Le Championnat Japonais de Rugby : Structure, Fonctionnement et Ambitions

Le rugby au Japon se structure et se professionnalise, s'inspirant des modèles européens comme le Top 14. La League One, nouvelle formule du championnat nippon, vise à élever le niveau du rugby japonais et à passionner les fans au Japon et dans le monde.

Vendredi 7 janvier devait être le grand soir du rugby japonais. Dans le stade ou devant la télévision, nous voulons que le public vive une expérience unique. »

La League One réunit 24 clubs répartis en trois divisions, la première comptant douze formations. Elle succède à la Top League, qui opposait depuis 2003 des équipes d’entreprises mêlant joueurs professionnels et employés.

L’objectif affiché est de fonctionner, à l’horizon 2025, avec des clubs tous indépendants, dotés d’une politique promotionnelle, de joueurs tous professionnels, d’un ancrage local avec un stade attitré, d’une identité de jeu et d’un centre de formation.

Aujourd'hui, pour vivre sur la scène mondiale, un championnat national fort est obligatoire. La première, évidemment, est la création de la Pro League et l'enterrement de la Top League. Mais pour cela, il faut tout d'abord être assuré d'avoir des clubs prêt à vouloir se professionnaliser.

Au départ de son projet, ce sont 12 équipes qu'il souhaitait lancer, mais aujourd'hui, il est question de 8 équipes prêtes à jouer dans cette nouvelle compétition qui se déroulera de janvier à juin. 4 à 6 franchises de l'actuelle Top League sont dans les petits papiers pour le départ de cette Pro League.

Kiyomiya souhaite que chaque équipe possède un stade d'au moins 10 000 places en surfant sur les affluences de la dernière Coupe du monde. L'objectif étant d'atteindre le nombre de 12 enceintes disponibles durant la Coupe du monde 2019.

Katsuyuki Kiyomiya a déclaré qu'il souhaitait que les meilleurs joueurs de l'actuelle Top League suivent ce nouveau projet en intégrant les 8 équipes qui s'engageront dans la compétition. La JRFU a pensé à tout sur ce point !

Ce nouveau championnat devrait générer un chiffre d'affaires annuel de 50 milliards de yens (41 millions d'euros). Kiyomiya a déjà rencontré Saburo Kawabachi (conseiller à la Fédération Japonaise de Football) pour savoir comment il avait réussi à créer la ligue de football et de basket.

Aux dernières nouvelles, selon Asia Nikkei, Dentsu n'était pas d'accord sur la formule à 12 équipes. Ce projet est soutenu par la LNR depuis l'annonce, qui souhaite apporter son aide à la future Pro League.

Plusieurs grosses écuries seraient intéressées selon Le Figaro, à l'image du LOU et du NTT Communications Shining Arcs qui se sont mis d'accord sur l'ailier Akihito Yamada, venu faire une pige durant la Coupe du monde à Lyon.

Il existe un championnat professionnel d'entreprises qui se déroule chaque année entre septembre et janvier. Dans la seule ville de Fukuoka, il existe trois clubs et le stade pourrait accueillir les matchs de la prochaine coupe du monde.

Pour pouvoir mettre plus en valeur les talents locaux, les dirigeants de ce sport du pays du soleil levant ont décidé mardi 13 mai 2025 de durcir les quotas de joueurs étrangers pour les équipes du championnat local.

À partir de la saison 2026-2027, les clubs japonais devraient compter sur le terrain au moins huit joueurs ayant grandi au Japon, c’est-à-dire ayant passé au moins six ans dans le système éducatif japonais avant l’entrée au lycée.

Une exception sera faite pour les joueurs naturalisés comptant plus de 30 sélections, comme c’est le cas par exemple de Michael Leitch. Le natif de Nouvelle-Zélande, capé à 87 reprises avec les The Brave Blossoms, n’est donc pas concerné par cette nouvelle réforme.

Nous pensons que les opportunités d’apprentissage et de développement pour les joueurs japonais augmenteront avec ce changement, sans pour autant nuire à l’attractivité pour les joueurs étrangers », explique Hajime Shoji, un dirigeant de la Ligue japonaise de rugby.

En matière de jeu, quelle est la principale différence entre le rugby pratiqué au Japon est celui en France ?

Les Japonais relancent beaucoup, ils tapent très peu au pied. À la mêlée, ici on talonne très vite et on lance rapidement le ballon au large pour pouvoir exploiter les espaces et la vitesse. Le rugby japonais copie le rugby néo-zélandais.

Au début, quand je suis arrivé ici, je cherchais à aller tout droit et à détruire mon adversaire car c’est ce qu’on m’avait appris. Et on me disait ‘mais non ne va pas tout droit, essaie de faire vivre le ballon, va dans les espaces’. Franchement c’est ce que j’ai aimé, de réapprendre le vrai rugby.

Depuis la victoire des Japonais à Brighton en 2015 face à l'Afrique du Sud (34-32), il y a eu du remue-ménage. On en a parlé partout et on a rediffusé en boucle cette dernière minute où ils marquent leur essai. Mais comme il y a la Coupe du monde on entend plus parler du rugby, il y a du merchandising aussi.

Détenus par de grandes entreprises, les principaux clubs de rugby japonais peuvent s’offrir des joueurs de classe mondiale, mais l’affluence aux matches, désespérément faible, pourrait conduire à une profonde réforme du championnat national après la Coupe du monde.

Pour de telles vedettes souvent en fin de carrière, le championnat nippon a de quoi attirer, avec les hauts salaires qu’il promet, ses saisons courtes (3-4 mois) et moins rudes physiquement. En juin, le demi d’ouverture australien Christian Lealiifano a ainsi justifié son départ vers le club nippon des Shining Arcs, propriété du géant japonais des télécommunications NTT, par une offre « trop difficile à refuser ».

Le principal changement est que le controle du rugby professionnel japonais passe sous le controle d’une société commerciale dont le but est de générer le maximum de revenus tout en popularisant le rugby dans la communauté japonaise. Ce nouveau championnat comprend 24 équipes divisées en 3 divisions.

La 1ere division compte 12 équipes séparées en 2 conférences de 6. Les 2e et 3e divisions comptent chacune 6 équipes. Un système de montée et descente est mis en place qui touchera 3 équipes dans chaque division.

Si certaines équipes ont change de nom pour refléter leur situation géographique (Panasonic Wild Knights devenant les Saitama Panasonic Wild Knights), la relation avec les grandes entreprises qui ont toujours soutenu le rugby japonais est maintenue. Le changement vient du fait que les matches se dérouleront sur les terrains de chaque équipe au lieu d’une centralisation sur Tokyo sous la Top League.

Organisation commerciale, la League One a une stratégie ambitieuse. Le but est d’offrir une nouvelle experience aux supporteurs japonais tout en permettant au rugby japonais de progresser, en créant une competition de tres haut niveau, capable d’attirer les meilleurs joueurs du monde.

3 phases de développement ont été définies afin de péréniser la situation financière des clubs et de devenir une reference mondiale. Pour celà, la League One va encore pouvoir s’appuyer sur la puissance financière des multinationales japonaises.

Si la professionalisation des clubs va s’accroitre, Mr. Tamatsuka ne souhaite pas forcément voir les joueurs japonais devenir professionels à temps plein. Pour lui, il est très important de continuer la relation avec l’entreprise avec, au final, des possibilités de reconversion.

Au-delà du nombre d’internationaux étrangers qui opéreront dans la League One et qui totalisent 1424 sélections, Mr. Tamatsuka a tenu à souligner l’importance d’attirer des entraineurs de niveau Mondial qui amènent une experience qui va déteinfdre sur les encadrements japonais.

Ainsi, sur les 12 équipes de la 1ere division, 9 d’entre elles ont un entraineur d’expérience avec des noms aussi ronflants que Steve Hansen/Simon Cron aux Toyota Verblitz, Robbie Deans avec les Saitama Wild Knights, Michael Cheika qui dirige les Green Rockets Tokatsu, Wayne Smith aux Kobelco Steelers ou les Sud-Africians Frans Ludecke (Kubota Spears) et Johan Ackerman (NTT DoCoMo Red Hurricanes).

Au niveau joueurs, chaque équipe pourra aligner 3 internationaux non-japonais et 6 joueurs étrangers non-cappés. Du coup, certaines équipes comptent des joueurs de renom.

Les champions du monde sud-africains Malcolm Marx, Elton Jantjes, Kwagga Smith, Peter-Steph du Toit et Willie Le Roux (Franco Mostert joue en 2e Division), les All Blacks Patrick Tuipulotu, Damian McKenzie (en congé sabbatique) ou Matt Todd, Ryan Crotty, Aaron Cruden, Seta Tamanivalu (Colin Slade est en 2e division) ont choisi de jouer au Japon.

Ils y retrouvent les Australiens Bernard Foley, Marika Koroibete, Samu Kerevi, Sean McMahon, Isa Naisarini, Liam Gill ou l’Anglais George Kruis et l’Ecossais Greig Laidlaw. Et quand on sait que Will Genia et Quade Cooper jouent en 2e Division, on se fait une idée des salaires offerts pour attirer de tels joueurs.

D’ailleurs, Mr Tamatsuka n’a pas caché que l’ambition était de faire venir des joueurs en pleine force de l’age au lieu de joueurs proches de la retraite tout en encourageant les joueurs japonais à s’expatrier pour apprendre.

Voici le XV des joueurs de la Division 1 évoluant dans ce Championnat qui a débuté il y a deux semaines.

15. Damian McKenzie, le buteur au sourire maléfique

14. Israël Folau, retour au XV

13. Seta Tamanivalu, un centre puissant

12. Samu Kerevi, parmi les 15 meilleurs du monde

11. Marika Koroibete, titulaire indiscutable avec les Wallabies

10. Aaron Cruden, technique et bon défenseur

9. Greg Laidlaw, le 3e meilleur marqueur du Chardon

8. Sean McMahon se plaît au Japon

7. Matt Todd, un nouveau McCaw

6. Liam Gill, Toulon et Lyon s'en souviennent

5. Pieter-Steph du Toit, le meilleur en 2019

4. George Kruis, des Saracens aux Wild Knights

3. Craig Millar, 4e saison au Japon

2. Malcolm Marx, l'un des meilleurs talonneurs du monde

1. Keita Inagaki, la révélation nippone du Mondial 2015

Mais aussi : Bernard Foley (AUS) ; Ben Smith (NZL) ; Elton Jantjies (AFS) ; Patrick Tuipolutu (NZL) ; Willie le Roux (AFS) ; Michael Leitch (JPN) ; Jesse Kriel (AFS) ; Ryan Crotty (NZL).

Voici une liste des équipes qui participent à la League One :

  • Kubota Spears
  • Suntory Sungoliath
  • Toshiba Brave Lupus
  • Kobelco Kobe Steelers
  • Toyota Verblitz
  • NTT Shining Arcs
  • Saitama Wild Knights
  • NTT DoCoMo Red Hurricanes
  • Green Rockets Tokatsu

En conclusion, le championnat japonais de rugby, avec sa League One, est en pleine mutation. Entre professionnalisation, attraction de talents internationaux et volonté de développer les joueurs locaux, le rugby japonais ambitionne de s'imposer sur la scène mondiale.

What Are The Differences Between Japan Rugby League One And Other Leagues? - The Rugby Pros

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