Championnat du Monde de Handball 2005: Résultats et Parcours de l'Équipe de France

Le Championnat du Monde de Handball 2005, officiellement la 19e édition de l'IHF World Men's Handball Championship, s'est déroulé en Tunisie. Cette compétition a réuni les meilleures équipes nationales masculines de handball du monde entier.

Les Bleus ne remporteront pas un nouveau titre de champions du monde : ils ont été battus samedi par des Croates nettement supérieurs.

L'équipe de France s'est logiquement inclinée 32-35 (14-15 à la mi-temps) face à la Croatie, samedi 5 février, en demi-finale du championnat du monde de handball. Les champions olympiques croates tenteront dimanche, face à l'Espagne, de devenir la première équipe à conserver son titre mondial depuis la Roumanie en 1974. Les Bleus, pour leur part, défieront pour la médaille de bronze la Tunisie, pays organisateur, contre qui ils ont perdu en match de poule.

Incapables de contrôler les artistes croates, dont la fluidité dans le jeu les a totalement déboussolés, les Français ont fait illusion le temps d'une mi-temps avant de sombrer.

Après une entame solide, notamment en défense aux côtés d'un Didier Dinard presque infranchissable, les Bleus faisaient la course en tête, allant jusqu'à compter une avance de quatre points (6-2). Mais les Croates montaient en puissance au quart d'heure de jeu, bien aidés par leur gardien Vlado Sola, auteur d'une série d'arrêts de grande classe.

Et à la 22e minute, les champions du monde passaient devant pour la première fois de la partie sur un but de l'intenable Ivano Balic. Peu avant la mi-temps un autre artiste, Mirza Dzomba, tentait d'enfoncer le clou, mais Cédric Burdet maintenait la France à flot en alignant trois buts d'affilée. Et grâce à un bel arrêt de Thierry Omeyer, les hommes de Claude Onesta regagnaient les vestiaires avec un seul but de retard (14-15).

En seconde période, les Français perdaient pied. En panne offensive, les Bleus laissaient leurs adversaires prendre une avance de cinq points à un peu plus d'un quart d'heure de la fin (21-16). Puis les Croates passaient à une défense en 6-0 que les partenaires de Jackson Richardson ne parvenaient pas à percer. L'entrée de Daniel Narcisse dynamisait quelque peu l'attaque française, mais la défense bleue continuait de prendre l'eau. A neuf minutes de la fin, sur le huitième but de Dzomba, le match était plié (24-32).

L'équipe de France de handball finit à la 3e place du Championnat du monde.

Résultats des Matchs de l'Équipe de France

Voici un aperçu des matchs joués par l'équipe de France lors de ce championnat :

  • Match pour la 3e place : France 26 - 25 Tunisie (6 févr. 2005)
  • Demi-finale : Croatie 35 - 32 France (5 févr. 2005)
  • 3e journée de groupe : France 26 - 26 Slovénie (3 févr. 2005)
  • 2e journée de groupe : République tchèque 26 - 31 France (1 févr. 2005)
  • 1re journée de groupe : France 25 - 22 Russie (31 janv. 2005)
  • 5e match de tour préliminaire : Danemark 26 - 32 France (29 janv. 2005)
  • 4e match de tour préliminaire : France 40 - 18 Angola (28 janv. 2005)
  • 3e match de tour préliminaire : France 26 - 26 Tunisie (26 janv. 2005)
  • 2e match de tour préliminaire : Grèce 20 - 19 France (25 janv. 2005)
  • 1er match de tour préliminaire : France - Russie Lundi 31 janvier 2005 (25 - 22)

MONDIAL 2005, 1er TOUR: FRANCE - TUNISIE : 26-26

Au lendemain de sa défaite contre la Grèce, l'équipe de France a réagi en tenant tête à une sélection tunisienne survoltée (26-26), mercredi à Radès, un sursaut insuffisant pour garantir aux Bleus une qualification pour le tour principal du Mondial-2005. Comme la veille, les Bleus ont flanché dans les moments-clé en fin de match, ratant les derniers tirs qui auraient pu leur permettre de prendre un avantage définitif. Un manque d'adresse qu'ils regretteront d'autant plus qu'ils avaient imprimé leur marque à cette partie très engagée de bout en bout. Les cartons jaunes, les exclusions temporaires et les coups pleuvaient immédiatement, avec le puissant arrière tunisien Hmam qui s'illustrait dans cette ambiance belliqueuse.

Dans la tempête, les Français prenaient une première avance (7-3, 14e) après une série de penalties de Guigou et Anquetil, profitant de la précipitation des Tunisiens en attaque et des arrêts d'Omeyer. Les Tunisiens rattrapaient leurs erreurs collectives en excellant dans le jeu de un-contre-un mais ils payaient leur agressivité défensive par des exclusions temporaires (10-5, 18e).

Malgré leur pécule, l'énervement gagnait peu à peu les Tricolores qui gâchaient plusieurs ballons (12-10, 26e). Décontenancés un temps par le retour de la Tunisie, ils reprenaient leurs esprits par Guigou et Karabatic avant de mener à la pause (15-11).

C'est dans une ambiance tout aussi tendue que les Tunisiens, déchaînés, enflammaient la reprise, revenant à deux buts d'une équipe de France au jeu collectif peu probant (18-16, 39e). Les exploits d'Anquetil à l'aile droite donnaient un peu d'air aux Bleus mais encore fébriles, ils ne pouvaient empêcher un retour des Tunisiens qui égalisaient par Bousnina (23-23, 54e). Fernandez s'improvisait alors artisan de la révolte française mais il était évacué sur une civière à trois minutes du terme après avoir reçu un coup à la cuisse. Sans lui, la France ne trouvait pas d'autre bras salvateur et c'est dans la confusion provoquée par une faute de Bousnina sur Omeyer sanctionnée d'un carton rouge que la partie s'achevait, sans vainqueur ni vaincu.

DECLARATIONS

Jackson Richardson (capitaine de l'équipe de France): "Maintenant, il n'y a plus à calculer. On ne s'est jamais retrouvé dans cette situation. Il y avait de quoi crier. On a fait le même match qu'hier, on n'arrive pas à gérer la fin de match. On met en confiance les gardiens adverses comme si, en face de nous, on se retrouvait toujours avec les meilleurs gardiens du monde. C'est inadmissible. Cela prouve que nous sommes peut-être de bons joueurs mais pas de très très bons joueurs."

Grégory Anquetil (ailier de l'équipe de France): "Je voudrais d'abord dire qu'un match comme celui-là, dans une telle ambiance, est une grande victoire pour le handball. Avec la perte de Jérôme (Fernandez, touché à une cuisse en fin de match) et Niko (Karabatic), qui n'était pas forcément en réussite, ce n'était pas facile. On a joué les trois matches presque avec les mêmes joueurs. Personnellement, j'ai une cheville douloureuse et j'ai du mal à sauter.

Schéma d'un terrain de handball

À l’aube de la saison 2004/2005, malgré tous les trophées déjà remportés par le club, un record manque encore à son tableau de chasse : le triplé national. En mai 2005, c’est désormais chose faite. Avec 23 victoires, 1 nul et 2 défaites, les coéquipiers de Laurent Puigségur devanceront, en championnat, le Paris Handball, inédit vice-champion de France. Patrice Canayer commentera plus tard pour le Livre des 40 ans du club : « Ma plus grosse émotion, c'est lorsque nous sommes entrés sur le parquet, déjà envahi par tous ces anciens. J'ai vu alors défiler onze années d'entraînement. Les Tchoumak, Csak, Teyssier, Fred Anquetil, ceux avec lesquels nous nous sommes construits... Une très belle image en vérité. Celle d'une vraie continuité, d'un état d'esprit aussi. Une semaine avant, les Montpelliérains avaient triomphé du Chambéry de Philippe Gardent en finale de la Coupe de France, à Saintes, d’une large victoire (31-22). Le triplé sera acquis le 5 juin 2005, en finale de la Coupe de la Ligue.

La campagne de Ligue des champions 2004/2005 démarre de la plus belle des manières avec un 6/6 en phase de poules. A domicile, à l'extérieur, le rouleau compresseur MHB se met en marche contre Conversano (44-25, 35-21), Zaporijjia (24-21, 31-27) et Zagreb (30-27, 34-29). En 8èmes de finale, les Montpelliérains sont confrontés aux danois du Kolding IF Håndbold. Le match aller, à l'extérieur, est vécu comme une claque. Mais comme lors de la finale 2003 face à Portland San Antonio, un nouvel exploit se produit devant le public du palais des sports René-Bougnol.

Au sortir de ce 8ème de finale, les joueurs de Patrice Canayer ne sont pas au bout de leurs émotions. En quarts, ils sont confrontés à Flensbourg, champion d'Allemagne en titre et finaliste de l'édition précédente de la Ligue des champions. Le match aller à Montpellier sera épique, « l'un des trois meilleurs matchs de l'histoire du club à la maison », selon Andrej Golic. La suite, au retour, sera d'autant plus épique. « C'était la défaite la plus lourde de Flensburg depuis de nombreuses années. En gagnant de + 14, tu te dis : "Qu'est-ce qui peut t'arriver ?". On se disait pendant la préparation de faire attention quand même mais on était trop confiant. On aborde le match retour avec une équipe en face qui se dit "perdu pour perdu" autant y aller. Ils commencent à bien jouer. On a donné de quoi renverser la rencontre dans une salle de 6.000 personnes qui ne demandent que ça. On avait de l'eau qui commençait à rentrer de partout. C'est tout le contraire du match aller : aucun joueur n'est au niveau. Il n'y a pas un joueur pour sauver l'autre. On passe complètement à travers. Patrice a essayé un nombre incalculable de changements. Au final, j'ai fini arrière gauche et Greg (Anquetil) arrière droit. On était tous perdus aussi bien sur le terrain que sur le banc. Ce qu'il s'est passé à la fin, c'est inimaginable. On fait une dernière action où on décale Mika (Guigou) à l'aile qui saute. Il y a penalty mais les arbitres hongrois ne nous le donnent pas, certainement pris dans l'ambiance. Il y a "Péguy" (Laurent Puigsegur) qui a un brin de lucidité pour nous laisser tirer le coup-franc protégé complètement à l'aile gauche. On a déjà Bojinovic qui est en train de se battre avec un autre joueur sur le banc, on a une cinquantaine de supporters qui sont déjà rentrés sur le terrain pour fêter la victoire. Le temps d'évacuer, ils nous laissent tirer. Je prends la balle et je la donne à Niko (Karabatic), le seul qui avait suffisamment de puissance pour tirer de neuf mètres complètement à l'aile gauche. On a joué quatorze ans ensemble. Greg, tu le vois faire des choses dont tu as envie de l'égorger et d'autres où tu as envie de l'embrasser sur la bouche, parce qu'il tente des choses improbables, dont beaucoup ont échoué. Et c'est parce qu'il a beaucoup loupé dans sa carrière et nous a énervés qu'il a pu réussir dans les moments décisifs. Donc il la prend à une main. Il voulait que la balle glisse plus rapidement au rebond. À - 14, tu es éliminé, il faut être Greg pour réfléchir à tout ça. Ce but-là je n'en ai jamais revu et je n'en reverrai pas. C'est l'ascenseur émotionnel. D'un coup, tu passes d'un cirque de 6.000 personnes sautant partout à un cimetière. C'est le plus gros ascenseur émotionnel de ma carrière.

Pour L'Equipe, le principal intéressé, Gregory Anquetil, reviendra sur ce moment magique : « “Dédé” dit aux gars de l'équipe de me le laisser. Il me connaît, il sait que je suis un électron libre. La logique voudrait que “Dugi” (Mladen Bojinovic) tente sa chance. Mais, à un moment donné, la logique ne sert plus à rien. Tout est question de feeling. Je tire ce coup franc, excentré aux 9 mètres. Là, je deviens fou... Le fait de courir sur le terrain n’a pas permis aux arbitresde faire retirer le coup franc. Ils auraient pu être tentés : la règle à l’époque était floue et elle a été changée après cet épisode. Mais je sais qu’ils nous a qualifiés pour les demi-finales. Le dépit sur le visage des gars de Flensburg m'a vraiment marqué. Quand on est allés leur serrer la main, certains étaient hagards, d’autres pleuraient. On me parle encore aujourd’hui de ce but. Il m’arrive de donner des conférences sur la psychologie du sport et je l’utilise pour dire que ce qui est improbable peut néanmoins exister. Je suis étonné, d’ailleurs, que des personnes qui ne sont pas du monde du handball se souviennent de ce match et de son dénouement. On m’a aussi souvent demandé quel but était le plus dur à mettre. Celui-ci ou celui qui nous a conduits au titre de champion du monde à Bercy en 2001. Celui-là était plus dur à mettre.

Malgré la confiance et la cohésion accumulées au cours de cette nouvelle campagne européenne, les joueurs de Patrice Canayer ne se hisseront pas en finale cette saison-là, stoppés par le BM Ciudad Real.

Carte des Gouvernorats de la Tunisie, pays hôte du Championnat du Monde de Handball 2005

Le parcours de l'équipe de France lors du Championnat du Monde de Handball 2005 a été marqué par des hauts et des bas, des matchs serrés et des moments de tension. Malgré une performance honorable, l'équipe n'a pas réussi à atteindre la finale, mais a tout de même décroché la troisième place. Les déclarations des joueurs, comme Jackson Richardson et Grégory Anquetil, témoignent de l'intensité et de l'émotion vécues lors de cette compétition.

روعة مونديال 2005 - تونس & فرنسا Tunisie & France Hand ball

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