Le Stade Toulousain a marqué l'année 2008 de son empreinte, dominant le rugby français avec une saison exceptionnelle.
Le club rouge et noir a non seulement remporté le Championnat de France, mais a aussi atteint la finale de la Coupe d'Europe, s'inclinant de justesse face au Munster à Cardiff. Retour sur une saison mémorable.
Le Stade Toulousain s'est qualifié en tant que 2e au classement général avec 91 points, affichant un bilan de 19 victoires et 7 défaites.
Le parcours en phase finale fut tout aussi impressionnant :
- Demi-finale : Victoire 31-13 face au Stade Français (Stade Chaban Delmas de Bordeaux)
- Finale : Victoire 26-20 face à l’AS Clermont Auvergne (au Stade de France)
La finale, disputée contre Clermont, a vu Toulouse l'emporter 26-20.
Les points ont été marqués comme suit :
- Stade Toulousain : 2 essais Servat, Médard, 2 transformations Elissalde, 2 pénalités Elissalde, 1 pénalité Kunavore, 1 pénalité Courrent, 1 carton jaune Kolbe
- AS Clermont Auvergne : 2 essais Rougerie, Zirakashvili, 2 transformations James, 2 pénalités James
L’équipe victorieuse était composée de :
Médard - Donguy, Kunavore, Jauzion, Heymans - (o) Elissalde, (m) Kelleher - Dusautoir, Sowerby, Bouilhou (cap) - Albacete, Pelous - Hasan, Servat, Human
Remplaçants : Vernet Basualdo, Poux, Millo-Chluski, Lamboley, Courrent, Fritz, F. Maka
Entraîneurs : Novès, Bru et Rougé-Thomas
Toulouse réalise-là une de ses saisons les plus abouties, que ce soit en terme de résultats ou de jeu. Dans le sillage du bulldozer All Black Byron Kelleher, débarqué après la Coupe du Monde, véritable neuvième avant d’un pack déjà performant, d’une révélation nommée Maxime Médard, auteur de 16 essais toutes compétitions confondues à seulement 21 ans, le Stade Toulousain a su surmonter les nombreuses graves blessures dans la saison (Fritz, Poitrenaud, Clerc) pour réaliser une saison quasi-parfaite.
Grâce à un essai de Servat en force, qui se défaisait de Zirakashvili et Rougerie à la fois sur sa percussion, puis un autre de Médard, à la conclusion d’une offrande de Donguy et d’un crochet intérieur d’un contre de 80 mètres initié par Finau Maka, les hommes de Guy Novès se détachaient inexorablement. Et ne tremblaient pas malgré l’essai de Zirakashvili dans les arrêts de jeu.
Le Stade toulousain aura dominé le rugby de la tête et des épaules en 2008. Champion de France, finaliste de la Coupe d'Europe, Toulouse a réalisé l'une de ses plus grandes saisons.
Un regard sur les chiffres et l'impression d'une année hors norme pour le Stade toulousain s'en trouve confirmée. Sur les 45 matchs joués en 2008 du 1er janvier au 21 décembre dernier, la troupe à Guy Novès a connu la défaite seulement dix fois. Près de 78% de victoires pour une domination incontestable du rugby national.
Seul le Munster, mais aussi Leicester en match de poule, sont venus se mettre en travers de la route des Toulousains vers les sommets européens.
"2008 a été un millésime exceptionnel. Il nous sera impossible de faire aussi bien en 2009," avertit Guy Novès depuis le coup d'envoi de la saison 2008-2009. Mais force est de constater que les siens n'ont pas du tout perdu le rythme! Après treize journées de Top 14 et quatre journées de Coupe d'Europe, le Stade ne s'est incliné que deux fois. La moyenne passe alors à 88% de victoire. Tout simplement incroyable.
"Après une saison excetpionnelle, nous sommes toujours dans la même dynamique : volonté de gagner, d'excellence. J'avais peur d'une décompression mais nous l'avons évitée," constate Guy Novès dans le long entretien qu'il a accordé lundi dernier à Midi Olympique.
L'apport de Yannick Bru, nouvel entraîneur des avants, de Byron Kelleher ; les complémentarités des joueurs qui font que même en l'absence de Vincent Clerc, l'effectif ne perd pas en qualité... ; l'éclosion de joueurs comme Maxime Médard ; l'incroyable qualité de ce groupe où se côtoient aujourd'hui les meilleurs demi d'ouverture et de mêlée du Top 14 : Kelleher donc, mais aussi Elissalde, Michalak et Skrela... Rien n'est dû au hasard.
Surtout pas au Stade toulousain qui termine l'année sur une série en cours de 13 victoires de rang. Un record absolu.

Stade Toulousain - 1996 Année de légende
"Mais le sport ne se résume pas aux séries de victoires, reprend Guy Novès dans Midi Olympique. Le problème du rugby français c'est que tu es jugé sur un match. Or on sait très bien qu'avec des équipes aussi proches les unes des autres, on peut perdre. C'est la permanence de ces résultats qui reflète le travail d'ensemble du club, notre richesse.
Regardez comment Clermont, malgré deux saisons exceptionnelles, dans des circonstances particulières - reprise tardive, blessures - se retrouve en difficulté en Coupe d'Europe et peine à coller aux quatre premières places en championnat. Regardez comment Biarritz a basculé. Nous nous sommes toujours là. Chuter arrivera par la force des choses. Mais cette régularité est la véritable évaluation du système Stade toulousain. On ne va jamais tout maîtriser. Mais ce qui me plaît c'est que le Stade toulousain monte toujours en puissance quand arrivent les phases finales.
Avec Toulouse-Paris, le choc +des Stades+, la 2e demi-finale du Top 14 doit offrir ce dimanche à Bordeaux un grand classique, au suspense intact, entre deux monstres souvent sacrés du rugby français, avec juste ce qu'il faut d'incertitude sur leur forme à l'heure H.
Sept titres entre eux depuis dix ans, 15 demi-finales de suite pour le Stade Toulousain, six pour le Stade Français: plus que ces riches CV, c'est le désir de rédemption d'une saison cruelle pour Toulouse, poussive pour Paris, qui garantit un combat furieux au stade Chaban-Delmas, pour le droit de retrouver l'impressionnant Clermont (vainqueur de Perpignan 21-7 dans la 1re demi-finale), en finale le 28 juin au Stade de France.
Les Auvergnats, dominateurs dans tous les secteurs de jeu, ont fait le plus gros du trajet en première période, dans un stade Vélodrome chaud bouillant qui accueillait les deux meilleurs publics de France, deux sommets d'un chauvinisme et d'une conviction gonflés par l'absence de titres. Depuis 1955 pour l'USAP, depuis l'éternité pour l'ASM.
Clermont, 1er à l'issue de la phase régulière, se présentait en favori, fort d'une domination sans partage du championnat au tournant de l'hiver, et d'un collectif construit comme une horlogerie suisse, autour d'individualités d'exceptions et d'un modèle de liant entre avants et trois-quarts.
| Année | Champion | Finaliste | Score |
|---|---|---|---|
| 2008 | Toulouse | Clermont | 26-20 |
| 2007 | Stade Français | Clermont | 23-18 |
| 2006 | Biarritz | Toulouse | 40-13 |
| 2005 | Biarritz | Stade Français | 37-34 (prol.) |
| 2004 | Stade Français | Perpignan | 38-20 |
Les Jaunards, dont beaucoup pensaient qu'ils avaient d'abord à craindre d'eux mêmes et de leurs doutes récurrents lorsqu'arrivent les phases finales, ont imposé dès l'entame un volume de jeu ingérable pour leurs adversaires, prenant la moitié de terrain adverse, mais manquant de lucidité sur la dernière passe pour franchir rapidement la ligne d'en-but.
Les Clermontois s'en remettaient à l'ouvreur Brock James, meilleur réalisateur du championnat (291 points), qui prenait le score sur un drop (10e) puis une pénalité (20e).
La puissance clermontoise énonçait ses premières vérités peu après, sur une chandelle récupérée par Baby qui écartait immédiatement pour Audebert puis pour l'autobus fidjien Napolioni Nalaga. Le meilleur marqueur du championnat (18 essais) écartait Laharrague d'un raffut colossal et aplatissait non loin des perches (23e, 13-0).
L'USAP (4e du Top 14), qui se présentait à Marseille en miraculé après avoir touché le fond en février (1Oe au classement), avait promis un combat de tous les instants, une discipline de fer, une présence dans le jeu au sol de nature à gripper la machine auvergnate et à réveiller ses doutes.
Quoiqu'il advienne dimanche à Bordeaux, pour la seconde demi-finale entre le Stade Français et Toulouse -sept titres à eux deux depuis dix ans-, la bataille sera plus compliquée. Clermont doit encore, pour toucher au bonheur, gagner un match.