des pieds à la taille.

Autant de précautions pour que la pratique reste un loisir, avec des risques limités.

Le règlement précise également que les joueurs de 50 ans et plus ne souhaitant pas subir de plaquage, pour des raisons médicales essentiellement, peuvent porter un signe distinctif, un short de couleur par exemple, pour le signaler aux autres.

« Moi je porte un short rouge, précise Laure Deseveaux. Le rugby reste un sport de contact, ensuite c'est une question d'intelligence, de comportement des uns et des autres, les copains sont là si besoin et les arbitres attentifs. »

Arguments et Obstacles

Pour le docteur Roger Salamon, président du comité médical de la FFR, la différence de morphologie homme-femme n'est pas un argument.

« Dans un sport comme le rugby où il y a toutes les tailles, toutes les morphologies, l'argument physique ne tient pas, c'est même hypocrite. Surtout qu'on est dans le loisir, pas dans la compétition. »

Jean-Bernard Moles, président de la Cadet, une commission qui lutte contre les discriminations et défend l'égalité de traitement au sein de la FFR, s'est saisi du dossier : « Il faut revoir ce règlement stupide et discriminatoire. La Cadet va remettre un dossier au comité directeur de la Fédé afin que la mixité soit autorisée. »

Une femme pourrait ainsi porter, ou non, selon son souhait, un short distinctif.

Le professeur Salamon confirme : « Il faut régler la question indépendamment du cas particulier de la personne transgenre. Cela va au-delà. La commission médicale de la FFR a un a priori favorable pour autoriser la mixité. Cela va être discuté rapidement mais il y a aussi apparemment des problèmes d'assurance, il faut écouter les juristes. »

Avec la dangerosité, le problème d'assurance est l'autre argument mis en avant.

La FFSE et l'AFFR autorisent la mixité parce que l'assurance liée à leur licence le permet.

Ce n'est pas le cas de celle de la FFR, qui va même encore plus loin et pose un autre problème : un club affilié à la FFR ne peut, pour des raisons d'assurance, jouer contre un club des autres associations.

Laure Deseveaux s'agace en gardant le sourire de celle qui s'éclate à jouer talonneuse : « Les arguments qu'on entend de la part de ceux qui freinent pour que rien ne change ne tiennent pas et n'ont qu'un but : laisser les femmes dans leur case. »

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