Le Championnat du Luxembourg de football, également connu sous le nom de Division Nationale, est le championnat élite de football au Luxembourg. La première saison de ce championnat remonte à 1909. Découvrons ensemble son histoire, son évolution et son impact sur le football luxembourgeois et au-delà.

Logo de la Fédération Luxembourgeoise de Football
Les Débuts du Football au Luxembourg
Le Grand-Duché du Luxembourg a découvert le football en même temps que la Belgique et les Pays-Bas, à la fin du XIXe siècle, mais ne l’a pas développé aussi rapidement que ses voisins.
Malgré tout, la fédération luxembourgeoise a été créée en 1908. Elle rejoint la FIFA en 1910 et monte son équipe nationale ce 29 octobre 1911, où elle reçoit l’équipe de France. C’est un événement pour les Luxembourgeois et ils sont plus de 4.000 spectateurs à avoir pris place dans le petit stade du Racing Club, futur stade Achille-Hammerel situé dans le quartier de Bonnevoie-Nord / Verlorenkost.
Premiers Pas et Premiers Défis
La première rencontre entre la France et le Luxembourg a eu lieu dans le Grand-Duché le 29 octobre 1911.
Dès le coup d’envoi, les Luxembourgeois s’emparent du ballon et dominent une équipe française aux abois, si bien qu’à la fin du premier quart d’heure, Emile Kuborn ouvre le score. L’attaquant du Racing Luxembourg devient ainsi le premier buteur de l’histoire de la sélection du Grand-Duché.
En avril 1913 à Saint-Ouen, les Luxembourgeois encaisseront un terrible 8-0, historiquement le premier score-fleuve de l’histoire en faveur des Tricolores. Mais en février 1914, c’est la sélection française, diminuée par de nombreux forfaits, qui sera battue , à Luxembourg, sur le score de 5-4 avec quatre buts de Jean Massard.
Une Époque de Changements et de Difficultés
La seconde guerre mondiale a vu une fois encore le Luxembourg occupé par les forces allemandes. Sous l’occupation le club a du changé de nom sous la contrainte et s’appeler « Sport Verein 1915 Beggen ».
En face, le Luxembourg aligne quant à lui une équipe majoritairement composée de joueurs amateurs, le football professionnel n’étant pas en vigueur dans le pays.
Ce soir d’octobre 1978, parmi les onze éléments qui débutent le match contre les Tricolores, seuls deux n’évoluent pas au sein du championnat luxembourgeois : Nico Rohmann, défenseur de Charleroi (D1 belge) et l’attaquant de Waterschei (D1 belge) Gilbert Dussier, également passé par Lille et l’AS Nancy-Lorraine. S’ils veulent vivre du football, les Luxembourgeois sont contraints de quitter leur pays.
L'Ère Moderne et l'Ouverture aux Joueurs Étrangers
Encore cette saison, 148 joueurs français, pour certains bi-nationaux, sont à recenser dans le championnat. Parmi les 16 clubs qui le composent, 15 en répertorient au moins 4, quand les plus friands pourraient même parfois en aligner un onze de titulaire et un banc. Le FC Mondercange, club le plus gourmand dans l’exercice, dénombre pas moins de 20 Français dans son effectif cette saison.
Plusieurs joueurs français évoluant à Dudelange, champion du Luxembourg, racontent leur épanouissement dans un pays qui ne vibre pas beaucoup pour le foot avant la venue des Bleus, samedi.
L’été dernier, une nouvelle vague française a ainsi déferlé sur ce tout petit état de 640 000 âmes, l’équivalent de l’agglomération nantaise. Du laissé-pour-compte dans son club de L2, au jeune de 18 ans barré par la concurrence en L1, à l’amateur revanchard et désireux d’aller voir plus haut que la N3, les profils sont hétérogènes. En revanche, la mission reste souvent la même : se servir du Luxembourg comme tremplin.
Parmi les éléments de réponse à cet exode massif : un environnement déjà très familier, où le français demeure la langue de communication principale. Thierno Millimono, passé par les centres de formation de l’OM, Nice et Sochaux, se refait aujourd’hui une santé dans cette petite enclave située au confluent de la France, de l’Allemagne et de la Belgique. Il explique : « le Luxembourg, c’est à la frontière de tout. L’avantage, c’est qu’on peut donc presque tous vivre en France. Moi, je vis à Metz, à 45 minutes du Luxembourg. Presque personne ne vit ici car le coût de la vie reste plus élevé.
Guillaume Trani, l’un des meilleurs joueurs du championnat et débarqué chez le leader Differdange en 2022, fait lui aussi le pendulaire au quotidien. « Je vis à Thionville, à une demi-heure de la frontière franco-luxembourgeoise. Au Luxembourg, il n’y a pas grand chose à faire, c’est donc une plus-value de pouvoir vivre en France mais de jouer ici, confie le joueur pré-formé à l’OM et fignolé par la Nike Academy, école de foot de la seconde chance qui lui a permis d’affronter Brahim Diaz ou Phil Foden.
Le niveau global, lui, reste en constante évolution, et c’est d’ailleurs ce qui favorise l’arrivée de « gros noms » ces dernières saisons. « Le niveau du championnat a fortement évolué depuis 2/3 ans, et on le voit au niveau des noms qui arrivent. Mais ce qui montre aussi qu’il y a du progrès, c’est que lorsqu’ils arrivent, ils ne sont pas LES stars du championnat. Ils se fondent dans la masse », précise Theo Brusco, présélectionné en Equipe de France jeunes, et qui fait aujourd’hui les beaux jours de Differdange.
Au niveau des infrastructures, ces joueurs qui ont pourtant souvent connu le confort et le luxe des centres de formations français, ne se lamentent pas non plus. « À Differdange, on a l’un des meilleurs stades du pays. Il a une capacité de 3 000 places et est d’ailleurs homologué pour la Coupe d’Europe. On a des bains de récupération, des installations et du matériel plus que correct », souligne l’ex-Marseillais Guillaume Trani.
Ce qui tient encore la BGL à distance du monde professionnel, ce sont en revanche les contrats qu’elle distribue. Les contrats professionnels se chiffrent au compte-goutte, et tous les joueurs ne vivent pas uniquement du football, hormis à Hesperange, le Goliath du championnat. « Beaucoup d’éléments font que ça pourrait être un championnat professionnel mais ici, à Mondorf, on s’entraîne que le soir. Ce qui serait bien, ce serait de doubler les séances. Car de nombreux joueurs cumulent encore le football et le travail », raconte Millimono, arrivé cet été à Mondorf.
Les contrats professionnels se chiffrent au compte-goutte, et tous les joueurs ne vivent pas uniquement du football, hormis à Hesperange, le Goliath du championnat. Avec un budget semblable à ce que l’on peut retrouver en milieu de tableau de L2, le club distribue des salaires copieux dépassant 6 000 euros par mois. Ces dernières saisons, des noms déboulent en grappes dans ce club situé dans une petite localité de seulement 16 000 habitants.
Les Clubs Luxembourgeois en Coupes d’Europe
Les clubs luxembourgeois ne gardent pas forcément de bons souvenirs en Coupes d’Europe. Si l’on parle du Grand-Duché dans les grandes compétitions, on évoque surtout le triste record de la Jeunesse d’Esch : 16 défaites consécutives en C1 entre 1973 et 1987, la pire série dans l’histoire de la compétition.
Mais cette année, quatre clubs sont encore en lice pour disputer la Ligue Europa Conférence.
Swift Hesperange
Il s’agit du champion du Luxembourg en titre, et également du club le mieux engagé. Lors du match aller, le Swift Hesperange et le club gallois des New Saints se sont séparés sur le score de 1-1. Dominik Stolz, capitaine du club luxembourgeois, a même manqué un penalty peu avant l’heure de jeu. Mais l’Allemand aura l’occasion de se rattraper ce mardi devant son public. Quatre Français (Clément Couturier, Geordan Dupire, Jerry Prempeh et Jérôme Simon) étaient sur la feuille de match à l’aller, ainsi que le Luxembourgeois Cedric Sacras (1996), ancien pensionnaire du centre de formation du FC Metz. Coup d’envoi ce mardi 1er août à 20h contre New Saints (Pays de Galles). Clément Couturier, un des leaders du Swift Hesperange.
F91 Dudelange
Tout est encore possible pour Dudelange. Lors du match aller, les Luxembourgeois se sont inclinés 2-0 sur le terrain du club malte de Gzira. Mais Sylvio Ouassiero, défenseur du F91, s’est montré très confiant au micro de nos confrères du Quotidien. « Moi j’ai envie de leur dire : Non, vous n’allez pas passer ! Six Français (Vincent Decker, Didier Desprez, Jules Diouf, Samir Hadji, Sinan Altun et Marc Thomas, également ancien pensionnaire du centre de formation du FC Metz) étaient présents sur la feuille de match à l’aller côté Dudelange. Coup d’envoi mercredi 2 août à 19h30 contre Gzira (Malte).
Racing-F91 Dudelange : le résumé
FC Differdange 03
Differdange peut s’en mordre les doigts. Opposés aux Slovènes de Maribor, les Luxembourgeois ont concédé le match nul (1-1) en encaissant un but… à la 90e+6. Les coéquipiers de Geoffrey Franzoni et du virevoltant Amine Naïfi devront créer l’exploit à l’extérieur. Cinq Français (Théo Brusco, Geoffrey Franzoni, Amine Naïfi, Romain Ruffier et Ludovic Rausch, deux anciens pensionnaires du FC Metz) étaient présents sur la feuille de match à l’aller côté Differdange. Coup d’envoi jeudi 3 août à 20h30 contre Maribor (Slovénie).
FC Progrès Niederkorn
C’est certainement l’équipe la plus en danger. Le Progrès Niederkorn s’est incliné 2-0 sur la pelouse du club de Midtjylland. Les Danois totalisent plus de 100 matchs européens, dont 24 en Ligue des Champions. Là aussi, il faudra créer l’exploit pour espérer se qualifier. Huit Français (Brian Amofa, Hamadou Karamoko, Metin Karayer, Chris Lybohy, Antoine Mazure-Hanus, Sébastien Flauss, Walid Jarmouni et Vincent Peugnet, également ancien pensionnaire du centre de formation du FC Metz) étaient présents sur la feuille de match à l’aller côté Niederkorn. Emir Bijelic et Belmin Muratovic, autres anciens Grenat, ont également joué. Coup d’envoi jeudi 3 août à 19h30 contre Midtjylland (Danemark).

Stade Jos Haupert - Terrain du Progrès Niederkorn
Ambitions et Défis Futurs
Esquisser l’ambition de rivaliser avec les plus gros championnats du continent serait illusoire, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif de la Ligue luxembourgeoise. Aujourd’hui, l’essentiel réside ailleurs : dans l’ambition de voir le championnat se développer à longueur de saison.
Aujourd’hui, les présidents de club réclament à cor et à cri une amélioration significative du partenariat, tant sur le plan qualitatif que financier. Car non, contrairement à ce qui peut se faire ici ou ailleurs, les clubs ne perçoivent aucune rétribution de la part de leur diffuseur.
En interrogeant une demi-douzaine de joueurs de BGL sur la raison principale de leur venue ici, un même argument revient fréquemment : la perspective de jouer la Coupe d’Europe. Thierno Millimono explique : « même si ce sont parfois "que" des qualifications, l’Europe reste un argument très important. Mondorf a terminé 6e la saison dernière donc je ne la joue pas. Mais le champion participe aux tours préliminaires de la Ligue des Champions. Cette saison, Hesperange a été battu au premier tour par Bratislava (1-1, 0-2) ».
À date, le Luxembourg se classe en effet à la 43e position du coefficient UEFA, ce qui lui permet de placer un club au premier tour de qualifications de Ligue des Champions (le vainqueur du championnat), et trois autres en C4 (les 2es et 3es du championnat, en plus du vainqueur de la Coupe nationale).
Malgré les défis, le Championnat du Luxembourg de football continue d'évoluer et de se développer, offrant une plateforme pour les talents locaux et internationaux, et contribuant à la croissance du football dans le Grand-Duché.
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